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«L’unité des arènes» traduite en actes, le front libanais au cœur des discussions sur Gaza

«L’unité des arènes» traduite en actes, le front libanais au cœur des discussions sur Gaza
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Par Abdel Hussein Chebib- AlAhed

Le Hezbollah a imposé depuis le 8 octobre 2023 une grande guerre d'usure contre «Israël» dans le but de l’ébranler, de disperser ses capacités et d'éloigner une partie significative de sa force militaire de la bande de Gaza, afin de réduire la pression sur le peuple et la résistance palestinienne.

Les évaluations prédominantes au sein du commandement israélien, qui émergent des rapports et des synthèses publiées sur la situation du front libanais, vont au-delà de la fonction de la guerre d’usure. Les analystes jugent que ce front contribue activement à accroître les gains stratégiques de l'opération Déluge d'Al-Aqsa et à resserrer l'étau sur «Israël» dans sa crise existentielle qui a débuté le 7 octobre.

Les contours de cette situation ont été tracés avec la mise en œuvre du concept de l'unité des champs de bataille élaboré par l'axe de la Résistance en collaboration avec les fronts de soutien à Gaza, jusqu'à l'opération Promesse honnête à travers laquelle la République islamique d’Iran a riposté à l'agression israélienne contre le consulat iranien à Damas.

Entre les dates du 7 octobre et du 14 avril, il est évident que «Israël» ne peut pas continuer sans une protection directe occidentale et américaine. Sous cette ombrelle, l'efficacité de chaque front peut être évaluée et déterminée, non seulement en termes de soutien à la résistance palestinienne à Gaza, mais aussi en termes de renforcement de la crise existentielle d'«Israël» et de mise à l'épreuve de sa capacité à survivre dans un environnement extrêmement variable, loin des équations de conflit antérieures. Il ne s'agit pas seulement de discuter de nouvelles règles d'engagement qui pourraient réguler le conflit pendant une certaine période, mais les faits dépassent cela pour soulever des questions sur la capacité de survie et de persistance du sionisme face à de multiples fronts qui entourent «Israël» de plusieurs côtés, de sorte que la notion de «siège» par le feu est pratiquement applicable dans la phase actuelle.

En effet, le front libanais occupe la deuxième place, après celui de Gaza, dans l'opération visant à épuiser l'ennemi, à l’affaiblir et à accroître son niveau d'inquiétude existentielle en lien avec les résultats concrets des opérations quotidiennes de la Résistance islamique. L'une des premières conséquences est la limitation des options de l'ennemi pour élargir le champ de bataille et s'engager dans un conflit plus étendu, malgré la mobilisation d'environ un tiers de la force militaire israélienne déployée sur le front nord. Par conséquent, «Israël», malgré sa rhétorique médiatique de surenchère et de volonté d'élargir la guerre jusqu'au territoire libanais, apparaît extrêmement prudent face aux capacités du Hezbollah, déjà connues ou inconnues. Cela est considéré comme une forme de faiblesse significative dans le contexte de l'agression contre Gaza.

La deuxième problématique concerne les conséquences du déplacement des «Israéliens» fuyant les colonies du nord vers des zones plus sûres au centre de l’entité. Une partie importante du nord est ainsi devenue une zone déserte où les secteurs agricole, industriel et touristique sont paralysés, ce qui a considérablement augmenté le fardeau économique, financier et psychologique sur ce front, s'ajoutant aux charges déjà présentes sur le front de Gaza, de la Cisjordanie, du Yémen et de l'Irak.

Un autre point crucial émerge sur le front nord : l'entité israélienne se retrouve confrontée à un scénario nouveau qu'elle n'a jamais connu auparavant, à savoir ce qui est appelé «la souffrance du déplacement et des déplacés», avec toutes les complications psychologiques graves qui touchent le fondement même de l'idée de colonisation dans le nord, compte tenu de la possibilité de la répétition des évènements du 7 octobre sur le front libanais, à la lumière notamment du bond réalisé par le Hezbollah dans sa performance militaire en passant de la défense à l'attaque à partir du 8 octobre.

