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Discours à l’occasion de la fête de la seconde libération

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Bismillah al Rahmane al Rahim

Je vous souhaite à tous la bienvenue, pour célébrer cette fête, celle de votre victoire, celle de la libération de votre terre, de vos montagnes, vos villages et vos champs. Je vous remercie d’être venus si nombreux. Mais je m’y attendais. En tout cas, vous êtes au pays du soleil et vous supportez la chaleur de ses rayons, et toujours votre détermination, votre foi et votre volonté restent les plus fortes.

Nous avons souhaité que la célébration du premier anniversaire de cette victoire, celle du peuple, de l’armée, de la résistance, des martyrs et des citoyens patients qui ont réalisé cette victoire grâce à leurs sacrifices, se fasse dans la ville de Hermel. Cette ville qui a donné un nombre de martyrs et qui était l’une des plus visées par la menace  terroriste, par les attaques par missiles et par voitures piégées. Malgré cela, cette ville n’a pas cédé.

Ceux qui se battent pour Dieu et selon ses principes, prêts au sacrifice pour leurs convictions et pour leur foi, qui sillonnent tous les champs de bataille leurs linceuls sur les épaules ont la promesse de Dieu de remporter la victoire.

Chers frères et sœurs, cette victoire dont nous célébrons le premier souvenir annuel a été façonnée par l’équation en or : armée-peuple-résistance.

Mon discours sera divisé en trois parties : d’abord la victoire du jurd et à partir de là je parlerai un peu de la situation régionale. Ensuite, je parlerai de la situation interne libanaise et enfin je parlerai de la Békaa.

La première partie.

Un petit retour en arrière s’impose.

Nous savions tous pendant les dernières années, qu’une grande menace pesait sur le Liban et en particulier sur la Békaa, suite à la guerre en Syrie qui dure depuis sept ans. Pour nous et pour nombre de nos alliés, cette menace était claire depuis le premier jour. Pour les autres, elle ne l’était pas et pour certains, en dépit des évidences, ils refusaient d’y croire. Aujourd’hui, après tout ce qui s’est passé au cours des dernières années, je crois que l’image est devenue claire pour tous. C’est pourquoi j’invite celui qui cherche à revenir en arrière en Syrie, en Irak et même au Yémen depuis trois ans, à se poser la question suivante : que se serait-il passé si Daech avait gagné en Syrie, avec le Front al Nosra et leurs semblables ?

Que se serait-il passé si Daech avait gagné en Irak et avait pris le contrôle de ce pays ?  Que serait-il arrivé à la région et aux Etats du Golfe ?  Quel aurait été l’avenir du Liban, tout le Liban et pas seulement la Békaa et les villages frontaliers dans la région de Baalbeck-Hermel ?

Quel aurait été le sort du peuple libanais, dans son ensemble et pas seulement celui du camp qui est avec cet axe précis ? Quel aurait été le sort de ceux-là-mêmes qui misaient sur la victoire des groupes armés en Syrie ?

N’avez-vous pas vu comment Daech et ses semblables se sont comportés avec leurs frères d’armes et même avec ceux qui partageaient leur vision wahabite ? N’avons-nous pas vu comment le Front al Nosra s’est comporté avec ceux qui partageaient ses convictions et ce qu’il fait actuellement à Idlib ?

Quel aurait été l’avenir du Liban et celui de la diversité libanaise si, à Dieu ne plaise, ces groupes avaient remporté la victoire ? Heureusement, c’est Dieu qui a changé l’équation en plaçant face aux groupes, des hommes déterminés et croyants qui ont renversé la situation. Mais la question reste d’actualité.

Si l’émirat de Daech et de Nosra s’était étendu à Baalbeck, Hermel, Zahlé, Chtaura et tout le Liban, que seraient devenus les gens, même ceux qui avaient parié sur la victoire de ces groupes ?

Malheureusement, il faut préciser que Daech et Nosra mettent à mort ceux-là-même qui les avaient appuyés. Nous sommes donc passés par une expérience importante et extraordinaire  au cours des dernières années.

Aujourd’hui, nous célébrons donc cette victoire  sur les groupes terroristes et takfiristes car nous avons réussi à libérer notre jurd, nos fermes, nos champs et nos villages ainsi que l’ensemble de la frontière avec la Syrie. Nous devons nous arrêter sur cette victoire pour tirer les leçons qui s’imposent pour le présent et pour le futur.

Je vais évoquer rapidement quelques points.

Il faut commencer par s’arrêter sur la réalisation et son importance pour ensuite en tirer les conclusions.

  1. La rapidité de la prise de la décision par les citoyens. , les habitants de la Békaa et la résistance. La décision a été rapidement prise de faire front  face aux groupes terroristes et takfiristes, que ce soit à l’intérieur du territoire libanais ou en Syrie.

Pourquoi s’agit-il d’une caractéristique importante ? Car à cetet époque, le gouvernement libanais, avec sa formation et dans les circonstances qu’il traversait, je ne veux pas ouvrir les dossiers du passé, ne parvenait pas à prendre une décision. Mais les habitants de la région et la résistance  (quand je dis les habitants de la région, je parle de tous, même ceux qui sont membres de partis qui ont des positions différentes des nôtres). Les habitants ont pris la décision de la confrontation parce qu’ils voyaient à l’œil nu la menace qui venait  des montagnes et des champs qui les entouraient. C’est d’ailleurs ce que ne voyait pas leur commandement qui visait loin de la frontière.

La rapidité de la décision et l’entrée en Syrie pour y mener la bataille ont été des facteurs déterminants. En toute simplicité, la seconde libération n’aurait pas pu être réalisée si l’armée syrienne et ses alliés n’avaient pas remporté des victoires dans les régions faisant face au Liban, à Homs, à Qousseyr, au Qalamoun, à Zabadani, et au rif de Damas. Sans ces victoires, il n’y aurait pas eu cette fin heureuse l’an dernier comme aujourd’hui.

2-L’ampleur de l’enthousiasme des jeunes libanais et des jeunes de la résistance pour mener cette bataille a été aussi déterminant. Je vais m’arrêter un peu sur ce point. Nous devons connaître nos points forts pour nous appuyer sur eux et faire des paris gagnants.

