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Pour les beaux yeux d’«Israël», Trump s’en va-t-en-guerre

Pour les beaux yeux d’«Israël», Trump s’en va-t-en-guerre
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   Par Samer R. Zoughaib


En dénonçant l’accord nucléaire, Donald Trump risque d’entrainer la région et le monde dans une guerre dévastatrice.

Pour les beaux yeux d’«Israël», Trump s’en va-t-en-guerre

C’est sans doute l’un des discours les plus belliqueux jamais prononcé par le dirigeant d’une grande puissance à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, une organisation censée veiller à la résolution pacifique des conflits et à la stabilité du monde. Le choix par le président américain Donald Trump de ce lieu hautement symbolique pour déverser sa rhétorique guerrière contre l’Iran et la Corée du Nord illustre tout le mépris que le locataire de la Maison Blanche voue au droit international et aux relations respectueuses entre les nations. Pour Donald Trump, les lois, la volonté et les intérêts des Etats-Unis passent avant tout, même s’il faut fouler des pieds les accords, les conventions et les traités qui régissent les relations entre les Etats, et dont la mise en place a nécessité des décennies de négociations.

En dénonçant l’accord nucléaire avec Téhéran, conclu à l’issue de 5 années de négociations ardues, et en qualifiant l’Iran d’«Etat voyou» et de «dictature corrompue», Trump s’aligne totalement sur la position du «Premier ministre israélien», Benjamin Netanyahou, le seul dirigeant au monde à exiger l’abrogation de l’accord nucléaire. Celui que l’on croyait affranchi du lobby sioniste aux Etats-Unis, du fait qu’il est à la tête d’une fortune estimée à 8 milliards de dollars, s’est avéré être totalement inféodé à ce groupe de pression, qui sert plus les intérêts d’«Israël» que de l’Amérique.

L’Iran respecte ses engagements

Donald Trump a déclaré qu’il était parvenu à une décision au sujet de l’accord nucléaire. Il devrait l’annoncer à la mi-octobre lors d’un discours au Congrès, au cours duquel il prétendra que l’Iran ne respecte pas ses engagements, pour justifier le retrait de Washington. Pourtant, l’Agence internationale de l’énergie atomique et les autres signataires de l’accord (la Russie, la Grande-Bretagne, la Chine, l’Union européenne et l’Allemagne) assurent que la République islamique applique à la lettre sa part du contrat.

Faisant fi de ses partenaires et des autres grandes puissances, l’administration américaine veut donc revenir à la politique injuste des sanctions unilatérales, qui pourraient, à terme, provoquer un conflit militaire à l’échelle régionale et mondiale, uniquement pour servir les intérêts d’«Israël».

Face à cette attitude agressive et menaçante, l’Iran ne va certainement pas rester les bras croisés.

Juste après la diatribe de Trump, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Jawad Zarif a dénoncé un «discours de haine». Le président Hassan Rohani a estimé, de son côté, que plus personne ne fera confiance aux Etats-Unis si Washington se retire de l'accord.

La réaction la plus violente est venue du leader de la Révolution islamique, qui a qualifié de «langage de cowboy et de gangster» la violente allocution de Trump. «Le discours insensé et extrêmement menaçant, insolent et confus du président des Etats-Unis avec son langage de cowboy et de gangster s'explique par la haine et l'incompétence des responsables du gouvernement américain, qui n'ont pas de cervelle», a déclaré sayed Ali Khamenei, selon son site internet. «Les propos tenus par (Trump) ne sont pas glorieux pour la nation américaine, et l'élite de ce pays devrait avoir honte d'avoir un tel président et de ses remarques», a ajouté l'ayatollah Khamenei, lors d'un discours devant l'Assemblée des experts.

Selon son site internet, sayed Khamenei a aussi déclaré que la «haine» des dirigeants américains vis-à-vis de l'Iran s'expliquait par «la présence et l'influence de la République islamique, qui a conduit à l'échec des menées américaines et israéliennes» dans la région.

Sur un plan pratique, le président Hassan Rohani a déclaré ce vendredi que l’Iran allait renforcer ses capacités militaires et balistiques malgré les critiques des Etats-Unis et de la France, lors d'un défilé marquant le déclenchement de la guerre Irak-Iran en 1980. «Que vous le vouliez ou pas, nous allons renforcer nos capacités militaires, nécessaires en matière de dissuasion (...) Pour défendre notre patrie nous ne demanderons la permission à personne», a-t-il dit dans un discours.

En cas de dénonciation de l’accord par les Etats-Unis, l’Iran a annoncé qu’il reprendrait l’enrichissement de l’uranium à des taux élevés.

La France propose une solution

Les Européens, France en tête, espèrent encore peser sur la décision américaine. Dénoncer l'accord serait une «lourde erreur», «ne pas le respecter serait irresponsable», a ainsi mis en garde Emmanuel Macron. La France a proposé un «complément» à l'accord sur le nucléaire iranien, sur lequel les signataires pourraient travailler pour l'après 2025, une manière d'entrouvrir une porte de sortie pour Washington.

Mais il n’est pas certain que Trump saisisse la perche tendue. Car ce n’est pas l’accord nucléaire qu’il vise mais l’Iran en tant que puissance émergente, farouchement attachée à son indépendance politique et économique. L’échec de tous les plans concoctés en Syrie, en Irak et au Yémen, pour affaiblir la République islamique et l’entrainer dans des guerres interminables qui épuiseraient son économie et ses forces armées, ont échoué. Instrumentalisé par les Etats-Unis pour servir cet objectif, «Daech» est sur le point d’être totalement écrasé en Syrie et en Irak, grâce aux armées syrienne et irakienne, soutenues par leurs alliés, notamment le Hezbollah et les Iraniens. Washington et «Israël», qui avaient misé sur ce précieux outil pour une longue guerre d’usure, voient leurs plans tomber à l’eau. Il ne leur reste plus qu’à s’engager eux-mêmes sur le champ de bataille. Mais ont-ils encore les moyens et, surtout, la volonté de se battre face à un axe victorieux? Rien n’est moins sûr.

Source: french.alahednews

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