De plus, la performance de combat du Hezbollah, sa capacité à échapper aux systèmes de défense aérienne «israéliens» multicouches et la capacité des combattants à infliger des frappes douloureuses et mortelles dans les zones où les forces ennemies se déploient loin des points frontaliers connus avec le Liban, ont été gravés dans l'esprit des dirigeants militaires ennemis et de leurs services de renseignement. Ces derniers suivent de près l'évolution et l'analyse de la situation sur le front libanais, cherchant à évaluer jusqu'où le Hezbollah est prêt à soutenir le peuple palestinien et sa résistance à Gaza, surtout que le Hezbollah a dépassé toutes les campagnes de propagande et les pressions américaines, européennes et régionales, et qu'il fait ce qu'il juge nécessaire pour atteindre les objectifs visés par son intervention militaire. Par conséquent, les multiples pertes infligées à l'entité sioniste dans divers domaines en raison de l'activation du front libanais ont établi un lien objectif avec le front de Gaza, de sorte que cesser le combat sur l’un, nécessite une cessation sur l’autre, contrairement à ce que certains dirigeants de l'entité tentent de faire croire à leur public. Cela doit être présent au cœur du débat international sur l'arrêt de l'agression contre la bande de Gaza.

Peut-être que ce que Nahum Barnea a écrit dans le journal «Yedioth Ahronoth» (le 27 avril 2024) selon lequel «la situation à la frontière libanaise est l'une des raisons qui poussent l'armée israélienne à soutenir l'accord sur les captifs». Il a expliqué qu’un tel accord permettra d'établir une entente dans le nord et faciliter le retour des colons. «C'est un sujet qui préoccupe beaucoup l'armée, mais il est surprenant qu’il ne préoccupe pas le gouvernement…», a-t-il ajouté.

Bien sûr, de nombreux analystes israéliens et non-israéliens font implicitement référence à l'écart entre les évaluations politiques et militaires au sein de l'entité ennemie. Le niveau militaire est plus capable que d'autres de tirer des conclusions stratégiques et de saisir les transformations sur le plan de la gestion de la bataille au niveau des fronts de l'axe de la résistance, qui ont tous abouti à assiéger la capacité de l'ennemi à négocier avec le Hamas et à diminuer sa capacité à réaliser les «gains» qu'il s'efforce d'obtenir. Cela a finalement servi la résistance palestinienne, qui est restée consistante en s'appuyant essentiellement sur une puissance de feu et des opérations dévastatrices que l'agresseur n'a pas réussi à éteindre, ainsi que sur une patience et lutte légendaires, sans précédent, du peuple palestinien de Gaza.

Lorsque les déplacés et réfugiés sionistes des colonies du nord deviennent une pression majeure sur la direction de l'ennemi, avec tous ses impacts économiques, psychologiques et sécuritaires, les «Israéliens» aspirent à chercher des solutions pour assurer leur retour dans le contexte de toute formule de désescalade avec Gaza et de libération des captifs. Auparavant, les formules de désescalade et les accords étaient centrés sur les équations dissuasives, l'équilibre dissuasif et la supériorité dissuasive «israélienne» et d'autres termes liés aux dimensions militaires et politiques de toute bataille. Effectivement, la crainte de l'échec et de la défaite face au Hezbollah en cas d'élargissement du champ de bataille est l'un des fardeaux coûteux que l'armée ennemie ne peut plus supporter après la catastrophe du 7 octobre et après 7 mois d'échec à atteindre les objectifs de l'agression contre Gaza malgré la puissance de feu sioniste qui a dépassé la définition de «destruction totale» avec des armes conventionnelles ressemblant plutôt à des armes non conventionnelles. Pourtant, cette armée a échoué à récupérer les prisonniers sionistes par la force et à éliminer le Hamas. Elle attend toujours l'avis et la décision de ce mouvement concernant tout accord proposé par les médiateurs. Alors, quelle sera la situation de l'institution militaire sioniste qui ignore - tout en sachant en même temps - ce qui l'attend derrière les frontières libanaises, alors qu'elle n'est pas encore sortie du choc de la Promesse honnête de l’Iran ?

Ainsi, le front de soutien libanais s'est renforcé. Il est devenu un facteur de pression supplémentaire sur l'entité temporaire, pour trouver une issue à l'impasse dans laquelle elle s'est trouvée dans les sables de Gaza. Quant à l’impasse dans laquelle se trouve l’ennemi dans le nord, face au Hezbollah, elle est entrée dans une nouvelle phase nécessitant de nouveaux calculs, à la lumière des faits et des expériences sur le terrain.

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