Dans toutes les batailles que nous avons menées, au jurd, en Syrie et partout ailleurs, l’enthousiasme des jeunes était un facteur essentiel. Les jeunes étaient motivés, impatients d’en découdre avec l’ennemi, confiants. Je peux le dire : pendant ces sept dernières années, nous n’avons pas eu besoin de prononcer des discours, dans le cadre interne, pour mobiliser les jeunes et les inciter à aller au combat. A aucun moment, nous n’avons senti un ralentissement dans la détermination, des doutes ou une certaine crainte ou paresse. Et je peux le dire sans crainte : si demain, il faut de nouveau mener une guerre ou participer à une grande bataille en Syrie, je suis sûr que nous trouverons le même enthousiasme. Les jeunes n’ont pas besoin de discours pour les encourager. Ils ont une vision claire, une sincérité et une loyauté aussi grandes que leur détermination. Ils seront donc prêts à répondre à l’appel, comme ils l’ont fait au cours des dernières années.

Il faut ajouter à cet enthousiasme, l’esprit du jihad, le courage, les compétences, l’expérience, l’éveil, l’intelligence et la bonne utilisation des moyens de combat. C’est pourquoi les résultats étaient toujours de plus en plus satisfaisants.

Les combats étaient divisés en deux : une partie se faisait contre Daech et l’autre contre Al Nosra. Mais dans les deux cas, nous avions plus d’hommes que nécessaire.

Je disais d’ailleurs à nos cadres : pourquoi venez-vous avec un si grand nombre d’effectifs ? D’abord je voulais protéger leurs vies et ensuite il y avait le souci de ne pas utiliser trop de munitions  car cela coûte de l’argent. Bien entendu le souci de la vie des combattants était primordial. Mais la réponse des cadres était la suivante : nous n’arrivons pas à les retenir. DE plus, c’est l’été. IL n’y a pas d’universités pour les occuper. Car nous n’acceptons pas d’enrôler ceux qui ont moins de 18 ans.

Aujourd’hui, ces jeunes ont encore le même élan et le même enthousiasme. Certains disent : les jeunes ont changé. La génération de 82 était différente de celle de 85 ou de 2000 ou encore de 2006. Mais moi je dis, par expérience, que les jeunes ont le même enthousiasme et la même volonté de se battre. Ils sont aussi suffisamment éveillés et présents. Les dernières années l’ont montré.

Par contre, dans le camp adverse, et nous voyons cela dans des études publiées par les médias israéliens que la véritable crise de l’armée ennemie est aujourd’hui dans l’élément humain. Le commandement de l’armée israélienne et ses officiers supérieurs peinent à mobiliser les jeunes et à les pousser à s’enrôler dans les unités de combat, ainsi que dans les forces spéciales.  Les jeunes israéliens préfèrent s’enrôler dans les unités qui ne combattent pas, car leur motivation est en baisse. L’esprit de sacrifice chez est en train de disparaître et il croit de moins en moins à la cause qui le pousserait à se battre pour elle.

C’est un vrai problème et il est largement développé dans des études israéliennes. Un autre problème a été récemment dévoilé, avec des chiffres à l’appui, c’est celui de l’augmentation des troubles psychologiques chez les soldats israéliens qui consultent de plus en plus les psychiatres de l’armée. En 2017, selon les médias israéliens 44000 militaires israéliens ont consulté des psychiatres. Ce qui est un chiffre important pour l’armée israélienne. A titre de comparaison, en 2003, il y en a eu 39000.

Lorsqu’ils parlent des raisons de l’augmentation des troubles psychologiques chez les militaires, les analystes parlent du fait que ceux-ci ont peur de mourir, ils ne veulent pas faire des sacrifices, ni se fatiguer ou veiller. Ils veulent des missions calmes et reposantes et faire de l’argent. Ils ont perdu la motivation qui les poussait à se battre.

Ce sont eux qui disent cela. C’est pourquoi d’ailleurs des experts stratégiques de l’entité ennemie disent que cette armée n’est pas prête à mener une guerre. Pourtant, depuis 2006, ils ont reçu de nouveaux avions, de nouveaux missiles et ils ont amélioré leurs moyens et leurs capacités. Nous savons cela parce que nous suivons de près ce dossier. Par contre, depuis 2006 à aujourd’hui, ils n’ont pas réussi  à se débarrasser de l’esprit de défaite qui plane sur les soldats, les officiers et leur environnement populaire. Ils ne parviennent pas à mettre un terme  au sentiment de doute et à l’absence de confiance chez les soldats et les officiers. Ils ne parviennent pas à trouver un commandement historique qui pourrait changer cette situation et redonner confiance.

Aujourd’hui, notre force est justement dans nos jeunes sincères, loyaux, dévoués, prêts au sacrifice. Ces jeunes qui sont prêts à donner leur sang et qui croient dans la dignité, l’honneur, la patrie, ils sont notre force. C’est grâce à eux qu’il y a eu la seconde libération, tout comme il y avait eu la première.

3-L’immense appui populaire à cette option. C’est-à-dire que la population appuyait largement cette opération en vue de la libération. Oublions certains politiciens et ce qu’ils disaient. L’ambassade américaine avait réalisé des sondages d’opinion qu’elle n’a pas publiés. Des services de sécurité ont fait la même chose. Il est apparu que les bases populaires de plusieurs partis qui ne partageaient pas notre point de vue, étaient favorables à cette bataille. Je ne parle pas seulement des bases dans la Békaa, mais aussi partout, car dans les salles fermées, les cadres et les élites nous le disaient. Au sein de l’environnement populaire de la résistance, l’appui était aussi total et sans réserves. Cela fait sept ans que nous combattons en Syrie et sur ce front et nous n’avons pas entendu la moindre opposition, la moindre expression d’une certaine lassitude, ou fatigue, ou gêne. Au contraire, nous avons senti en permanence encore plus d’appui d’encouragement et de disposition à poursuivre le combat. C’est la réalité.

Nous parlons ici des familles des martyrs qui ont donné leurs fils dans la fleur de l’âge et qui en sont fiers. Nous parlons des blessés et de leurs familles, tout cet environnement qui appuie et soutient la résistance.

