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L’un des plus grands secrets de la guerre de 2006 : "Israël" tue ses deux soldats

L’un des plus grands secrets de la guerre de 2006 :
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Traduction: Dina Chamsedine

Le 13 août, les données sur le terrain indiquaient qu’"Israël" s’est enlisé dans une situation inextricable, avec la recrudescence du bombardement des villes israéliennes qui a atteint son plus haut niveau depuis le début de la guerre, vu son intensité, la superficie visée et le nombre de victimes qu’il a engendré ; Une conjoncture qui a poussé les deux niveaux politique et militaire en "Israël" à considérer les véritables dangers découlant de la capacité de la résistance à reprendre l’initiative, au moment où les forces de l’élite de l’armée israélienne ont échoué dans toute incursion qui pourrait représenter une réalisation à l’armée, alors que les combats terrestres perduraient dans le voisinage de Marou el-Rass située dans le secteur central, et sur les frontières de la plaine de Khiam, dans le secteur est.

Le président Berry a entamé ce jour ses activités par la tenue d’une réunion des présidents et rapporteurs des commissions parlementaires, leur a communiqué en toute confiance que la bataille tournait en notre faveur et que les réalités sur le terrain affirmaient que l’ennemi subira une importante défaite.

Il se prononçait avec assurance pour transmettre des messages à tous les blocs parlementaires et afin de jeter les fondements d’un chantier législatif qui accompagnerait l’étape de l’après-guerre et ses exigences.

Le président Berry m’a appris que l’ambassadeur US Jeffrey Feltman a tenté de communiquer avec lui à plusieurs reprises et a même proposé une rencontre secrète, ce que M. Berry a catégoriquement refusé notamment après avoir été mis au courant du projet américano-français. Il a alors délégué Ali Hamadan pour s’entretenir avec Feltman et savoir s’il avait du nouveau à avancer, sans qu’il ne lui fournisse de réponse, en attendant la décision du commandement du mouvement Amal.

Durant la rencontre Hamdan-Feltman, le dernier a indiqué que l’assistant de la secrétaire d’Etat américaine, David Welch, visitera Beyrouth, pour rencontrer les deux présidents Siniora et Berry, avec lequel il était prêt à s’entretenir en secret. Le président Berry s’est attardé à répondre, affirmant qu’il refuse toute rencontre discrète.

L’équation « Tel-Aviv pour Beyrouth »

Dans la soirée, sayed Nasrallah a prononcé un discours télévisé, durant lequel il a exposé les circonstances de la bataille en cours, les capacités de la résistance et les nouveaux éléments qu’elle a introduit au niveau de la qualité des armes et des tactiques militaires visant à attirer l’ennemi au combat terrestre. S’adressant en outre au chef d’état- major de l’armée israélienne, il a posé la nouvelle équation suivante : « Si vous ciblez notre capitale, nous ciblerons la capitale de votre entité usurpateur ».

Sayed Nasrallah a dans le même contexte fait assumer la responsabilité de la guerre aux Etats Unis, et a promis que ses résultats affirmeront que le Liban ne fera point partie du nouveau Moyen Orient prôné par George Bush et Condoleeza Rice.

A l’issue du discours du sayed Nasrallah, hajj Hussein Khalil a informé le président Berry du suivant :
« La situation sur le terrain est excellente, le nombre des lance-roquettes est tellement abondant que les combattants les utilisent et se retirent pour ne pas prendre de risques et nuire aux civils, d’où la futilité des propos sur la prise pour cible des lance-roquettes. Le contrôle sur les roquettes est toujours complet comme au début de la guerre, et il parait que notre situation en matière de munitions est meilleure que celle de l’israélien qui s’approvisionne à la hâte en armes, des entrepôts américains.

Quant à la bataille terrestre, les combattants se trouvent toujours sur la ligne frontalière, permettent par tactique quelques incursions fatales à l’ennemi. Les résistants ont posé des mines sur les passages naturels et l’ennemi entreprend de frayer des chemins lors de toute tentative d’avance, perturbé par la qualité des roquettes antichars utilisées dans le combat.

La nouvelle équation avancée par sayed Nasrallah « Tel-Aviv pour Beyrouth » est venue affirmer que Beyrouth est protégée par la résistance et non par les garanties américaines, comme certains le prétendent sur la scène interne.

