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La crise de quart vie : Les Occidentaux cherchent une issue pour MBS

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Par Mohamad Gharib

Connu sous le nom de «midlife crisis» (crise du milieu de vie), Mohammed ben Salman (MBS), le jeune prince de 33 ans, refuse de se résigner à son sort en tant que perdant de la guerre au Yémen et de se détacher de ses massacres en arrêtant le versement de sang innocent : entre plus de 20000 civils tués et 8000000 affamés, la plus grande crise humanitaire du 21e siècle suivant l’ONU, MBS refuse de céder à la raison.

En même temps, l’Occident, saisi par la montée du «populisme» et par la peur de dénaturer l’image tant convoitée de «pays démocrate» ou du «berceau de la démocratie», ne peut plus se permettre de pratiquer la politique de l’autruche (surplus de mauvaise foi) face à l’inhumanité au Yémen surtout après l’affaire du journaliste saoudien Jamal Khashoggi qui a secoué le Monde.

Pour autant, l’Occident n’est pas disposé à perdre un allié stratégique dans la confrontation avec «l’éveil des peuples opprimés» ou «l’axe de résistance».                

Entre l’intransigeance de MBS et l’évaluation faite par l’Occident de la balance des profits et des pertes ainsi que du maintien de leur présence au Moyen-Orient, les dirigeants occidentaux cherchent à trouver une solution politique au Yémen qui sauve leur face et qui garantisse leurs intérêts stratégiques : Les demandes occidentaux se résument par l’éloignement d’Ansarullah (les alliés de l’Iran suivant leurs dires) des côtes yéménites afin d’assurer, selon eux, la sécurité du détroit contre toute future guerre éventuelle par l’Iran.

Le retour du prince Ahmed bin Abdul Aziz s’implique dans cette solution ayant pour but de sauver la face de MBS et afin de conserver «le remède» entre les mains de la famille Saoud. 

Cela ne se fera pas aussi facilement car les Emirats veulent maintenir les ports au Yémen comme ils le font en Somalie et à Djibouti de l’autre côté du détroit, alors qu’ils tentent aussi de contrôler les ports en Libye, Tunisie, Maroc et en Egypte… Cette autre guerre du contrôle des ports commerciaux dans le monde.

Et l’Arabie saoudite ne veut pas que les Frères musulmans du Yémen aient leur part dans n’importe quel processus politique possible. C’est l’un des aspects réels du conflit au Yémen même s’il porte différents titres.

Ce qui s’est passé en Turquie avec l’assassinat de Khashoggi, la crise avec le Qatar et le coup d’Etat en Egypte contre Morsi sont les signes de la crise existentielle dont l’Arabie est confrontée depuis sa création: la confrontation ouverte avec les Frères musulmans qui a fait rage avec l’arrivée au pouvoir de Gamal Abdel Nasser (avec le soutien de ces derniers) en Egypte, dans laquelle l’Arabie s’est démenée pour les renverser. Nous nous souvenons de la participation de l’Egypte à la guerre du Yémen en 1962, considérée par l’Arabie comme une tentative de saper son influence.

En 2015, la guerre au Yémen ne s’est déclenchée qu’après la perte de l’axe du Qatar et des frères musulmans dans la guerre en Syrie ainsi que la propagation de la radicalisation et des opérations terroristes dans le monde où les dirigeants occidentaux ne pouvaient plus continuer dans le financement et le soutien apportés aux terroristes par peur de perdre l’autorité dans leurs pays dans lesquels des centaines de citoyens ont payé le prix cher suite aux attentats menés par leurs alliés au Moyen orient. De ce fait, la guerre au Yémen est la tentative de l’Arabie de se présenter comme le chef sunnite qui brise l’Iran, selon leurs revendications, en affamant et en tuant les partisans de cet axe .

Alors serait-ce aux civils yéménites de payer le prix de ce conflit historique entre l’Arabie et les Frères musulmans «qui représente l’islam sunnite dans le monde?». L’Arabie était prête à renoncer aux valeurs et à la morale en contrepartie de la victoire dans ce conflit qui est la clé de voute autour de quoi tout s’organise.          

1317 jours depuis le début de la guerre atroce imposée au peuple yéménite, aucune solution militaire ne se profile et le pays vit la plus grave crise humanitaire au monde. Finalement, la France et les Etats-Unis ont appelé à la fin de l’offensive émirato-saoudienne.

La solution politique éventuelle se résume par  :

Un cessez-le-feu immédiat et la fin de l’hostilité

Le retrait des forces d’invasion

La reconnaissance mutuelle de la souveraineté de deux pays

L’engagement de non agression

Une zone démilitarisée

L’entrée immédiate des aides humanitaires et médicales

L’organisation des élections sous l'égide de l’ONU

L’entité israélienne qui sort perdante de la guerre syrienne et les EAU et l’Arabie qui sortent perdants de la guerre yéménite sont-ils prêts à accepter leurs défaites ? Où vont-ils mettre le Moyen-Orient en feu ?

Source : French.alahednews

 

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