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Plus de 90% des pays menacés d’années très chaudes à répétition, selon une étude

Plus de 90% des pays menacés d’années très chaudes à répétition, selon une étude
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Par AlAhed avec sites web

Les étés seront chauds, très chauds. Selon une étude publiée ce jeudi dans la revue Communications Earth and Environment, la quasi-totalité des pays devra faire face d'ici à 2030 à des températures très élevées. La faute aux émissions de gaz à effet de serre.

Des températures caniculaires une année sur deux. Voilà ce qui attend plus de 90% des pays du monde à partir de 2030, selon une étude parue ce jeudi dans la revue Communications Earth and Environment.

Ces travaux ont croisé des données historiques d'émissions et les engagements pris avant la récente conférence mondiale sur le climat COP26 par les cinq plus grands émetteurs mondiaux - Chine, États-Unis, Union européenne, Inde et Russie - pour établir des prédictions de réchauffement par région d'ici à la fin de la décennie.

Les zones tropicales africaines particulièrement touchées

Selon les scientifiques, 92% des 165 pays étudiés devraient enregistrer une fois tous les deux ans une année de températures extrêmement chaudes. Ces années étant définies comme atteignant le niveau record attendu une fois tous les cent ans à l'ère pré-industrielle, avant l'augmentation exponentielle des émissions dues à l'activité humaine responsables du changement climatique.

Le bouleversement serait particulièrement net dans les zones tropicales africaines. «Comme il s'agit d'une région où les variations d'une année sur l'autre sont généralement assez faibles, même l'augmentation modérée qu'elle va subir, comparée à d’autres régions, la fait véritablement sortir de son schéma climatique connu , souligne Lea Beusch, de l'université ETH de Zurich.

En valeur absolue, les augmentations de températures les plus fortes touchent les hautes latitudes de l'hémisphère Nord, phénomène dores et déjà observé. Fin décembre, l'Institut météorologique danois a indiqué que les moyennes saisonnières étaient supérieures de 20, voire 30 degrés. En juin dernier, l'Organisation météorologique mondiale a d'autre part validé la température de 38 °C pour l'Arctique atteint dans la ville russe de Verkhoïansk, en juin 2020. Du jamais vu dans cette région.

Les émissions d'origine humaine largement responsables

Pour mettre en évidence la contribution au phénomène des plus grands émetteurs, les chercheurs ont ensuite modélisé ce que serait la situation en retirant leurs émissions depuis 1991, soit l'année suivant la publication du premier rapport des experts climat de l'ONU (Giec), qui mettait en lumière la responsabilité des émissions causées par l'activité humaine. La proportion de pays affectés par ces années de chaleur extrême descend alors à 46%.

Une conclusion «qui souligne l'urgence et démontre que nous allons vers un monde bien plus chaud pour tout le monde», selon Alexander Nauels, de l'ONG Climate Analytics, co-auteur de l'étude. Pour Lea Beusch, l'étude met en évidence «l'empreinte claire» des grands émetteurs au niveau des différentes régions. "Je pense que c'est très important, car en général nous parlons des quantités abstraites d'émissions, ou de températures mondiales, que nous connaissons, mais ne pouvons pas ressentir", explique-t-elle à l'AFP.

Alors que la réduction des émissions apparaît, à la lumière de ces résultats, impérative, les engagements actuels verraient, selon l'ONU, les émissions augmenter de 13,7% d'ici à 2030, loin de la baisse de moitié nécessaire pour maintenir à portée l'objectif idéal de l'accord de Paris de 2015, à savoir contenir le réchauffement mondial à +1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle.

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