Pendant la guerre du jurd, en août dernier, que le combat soit contre al Nosra ou contre Daech, je voyais à la télévision et les frères me racontaient comment les habitants des villages, avec leurs moyens limités préparaient  des repas aux combattants. Je demandais aux frères : avons-nous besoin de cela, peut-être que ceux qui nous les donnent en ont plus besoin que nous ? Grâce à Dieu nous avions suffisamment de moyens et nous en avons encore, en dépit des sanctions et du blocus et si Dieu le veut, nous continuerons à pallier à nos besoins.

Les frères me répondaient que les gens insistent pour contribuer à leur façon à la bataille. Les gens ne se contentaient pas d’envoyer leurs fils, leurs pères et leurs proches, ils envoyaient aussi leurs fonds, leur pain et leurs réserves alimentaires, avec les plats préparés pour l’hiver, comme le kechek, les aubergines makdouss, la awarma etc. Les combattants au front n’en avaient pas besoin, mais les gens exprimaient ainsi l’ampleur de leur conscience de ce qui se passe, leur détermination et leur appui aux options de la résistance.

Cette réalité fait aussi partie  des points de force, dans le passé et pour l’avenir.

En dépit des doutes émis par de nombreux médias arabes, du Golfe et au Liban, la réalité est différente. Rappelez-vous comment certains médias comptaient nos martyrs. Ils revenaient aux noms de nos martyrs tombés avant 2000, et ils prenaient aussi des noms de personnes vivantes pour dire qu’ils ont été tués en Syrie. Dans le but de faire peur à notre environnement et de le démoraliser, en prétendant que le coût de ce combat est trop élevé pour les pousser à le remettre en cause et à avoir des doutes. Mais c’était mal comprendre nos gens.

Ceux qui ont eu recours à ces moyens ne savent pas que nous sommes les disciples du Prophète et ceux d’Abou Abdallah al Hussein qui s’est sacrifié avec ses frères et ses fils, ses cousins et tous ses proches, qui ont été tués devant ses yeux à Karbala et il ne s’est jamais rétracté et il n’a jamais douté de la justesse de sa cause, convaincu d’être du côté du droit.

Nous autres, tout au long des années passées, nous étions et nous sommes toujours du côté du droit. Aussi grands soient les sacrifices, nous ne doutons pas, nous et nos gens qui avec nous, ont façonné cette victoire.

4-La confirmation de l’équation « armée-peuple-résistance » a aussi fait ses preuves dans cette bataille de la seconde libération. Certains avaient dit que cette équation avait fait son temps en 2000 et même en 2006. Chacun a ses convictions. Les nôtres nous disent  qu’il s’agit d’une nouvelle expérience de cette équation. Dans la Békaa, les gens ont appuyé l’option de la bataille, ils ont résisté. L’armée, en dépit de l’attitude hésitante du gouvernement et de l’absence d’une décision officielle claire, a pris des positions défensives. Elle a même eu des martyrs, dans cette bataille. Mais tout a changé avec l’élection du général Michel Aoun à la tête de la République, la formation d’un nouveau gouvernement et la réunion du Conseil supérieur de défense, qui a décidé de mener la bataille contre Daech, après que Nosra ait été chassée du jurd de Ersal. L’armée a donc eu le feu vert pour mener la bataille appelée « l’aube du jurd ». Elle a montré qu’elle est en mesure de vaincre les terroristes, avec son commandement, ses officiers et ses moyens. En même temps, l’armée syrienne et la résistance menaient la bataille du côté syrien de la frontière et il y a eu donc cette victoire.

Ce qui s’est passé est donc une nouvelle victoire à mettre à l’actif de cette équation à laquelle nous tenons, car elle constitue un élément essentiel de notre force.

 

Avec cette équation, avec l’enthousiasme des hommes de la résistance et l’immense appui populaire, avec la présence déterminante de l’armée suite à une décision officielle claire, nous avons pu, en août dernier, aboutir à une libération totale, complète et décisive de notre frontière et de notre jurd, de nos champs et de nos fermes, de nos terres, sans que nous ne devions quelque chose à personne. La sécurité s’est réalisée et notre peuple aimé a pu en bénéficier dans la Békaa mais aussi dans tout le Liban.

Sur la base de cette seconde libération qui a eu lieu dans la Békaa et qui suit la première libération qui a eu lieu au Sud, et sur la base de cette fameuse équation, nous pouvons affirmer qu’il n’y a pas de place pour un occupant, un envahisseur et un agresseur au Liban, tant que notre peuple et les nouvelles générations restent attachés à la liberté, à la libération, à la souveraineté véritable, à la dignité et à l’honneur, loin de tout suivisme à l’égard de qui que ce soit dans le monde. Le peuple, avec ses moyens humains, avec son sang et avec ses sacrifices, est prêt à remporter une victoire chaque fois que l’occasion s’en présentera. 

5-C’est le dernier point dans cette partie : les paris sur les Américains  tout au long des années passées jusqu’à la bataille du jurd.

Il y a un an, le Conseil Supérieur de Défense a pris la décision de pousser l’armée à mener cette bataille. Je l’ai déjà dit, mais j’y reviens pour expliquer la suite. Les Américains sont aussitôt intervenus pour demander que l’armée libanaise ne mène pas cette bataille ou au moins qu’elle reporte sa participation. La bataille était contre qui ? Contre Daech. Auparavant, des pressions américaines avaient été exercées sur le Liban pour empêcher le Hezbollah de mener la bataille contre Al Nosra. Nous avons mené et remporté la bataille contre al Nosra et nous nous dirigions vers Daech dans le jurd. L’armée libanaise a voulu entrer dans cette bataille. Mais les Américains sont intervenus pour dire que c’est impossible. Ils ont demandé aux Libanais de reporter d’un an la bataille, en menaçant de suspendre leurs aides.

Ils sont comme cela les Américains. Je reviendrai sur ce sujet par la suite. Ils ne pensent qu’à leurs intérêts propres. Car en faisant cette demande, pensaient-ils aux intérêts des habitants de la Békaa ? Du Hermel, de Qaa, de Ras Baalbeck, de Ayn, de Bazaliyé, de Nabi Osman et de tous les villages en confrontation directe avec les groupes terroristes et takfiristes ? Pensaient-ils aux intérêts des habitants de Ersal ?  Pas du tout. Les Américains font leur jeu dans la région.

