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Conclusions israéliennes de la guerre de 2006 : crises de confiance…défense et dissuasion réciproque

Conclusions israéliennes de la guerre de 2006 : crises de confiance…défense et dissuasion réciproque
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Par Ali Abadi

Les résultats de l’offensive sioniste contre le Liban en juillet 2006, ont généré une crise de confiance à plusieurs niveaux dans la société ennemie :

-Une crise de confiance en la capacité de l’armée de l’air à détruire les potentialités de la partie adverse. Un problème qui affecte toujours l’armée de l’air, malgré les avions de chasse modernes, dont les F35.

-Une crise de confiance en la capacité de l’armée sioniste à remporter une victoire terrestre. En effet, toutes les manœuvres terrestres organisées à la suite de la guerre de 2006, ont échoué à réhabiliter cette confiance.

-Une crise de confiance en la capacité à protéger le front intérieur des missiles de la résistance, en dépit de la diversité des systèmes de défense aérienne, (Le Dome de fer, Magic Touch, Patriot….

Cette préoccupation prévaut encore à l’heure actuelle, notamment avec la possession, par la résistance, de systèmes de missiles qui couvrent l'intégralité de la Palestine occupée. De plus, l'option de prendre d'assaut la Galilée est entrée sur la carte des sérieux défis.

-Une crise de fuite pour éviter de rejoindre les unités des combats terrestres, malgré les rémunérations offertes aux soldats de ces unités.

-Une grande partie des Israéliens ont perdu confiance en la capacité de leurs dirigeants à faire face aux défis futurs, après que des accusations de corruption ont terni la réputation de plusieurs de ces dirigeants.

Ainsi, la société israélienne croie en la crédibilité du secrétaire général du Hezbollah, plus qu’à celle des dirigeants israéliens. « Le public israélien accorde sa confiance au leader de l’ennemi que nous combattons », a indiqué le Udi Level, maître de conférences en psychologie politique à l'université Ben Gourion.

-La fragilité de l'entité d'occupation a été prouvée, en vertu de la (théorie de la toile d'araignée).

Selon le livre «Feu sur nos forces» publié par le journal Maariv en 2007, «La seconde guerre du Liban a changé le visage du pays. L'«Etat d'Israël», qui jusqu'en juillet 2006 se sentait comme une superpuissance, s'est transformé en un petit pays entouré par des ennemis».

Même parmi les Israéliens, il y a une augmentation dans les rangs de ceux qui croient qu’«Israël» pourrait un jour cesser d'exister à la suite d'une guerre extérieure ou d'une guerre intérieure.

-Israël a perdu la confiance de ses alliés américains et arabes, qui croyaient que la guerre était entre ses mains, et que s'il décidait de gagner, il y parviendrait.

Cela a été clairement exprimé par Elliott Abrams, qui a servi pendant la guerre de 2006 en tant que conseiller adjoint à la sécurité nationale, en disant : «Comme c'est le cas avec la plupart des pays européens et avec les pays arabes, nous avons supposé (dans l'administration américaine) que l'armée israélienne assénerait un coup rapide et sévère au Hezbollah. Ce qui aurait assuré de nombreux avantages pour les Etats-Unis et leurs alliés dans la région... La nouvelle réalité a commencé à se préciser deux semaines après le début de la guerre, et l'incapacité de l'armée israélienne à vaincre le Hezbollah, contrairement à ce que tout le monde s'attendait».

Cette guerre a donc affecté la conscience israélienne: il n'y a plus aucune certitude sur laquelle l’entité sioniste peut se fier face aux ennemis.

La victoire est devenue un rêve inaccessible, après que l'opinion publique israélienne, depuis la guerre de juin 1967, croyait que la victoire est toujours un allié pour l'armée israélienne compétente et professionnelle.

Les indices suivants sont observés :

-Depuis la fin de la guerre de 2006, l'armée sioniste a commencé à examiner ses préparatifs pour la prochaine guerre de plusieurs manières, et a reconsidéré un certain nombre de concepts militaires, y compris le concept de «remporter la victoire», dans le but d'éviter toute confusion qui pourrait accompagner ou découler des résultats modestes de toute guerre future.

Le terme «la bataille entre les guerres» a également été inventé pour compenser une guerre qui ne peut être menée à l'heure actuelle. Le plus grand souhait est devenu de lancer des menaces et de mener des raids sporadiques et des opérations secrètes de sécurité, mais la capacité de mener des guerres-éclairs au sol est devenu du passé.

-Pour la première fois, l'armée ennemie a tendance à prendre des mesures défensives, elle qui est habituée aux stratégies offensives dans toutes ses guerres, tout en déplaçant la bataille sur le territoire de l'autre camp.

Les médias ennemis ont rapporté qu'il existe un plan pour intensifier les barrières à la frontière avec le Liban pour éviter l'invasion, par la résistance des colonies du nord. Les nouvelles barrières dépendent de la construction d'un haut mur et d'une nouvelle clôture dans les endroits sensibles, ainsi que des opérations d'ingénierie complexes.

-Assurer la sécurité des soldats est devenu la principale préoccupation du commandement de l’armée ennemie, après que la principale préoccupation était d'assurer la sécurité des colons.

Dissuasion mutuelle

Il y a des faits supplémentaires que l'ennemi prend en considération :

-L'augmentation des capacités de la résistance, sur le plan quantitatif et qualitatif. L'exemple le plus flagrant étant les missiles, devenus plus précis, plus répandus et plus meurtriers. Des missiles qui représentent une véritable force de dissuasion contre l'ennemi et limitent ses options militaires.

-Le front intérieur de l’ennemi est complètement exposé à la résistance. Ce front est le point faible auquel l’ennemi s’emploie à épargner la coupe amère, alors qu'il a toujours concentré son énergie de feu sur le territoire de l'autre partie, en utilisant les infrastructures et les installations civiles comme un outil de pression pour pousser la résistance à battre en retraite et à se soumettre à ses conditions.

-La résistance a développé une vision offensive qui peut être adoptée en cas de déclenchement de la guerre, qui place l'ennemi devant des scénarios difficiles qui l'obligeront à reconsidérer ses options militaires de fond en comble.

-Formation de l'Alliance de l'Axe de la Résistance, qui combattait sur la base de des fronts séparés, alors que cet axe cherche à utiliser ses capacités dans une guerre unifiée, muni d’une excellente expérience sur le terrain dans le traitement des menaces existentielles.

Les nouvelles réalités après la guerre de 2006, sont résumées par un article d'un analyste militaire du journal Haaretz, Amos Harel, dans lequel il a déclaré que « bien qu'Israël ait prouvé en 2006 qu'il peut infliger d'énormes dégâts au Hezbollah, il y a un revers à cette médaille.

Israël est conscient de la taille de l'arsenal du Hezbollah, de sa capacité à bombarder le front intérieur israélien chaque jour par 1500 missiles et à frapper ses infrastructures stratégiques - centrales électriques, ports et aéroports - et l'incapacité des systèmes d'interception de missiles à fournir une protection complète pour la population civile.

Les officiers de l’armée israélienne sont conscients de cette dissuasion mutuelle et de cette réalité qui a conduit au calme sur le front, contrairement à certains politiciens et journalistes.

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