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Idleb: la dernière chance pour Erdogan

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Par Samer R. Zoughaib

La Turquie est appelée à respecter les engagements pris à Sotchi, le 17 septembre. Si elle échoue, l’option militaire revient sur le tapis à Idleb.

La Turquie semble avoir obtenu de la Russie un délai supplémentaire pour mettre en œuvre ses engagements dans la province d’Idleb, qui consistent à garantir le retrait du groupe «Hayat Tahrir al-Cham» (HTS), l’ancienne branche d’«al-Qaïda» en Syrie, de la zone démilitarisée large de 15 à 20 kilomètres, et l’arrêt des attaques contre l’Armée arabe syrienne (AAS).

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyep Erdogan ont évoqué le dossier d’Idleb en marge du sommet du G20 en Argentine. En dépit des violations répétées de la zone démilitarisée par HTS, qui ont fait des dizaines de morts et de blessés dans les rangs de l’armée syrienne depuis la mi-octobre, M. Poutine semble avoir donné à M. Erdogan un délai de la dernière chance. Une nouvelle rencontre est prévue entre les deux hommes, selon des sources turques, pour faire le point sur la situation militaire à Idleb, et politique en général, avec une tentative de lancer les travaux de la commission constitutionnelle, chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour la Syrie et, de ce fait, de mettre sur les rails le processus politique. Une rencontre tripartite entre la Russie, la Turquie et l’Iran, pourrait également être envisagée pour accélérer la coopération, à un moment où les Etats-Unis tentent de torpiller la rencontre d’Astana, qu’ils estiment être arrivée à une impasse, tout en poursuivant leur politique belliqueuse dans l’est syrien, avec le tir de missiles, samedi, contre des positions de l’armée syrienne, à Sokhna, au nord-est de Tadmor (Palmyre).

Les calculs de Joulani

La question qui se pose est celle de savoir si la Turquie, qui n’a pas réussi à mettre au pas HTS ces dernières semaines, parviendra à le faire dans un proche avenir. Rien n’est moins sûr, car le leader du groupe extrémiste, Abou Mohammad al-Joulani, est confronté à un mouvement de contestation à l’intérieur de son mouvement, mené par un courant qui rejette toute concession et exige la dénonciation de l’accord russo-turc de Sotchi, conclu le 17 septembre et qyu a instauré la trêve d’Idleb. Une importante fraction de HTS, essentiellement menée par des commandants étrangers, menace en effet de faire scission et de rejoindre le Groupe «Horass al-Dine» (les gardiens de la religion), qui se revendique comme le représentant légitime d’«al-Qaïda» en Syrie. C’est pour éviter cette scission que Joulani a recours à l’escalade contre l’armée syrienne sur les axes Idleb-Hama et à l’est d’Idleb, près de l’aéroport d’Abou Zouhour. Une fuite en avant.

Selon certaines informations, HTS envisagerait de prendre les villes de Maarat al-Nohman et de Darat Ezzat, tenues par des factions affiliées au Front de libération nationale, proche de la Turquie. De cette manière, le groupe extrémiste contrôlerait les principaux nœuds routiers et serait en position de force pour négocier avec Ankara. Après avoir pris le contrôle de la majorité de la province, dont il domine près de 60% de la superficie actuellement, Al-Joulani serait disposé à se retirer de la zone démilitarisée. Mais pas avant d’avoir mené une ultime bataille contre l’armée syrienne, afin de satisfaire le courant jusqu’au boutiste de HTS et sauver ainsi son groupe d’une scission.

Renforts de l’armée syrienne

Pendant ce temps, l’armée syrienne continue à masser des renforts sur les différents fronts d’Idleb en prévision d’une offensive au cas où la Turquie ne parvenait pas à remplir ses engagements. La 5e brigade, acheminée du sud de la Syrie, a été déployée sur le front Hama-Idleb. Elle vient prêter main forte aux Forces du Tigre, du général Souhail al-Hassan, qui tiennent le front d’Abou Zouhour. Une opération pourrait également être envisagée à l’ouest d’Alep, pour chasser les extrémistes des banlieues de Khalidiyé et de Zahraa, d’où les extrémistes prennent pour cible les quartiers résidentiels de la ville. Ces de ces régions que sont partis les projectiles remplis de chlore qui ont fait une centaine de blessés, fin novembre.

Une fois de plus, il s’agit d’une course contre la montre à Idleb entre le compromis politique et la solution militaire. La balle est entre les mains de la Turquie: soit elle fait le nécessaire pour mettre au pas les groupes extrémistes, soit l’Armée arabe syrienne et ses alliés s’en chargeront.  

Source : French.alahednews    

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