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La lutte des forces navales dans le Golfe... la capacité du contrôle

La lutte des forces navales dans le Golfe... la capacité du contrôle
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Par Dr. Ali Matar

Le Moyen Orient est une scène avancée du conflit, dans ses mécanismes d’imbrication, au moment où le contrôle des ressources pétrolières et gazières, des pipelines et des corridors, est une des normes de la puissance géopolitique. Ces mutations sont survenues notamment après le changement des facteurs de la force économique et de l’hégémonie militaire, ayant l’énergie comme pilier.

En effet, les crises et les conflits s’étendent à l’heure actuelle sur trois continents et trois mers, entre une dizaine de pays, allant de la Méditerranée, passant par le Golfe et le détroit d’Ormuz, par la mer Rouge et le détroit de Bab-Al-Mandab, arrivant à l'océan Indien, la mer d'Oman et le golfe d'Oman. C’est cette carte qui souligne l’importance des passages maritimes stratégiques, pour la sécurité internationale. Ces passages sont considérés comme des points d'étranglement faciles à contrôler par des entités hostiles, dans le but de menacer l’économie mondiale, dans des courts délais.

C’est pour cette raison que les flottes navales étaient et sont encore un symbole de la force des États et de leur capacité à protéger leurs frontières maritimes. Ces États qui s’en servent pour imposer leur contrôle sur des zones géographiques en dehors de leurs frontières.

Premièrement : la stratégie du contrôle maritime

Contrairement à Halford Mackinder, qui part du postulat selon lequel le conflit international à travers l'histoire est illustré dans la lutte entre l'empire terrestre et l'empire maritime, notant que la primauté est à l'empire terrestre, et que les personnes qui ont fait l'histoire du monde et la feront toujours sont les habitants des régions intérieures, l'officier de marine américain, Alfred Mahan, fortement influencé par la puissance navale britannique, a mis l'accent sur l'importance de la puissance navale pour imposer le contrôle impérial et l’hégémonie.

Il atteint des résultats différents de ceux de Mackinder, selon lesquels les continents nordiques du monde sont la clé de la domination et l'Eurasie est la partie la plus importante du monde du Nord.

Il affirme que la domination et le contrôle sont du ressort des forces navales. Par conséquent, Mahan estime que les États-Unis peuvent, grâce à leur alliance avec le Royaume-Uni, obtenir un contrôle mondial, en particulier avec le contrôle des bases militaires entourant l'Eurasie en raison de la supériorité du mouvement maritime sur la terre.

Mahan, qui est considéré comme le père de la stratégie navale, a jugé que défendre les États-Unis, par exemple, ne consiste pas à essayer d'empêcher les navires ennemis d'atteindre ses côtes, mais plutôt à préparer une flotte d'énormes unités navales qui empêchent l'imposition de tout siège sur le pays.

Il a estimé que la flotte doit être constituée d'énormes navires de guerre capables de contrôler les eaux entourant les États-Unis et à grande distance de ses côtes. Ses idées ont été mises en application scientifique dans la stratégie américaine.

Deuxièmement : La force navale dans le cerveau américain

La domination de la mer est le fondement de la sécurité nationale américaine. En raison de l'importance de cela, la puissance navale est directement placée sous le pouvoir du président des États-Unis. George Washington, décrivant la marine en 1776, a dit : «Dans l'obscurité totale de la nuit, nous avons besoin de puissance et de navires de guerre. Sans eux, nous n'avons rien, et avec eux nous remportons la victoire et la dignité».

Ce que les stratèges militaires prétendent s'aligne parfaitement avec les débuts des États-Unis en tant que puissance navale, ce qui a instinctivement cimenté la compréhension des Américains sur l'équation économique associée à la théorie de la mer libre, qui permet aux matières premières et aux produits manufacturés de se déplacer en grandes quantités sur les navires.

Mais avec le début des alliances étrangères et l'implication des États-Unis dans les guerres mondiales en Europe et en Asie au XXe siècle, la stratégie est passée de la perspective de la puissance navale à la perspective de la puissance continentale traditionnelle, et plutôt à la puissance de l'hégémonie américaine. Avec la fin de la guerre froide et le sentiment du pouvoir excessif, les Américains pensaient qu'ils devaient constituer une force terrestre et maritime en même temps.

La flotte américaine n'est plus assez grande pour protéger constamment ses intérêts dans le monde en raison de la baisse des investissements et des dépenses allouées à ces forces. Ce fait qui a créé un vide, a permis de créer des rivaux dans les zones maritimes mondiales communes. Cependant, Washington ne pouvait pas se permettre de perdre sa suprématie en mer.

