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Liban: La crise de l’électricité et l’amitié américaine

Liban: La crise de l’électricité et l’amitié américaine
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Par Salam Khalil

Le Liban, petit pays du Moyen-Orient ouvert à tout le monde à l’exception de l’entité israélienne qui occupe la Palestine et une partie du Liban, n’arrive pas à procurer l’électricité à ses citoyens. Certains vont dire : ce n’est pas bizarre, le Liban traverse depuis deux ans une grave crise économique et monétaire influant tous les domaines. Mais la crise de l’électricité n’est pas liée à la situation actuelle, même si cette dernière l’a vraiment aggravée.

Et ces derniers jours, avec les répercussions de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et la hausse des prix de l’essence sur la marché mondial, la situation semble s’empirer.

Le Liban connait un problème majeur d’électricité depuis plus de 30 ans. Les gouvernements successifs ont rendu le pays dépendant à 100% de l’importation de «fuel» pour pouvoir s’en procurer d’électricité, ignorant toutes les ressources dont dispose le pays des cèdres et permettant de produire l’énergie électrique, à savoir le soleil et l’eau.

Grâce à environ 300 jours d’ensoleillement dont bénéficie le Liban, l’énergie solaire se présente comme une alternative qui lui permet de produire l’énergie dont il a besoin.

Mais le pays ne profite jamais de cette source renouvelable, parce qu’elle constituerait une atteinte aux intérêts personnels dont profitent des politiciens libanais dans ce dossier.

A chaque fois, lorsqu’un bateau de fuel est commandé des pays fournisseurs, les procédures liées aux payements voire à la procuration du prix ont besoin de temps et d’effort, comme si c’était un évènement urgent par lequel les responsables sont surpris ! Et surviennent alors les alertes menaçant que le pays allait plonger dans l’obscurité.

Déjà en 2006, en 2009, en 2010, des offres iraniennes de fournir l’électricité au Liban se sont répétées. En 2012, l'ambassadeur d'Iran au Liban, Ghadanfar Rokn Abadi, avait affirmé que son pays était prêt à fournir les usines ou l'électricité au Liban. L’Iran était disposé à construire au Liban une, deux ou trois usines de production de courant électrique avec des équipements en provenance d’Allemagne et des facilités de crédits pour le financement, avait déclaré le diplomate iranien décédé. Le Liban a refusé l’offre.

De même, en 2019, l’ex-ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, lors d’une visite au Liban, a de nouveau fait son offre pour sauver le Liban de la crise de l'électricité. Cependant, Beyrouth rejette à nouveau l’offre iranienne.

En été 2021, pendant la très grave pénurie de carburants due à la suppression imminente des subventions et à une hausse de prix dans le marché noir, le secrétaire général du Hezbollah sayed Hassan Nasrallah a annoncé l’arrivée au Liban d’un premier navire transportant du carburant venu d’Iran. Quelques heures plus tard, l’ambassadrice américaine au Liban a fait savoir que Washington travaillait à acheminer, via la Syrie, de l’électricité venue de Jordanie et du gaz venu d’Égypte, un projet auquel l’Etat libanais attend en vain la permission américaine depuis des années. Il est clair que cette affirmation américaine a été annoncée seulement en réponse à l’arrivée du carburant venu d’Iran. Ce dernier a accompli sa mission lors de la pénurie grave de carburant en été dernier et qui a surtout affecté les générateurs dont les propriétaires détiennent aujourd’hui des micro-monopoles territoriaux avec le commerce des abonnements pour combler le rationnement d’électricité avec des coupures quotidiennes s’élevant à plus de 18 heures. Néanmoins, les Libanais n’ont jusqu’à l’heure vu aucune réalisation liée à la «permission» exprimant la «générosité» américaine.

Le secrétaire général du Hezbollah a aussi évoqué que Téhéran est toujours prête à aider le Liban dans le domaine de l’essence et l’électricité, cette fois-ci sans condition de payer en dollars.

Il est vraiment surprenant que l'offre iranienne d'approvisionner le Liban en carburant, en pétrole brut en diesel ou en électricité, soit toujours rejetée au temps où l'électricité est coupée, la monnaie nationale dégringole et la pauvreté se répand.

Les Libanais savent bien que c’est Washington qui interdit au Liban d’accepter les aides iraniennes, portant atteinte aux intérêts du peuple libanais, et ne présentant de sa part aucune solution tangible aux problèmes.

En fait, ce qui manque le Liban est la décision indépendante. Il s’agit de se tenir face aux pouvoir et menaces américains, une volonté dont certains dirigeants libanais ne possèdent point même si le pays sera transformé en décombres.

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