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La bataille de Qousseir: pourquoi ce tollé?

La bataille de Qousseir: pourquoi ce tollé?
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 Par Mostafa el-Hajj Ali
Pour évaluer la nature des réactions sur tout évènement ou développement politique ou militaire, on doit prendre en compte les facteurs suivants:

-Ces réactions révèlent la dimension des dégâts subis par la partie, à l’origine de la réaction.

-Ce sont un indice sur l’inquiétude voire les craintes de cette partie.

-Ce sont un signe sur la valeur de l’acte qui a suscité toutes ces réactions.

-Si les réactions sont uniquement verbales, elles reflètent le fiasco de ceux qui les profèrent ouLa bataille de Qousseir: pourquoi ce tollé?
leurs tentatives de compenser leur échec par le recours à un ton élevé.

Ce préambule vise à expliquer les réactions occidentales, israéliennes, turques, des pays du Golfe et du Liban, notamment de la part du parti du Futur et du 14 Mars sur ce qui se passe à Qousseir.

Par une simple lecture de ces réactions nous pouvons déduire ce qui suit:

-Le président américain Barack Obama, en dépit de ses préoccupations planétaires, s’est rappelé qu’au Liban existe un président de la République, nommé Michel Sleiman. Il a appelé ce dernier pour lui remettre un double message: Le premier, exprimant le ressentiment américain de ce qu’Obama a nommé «l’intervention croissante du Hezbollah en Syrie, dans la bataille de Qousseir». Il a incité le président à prendre une position négative du parti.

La seconde partie du message, illustre une ingérence flagrante dans les affaires libanaises censées être souverainistes. Il a appelé Sleiman à accélérer la formation du gouvernement et à organiser les législatives à la date prévue.

L’équation d’Obama est claire: Le gouvernement et les élections en échange de ce qu’il prétend être l’intervention du Hezbollah dans la bataille de Qousseir.

De ce fait, les États-Unis mobilisent leurs outils au Liban pour répondre politiquement à cette intervention. La position requise? L’imposition d’un gouvernement du fait accompli, qui exclut le  Hezbollah, afin de priver le parti de toute couverture officielle légitime et puis, la tenue des législatives dans des conditions qui permettent de produire une majorité pro-américaine.

Ces dictats américains aboutiraient à une discorde intérieure. Ils reflètent aussi le fiasco de la politique américaine. En effet, la valeur stratégique de la ville de Qousseir dans l’équation du conflit sur la Syrie, est bien plus importante qu’un gouvernement imposé ou de législatives tenues selon une loi électorale censée produire une majorité inféodée aux États-Unis.

Le plus dangereux dans ce contexte, c’est l’exhortation de Sleiman à adopter des positions partiales aux États-Unis.

-Subitement, une action commune entre Républicains et Démocrates est initiée dans le Congrès américain, en faveur d’une décision permettant au président américain d’équiper les rebelles syriens en armes meurtrières, comme s’il existait des armes meurtrières et d’autres non meurtrières. Comme si les armes acheminées aux groupes armés à partir de l’Arabie, du Qatar, de la Turquie et d’«Israël», n’étaient pas d’origine américaine ou ne provenaient pas d’une décision américaine.

-Soudainement aussi, le dossier d’inscrire «la branche armée du Hezbollah» à la liste européenne de terrorisme est posé, après l’échec de toutes les tentatives de prouver l’implication du parti dans l’attentat de Burgas. À rappeler que c’est une demande israélienne. Les Européens savent par contre que les répercussions d’une telle décision ne seront pas aussi simples pour leur imbrication avec d’autres calculs ailleurs.

-L’intervention significative d’«Israël» à trois niveaux: les menaces renouvelées d’une large offensive contre le Liban, l’expression de la crainte quant à un changement de l’équation en Syrie en défaveur de ses intérêts et l’envoi d’un véhicule militaire au-delà de la ligne de séparation au Golan occupé. Ce véhicule visait à tester la fermeté des lignes de défense syriennes et le sérieux de la décision de riposte immédiate.

Les causes de la mobilisation israélienne sont connues. L’ennemi estime que la guerre en Syrie lui assure plusieurs bénéfices stratégiques dont notamment, l’anéantissement des capacités de l’État syrien comme pays de résistance et l’épuisement des alliés de la Syrie dans cette guerre.

C’est le minimum des bénéfices. Alors que le maximum consiste à renverser le régime pour le remplacer par un autre convenable à l’entité sioniste. Un fait qui mènerait à une défaite stratégique pour l’Iran, le Hezbollah et ce qui reste encore de la résistance palestinienne.

-Les vociférations d’Erdogan contre le Hezbollah émanent d’un effronté, surtout qu’il assume la responsabilité de  la destruction et de l’effusion de sang en Syrie: n’avait-il pas ouvert les frontières turques à tous les groupes extrémistes takfiris pour entrer en Syrie? Il voulait la transformer en une porte pour un rôle turc stratégique dans la région.

-L’appel des pays du Golfe et de certains pays arabes à une réunion urgente pour hausser le ton contre ce qui se déroule au Qousseir. Cependant, les positions de ces pays sont connues d’avance. Ils sont responsables de la tragédie et de la discorde qui frappent la région et du lavage des cerveaux des jeunes afin de transformer l’ennemi en ami et l’ami en ennemi.

-La transformation de l’Irak en scène de meurtre, n’épargnant ni les vieux, ni les femmes ni les enfants, par des attentats perpétrés par les groupes takfiris. De ce fait, les évènements en Irak, sont un prolongement à ce qui se déroule en Syrie et au Liban.

-L’explosion de la situation au Liban nord, notamment à Tripoli, simultanément avec les évènements de Qousseir, dans le but de transmettre un message clair : Qousseir en contrepartie de Jabal-Mohsen.

S’ajoutent à ces faits les mouvements suspects de ceux qui provoquent des discordes ambulantes, tel Ahmad el-Assir et ses homologues.

Dans ce contexte, s’imposent les questions relatives au gouvernement et aux législatives, soulevées par le courant du Futur et les Forces Libanaises, ainsi que par les soi-disant «centristes».

-Les campagnes médiatiques orchestrées par les deux chaines satellitaires Al-Jazeera et Al-Arabia, et par des sites d’informations, visant à mener une guerre psychologique et à falsifier les faits.

En somme, la bataille de Qousseir mérite toutes ces réactions.

Pourquoi?

Car cette ville serait un tournant décisif supplémentaire dans les équations de la guerre en et sur la Syrie. Cette guerre internationale qui déterminera le sort de la région, mais aussi l’image du nouveau régime international.

Les répercussions de cette bataille marqueront les dirigeants et les entités politiques de la région. Un fait qui explique toutes ces réactions hostiles.

Traduit par: French.alahednews

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