Et Hajj Hussein d’ajouter : « La nouvelle donnée que je vous révèlerai, n’est connue que d’un nombre limité de nos frères, concernés de près par l’affaire et que personne hormis nous ne saura : un des raids israéliens des derniers jours a entrainé la mort des deux soldats israéliens captivés. Nos frères étaient attentifs et avaient adopté des mesures de précaution pour prévenir cette éventualité, mais l’expansion de l’offensive, l’utilisation de bombes sophistiquées et les bombardements intensifs qui n’ont épargné aucun lieu, ont abouti à ce résultat. Nos combattants ont consenti d’énormes efforts, encouru des risques, afin de préserver les corps des deux soldats et de les évacuer.  Mais l’ironie du sort a voulu qu’"Israël" tue ses propres soldats capturés, pour lesquels il avait déclaré la guerre. Pour sa part, la résistance poursuivra la bataille des négociations, comme si rien ne s’était passé ». 

Il a en outre indiqué : sur le plan politique, sayed Nasrallah réaffirme qu’il revient à vous (le président Berry) de prendre les décisions relatives aux négociations, selon le développement des pourparlers avec les différentes parties. A propos des hameaux de Chébaa, nous ne voyons pas d’inconvénient qu’elles soient placées sous le mandat des Nations Unies, même si en principe, nous poserons toujours l’affaire de leur libération.

Le président Berry a alors répondu : J’ai sans cesse posé la condition du retour des citoyens aux hameaux, pour que la situation y soit semblable à celle qui prévaut aux villes du sud, à l’exception de la présence de l’armée.

Hajj Hussein a renchéri, citant toujours sayed Nasrallah : Je conviens avec vous que la base est la vigilance à l’égard des compétences de la force internationale, notamment avec l’insistance de siniora à débattre la question au Conseil des ministres. Nous n’admettrons point les descentes, le couvre-feu ou d’autres mesures…Et j’appuie votre rejet de toute force islamique ou arabe, qui pourrait prendre des dimensions confessionnelles, au cas où certains joueraient sur cette corde sensible.
Hajj Hussein a d’autre part interrogé sur la teneur du projet français.

Berry de répondre : dites à son éminence que le projet français n’avance pas la résolution du conflit, mais qu’il comprend des articles politiques, semblables à un accord de paix avec "Israël".
Hajj Hussein : estimez-vous que Saad Hariri et Fouad Siniora maintiendront une position constante ?
Berry : Nous n’avons rien à perdre. Pour nous, le problème réside dans l’appel à l’élargissement du mandat des forces internationales, affaire que nous n’admettrons pas qu’elle soit discutée au conseil des ministres avant le cessez-le-feu, pour qu’on ne soit pas embarrassé par le vote.

Le président Berry a conclu : je prépare les documents nécessaires afin de poursuivre Ehud Olmert en justice, pour génocide contre la communauté chiite. Nous ne devons pas nous taire.

Hariri s’en prend à l’Iran et à la Syrie à partir de Moscou

Le 4/8/2006, la machine à tuer d’"Israël" a frappé une zone éloignée dans la Békaa, le village el-Qaa, où un raid a visé un rassemblement de paysans, massacre similaire à celui de Qana, accompagné de l’intensification des bombardements, entravant le passage des aides humanitaires entre la capitale et les différentes régions.
Cette escalade n’a en rien affecté la performance de la résistance qui a pu minimiser les tentatives d’incursion dans les secteurs centrale et est, en infligeant de grandes pertes à l’ennemi et en poursuivant le pilonnage au cœur de l’entité sioniste, utilisant pour la première fois les missiles « Khaibar » dont l’altitude pouvait atteindre les 75 Km, et donc le voisinage de Tel-Aviv, que les développements ont montré que la résistance est capable de cibler au temps voulu, au moment où la légende de la Merkava a été sapée par l’utilisation des armes antichars, dirigées de loin.

Toutes ces données ont avorté les plans de l’ennemi sur la création d’une zone tampon à 6 Km de profondeur, ainsi que l’unité de la position au niveau du commandement israélien dont les points de vue sur la décision de l’expansion de la guerre ou son arrêt se sont opposés.
Les tractations au Conseil de sécurité se sont accélérées, guidées par les Etats Unis et la France qui oeuvraient pour l’émission d’une résolution à partir de la semaine d’après, renfermant des articles politiques relatifs aux armes de la résistance, aux frontières libano-syriennes et à la formation d’une force multinationale sous le mandat de l’ONU, sans faire d’allusion aux deux soldats israéliens, qui ont été à l’origine du lancement de l’offensive.

Le député Saad Hariri se trouvait alors à Moscou, où il s’est prononcé pour une résolution globale du conflit, simultanément avec le cessez-le-feu, s’en prenant à la Syrie et à l’Iran, les accusant de manipuler le Hezbollah pour leurs fins politiques, en dépit du fait qu’il a justifié la présence du Hezbollah au gouvernement en disant qu’il fait partie intégrante de la vie politique interne.

