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Par Akil Cheikh Hussein

Aux déclarations du prince héritier second d'Arabie Saoudite, Mohammad Ben Salmane, dans son entretien télévisé donné dernièrement, et un peu avant la déclaration finale de la réunion des ministres de l’intérieur, des affaires étrangères et de la défense des pays du Conseil de Coopération du Golfe, s’ajoutent beaucoup d’autres indices significatifs pour donner lieu à un constat évident : Il n’y a plus de doute que Riyad se dirige clairement vers l’escalade dans son discours belliqueux vis-à-vis de l’Iran.

Saison de l’entrée saoudienne dans la zone de la mégalomanie

Inutile de nous attarder ici devant les griefs qui présentent l’Iran comme une menace existentielle pour les Arabes : Tout le monde sait maintenant que l’Iran, s'il constitue une menace pour une entité tierce, celle-ci ne sera autre que l’entité sioniste, et par suite toute présence militaire occidentale qui soutient cette entité ou qui pourrait porter nuisance aux peuples de la région et à ses forces avant-gardistes représentées par l’axe de la Résistance.

Il est pourtant important de remarquer l’absence totale, dans le discours saoudien et, par conséquent, dans le discours du vice-prince héritier, d’un seul mot qui évoque, de loin ou de proche, l’existence de l'entité sioniste usurpatrice et ses politiques agressives envers le peuple palestinien et autres peuples arabes.

En vérité, ce phénomène n’étonne plus depuis le moment où plusieurs régimes arabes ont fait leur passage de la reconnaissance de l’entité sioniste et de l’entrée avec elle dans des processus de normalisation sans frontières, dans des alliances militaires ouvertes et franches sur les fronts du Yémen, de la Syrie, du Sinaï et autres.

C’est de cette alliance qui repose sur l’entière confiance des deux parties, saoudienne et israélienne, envers l’allié étasunien, que le Royaume saoudite tire l’audace de proférer des menaces non seulement de se dresser contre l’Iran mais, en plus, de transposer le combat, selon les dires du vice-prince héritier, vers l’intérieur même de l’Iran !

Des paroles qui font rire… Sauf si nous considérons cette menace non comme une menace d’envahir l’Iran par l’armée saoudienne, mais comme une menace d’intensifier les attentats terroristes perpétrés, de temps à autre, par des groupes armés téléguidés par les services de renseignement occidentaux et israéliens en coopération avec les Saoudiens et financés par le Royaume qui en est capable dans la mesure où il a participé activement à la création d’«al-Qaïda», de «Daech» et des autres organisations terroristes. C’est en usant de ces organisations que le Royaume a pu saper la stabilité dans des pays comme l’Afghanistan, l’Irak ; la Syrie, la Libye et le Yémen et qu’il peut, dans certaines limites, sponsoriser des attentats terroristes en Iran. Mais cela ne constitue pas 1 sur million des dégâts que les ennemis de l’Iran ont causé à ce pays pendant les années de la contre révolution et la guerre injuste menée par Saddam. Pour aboutir à quel résultat ? L’Iran en est sorti victorieux en dépit du manque sensible dans ses moyens à l’époque. Et il est certain qu’il est maintenant un million de fois plus puissant.

Mais pourquoi les Saoudiens ont-ils choisi ce moment actuel pour faire leur bond vers cette ridicule modalité de mégalomanie ? Surtout en se flattant du fait qu’ils dirigent «deux alliances» : Une alliance  arabe constituée de dix Etats dans leur guerre contre le Yémen, et une alliance -disent-ils- «islamique» constituée de quarante Etats dans leur prétendue guerre contre le terrorisme.

Il est probable qu’ils se plaisent de s’identifier à Washington sur deux plans :

Le premier se situe au niveau des fanfaronnades des responsables étasuniens au moment de l’invasion de l’Irak juste après le début de leur embourbement en Afghanistan, fanfaronnades qui ont permis au ministre de la guerre étasunien, Donald Rumsfeld, de parler de la capacité de son pays de remporter la victoire dans deux guerres à la fois…

Le second se situe au niveau du bruit fait par Donald Trump lorsqu’il a lancé ses missiles de croisière contre un aéroport déserté en Syrie, ou lorsqu’il a largué sa bombe sonore presque nucléaire sur des rochers dans une contrée perdue en Afghanistan, ou encore lorsqu’il a procédé à ses récentes gesticulations contre la Corée du Nord.

Les Saoud ont mobilisé leurs analystes, journalistes et experts en politique pour mener des voyages de reconnaissance dans les affaires et les événements de l’actualité, voyages qui leur ont permis de trouver que la conjoncture fonctionne à leur profit par la force de tous ses moteurs. Parmi les découvertes réalisées, on s’est rendu compte qu’Obama, connu par son pouvoir de rater les opportunités en or qui assurent des victoires pour Washington et ses alliés (comme le Royaume saoudien), et que Trump est arrivé pour rendre aux Etats-Unis leur âme, leurs intérêts et leurs alliés (dont les Saoud en premier lieu !). Quant à la preuve de la grande nouvelle place internationale du Royaume saoudien, elle est évidente : Trump a choisi le Royaume comme sa première destination depuis son entrée dans la Maison blanche !

Dans les menaces qu’ils profèrent contre l’Iran, les Saoud s’appuient sur l’allié étasunien. Leur problème est qu’aucun de leurs experts en poste de conseillers ne les ont informés que leur allié étasunien n’a fait, tout au long de ces trois ou quatre décennies écoulées, autre chose que proférer des menaces contre l’Iran, sans oser mettre ses menaces en œuvre ne serait-ce qu’une seule fois.

Ils ne leur ont informé non plus que la visite de Trump s’inscrit dans un cadre purement « lucratif » : Soutirer tout ce qu’il peut comme argent saoudien sous les titres d’achat d’armes, domaine dans lequel aucun pays ne peut entrer en compétition, ou sous le titre de l’affaire en rapport avec le «droit» qu’ont les Etats-Unis d’encaisser les trois-quarts des richesses saoudiennes en échange de la protection qu’ils assurent aux Saoud !

Source : French.alahednews

15-05-2017 | 12:10
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