Dans tout ce qui se passe dans la région, lorsque les Américains disent avoir vaincu Daech, ils mentent. Ceux qui ont vaincu Daech en Syrie et en I’Irak sont ceux qui se sont battus dans ces deux pays. Au contraire, les Américains ont tout fait pour prolonger la vie de Daech. Les données le prouvent. Jusqu’à aujourd’hui, les Russes racontent comment des hélicoptères et des avions atterrissaient dans les zones de Daech en Afghanistan, pour leur donner des armes et des munitions. Le même procédé s’est poursuivi en Syrie et en Irak. Cela se passait même en plein jour, les avions et les hélicoptères atterrissaient dans les zones contrôlées par Daech pour y transporter des individus, des cadres, qui sait... C’est cela l’Amérique.

Indépendamment de Daech, les Etats-Unis ne pensent qu’à leurs intérêts. Je le dis pour les Libanais, les Syriens, les Irakiens, les Palestiniens et tous les peuples de la région, les Américains ne tiennent aucun compte de vos intérêts. Si vous misez sur eux, relisez l’Histoire, revoyez les expériences récentes. C’est étrange de voir comment les gens n’apprennent rien des expériences passées.

Ils n’ont rien appris du Viet Nam et des images du retrait américain honteux, ainsi que de celles des malheureux Vietnamiens  qui voulaient s’enfuir avec eux et qui s’accrochaient aux hélicoptères avant d’être détachés par les soldats américains et lancés ainsi à terre. Ils n’ont pas appris de ce qui s’est passé avec le Shah d’Iran qui avait servi les intérêts américains dans la région pendant des dizaines d’années, comme personne ne l’avait encore fait. En un instant, lorsqu’il s’est affaibli, l’Amérique l’a lâché. Elle n’a même pas accepté de lui donner un visa pour entrer aux Etats-Unis et s’y faire soigner. L’homme était malade et même le visa lui a été refusé.

C’est la même expérience au Viet Nam et en Irak et même au sud Liban. Les sionistes se sont retirés sans même avertir Antoine Lahad et leurs agents. Ils ne leur ont pas laissé le temps de ranger leurs affaires  et l’argent qu’ils ont gagné en pillant les gens. Ils ne leur ont laissé aucune chance.

Ce que j’ai dit il y a quelques jours s’applique au Sud de la Syrie. Certains vont dire cela s’était passé en 2000 et nous sommes aujourd’hui en 2018. Mais aujourd’hui, en 2018, qui a commandé les groupes armés à Soueyda, à Deraa et à Quneïtra ? Ces groupes étaient dirigés par la chambre d’opération dite de Mock, installée en Jordanie qui regroupait des officiers américains et saoudiens avec la coopération des Israéliens. L’argent, les armes, les moyens, les plans, les directives tout venait de cette chambre. Mais en un seul moment, lorsque le plan a échoué, lorsque le pari américain sur les groupes armés ne servait plus les intérêts de Trump et des Etats-Unis, c’en était fini du projet. Ce qui s’est passé dans le Sud de la Syrie en 2018 est un nouvel exemple du manque de cas que font les Américains de leurs instruments, je ne dis pas de leurs alliés. Car dans le monde, il n’y a pas d’alliés des Etats-Unis. Ceux-ci traitent tout le monde comme s’ils étaient des instruments qui devaient obéir aux injonctions américaines.

Il y a deux possibilités : soit ils les ont lâchés sans leur donner une contrepartie. Soit ils leur en ont donné une. En d’autres termes, soit ils les lâchent, soit ils les vendent. C’est cela l’Amérique. Je le dis aux Libanais et à tous les peuples de la région. L’Amérique n’a ni valeurs, ni moralité. Elle ne s’occupe que de ses propres intérêts, les intérêts matériels en premier lieu, financiers en particulier, puis vient l’hégémonie et ensuite l’énergie ( pétrole et gaz) et les marchés. C’est ce qui intéresse les Américains et cela s’est déroulé ainsi dans le passé.

Aujourd’hui, à l’occasion de la fête de la seconde libération, nous devons réitérer ces propos à tous les dirigeants, aux gouvernements, aux régimes et aux peuples. A toutes les forces politiques, aussi pour leur demander de ne pas miser sur les Américains. Vous croyez pouvoir miser sur les Américains pour qu’ils vous protègent. Mais les Américains vous respectent-ils pour le faire ? Le président qui dit : si nous cessons de protéger les Etats du Golfe, ils tombent en moins de sept jours et qui dit encore aux Etats du Golfe : nous vous protégeons mais vous devez payer les frais de cette protection, comme s’il s’agissait d’une taxe, ce président-là a-t-il une moralité, a-t-il des valeurs humaines pour vous protéger ? Pour vous défendre ? Nous devons apprendre de toutes ces expériences et cela s’adresse à tous ceux qui misent sur l’aide des Américains, leur appui et les garanties qu’ils fournissent.

Je vais donner deux exemples en Syrie, avant de passer au dossier libanais.

Dans la région à l’est de l’Euphrate, il y a une domination kurde. Aujourd’hui, les partis kurdes ont pris la juste décision de négocier avec l’Etat syrien. Ils ne doivent pas revenir sur cette décision, car elle est la bonne. Parce qu’ils ne savent pas quand les Américains décideront de se retirer de cette région et les Kurdes de Syrie ne peuvent pas savoir à qui les Américains les vendront à ce moment-là. A la Turquie, à la Russie, nul ne le sait ! L’ambassadeur des Etats-Unis en poste à Damas a dit il y a quelques années aux kurdes, que leur relation avec l’administration américaine n’est pas morale. Autrement dit, il s’agit d’une relation basée sur l’opportunisme.