Siniora à Ein-Tineh, énervé

Le premier ministre Siniora est arrivé vers 10h du matin à Ein-Tineh énervé et crispé, pour signifier au président Berry que « la situation est désormais insupportable », refusant que « sayed Nasrallah riposte au premier ministre israélien comme s’il était le représentant de l’Etat Libanais ».
« Nous agissons au Liban comme si nous étions deux états. Je ne peux pas admettre que sayed Nasrallah se prononce, soumette des propositions et profère des menaces comme si je n’existais pas. Les beyrouthins sont mécontents et ne tolèrent pas ce fait ».

Berry : mais pourquoi cette vision des faits ? N’aviez-vous pas avancez un projet de sept articles que nous avions admis en dépit de nos réserves. N’avez-vous pas entendu mes propos la veille durant la réunion des commissions parlementaires sur le soutien que je vous accorde ? Vous devrez être conscient que le sayed mène une bataille exceptionnelle. Personne ne vous a accusé de prendre des décisions unilatérales à Rome, mais nous avons adopté vos positions pour préserver l’union nationale.

Siniora : Je pense appeler à une réunion nationale élargie à l’instar de la conférence des leaders nationaux tenue au moment de l’invasion israélienne de 1982, qui a réclamé le retrait de Abou Ammar (chef de l’OLP) de la capitale.

Berry : je refuse catégoriquement cette proposition. En 1982, nous étions proche de la défaite et "Israël" imposait un blocus sur Beyrouth et la bombardait. J’avais alors refusé d’assurer à Yasser Arafat une issue, pour sortir à la demande du Liban et je lui ai dit que nous sommes devant deux choix,  plus difficile l’un que l’autre…Mais aujourd’hui nous sommes victorieux, pourquoi alors afficher la déroute. Nous nous devons de resserrer nos rangs et de préserver notre union. J’ai refusé la veille l’appel des partis et du président Selim Hoss à la tenue d’un congrès national, car je ne garantis pas que les participants acceptent votre projet et donc pour prévenir l’image du clivage interne.

Vous devez considérer les faits suivants :

1-La résistance des combattants est une question tranchée et la bataille se retourne en notre faveur. (Siniora de répondre : vous avez raison).
2-L’union nationale doit être préservée et je refuse, tout comme le Hezbollah la tenue d’un congrès national.
3-Sur le plan des contacts internationaux, tout est explicite, sauf la forme des forces internationales, encore en suspens.

Et de poursuivre : Quant à dire que le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchaher Moutaki n’approuve pas ce que nous avions avancez à propos des hameaux de Chebaa, je vous prie de noter, qu’en tant que chiites, le mouvement Amal et le Hezbollah, tiennent à ce que je vous avais proposé, et même si le monde entier le refuse.

Siniora : Que faire ? La route côtière vers le nord est bloquée, l’entrée des bateaux est interdite et l’étau de la crise se resserre.
Berry : c’est une guerre dure, notamment sur le front, mais nous ne devons pas faiblir.
Siniora : le ministre espagnol des Affaires étrangères m’a indiqué que son homologue syrien s’est dit prêt à visiter Beyrouth et qu’il n’a rien contre le déploiement de forces onusiennes aux hameaux de Chébaa, sans démarcation des frontières et qu’il ne s’oppose pas à la présence de la Finul et à l’armée libanaise au Liban sud.
Berry : Je le recevrai pour coordonner nos prises de position.

Siniora : les ministres arabes des Affaires étrangères veulent tenir une réunion à Beyrouth.
Berry : mettons-nous d’accord sur les points suivants : cessez-le-feu, et les sept articles convenus au conseil des ministres, sans modification sur le mandat de la Finul. Avez-vous changé d’avis ?
Siniora : non
Berry : n’avez-vous pas écouté la proposition du sayed Nasrallah sur le cessez-le-feu ?
Siniora : le sayed le propose sur un pied d’égalité avec "Israël", ce que n’admettrait pas l’israélien.

Berry : mais cette attitude renforcera notre position aux négociations avec les Américains.
Siniora : avez-vous décidé de vous entretenir avec David Welch ?
Berry : oui, et uniquement du cessez-le-feu. Et vous, résistez et ne perdez pas votre aplomb. Je crois que nous sommes près de remporter la victoire.


Berry à Hdedeh : c’est ainsi que nous avons marché sur le fil du rasoir
A la sortie de Siniora, le président Berry a rencontré une délégation du parti communiste libanais, présidée par Khaled Hdedeh, qui a réitéré l’adoption de la proposition de l’ancien premier ministre Sélim Hoss sur la tenue d’une rencontre nationale.

Le président Berry a reformulé son avertissement des résultats d’une telle démarche, qui selon lui, pourrait être exploitée par certaines parties afin de porter atteinte au consensus national, notamment à la veille de la réunion du conseil de sécurité. « Nous avons admis à contrecœur le projet de sept articles (avancé par Siniora à Rome), et marché sur le fil du rasoir afin de préserver l’union nationale » a affirme le président Berry.
Hdedeh : nous effectuons des contacts avec les forces du 14 mars et le parti socialiste progressiste et autres personnalités.

