Gaza: L’armée «israélienne» lance une énième offensive terrestre, l’ONU alerte sur un risque de «crimes atroces»

Par AlAhed avec agences
«Israël» a annoncé vendredi matin 4 mars avoir lancé une nouvelle offensive au sol à Gaza-ville, après avoir tué au moins 31 Palestiniens dans une frappe meurtrière sur une école au nord de l’enclave.
«Au cours des dernières heures, les forces israéliennes ont commencé à mener des activités terrestres dans la région de Shujaiya, afin d'étendre la zone de sécurité», indique un communiqué militaire en référence à la zone tampon que l'armée a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, le long de la frontière avec l'Egypte.
«Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas», avait déclaré mercredi le «Premier ministre israélien» Benjamin Netanyahu.
«Israël» a rompu le 18 mars deux mois de trêve avec le mouvement palestinien dans la bande de Gaza, où l'armée a repris ses bombardements aériens et son offensive terrestre. Selon le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU, 1 163 personnes ont été tuées depuis la rupture de la trêve.
Selon le ministère, au total, 50.523 personnes, en majorité des civils, ont été tuées depuis le début de la guerre.
La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats, dont des dizaines de milliers ont trouvé refuge dans des écoles, hôpitaux ou autres bâtiments publics.
L'ONU alerte sur un risque de «crimes atroces» à Gaza
Les Nations unies ont mis en garde, jeudi, contre un «risque élevé et croissant de crimes atroces» dans la bande de Gaza, dénonçant la poursuite des opérations militaires et le blocus «israélien» sur le territoire palestinien.
«Le répit temporaire offert par le cessez-le-feu, qui a permis aux Palestiniens de respirer un instant, a été brisé», a déclaré Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, devant le Conseil de sécurité.
Türk a critiqué les bombardements incessants d’«Israël» visant des immeubles résidentiels, des hôpitaux et des écoles.
«Il n’y a eu aucun répit, même lorsque les familles palestiniennes célébraient l’Aïd», a-t-il déploré, en référence à la fête marquant la fin du mois sacré de ramadan.
Il s’est dit alarmé par les récentes attaques ayant coûté la vie à 15 membres du personnel médical et humanitaire, soulignant que ces actes «renforcent les inquiétudes quant à la commission de crimes de guerre».
«Une enquête indépendante, rapide et approfondie doit être menée sur ces assassinats, et toute personne responsable de violations du droit international doit être tenue pour responsable», a-t-il insisté.
Rappelant que la moitié du territoire de Gaza est soumis à des ordres d’évacuation obligatoire ou déclaré zone interdite, Türk a averti que «ces ordres ne respectent pas les exigences du droit international humanitaire».
Le Haut-Commissaire a également condamné le blocus «israélien» qui entrave l’acheminement de l’aide humanitaire. «Le blocus et le siège imposés à Gaza s’apparentent à une punition collective et pourraient également constituer l’utilisation de la famine comme méthode de guerre», a-t-il dénoncé.
S’inquiétant des déclarations de responsables «israéliens» prônant l’annexion du territoire et le transfert forcé des Palestiniens, Türk a estimé que cette rhétorique «soulève de graves préoccupations quant à la commission de crimes internationaux».
Évoquant la situation en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, il a souligné que les opérations «israéliennes» ont «tué des centaines de personnes, détruit des camps de réfugiés entiers et déplacé plus de 40 000 Palestiniens».
Il a appelé à «un rétablissement immédiat du cessez-le-feu et à un accès humanitaire sans entrave à travers Gaza», avertissant qu’«il existe un risque élevé et croissant que des crimes atroces soient commis dans le territoire palestinien occupé».
«Tous les captifs doivent être libérés immédiatement et sans condition», a-t-il ajouté, appelant «Israël» à s’abstenir de tout acte pouvant conduire à un «transfert forcé» de la population de Gaza.
«Les 18 derniers mois de violences ont clairement démontré qu’il n’existe aucune issue militaire à cette crise», a insisté Türk.
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