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L’Amérique mènera-t-elle une guerre contre l’Iran ?

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Par Ihab Chawqi - AlAhed

Depuis longtemps, il existe une conviction générale chez tous les parties qu’une guerre tardive éclatera dans la région, et ce n’est qu’une question de temps et que le conflit ne sera terminé que par une guerre majeure dont les dimensions dépassent la zone de déclenchement et que ses parties ne sont pas seulement des États, mais également des alignements et des camps, celui de l’alliance américano-sioniste et ses alliés face à celui de la résistance et ses alliés.

Ce dont nous discutons ici n’est pas cette conviction, qui est bien établie, bien que le camp de la résistance n’est ni un réclameur ni un chercheur de guerre, mais il est parfaitement conscient que c’est une guerre qui lui serait imposée et qu’il doit rester en état d’élaboration et de préparation, mais ce que nous essayons de discuter ici, c’est le timing de cette guerre? Est-ce que l'escalade que nous voyons dans la région est le bruit des tambours de la guerre?

Il faut d’abord examiner les aspects de l’escalade progressive, puis analyser la situation et ses circonstances pour tenter de parvenir à une évaluation objective de la situation.

Concernant l'escalade, nous pouvons constater les éléments suivants :

1. Le resserrement du siège contre l'Iran, au point de la provoquer au maximum, en essayant de la forcer à mener une action militaire telle que la fermeture du détroit d'Ormuz.

2. La falsifications des rapports selon lesquels l’Iran se prépare à lancer des attaques contre l’Amérique et le rapprochement du porte-avions et des bombardiers B52.

3. La visite surprenante de Pompeo en Irak accompagnée de certaines mises en scène dramatiques telle que la rupture d’une visite importante à Berlin suivie de l’annonce de Michael Pompeo de l’existence de rapports divulguant la préparation d’une attaque imminente contre les forces américaines en Irak par l'Iran et ses alliés !

4. La déclaration de Netanyahou d'escalade avec l'Iran et la promesse qu’il a faite de ne pas permettre à l’Iran de posséder l'arme nucléaire !

Ces preuves, en conjonction avec la déclaration du «Deal du siècle», renforcent les possibilités d’une agression, mais en les analysant de près, elles montrent des contradictions qui affaiblissent les possibilités d’une guerre précoce, et cela pour les causes suivantes:

Premièrement, il y a une contradiction entre le resserrement de l’embargo et la décision de mener une guerre : si l’Amérique avait pris une décision téméraire de mener une guerre, elle n’aurait pas cherché à étouffer l’économie iranienne et imposer un embargo, considérant que cette politique était l’alternative à la guerre en raison de la difficulté de la guerre et de ses conséquences.

Cela ressort également des paroles de Trump, qui a annoncé la publication d'un décret exécutif imposant de nouvelles sanctions à l'Iran visant le secteur minier de la République islamique et prévoyant une réunion avec les dirigeants iraniens afin de développer un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien.

Trump a appelé le régime iranien à «abandonner ses ambitions nucléaires, à changer son comportement néfaste, à respecter le droit de son peuple et à retourner à la table des négociations avec bonne foi !».

Deuxièmement, la décision d’envoyer le porte-avions Abraham Lincoln et la présence militaire dans le Golfe constituent une mesure adoptée dans le contexte de non-escalade. Concernant l’action militaire des États-Unis en réponse aux menaces présumées de l’Iran le conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, a fait la déclaration suivante :

«Cette décision a été prise suite à un certain nombre de signes et d’avertissements alarmants de plus en plus importants. Les Etats-Unis déploient le porte-avions américain Abraham Lincoln Strike Group et le groupe de kamikazes du CENTCOM pour envoyer un message clair et sans ambiguïté au régime iranien selon lequel toute attaque contre les intérêts des États-Unis ou de nos alliés rencontrera une force implacable. Les États-Unis ne cherchent pas à faire la guerre au régime iranien, mais nous sommes tout à fait prêts à réagir à toute attaque, que ce soit par procuration, ou par le CGR ou par les forces iraniennes régulières».

Ces déclarations sont plutôt des déclarations de défense.

Troisièmement, la visite de Pompeo en Irak a coïncidé avec la publication d’informations selon lesquelles l'Irak serait sur le point de signer un accord de 53 milliards de dollars avec Exxon Mobil et PetroChina pour développer des champs pétroliers dans le sud de l'Irak, et Pompeo avait déclaré que de tels accords étaient «importants pour l'Irak».

L’objectif principal de la visite est d’essayer d’approfondir l’embargo économique contre l’Iran et de faire pression sur l’Iraq pour qu’il fasse partie de cet embargo, ce qui constitue le prolongement de la politique américaine alternative à la guerre militaire directe : s’il y avait une guerre à l’horizon, la visite aurait été différente, comprenant des hauts responsables militaires, et mettant l’accent sur la dimension militaire».

Quatrièmement, les déclarations hostiles de Benjamin Netanyahu sont liées au front intérieur et la formation de son gouvernement de droite. Netanyahu incapable d’empêcher la chute de roquettes primitives sur les territoires occupés, mènera-t-il une guerre contre un grand pays comme l'Iran et un camp multi-front comme le camp de résistance.

Il n’y a aucun doute que les menaces de l'Amérique et d' « Israël » et la faiblesse européenne qui n’ont pas respecté leurs engagements vis-à-vis de l’Iran, n’ont pas réussi à tirer des concessions de l'Iran et de l'axe de la résistance. De son côté le ministère iranien des Affaires étrangères, a déclaré, une heure après l'annonce du président américain Donald Trump, l’imposition de nouvelles sanctions contre la République islamique, qui a l'intention de l’Iran de se retirer de l'accord nucléaire étapes par étapes.

«Le retrait de l'accord nucléaire étapes par étapes ne constitue pas une violation de l'accord», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghji. «Cette décision implique de tirer parti du contenu de l'accord pour garantir les intérêts de l'Iran, et n’implique pas le retrait catégorique».

Ainsi, l’Iran et la résistance ont respecté les constantes, et ont gardé leur sagesse, leur calme et leur patience stratégique.

L'analyse des éléments de preuve indique que nous sommes confrontés à une diplomatie coercitive militaire, à des négociations à partir du porte-avions et des bombardiers B52, et non pas des négociations autour d’une table. Toutes ces mesures visent à anticiper l'annonce de l'accord présumé «Deal du siècle» tout en essayant d’empêcher la résistance d’y faire face et semer le désespoir parmi la résistance palestinienne, en apaisant les ennemis de l'Iran dans la région. L’Amérique peut continuer à mal interpréter la patience de la résistance et ses perceptions erronées d’une éventuelle révolution populaire due à la pression économique, chose qui devrait être corrigé dans la pensée stratégique américaine qui cède complètement à l’analyse des extrémistes tels que John Bolton et au marchand de pétrole Michael Pompeo. Cependant la situation peut dégénérée, car la négociation en présence des forces militaires et la fermeture de toutes les voies politiques pourrait causer de petites erreurs qui pourraient conduire à une guerre majeure, que l'Amérique et ses alliés seront les premiers à le regretter, et éventuellement à une déclaration formelle de la fin de l'hégémonie américaine au Moyen-Orient.

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