Le second exemple porte sur la province d’Idlib. Regardez à quel point les Américains mentent. Ce qui contrôle actuellement Idlib, c’est Al Nosra, c’est-à-dire al Qaëda. Selon la classification du Conseil de sécurité, c’est la tête de liste des organisations terroristes dans le monde. En principe, les Américains devraient se tenir à l’écart et laisser l’Etat et l’armée syriens et leurs alliés nettoyer cette région de la présence des terroristes. Mais non, les Américains agissent différemment. Comme ils ne peuvent pas défendre ouvertement Al Qaëda qu’elle prétend combattre, l’Amérique  commence à préparer un nouveau scénario d’utilisation d’armes chimiques pour empêcher l’armée syrienne de remporter une victoire éclatante. Ce scénario sera l’occasion de lancer une nouvelle attaque militaire contre le régime syrien pour l’empêcher de compléter la libération de son territoire. C’est cela l’Amérique et ses mensonges. C’est sur elle que vous misez ? Sur Trump qui a déclaré, avec fierté, il y a deux jours qu’il rayé Jérusalem des sujets à négocier ? Sur l’administration américaine qui annonce qu’au début du mois de septembre, elle compte éliminer le droit au retour et suspendre sa part de financement de l’UNRWA ? Est-ce sur cette administration que nous misons pour retrouver, ne serait-ce qu’en partie, les droits des Palestiniens ? Ou les droits libanais dans les gisements pétroliers et gaziers maritimes et territoriaux ? Les Américains préparent un scénario chimique pour attaquer la Syrie et ne prennent pas la peine de dire deux mots ou de publier un communiquer sur les massacres au Yémen. Il y en a eu deux horribles en une seule semaine contre des enfants, commis par la coalition saoudo-américaine. C’est cela l’Amérique.

C’est pourquoi, dans la seconde libération, nous sommes revenus à notre peuple et à nous-mêmes, à notre volonté et à notre environnement, à nos moyens propres. Nous ne sommes pas faibles. Par contre leur force se défera car elle est bâtie sur des fondements fragiles et artificiels. Tout ce qui se passe dans la région actuellement, le deal du siècle et les autres projets, est bâti sur un trépied formé de Trump, Netanyahu et Mohammed ben Selmane. Je ne me prononce pas sur la chute ou non de Trump. Mais ces deux derniers jours, il disait : si je suis contraint à la démission, les marchés financiers vont s’effondrer aux Etats-Unis! Tout le monde deviendra pauvre. Cela signifie qu’il se sent en danger. En tout cas, il va d’une crise à l’autre. L’autre pilier du trépied c’est Netanyahu. Il est poursuivi par les dossiers de la corruption, mais ses détracteurs patientent en attendant une réalisation politique déterminée. Si Trump tombe, les dossiers contre Netanyahu seront ouverts probablement en grand. Je laisserai le troisième pilier du trépied pour une autre fois. Il faut se demander où ce pilier entraîne sa personne et ce royaume qui nous est cher, vers quel gouffre. Tout le monde en parle. Mais ce qui reste, c’est nous, notre peuple, notre volonté, notre détermination et notre aptitude à assumer les responsabilités. C’est sur quoi nous devons miser.

Un mot sur la situation libanaise.

Je vais commencer rapidement par un point qui a été soulevé après les élections législatives et même avant. Mais après les élections, il est revenu avec insistance. Il a été ainsi dit que le Liban est désormais contrôlé par le Hezbollah qui a mis la main sur l’Etat et ses structures, bref sur tout. Je dois dire à nos frères, nos gens, notre base que ces propos ne nous séduisent pas, même s’ils peuvent réjouir certains.

D’abord, c’est un mensonge et ceux qui disent cela le savent. Mais ils le disent dans un but précis : faire assumer au Hezbollah la responsabilité de la situation au Liban, alors qu’il pourrait éventuellement être responsable d’une partie de cette situation. Pour être modestes, nous disons que ce dernier volet peut faire l’objet d’un débat. Mais eux veulent faire assumer au Hezbollah la responsabilité totale de tout ce qui se passe au Liban : la situation économique et financière, l’absence de développement, la corruption au sein de l’Etat, dans les institutions étatiques, le vieillissement, le ralentissement, les conflits politiques, tout ! D’abord pour ternir l’image du Hezbollah aux yeux du monde et ensuite pour pousser nos gens au désespoir, en disant si le Hezbollah contrôle le pays et voilà la réalité, cela signifie qu’il y a une catastrophe immense. Il faut penser à cela.

Je vous le dis avec sincérité et franchise : nous sommes la force politique qui a le moins d’influence au sein de l’Etat et qui exerce le moins son influence au sein de l’Etat. En toute modestie, nous sommes le plus grand parti politique, c’est vrai, mais nous sommes celui qui pratique le moins le pouvoir. Notre intervention et notre influence dans les affaires internes et politiques  et dans l’Etat sont beaucoup plus modestes qu’elles ne devraient l’être. Nul ne peut donc nous faire assumer la responsabilité de la situation actuelle.

Dans le même esprit, j’entends et je lis de plus en plus que le président de la République Michel Aoun exécute la politique du Hezbollah. Cela se disait avant, mais aujourd’hui, on le répète plus souvent. On dit ainsi que le Hezbollah dicte au chef de l’Etat et au CPL leurs politiques. Cela aussi c’est un mensonge et ceux qui le disent le savent. Ces affirmations sont dénuées de tout fondement. Tout le monde sait que la relation entre le président Michel Aoun et le Hezbollah est une relation de respect et de confiance réciproques. Elle était ainsi et elle l’est toujours. Nul n’impose sa vision et ses orientations à l’autre. Nous nous respectons et nous nous retrouvons sur beaucoup de questions.

Mais pourquoi disent-ils cela ? Pour attaquer le président de la République et le CPL et présenter ce parti comme étant un instrument du Hezbollah et à son service. Certains responsables du CPL ont même été accusés de donner des aides financières au Hezbollah. Mais nous n’avons aucun doute sur le fait que nous sommes plus riches financièrement que le CPL et ce parti a plus besoin que nous d’aides financières. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Il s’agit de dire à certains Etats du Golfe et à certains Etats occidentaux, qui ont une dent contre le Hezbollah, que ce président et ce parti sont utilisés par le Hezbollah. Ceci est une insulte pour eux et pour nous et cela n’a rien à voir avec la réalité.

J’ai voulu m’arrêter sur ce point car il est utilisé dans la formation du gouvernement qui constitue le troisième point de mon développement.

Au sujet de la formation du gouvernement, nous continuons à miser sur le dialogue interne. Mais permettez-moi de dire que le temps commence à presser. Aujourd’hui, on entend dans le pays des propos sur le retard dans la formation du gouvernement de Tammam Salam et dans celle du gouvernement de Négib Mikati. Est-ce une raison pour retarder la formation du gouvernement en gestation ?

