noscript

Please Wait...

Syrie: entre la bataille d’Idleb et l’échec des politiques de l’Occident

Syrie: entre la bataille d’Idleb et l’échec des politiques de l’Occident
folder_openAnalyses access_time depuis 6 jours
starAJOUTER AUX FAVORIS

Par Antoine Charpentier

L’avancée de l’armée syrienne dans la région d’Idleb inquiète plusieurs protagonistes de la guerre en Syrie.

Les dirigeants turcs ont conscience que toute solution à Idleb sera au détriment de leur présence au nord de la Syrie. Ce qui pourrait par le fait mettre fin à toutes ambitions d’annexions et de spoliations de ce territoire syrien. La reprise d’Idleb signifie l’avortement du rêve des dirigeants turcs d’une zone tampon au nord de la Syrie, où ils pourraient regrouper les réfugiés syriens qui se trouvent en Turquie, ainsi que différents types de combattants. Ceci maintiendra la Syrie dans une forme de conflit. Le but de cette zone tampon est également de diviser la Syrie, de l’empêcher de retrouver sa souveraineté territoriale, et d’éloigner le spectre de la menace kurde de la Turquie.

 

De ce fait, les intérêts de la Turquie en Syrie concordent avec ceux des États-Unis. Les Américains ont bien conscience que la reprise d’Idleb par l’État syrien signifie la fin du conflit armé et le début d’un processus politique, par conséquent une solution durable et viable. Cependant, les États-Unis semblent également vouloir maintenir la Syrie dans une forme de conflit durable, l’empêchant de retrouver son unité territoriale, d’entamer une solution politique quelconque, sans pour autant oublier les réfugiés syriens dans les pays limitrophes au sujet desquels les agents atlantiques œuvrent pour les empêcher de retourner dans leurs pays, afin d’affaiblir la Syrie, en la vidant de son peuple.

 

L’Europe semble être affolée de ce qu’il se passe à Idleb et se cache encore une fois derrière l’ingérence humanitaire afin de servir ses intérêts. Elle craint fortement l’éparpillement des terroristes et différents combattants à l’issue de la reprise d’Idleb, ainsi que les conséquences néfastes qui peuvent apparaitre à l’ombre des crises profondes, que cette dernière affronte en ce moment sur le plan interne. De ce fait, nous comprenons les raisons et les objectifs des déclarations et interventions de certains dirigeants européens à l’instar du président français Emmanuel Macron, qui a évoqué dernièrement le sujet d’Idleb avec son homologue russe Vladimir Poutine au fort de Brégançon dans le Sud de la France, sans pour autant trouver un terrain d’entente. Le souci majeur de l’Europe est son alignement sans condition sur la politique étatsunienne en Syrie. Il est certain que l’Europe n’échappera pas à une secousse multidimensionnelle qui pourrait lui coûter très cher en cas de non-changement de cap sur la scène internationale. Toutefois, l’échec de l’Occident au Moyen-Orient résonnera très loin dans l’avenir européen.

 

Pour les terroristes, l’heure est à la débâcle, la devise actuelle est sauve qui peut, mais leur champ se réduira de plus en plus, et leurs sponsors ne pourront plus les soutenir comme c’était le cas les années précédentes.

 

Quant à l’État syrien, il emploie tous les moyens possibles, afin de récupérer sa souveraineté territoriale, avec l’aide de ses alliés. L’armée syrienne a déjà repris plusieurs villages et points stratégiques, à l’instar de la fameuse bourgade de Khan Cheikhoun, et son avancée vers Idleb est indéniable.

La reprise de l’armée syrienne de la région d’Idleb redessinera en quelque sorte les contours des relations internationales, au Proche-Orient, à l’exemple de la reprise d’Alep. Par conséquent, tout retard pourrait être une bouffée d’oxygène pour les ennemis de la Syrie. Toutefois le scénario des trêves a été observé plusieurs fois lors de la guerre en Syrie, ce qui n’a pas empêché l’armée syrienne et ses alliés de remporter les batailles.

 

Une fois l’unité territoriale syrienne définitivement récupérée, et en parallèle une solution politique viable mise en place, la boussole de l’axe de la résistance va être réorientée, les priorités politiques et stratégiques vont être revues et révisées, ce qui inquiète fortement «Israël», surtout si nous prenons en compte sa situation intérieure, les multiples crises qu’affronte la société israélienne, l’état désastreux de son armée à croire plusieurs experts militaires israéliens. Ce qui inquiète également les dirigeants israéliens est le virage politique que semble effectuer en ce moment le président Trump dans plusieurs dossiers au Moyen-Orient dont le dossier iranien.

 

Enfin, Idleb, comme Alep, annoncera la victoire des déshérités et des résistants et ouvrira une ère nouvelle sur le plan des relations internationales.

Comments

//