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La réponse à la folie US : tous les fronts de l’axe de la résistance unis

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Par Al-Akhbar

La dernière escalade américaine contre l'Iran a fourni à l'axe de la résistance une occasion pour consolider les liens de ses différentes parties constitutives. La coopération collective entre ces dernières ne se limite pas à la défense d'un «État pro-résistance», mais implique une résistance au projet américano-israélo-arabe, qui vise toutes les parties de l’axe. Les factions de la résistance en Irak, qui aspirent à « affaiblir l’influence américaine » en « Mésopotamie », sont les premières parties concernées par la tension qui règne actuellement, notamment suite aux multiples menaces américaines contre Bagdad. Les délégués américains n'ont apparemment pas entendu de réponses fiables à ces menaces de la part des dirigeants politiques irakiens, tandis que les commandants de la résistance ont affirmé que «la volonté américaine ne sera pas respectée et nous continuerons à faire pression sur les américains».

Washington, dans sa guerre contre Téhéran, a mis toute la région dans la même braisière et y a mis le feu. L'administration américaine voulait que seule l'Iran soit ciblée, selon les vœux du lobby arabo-israélien qui voulait s'asseoir à la table des Yankees pour fêter la victoire. Mais la République islamique, tel qu’il semble, a dépassé l'étape de la « fermeté stratégique » et, est passée à l’action opérationnelle, une étape qui s’est avérée nécessaire face à la nouvelle campagne visant à affaiblir la république islamique.

Les dirigeants iraniens ont répondu par deux messages différents : le premier politique (par la réduction du niveau de ses obligations relatives à l'enrichissement de l’uranium, donnant ainsi aux européens 60 jours pour sauver l'accord nucléaire sous la menace d'augmenter encore plus le niveau d'enrichissement). Le second message est relatif à la sécurité -directe et indirecte-. A travers le bombardement par Ansar Allah, de l'important oléoduc pétrolier en Arabie saoudite par des drones. Cette action a été précédée par la frappe contre Al-Fujairah. Au Liban aussi, les américains qui ont repéré un « jeu dissimulé », et ont rapidement compris le message. Alors qu’en Irak, le compte ouvert entre les deux partis marque des points quotidiennement.

Selon des sources bien placées dans « l'axe de résistance » « les messages étaient efficaces jusqu'à présent, et ont pu faire comprendre aux autres qu’une erreur mal calculée pourra animer le feu ». Selon les informations du journal « Al-Akhbar », ces messages n'ont pas commencé avec « la frappe d'Al-Fujairah », mais bien plus tôt, lorsque quatre bases américaines en Irak ont été menacées. Bien que le dernier ciblage officiellement reconnu des bases américaines remonte à février, lorsque la base, « Ain Assad » à Anbar (ouest) a été visée par des missiles dont l'origine est restée non identifiée. Ces frappes, ainsi que les documents et les enregistrements affirmant la volonté «de frapper nos intérêts », ont été emmenés, par le secrétaire d’État américain Mike Pompeo en visite à Bagdad et placés sur la table du Premier ministre irakien Adel Abdul Mahdi. Pompeo a demandé au premier ministre, de mettre un terme aux mouvements des factions de la résistance et aux provocations « qui pourraient exiger une réponse de notre part », et la suspension de l'acheminement du pétrole iranien par la frontière terrestre par la Compagnie pétrolière nationale irakienne pour le vendre au marché. Abdul Mahdi a répondu à ces menaces en expliquant à son invité l'importance des relations avec l'Iran et la nécessité pour son pays de préserver ses relations cruciales, et il lui fait comprendre de manière diplomatique que l'Irak ne supporterait aucun problème interne. Selon les informations fournies par «al-Akhbar», les dirigeants irakiens avaient reçu auparavant une liste plus longue de conditions/ demandes, de la part de l’administration américaine comprenant: 1) Des procédures de suivi et d'audit des comptes financiers de plusieurs hommes d'affaires irakiens et arabes dans les banques irakiennes; 2) Un audit du trafic commercial et pétrolier avec l’Iran, 3) Accentuer la surveillance et empêcher le transfert des technologies à l'Iran, 4) Contrôler la gestion « des forces de la mobilisation populaire » et mêler le commandement de l'armée dans la supervision des points d'armement et de déploiement et du travail de ces forces.

Mais Bagdad ne s’est pas montrée attentive à ces conditions, comme le suggèrent les propos tenus par les sources des factions de la résistance au journal « al-Akhbar » affirmant que « la situation a changé depuis l'époque (l'ancien Premier ministre, Haidar Al-Abadi) d’Abadi, il n'y a plus de grande pression sur les factions après chaque protestation ou demande américaine ». La dernière fois, le ministre américain est revenu les mains vides et son administration a ensuite ordonné au personnel de l’ambassade à Bagdad et à son consulat à Erbil de quitter le pays, certains pays occidentaux les ont suivis annonçant la suspension de leurs missions de formation en Irak. Dans ce contexte, les sources affirment que les Américains garantissaient la protection de ces missions. En annonçant leur retrait, les pays occidentaux se sont sentis sans protection ce qui les a poussé à retirer leurs personnels (l'Allemagne a annoncé hier qu'elle reprendrait ses missions de formation).

Les sources ajoutent que Washington a tenté de séparer « les forces de la mobilisation populaire » du gouvernement, en affirmant à plusieurs reprises, à la classe politique irakienne que « notre problème est avec l'Iran et non pas avec vous » (c’est aussi ce que les américains tentent de faire au niveau social), envoyant en même temps des messages aux factions de la résistance via certains politiciens les menaçant « nous n'aurons pas pitié de ceux qui essayent de jouer avec nous ». Des messages directs ont également été adressées à Téhéran, à savoir que « vous serez tenus responsable de tout mouvement mené par vos alliés en Irak ». Des sources de la résistance ont répondu, à ces menaces, lancés à droite et à gauche par Washington, affirmant que « nous ne sommes pas concernés par la volonté et les demandes américaines, et nous allons continuer à faire pression sur eux», soulignant que «notre objectif est d’affaiblir l'influence américaine dans notre pays».

L’action américaine visant à faire de l'Irak une plate-forme contre l'Iran, est accompagnée d'un travail continu pour gagner Moscou aux côtés de Washington face à Téhéran. Dans ce contexte, selon les informations du journal «al-Akhbar» le ministre américain des affaires étrangères a réitéré lors de la récente rencontre avec le président russe Vladimir Poutine mardi, l’ancienne offre de son pays selon laquelle, l’Amérique diminue l'embargo économique contre l'Iran en échange de réduire son influence en Syrie, en remplaçant ses forces par celles russes. Mais cette offre, qui a déjà été refusée, montre le manque d’ « options» chez les Américains.

Face aux « déceptions » successives et la montée du désarroi dans l'administration américaine, face aux intentions belliqueuses contre l'Iran, il semble que Washington aille se concentrer de nouveau sur l’embargo économique. Espérant que ce blocus portera ses fruits dans la rue via un soulèvement populaire, et assèchera les ressources des « gardiens de la révolution » dont l'influence dans la région va ainsi diminuer. Ce qui empêchera Téhéran de garder la mainmise sur la région, et lui fera perdre son influence dans des dossiers clés de la région notamment, le dossier le plus important « le deal du siècle ".

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