De plus, les circonstances sont différentes : la situation financière, la situation économique, les développements dans la région, les échéances à venir. On ne peut donc pas dire puisque d’autres gouvernements ont mis un an à être formés, attendons donc un an cette fois aussi. C’est faux. Il faut au contraire traiter rapidement ce dossier et ne pas soulever de nouveaux problèmes, comme celui des relations libano-syriennes. Nul ne doit soulever cette question maintenant. Personne n’a posé de conditions de ce genre pour la formation du gouvernement. Formez donc ce gouvernement et la question des relations libano-syriennes sera discuté plus tard au sein du gouvernement qui sera formé. Ce sera aussi le cas de la déclaration ministérielle qui devra être discuté après la formation du gouvernement. Une commission ministérielle sera formée à cet effet, regroupant les différents points de vue. Il ne faut donc pas commencer dès maintenant à soulever ces questions pour en faire des problèmes et entraver la formation du gouvernement. C’est une attitude inappropriée. Au final, tout le monde sait qu’au Liban, il y a des opinions divergentes. Mais aujourd’hui, chacun dit qu’il faut privilégier l’intérêt national. C’est bon. Nous devons donc nous asseoir et discuter dans le calme. Je suis contre le ton élevé et les propos violents ou insultants. Ils ne font pas avancer les choses dans le bon sens. Il faut discuter dans le calme. Le Liban a-t-il intérêt oui ou non à ce que les déplacés syriens rentrent chez eux dans la dignité et la sécurité ? Certains disent qu’il existe des options différentes. OK, mettons-nous ensemble et discutons-en. Prenons ensuite une décision sérieuse, car, jusqu’à hier, il n’y en avait pas. Et discutons ensuite des mécanismes et des formules, des moyens et des limites. Mais il s’agit là d’un intérêt national véritable. Demain, si le point de passage entre la Syrie et la Jordanie de Nassib est ouvert à la circulation, n’est-ce pas dans l’intérêt du Liban de l’utiliser pour écouler ses productions agricoles et industrielles vers les pays du monde ?

Ceux qui ne sont pas d’accord, qu’ont-ils à proposer d’autre ? Nous devons nous mettre ensemble et en discuter.

Même au sujet de la coordination sécuritaire, les Etats européens cherchent désormais à ouvrir un dialogue avec les services de sécurité syriens. J’en ai déjà parlé auparavant, mais je vais être plus précis aujourd’hui. Les services libanais le savent, car c’est par leur biais que des services de sécurité européens essaient d’ouvrir des relations avec les services syriens. Pourtant, ces services sont loin et nous, Libanais nous sommes proches. Les services européens veulent des services syriens des informations sur des individus, des structures et des moyens, car ils ont peur. Le Liban, qui est plus proche géographiquement ne devrait-il pas en faire de même ? Lorsque la guerre en Syrie se terminera- et elle le fera bientôt je l’espère-, la question sécuritaire se posera plus sérieusement, car il n’y aura plus de risque militaire. En Syrie, en Irak, au Liban, ce sont en réalité, les mêmes réseaux et les mêmes cellules. N’avons-nous pas conséquent pas besoin d’une coordination sécuritaire entre le Liban et la Syrie pour protéger notre pays ? Ne s’agit-il pas d’un intérêt national ? Nous devons en discuter calmement pour aboutir à des résultats.

Mais, en dépit de tout ce positivisme et cette volonté de faciliter la formation du gouvernement et de pousser à la coopération, je voudrais faire une précision. Il y a quelques jours, on a commencé à percevoir des indices en provenance de certains responsables. Cela a été précédé par des insinuations dans les médias, mais nous ne voulons pas les commenter. Toutefois, récemment, des responsables du 14 mars, que ce soit directement ou par le biais de déclarations ou d’articles de presse ont commencé à dire que la vraie raison du retard dans la formation du gouvernement n’est pas une question de poids politique et de nombre de portefeuilles. La vraie raison réside dans le fait qu’en septembre le TSL devra devrait annoncer des décisions qui pourraient avoir un impact sur la situation interne. Par conséquent, il y aura une situation nouvelle qui pourrait avoir un impact dramatique sur la formation du gouvernement. Nous n’avons pas réagi. Mais il y a quelques jours, des signaux du même genre sont venus en provenance de certaines parties. C’est pourquoi, je voudrais faire un commentaire : Si quelqu’un mise sur le TSL, il se trompe. Vous connaissez déjà notre position à l’égard du TSL. Elle est la même depuis le début. Nous ne reconnaissons pas ce tribunal et nous ne nous sentons pas concernés par son travail. Pour nous, il n’a aucune valeur légale et légitime.  Ses décisions n’ont aucune valeur pour nous qu’elles nous condamnent ou nous innocentent. Même si demain, le TSL décide d’acquitter nos gens en affirmant qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour les accuser, nous ne publierons pas un communiqué de satisfaction. Nous ne reconnaissons pas ce tribunal et nous ne nous sentons pas concernés par ses décisions. Il faut que tout le monde le sache.

Dans ce second point, je ne veux pas m’étendre et je le résume en trois mots. Je dis donc à ceux qui misent  sur le TSL et ses décisions : Ne jouez pas avec le feu ! Point à la ligne. Concernant la Békaa, il est de mon devoir de remercier de nouveau les habitants de Baalbeck-Hermel, et ceux de la circonscription de Zahlé, ceux de la Békaa ouest et Rachaya, bref, tous nos gens dans la Békaa pour leur position noble et le renouvellement de leur confiance à nos frères, nos alliés et nos amis dans le cadre des dernières élections législatives.

En cette célébration de la seconde libération, je voudrais réitérer les promesses faites pendant la campagne électorale. Nous suivons les dossiers, mais le retard dans la formation du gouvernement a un impact sur les projets en préparation. Mais nous faisons tout ce qu’il est possible de faire en matière de préparation.

