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Trump dans le temps perdu…les éventuels périls

Trump dans le temps perdu…les éventuels périls
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Par Ali Abadi

Quelle est la cause de cet empressement pour la normalisation entre des régimes arabes et l'entité sioniste à la suite des présidentielles américaines? et Quels sont les choix que possède Trump dans la période qui lui reste dans la présidence?

Avant les élections américaines, il était clair que l'objectif des accords de normalisation était d'enregistrer des réalisations au président américain, qui l'aideraient à hausser ses chances électorales. Mais la poursuite du climat de la normalisation à la suite des présidentielles, perdues par Trump, cacherait d'autres éventuels objectifs:

Apporter en premier lieu un soutien supplémentaire à Trump dans la bataille de l'attachement au pouvoir, par la mobilisation des potentialités des milieux sionistes pour assister les recours en invalidation des résultats, avancés par le président américain. Ces recours n'ayant pas de grandes chances de réussir.

Cependant, Trump n'est point encore désespéré de renverser les résultats.

Envoyer par ailleurs des signaux importants aux personnes concernées sur la scène locale et étrangère, consistant à affirmer que Trump est toujours en action et planifie pour finaliser les objectifs tracés et rester sur la scène politique.

S'il perdait la présidence actuellement, il pourrait revenir en 2024, comme jugent ses proches. Il œuvre ainsi pour remporter le soutien des milieux sionistes juifs et chrétiens, étant «l'homme de la parole et de l'action», dans l'assistance totale à «Israël», sans aucune hésitation.

Au moment où Trump est plongé dans la bataille de l'attachement au pouvoir sur la scène intérieure, son secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Mike Pompeo est en action à l'étranger: Il effectue des tournées en tant que ministre israélien des AE, en compagnie de ministres arabes afin de signer davantage d'accords de normalisation. Il donne la légitimité aux colonies et à l'occupation de la Cisjordanie et du Golan. Il annonce l'intention d'incriminer le mouvement BDS du boycott des produits des colonies israéliennes. A rappeler que plusieurs mois avant les présidentielles, des informations ont fait état de de sa volonté de déposer sa candidature aux présidentielles de 2024.

Ainsi, Pompeo planifie pour devenir le successeur naturel du courant trumpiste en cas de l'absence du chef pour des raisons naturelles comme le décès ou anormales en raison de la prison dans plusieurs affaires judiciaires. Il prépare le terrain à créer une alliance israélo-arabe (saoudienne, bahreïnie et émiratie), qui se tient en face de la République islamique d'Iran, provoquant davantage de complications devant tout éventuel retour de la prochaine administration de Biden à l'accord nucléaire.

En effet, les responsables saoudiens et israéliens parlent actuellement d'une seule voix sur le refus du retour à l'accord nucléaire. Ils posent les conditions et les restrictions dans lesquels doit s'engager la prochaine administration américaine, selon leur avis. Un fait qui reflète une grande inquiétude de l'échec des paris sur les pressions extrêmes exercées par l'administration de Trump contre l'Iran pour l'obliger à se rendre.

C'est notamment dans ce climat que les fuites ont rapporté l'entretien entre le prince héritier de l'Arabie saoudite, Mohammad Ben Salmane et le Premier ministre israélien Netanyahu, sur le territoire saoudien, sous le parrainage de Pompeo.

L'option de la guerre en jeu

Toutes les éventualités précitées sont possibles. Mais permettront-elle l'approbation d'une aventure militaire contre l'Iran dans la période transitoire, avant l'accès de Biden à son poste le 20 janvier 2021?

Aucune personne sensée ne peut nier totalement une telle éventualité.

De surcroît, sont survenues les informations sur l'arrivée des bombardiers stratégiques américains B-52 dans la région et sur la possibilité de l'envoi de bombes sophistiquées à l'entité sioniste, puis le limogeage du secrétaire d'Etat de la guerre, Mark Esper et le retrait d'unités américaines de l'Irak et de l'Afghanistan.

La dernière démarche aurait comme objectif de retirer des objectifs clairs pour l'Iran, dans le cas où Washington mènerait une action militaire contre Téhéran.

Cependant, une attaque militaire contre l'Iran n'est pas un désir américain, mais plutôt israélo-saoudien.

Le Pentagone s'était opposé à une offensive militaire contre l'Iran, au moment où l'armée américaine n'a pas encore pansé ses blessures en Irak et en Afghanistan.

Ce point de vue ne semble pas modifié. Les chefs militaires refuseraient de plonger l'armée américaine dans une nouvelle guerre dans le Moyen Orient, en période transitoire, pour des fins personnelles ou populistes.

En plus, sont présents les couts de la guerre et ses répercussions, que nul ne peut évaluer en ce moment. Trump sait parfaitement que l'humeur populaire américaine ne tolère pas les sacrifices à l'étranger, sur le plan financier ou humain.

Quels sont les autres éventualités?

Le suivi de l'action de Trump dans les quatre dernières années, montre que le président américain préfère enregistrer les points et conclure les deals rapides, et ne préfère pas l'implication dans des combats de longue durée.

Dans ce contexte, on peut s'attendre à ce que Trump ait recours à des frappes ponctuelles en Syrie, en Irak ou au Yémen (on parle de la possibilité de placer Ansarullah sur la liste des organisations terroristes), ou de couvrir une éventuelle frappe israélienne au Liban sous un prétexte ou un autre. Il est également possible de prendre en compte la possibilité de recourir à des assassinats de figures affiliées à l'axe de la résistance, et cette possibilité est présente, notamment en Irak et en Syrie.

Trump a fait allusion ces derniers mois à des idées antérieures sur l'assassinat du président syrien, et il y a aussi des menaces américaines contre les dirigeants des factions de la résistance en Irak.

En bref, toute agression militaire contre l'Iran semble être une option israélienne que Netanyahu a essayé de promouvoir auprès des Américains depuis le mandat d'Obama, mais sans réussite. Il essaie de frapper l'Iran par les Américains, mais Washington a d'autres calculs et options. Les Saoudiens ont également exhorté les administrations américaines successives à frapper l'Iran, selon ce qui est apparu dans les documents de Wikileaks, citant le défunt roi Abdallah ben AbdelAziz.

La liste des opportunités avant le départ de Trump semble étroite quant à une action militaire majeure. Il pourrait juger que l'approche des opérations rapides peut être suivie contre les alliés de l'Iran pour lui porter un coup moral, réduire son rôle de leadership régional et limiter son influence croissante dans l'équation de pouvoir contre l'entité sioniste et l'hégémonie américaine sur la région.

Cependant, il faut rappeler que l'axe de la résistance a ses propres plans pour la confrontation. C'est cet axe qui a résisté aux pressions les plus fortes. Il a toujours été capable de transformer toute aventure en opportunité à son profit, en fonction de sa vigilance et du cumul des potentialités.

 

 

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