Les spécialistes américains pensent que Washington doit continuer à diriger le monde pour que la structure de sécurité qu'il a créée soit cohérente. Pour cela, il faut reconnaître que la position stratégique des États-Unis, à l'heure actuelle n'est pas conforme à l'approche de la puissance terrestre continentale dans le monde. En Amérique du Nord, les États-Unis sont situés entre le Canada et le Mexique, deux pays amis et non menaçants qui sont beaucoup plus petits en termes de population et de puissance économique, de sorte que les États-Unis n'ont pas besoin d'une terre permanente armée de grande taille, ils appellent donc au renforcement de la stratégie navale.

Troisièmement : Le Golfe, guerre des volontés

L'importance de la puissance navale a été démontrée par le conflit en cours dans la région du Golfe et le détroit d'Ormuz. Le conflit entre Washington et Téhéran a toujours été évident dans une région très vitale du Moyen-Orient, les eaux du Golfe qui séparent l'Iran d'un certain nombre de pays arabes. Là, les affrontements se déroulent à différents niveaux. Certains se terminent par des menaces, des avertissements et des provocations, et certains se terminent par le fer et le feu. C’est une guerre des volontés.

L'importance de cette région réside dans le fait qu'elle est un corridor pour le un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, qui est estimée à 100 millions de barils par jour. Il passe vers la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Inde, Singapour et d'autres pays. Par le détroit d'Ormuz, passe 88% de la production pétrolière de l'Arabie Saoudite, 98% de la production de l'Irak, 99% des Émirats, et presque tout le pétrole de l'Iran, du Koweït et du Qatar, d'où l'importance du contrôle maritime dans cette région du monde.

Quatrièmement : la force navale iranienne

Les forces navales iraniennes sont présentes dans la mer d'Oman, l'océan Indien et le golfe Persique et sont chargées de former la première ligne de défense de l'Iran dans la mer d'Oman. Elles ont également la tâche de jouer un rôle efficace dans les eaux bleues. Elles opèrent principalement à l'échelle régionale, dans le Golfe et le golfe d'Oman, mais également aussi loin que la mer Rouge, dans la Méditerranée et le nord-ouest de l'océan Indien.

La République islamique possède des systèmes d'armes avancées, dont des navires de guerre, des sous-marins, de vedettes rapides, de missiles navales, de mines navales, aux côtés de l'Armée de l'Air de la Marine, ce qui lui permettrait à tout moment de fermer le détroit d'Ormuz, considéré comme la voie navigable la plus importante dans le monde en raison de l'énorme volume d'exportations de pétrole qui la traversent quotidiennement, ainsi que des énormes importations des pays du Golfe.

Après la fin de la guerre Iran-Irak, l'Iran a continué à établir des bases navales le long de ses côtes dans le golfe Persique et le golfe d'Oman, ainsi que sur les îles iraniennes. Il a également continué à renforcer sa flotte navale, à moderniser son armement et à lever ses capacités de combat à travers une longue série de manœuvres navales ; Cela lui a permis de croire que sa présence active dans le Golfe et la mer d'Oman est devenue la plus grande force pour maintenir la sécurité et la stabilité de ces deux régions stratégiques.

Selon certaines estimations, la flotte navale iranienne comprend 398 navires, tandis que la Grande-Bretagne ne possède que 76 navires, dont 6 frégates. La marine iranienne a lancé le destroyer de fabrication iranienne «Sahand» et le porte-hélicoptères «Makran», alors que les destroyers modernes sont armés de missiles antiaériens et antinavires mer-air, et des missiles lancés par des sous-marins.

L'Iran possède 3 croiseurs, qui sont plus gros que le destroyer, ce qui est un élément important pour déterminer l'efficacité militaire des flottes navales des pays. Il   possède 34 sous-marins, et 88 pièces navales de navires de patrouille.

Les capacités navales ont été construites selon une approche scientifique qui prend en compte les besoins réels de l'Iran proportionnellement à sa position régionale, et les capacités et menaces de l'ennemi pour les dissuader.

Sommaire :

Il ne fait aucun doute que la force navale est aujourd'hui d'une grande importance au niveau stratégique et tactique dans la région dont nous parlons, et l'importance de la force navale iranienne vient du fait qu'elle a découvert les capacités de l'ennemi, et l'importance de la situation géographique dans laquelle elle opère. Elle a développé ses capacités sur cette base et selon ce schéma. C’est ainsi que se multiplient les confrontations dans cette région, confirmant la capacité de Téhéran à tracer sa carte dans le Golfe, car il en a la capacité, la décision et le courage.

Malgré l'importance de la puissance navale américaine, l'Iran a su explorer sa voie d'action, et surtout, il a la volonté d'affronter. En dépit de la grande alerte sécuritaire américaine dans la région, à la lumière des efforts des forces américaines pour construire une alliance de sécurité dans les voies navigables au large de l'Iran et du Yémen, l'Iran est capable de transformer la région en enfer face aux forces américaines. Il est également capable de bloquer les routes commerciales et maritimes dans la région quelle qu’en soit la sensibilité. Ainsi, l’Iran est en mesure de transformer la région en un important transporteur de cadavres d'Américains au cas où ils penseraient d’attaquer Téhéran.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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