Après les élections législatives, au cours de la première rencontre entre le président de la Chambre Nabih Berry et moi, nous avons évoqué plusieurs sujets dont celui de la Békaa. Nous nous somems mis d’accord sur le fait que la priorité devrait être à la Békaa. Nous n’avons pas annoncé cela parce que nous pensons que l’heure est aux actions, non aux promesses. Il faut préciser que la priorité n’est pas seulement à Baalbeck-Hermel mais çà toute la Békaa, pour Amal et le Hezbollah. . Qu’il s’agisse de projets de développements ou d’embauche. Lorsque l’occasion se présentera, j’espère que vous pourrez le constater concrètement. L’une des décisions au cours de cette rencontre ( elle a d’ailleurs été annoncée par les députés membres du bloc de Baalbeck-Hermel lors de leur visite à Aïn Tiné) a été la création d’un Conseil de Développement de Baalbeck-Hermel, ainsi que celle d’un Conseil de Développement du Akkar. Je voudrais ici ouvrir une fenêtre d’espoir. Quel que soit le budget de ce Conseil pour Baalbeck-Hermel ( et nous devrons nous battre pour que ce soit un budget raisonnable), il y aura au moins un cadre légal et officiel qui pourrait permettre de lui accorder des dons et des crédits venant de pays étrangers. Dans ce contexte, même si le budget initial est limité, il y aura de nouvelles possibilités grâce à ce Conseil. Il a donc une priorité absolue, dès la formation du gouvernement et dès que le Parlement commencera à légiférer, les députés d’Amal et du Hezbollah feront une proposition de loi pour ce Conseil et pour sa formation ainsi que pour des mesures concrètes concernant le choix de ses membres.

Aujourd’hui, je ne veux pas ouvrir les pages du passé. Mais il y avait réellement un blocus imposé à la Békaa en raison de ses options politiques. Nous étions interdits de faire quoi que ce soit pour cette région. Aujourd’hui, nous voulons coopérer avec toutes les parties et avec la coopération étroite entre le duo de la résistance, Amal et le Hezbollah, nous pouvons ouvrir une nouvelle page et faire un suivi sérieux qui aboutira à des résultats satisfaisants, je l’espère.

De notre côté, au Hezbollah, nous avons des structures administratives et organisationnelles pour faire le suivi que ce soit dans le cadre de la commission de la Békaa ( le commandement de la Békaa) ou dans le cadre de la commission pour l’action municipale. Ou encore dans le cadre du bloc des députés de Baalbeck-Hermel. A la lumière des nouvelles décisions, nous allons adapter les structures existantes et les développer pour être en mesure, en tant que parti, à suivre les résultats, grâce à nos responsables et à nos cadres.

Je dois encore vous dire que nous avons besoin d’une action sérieuse et patiente. Nous devons supporter et rester vigilants. Regardez comment aujourd’hui, après ce qui s’est passé en 2000, en 2006 et au cours des années difficiles récentes, les Américains et les Israéliens sont désormais convaincus qu’il ne peut y avoir de solution militaire avec le Hezbollah. Je dis cela sachant ce que le Hezbollah représente pour les habitants de la Békaa, mais aussi pour tout le Liban et pour les peuples du monde. Qui va désormais déclencher une guerre contre nous ?Je ne crois pas qu’une partie interne songe à le faire. Il y a eu une tentative « sabhanienne » pour pousser l’intérieur libanais vers un conflit. Il s’agissait d’une tentative irréfléchie. Et elle n’a pas fait long feu. Quant Israël, elle évite la guerre. Je ne peux pas être catégorique, car avec Israël on ne sait jamais, mais si on suit ce qui se passe, il est clair que les Israéliens évitent la guerre car ils craignent ses résultats.

Les Américains veulent faire des guerres mais ils préfèrent que d’autres la fassent à leur place.

Aujourd’hui, ils sont arrivés à la constatation que la guerre militaire est difficile. Ils ont essayé les assassinats. Ils ont tué le fleuron de nos chefs, de nos ulémas et de nos experts. Mais à chaque fois, notre force augmentait. Les assassinats nous donnaient plus de motivation pour réagir. Ils ont tué sayed Abbas, mais le sang de ce chef martyr nous a donné plus de force au Hezbollah. Même chose pour les autres chefs assassinés.

Quelle est donc la solution ? Ils sont arrivés à la conclusion suivante : La solution est de détruire le Hezbollah grâce à son environnement. Car même si nous parvenons à détruire son image dans le monde – certains disent que cette opération se poursuit depuis 1982, puisqu’on nous accuse d’être une organisation terroriste, criminelle, mafieuse qui pratique le trafic de drogue, le vol des voitures et le blanchiment d’argent. Ce ne sont que des mensonges évidemment-, le Hezbollah ne faiblit auprès de son environnement qui continue de lui faire confiance et de croire en lui. Au contraire, au cours des années passées, le Hezbollah a décuplé sa force dans son environnement et entre ses gens.

Donc, la solution est de le faire chuter dans son environnement. Il faut détruire cette relation de confiance et de soutien entre le Hezbollah et son environnement qui a permis à la résistance de se développer, de tenir en 2006 et de tenir bon pendant la guerre de Syrie aux côtés de l’armée syrienne, réalisant ainsi la seconde libération. Tout cela n’aurait pas été possible, sans l’appui populaire dont bénéficie le Hezbollah. Il faut donc éloigner d elui la population. Comment ?

