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Par Samer R. Zoughaib

Les succès enregistrés par l’armée syrienne et ses alliés ces derniers mois participent d’une dynamique de reconquête qui est irréversible en raison des réalités militaires sur le terrain et de la conjoncture géopolitique régionale et internationale.

«The game is over in Syria». Les propos amers de l’ancien ambassadeur de Washington à Damas, Robert Ford, dans une interview accordée au quotidien saoudien Al-Chark al-Awsat, le 19 juin, closent tous les pronostics sur l’évolution future de la situation en Syrie. L’ex-émissaire de Barak Obama pour la Syrie estime, dans cet entretien, qu’«il est probable que les États-Unis se retireront de Syrie, comme ils se sont retirés du Liban, en 1983, et de l’Irak, il y a dix ans».

Et pourtant, Washington n’a pas laissé une seule carte sans l’utiliser pour tenter d’inverser les rapports de forces et influer sur le cours des événements. Après avoir épuisé toutes ses options, médiatiques (diabolisation de l’Etat syrien), politiques (tentatives de construction d’une opposition syrienne ou d’une alliance régionale), diplomatiques (isolement de l’Etat syrien, batteries de sanctions internationales etc…), les Etats-Unis ont finalement brandi la menace de l’intervention militaire directe. Ils ont tiré une cinquantaine de missiles de croisière sur l’aéroport al-Chaayrate, ont abattu plusieurs appareils de l’armée syrienne et ont déployé sur le terrain des centaines de soldats des forces spéciales. Mais au regard des développements stratégiques en Syrie et dans l’Irak voisin, toutes ces mesures ressemblent plus à des gesticulations qu’à des démarches susceptibles de modifier les rapports de force.

En effet, les victoires remportées par l’armée syrienne et ses alliés ces derniers mois montrent que la dynamique de reconquête est irréversible et devrait se poursuivre jusqu’à la libération de toute la Syrie, comme n’a cessé de le répéter le président Bachar al-Assad depuis le début de la guerre.

L’Amérique abandonne ses alliés

Les succès enregistrés par l’armée syrienne cette semaine dans le désert, au nord-est de Soueida, face à «l’armée des lions de l’est» et les «forces d’Ahmad al-Abed», directement appuyées par les Etats-Unis, prouvent que les Américains ne sont même plus capables de protéger leurs plus proches agents. Exactement comme cela s’est passé avec la milice d’Antoine Lahd lors de la débandade des «Israéliens» du Liban-Sud, il y a 27 ans.

La progression de l’armée syrienne et de ses alliés dans le désert de Soueida n’est que le dernier feuilleton d’une marche victorieuse qui leur a permis, ces deux derniers mois, d’engranger une série de gains sur tous les fronts. Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, «l’armée syrienne et ses alliés ont libéré en soixante jours autant de territoires qu’ils ne l’ont fait en l’espace de six ans».

Dans le désert de la Badia, qui s’étend jusqu’à la frontière irakienne, les alliés ont progressé sur deux axes: ils ont élargi dans un rayon de 50 kilomètres la zone de sécurisation autour de Palmyre, ce qui a permis de mettre la cité antique définitivement à l’abri de toute contre-attaque des terroristes de «Daech». Dans la foulée, l’armée syrienne a repris presque tous les champs gaziers importants du pays, notamment celui d’Arak. Elle n’est plus qu’à 5 kilomètres de la localité stratégique d’al-Sokhna, dernier verrou avant la ville de Deir Ezzor, où une garnison de l’armée syrienne résiste héroïquement aux attaques des takfiristes, depuis quatre ans.

Dans le même temps, les alliés ont lancé une vaste opération dans les confins du désert pour sécuriser la route allant de Damas à la frontière irakienne. Le 24 juin, ils ont fait leur jonction avec l’armée irakienne et les forces de la «Mobilisation populaire», en dépit des menaces et des raids américains, qui ont fait des morts et des blessés. Les alliés ont ensuite poursuivi leur progression le long de la frontière en remontant vers le nord et sont entrés, pour la première fois depuis 2013, dans la province de Deir Ezzor. 25000 kilomètres carrés ont été reconquis dans le désert depuis le mois de mai.

La route Athriya-Khanasser sécurisée

En parallèle, des forces syriennes venant de Maskana, à l’est d’Alep et de l’est de la province de Homs ont fait leur jonction, écrasant au passage les terroristes de «Daech» et récupérant quelque 5000 kilomètres carrés. Poursuivent leur avancée, ces forces ont pris la ville de Rasafa, dans la province de Raqqa, à 30 kilomètres au sud de la capitale auto-proclamée des terroristes. De la sorte, elles ont barré la route vers le sud aux milices kurdes soutenues par les Etats-Unis. Ces succès ont définitivement sécurisé la route stratégique Athriya-Khanasser, reliant Hama à la ville d’Alep.

Dans le même temps, les poches terroristes autour de Damas et ses environs sont tombées les unes après les autres: Barzé, Qaboun, Techrine… Il ne reste plus que la poche de Jobar, qui n’a plus aucune profondeur stratégique, ainsi que les enclaves de Yarmouk et de Hajar al-Aswad, qui ne représentent plus aucune menace sérieuse pour la capitale. Damas est ainsi relativement mise à l’abri des tirs d’obus et de roquettes.

Dans un signe de désespoir, les terroristes ont rouvert le front de Quneitra, essayant de prendre la ville d’al-Baas, avec le soutien direct de l’aviation et de l’artillerie israélienne, qui ont attaqué à plusieurs reprises des positions des alliés. Mais cette offensive a tourné court et l’armée syrienne a récupéré, en quelques jours seulement, toutes les positions qu’elle a perdues.

Ces succès majeurs s’accompagnent d’un changement palpable de l’atmosphère au sein de la population, aujourd’hui plus confiante dans la possibilité de remporter une victoire décisive contre les ennemis de la Syrie, Cela se traduit par un vaste mouvement d’enrôlement dans l’armée, inédit depuis le début de la guerre. Des milliers de jeunes syriens ont rejoint les rangs de la troupe ces derniers mois, permettant de reconstituer des unités qui avaient perdu beaucoup d’effectifs.

Dernier signal qui ne trompe pas: le début du retour des habitants qui avaient fui leurs villages à cause de la guerre. Depuis le début de l’année, 450000 déplacés internes et 35000 réfugiés à l’extérieur ont pris le chemin du retour.

Source : french.alahednews

15-07-2017 | 13:56
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