Berry : en examinant la liste des participants vous devez considérer les positions qu’ils adopteraient. Concentrons-nous sur les défis que représentent les projets étrangers, notamment le français, qui pose la paix avec "Israël".
Le président Berry  s’est ensuite entretenu par téléphone avec le secrétaire général de la Ligue arabe Amro Moussa de sa visite prévue dimanche à Beyrouth et qui l’a mis au courant de l’intention des ministres arabes des Affaires étrangères de tenir une réunion à Beyrouth et de rencontrer le premier ministre, le président du Parlement et puis le comité du dialogue national.

Berry de répondre : un seul gouvernement existe au Liban, le comité de dialogue n’est pas une institution constitutionnelle et la situation sécuritaire ne permet pas au sayed Nasrallah, l’un des piliers du comité,  de prendre part à telle rencontres.
Moussa : nous tenons une réunion sans le sayed Nasrallah.
Berry : pourquoi ces réunions puisqu’il n’y a pas de différend entre nous ?
Ce dialogue a aiguisé la méfiance du président Berry, et renforcé ses craintes pour l’image du consensus national, car la réunion proposée pourrait susciter des débats et des polémiques avec les ministres des AE arabes.

Le président Berry nous a demandé d’examiner avec des experts, la meilleure formulation du texte de la résolution prévue du conseil de sécurité, notamment en ce qui concerne les forces internationales.
Vers 19h, nous nous sommes entretenus (Berry et Ali Hassan Khalil) avec Hajj Hussein Khalil de la rencontre Berry- Siniora, du contact téléphonique de Amro Moussa et des développements au conseil de sécurité. Le président a de même mis hajj Hussein au courant de sa prochaine réunion avec David Welch, à la lumière de laquelle sera connue l’orientation des Etats Unis. Il a ajouté que le député Saad Hariri l’a contacté à partir de Moscou, lui a indiqué qu’il a fourni des efforts pour rapprocher le projet américain du projet français, qualifiant la situation sur le terrain de « pas bonne ».
Le président Berry lui a répondu : « au contraire, la situation est bien contrôlée, et  l’initiative est dans nos mains ».

Nous avons de même discuté de questions relatives aux déplacés, notamment dans les régions mixtes où il était nécessaire de tenir compte des sentiments des habitants.
Le président Berry a en outre indiqué qu’il avait communiqué des informations au général Michel Aoun avant la tenue de sa conférence de presse et qu’il l’a appelé à être attentif à sa sécurité, vu l’importance de son rôle, qui le place dans la ligne de mire de l’israélien.
J’ai par la suite examiné avec hajj Hussein Khalil les moyens visant à ce que la résolution prévue au conseil de sécurité comprenne le projet des sept articles et nous avons élaboré un brouillon renfermant des observations  sur la rédaction de  chaque article, la base étant le refus de la modification du mandat de la Finul, considérer de près l’amendement proposé sur l’accord de la trêve et la simultanéité entre le cessez-le-feu et le retrait au-delà de la ligne bleue.

Le député Yassin Jaber et l’ambassadeur libanais en Angleterre ont indiqué qu’ils ont rencontré le premier ministre anglais Tony Blair qui a affirmé ses tentatives pour établir une cessation des hostilités, suivie d’un package deal en plusieurs étapes.
Je me suis entretenu par la suite avec le premier ministre Siniora et son conseiller  Mohammad Chatah au Grand-Sérail  des détails de la résolution onusienne prévue et des propositions avancées à ce propos dont l’insertion du projet du gouvernement libanais au sein de la résolution onusienne et l’ordre des priorités.
Selon le premier ministre Siniora, son entretien avec David Welch s’est axé sur les points suivants :
1-Welch a avancé la cessation des hostilités, Siniora a posé le cessez-le-feu.
2-Welch n’a pas tranché la question du retrait israélien au-delà de la ligne bleue, le liant au déploiement de la force internationale.
3-Welch n’a pas approuvé le retrait israélien des fermes de Chébaa.
4-Il a demandé le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani où le Hezbollah est censé livrer ses postes et ses armes, ce qui rend la zone démilitarisée. Welch a dans ce contexte interrogé sur la disposition de l’armée à assumer cette mission, accompagnée de la Finul, dont le mandat serait modifié en une seconde étape, suivie d’une résolution sur le cessez-le-feu et la trêve.
A ma sortie du Grand-Sérail, j’ai mis le président Berry au courant des idées qui devraient être reformulées avant son entretien prévu le lendemain avec David Welch.

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