  1. D’abord, en exerçant des pressions financières sur lui. Car ils pensent que la relation entre le Hezbollah et ceux qui le soutiennent est une relation d’intérêt. Le Hezbollah donne des salaires et des aides. Ce qui est faux. Nous aidons les familles qui n’ont aucun soutien. Mais les familles pauvres, nous ne les aidons pas directement, car nous n’en avons pas les moyens.
  2. En tout cas, ils croient que s’ils exercent des pressions financières sur le Hezbollah, la population qui le soutient s’éloignera de lui. Ils croient que les jeunes du Hezbollah qui se sont battus en risquant leur vie sont des mercenaires, motivés par l’argent, comme leurs soldats. Ils ignorent que ces jeunes suivent à la lettre ce que leur disait l’imam Moussa Sadr, d’avoir la foi de Hussein. Ces jeunes ne se rendent pas sur les champs de bataille à cause d’un salaire ou d’un privilège. Ils  se battent par conviction et avec la foi, lorsque le devoir les appelle. D’ailleurs, lorsque nous avons eu besoin d’eux, l’affluence des volontaires a dépassé notre attente. Ils étaient prêts à s’enrôler et à donner tout leur temps, en contrepartie d’un salaire modeste. Cela pour les pressions financières sur le Hezbollah afin d’éloigner de lui la population.
  3. Mais le plus dangereux est de lui faire assumer la responsabilité d’une situation dont il n’est pas responsable et de convaincre son environnement populaire qu’il l’est. Par exemple au lieu de définir les véritables responsables du manque de développement de la Békaa et dans d’autres régions libanaises, on va dire que c’est le Hezbollah qui en est responsable.
  4. Ensuite, on sème le doute dans l’esprit des sur le Hezbollah, à travers les réseaux sociaux. Lorsque j’ai parlé de la détermination à combattre la corruption, certains ont mis sur les réseaux sociaux que les responsables du Hezbollah sont corrompus. C’est faux. Vous lisez sur les réseaux sociaux qu’untel a fait ceci, son fils aussi etc. je l’ai dit et je le répète : ceux qui ont des accusations qu’ils les fassent. Certains utilisent sur les réseaux sociaux leurs véritables noms d’autres des noms d’emprunt, mais nous les connaissons quand même. Des gens nous insultent, pas seulement sur les réseaux sociaux, sur les chaînes de télévision aussi et dans les médias. Leur avons-nous dit quelque chose ?  Non. Mais je voudrais que ceux qui ont des éléments viennent nous les donner. J’ai des bureaux dans la banlieue sud. Même si je n’y suis pas personnellement, j’y ai des représentants.  Qu’ils y viennent sans crainte pour donner les éléments en leur possession. Je l’ai dit dès le premier jour, nous voulons combattre la corruption en commençant chez nous si nous en avons. Mais là, il s’agit de ternir l’image du Hezbollah et de ses responsables et cadres pour éloigner de lui la population. Pour que les gens se disent : à qui avons-nous confié nos enfants ? A des voleurs, des mafieux etc ? Allons donc faire d’autres choix.  C’est donc une partie du plan qui vise le Hezbollah aujourd’hui. Vous avez entendu cela pendant les élections législatives. Il y a des tentatives pour déchirer notre environnement social et populaire sur le plan communautaire et entre les régions. Vous avez vu comment on a tenté de semer la division entre la Békaa et le Sud et demain ce sera au sein de la Békaa, du Nord, du sud, entre les membres d’un même clan et d’une même famille. Il y a certes des gens qui ont des problèmes avec nous. Nous sommes un parti qui a 36 ans. Et en 36 ans, on peut créer des animosités. mais là il s’agit d’autre chose. D’un véritable plan. Ecoutez ce que disent les Américains et les Israéliens. Regardez les congrès organisés aux Emirats et ailleurs, les travaux des centres de recherche. Tous aboutissent à la même conclusion : il n’est pas possible de vaincre militairement et sécuritairement le Hezbollah. Il faut donc  recourir aux sanctions économiques et aux sanctions financières, pour pousser son environnement populaire à le rejeter.
  5. C’est pourquoi je voudrais conclure en vous faisant assumer la responsabilité. En général, quand nous posons un problème : nous disons : que va faire le Hezbollah ?  Mais comme ce parti a une responsabilité envers vous si vos villages subissent une agression ou une menace – c’est ce qui s’est fait au cours des dernières années dans la Békaa et auparavant au Sud et dans tout le Liban,  vous avez la responsabilité de préserver le Hezbollah. Comme il est responsable d’être à vos côtés pour lutter contre la privation et le manque de développement de la région, selon les recommandations de l’imam Moussa Sadr vous avez la responsabilité de préserver le testament  du sayed martyr Abbas Moussawi, de préserver le Hezbollah qui a été fondé à Baalbeck, de suivre l’exemple de ceux qui vous ont précédé qui ont ouvert leurs maisons, leurs fermes, leurs champs, leurs jurds et leur région aux combattants du Hezbollah pour qu’ils installent des camps d’entraînement. Les gens de la Békaa ont accueilli  les premiers jeunes de la résistance du temps de l’imam Sadr et à l’époque du mouvement Amal, époque qui continue d’ailleurs. A l’époque du Hezbollah aussi. Les gens de la Békaa ont donc une responsabilité particulière à l’égard du Hezbollah. Ne laissez donc personne vous entraîner vers des préceptes qui n’ont rien à voir avec l’Islam, avec le Prophète et  avec l’émir des croyants Ali ben Abi Taleb. Ne laissez personne vous entraîner vers la division vers le doute et à la faiblesse. N’oubliez pas que votre unité et votre solidarité ainsi que voyre confiance et votre foi ont permis la réalisation de plusieurs miracles en 30 ans. Vous avez le devoir de les préserver, vous qui avez donné vos fils pour cela. La ville de Hermel est le meilleur témoin de tout cela.
  6. Il faut donc préserver la cohésion au sein de cet environnement. Il faut préserver cette alliance existentielle entre Amal et le Hezbollah et avec toutes les forces politiques qui croient à la ligne de la résistance, son parcours et son axe et qui croit aux causes justes au Liban, en Palestine et dans la région.  Cette unité et cette cohésion sont la meilleure réponse  aux sanctions américaines, au doute et aux tentatives d’affaiblissement. Rappelez-vous combien de fois Feltman a dit que les Etats-Unis avaient dépensé 500 millions de dollars pourquoi ? Pour éloigner les jeunes du Hezbollah. Il n’a pas pu atteindre son objectif. Au contraire, l’enrôlement des volontaires augmente. Mais aujourd’hui, la tactique a changé. On veut nous encercler, nous accuser, semer le doute et éloigner de nous les gens.

J’ai été long. Deux minutes encore. La situation sécuritaire après les élections était suspecte. Ce n’était pas un hasard. Certains voulaient  à travers la pression de la rue et des médias pousser le Hezbollah dans ses retranchements. Il serait ainsi contraint de créer des formations sécuritaires. Nous avons préféré appelé l’Etat et ses services à assumer leurs responsabilités dans la Békaa. Je vous l’avais dit, c’était un piège dans lequel on voulait nous faire tomber. Nous devons donc être éveillés. Aujourd’hui, c’est votre responsabilité, vous, nos proches, âmes nobles, vous qui avez fabriqué les victoires. Votre responsabilité est grande. Ensemble nous ferons face aux occupants, aux envahisseurs et nous couperons la main de ceux qui veulent s’ne prendre à nous. Nous remporterons d’autres victoires dans l’avenir. Allez en paix.

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