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Centre Zahra : victime du conflit national français et international

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Par Mohamad Gharib

Sous le nom d’«opération anti-terroriste», 200 agents de police : le RAID,  BRI, CRS ont lancé mardi dernier dans les premières heures du matin leur assaut contre le centre de l'Association Zahra au nord de la France, ainsi que les domiciles de ses principaux dirigeants, extirpés de leur lit.

Trois personnes ont été arrêtées et placées en détention préventive après la découverte de 5 armes dont 3 sont non déclarées.

Les policiers ont aussi saisi six ordinateurs ainsi qu’une somme d’argent qui était dans la possession du comptable de l’association. La préfecture du Nord a par ailleurs engagée une procédure de fermeture de la salle de prière de cette association musulmane chiite en déclarant que (1) : «Cette opération s’inscrit dans le cadre de la prévention du terrorisme, les activités de l’association «Centre Zahra France» étant particulièrement suivies en raison du soutien marqué par ses dirigeants à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République.»

Bien évidemment, la Préfecture n’a pas nommé les organisations «terroristes» dont l’association Zahra est accusée de soutenir, ni les valeurs contraires à la République que prônait le centre suivant le communiqué . Mais, les médias français ont relié le centre à ce qui est clair depuis le site, les articles et les vidéos du centre Zahra, de même sur sa chaîne Youtube où il déclare officiellement leurs soutiens pour la résistance comme le Hezbollah face à l’occupation israélienne, aux takfiristes et aux terroristes.

C’est ainsi que dans la même journée dans le journal officiel a été annoncé le gel des avoirs de l’association et de ses trois dirigeants: Yahia Gouassmi, Jamal Tahiri et Abdelkarim khaled.

On apprend le même jour que la France a gelé les avoirs de deux Iraniens M. Assadollah Asadi et de M. Saeid Hashemi Moghadam et de la Direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du Renseignement, attribuant à Téhéran la responsabilité d’un attentat déjoué contre l’«opposition iranienne» à Villepinte (Seine-Saint-Denis) le 30 juin dernier.  En prenant cette décision, la France rappelle sa détermination à lutter contre le terrorisme, en particulier sur son propre territoire.

Bien sûr, les deux opérations n’ont rien à voir l’une avec l’autre ni de près ni de loin, mais le souhait de les relier indirectement dans les médias a pour but de donner au lecteur l’impression que la «terreur chiite» aurait frappé l’Europe. Ce qui soulève une question sur le calendrier et les objectifs derrière ce processus?

Premièrement, l’assaut qui était censé résulter d’une chasse précieuse n’a abouti à rien en réalité, ce qui indique que le manque de connaissances et de renseignements des services de sécurité sur la réalité de ce qui se passe au centre Zahra, ou sur la possession d’informations de valeur et de sens.

Par conséquent, les autorités françaises ont été victimes d’une fausse propagande sioniste à propos du centre Zahra : c'est une cellule dormante du Hezbollah et de l'Iran, ils achètent des armes, ils ont beaucoup d'argent dans leur centre, etc. Le nombre de forces de police à Dunkerque (la ville où se trouve le centre) est de 339, et ils ont été forcées, le jour du raid, de demander l’aide des forces spéciales dans les autres villes afin d’intervenir. La preuve que la police avait été, elle-même, victime de manipulation, qui imaginait à un moment donné, qu'elle serait confrontée à une véritable guerre.

En outre, le centre de Zahra depuis son ouverture en 2005, puis avec la création du parti antisioniste en 2009, a fait l'objet de nombreuses rumeurs et articles: de la part des islamophobes et des sionistes, car le parti avait inscrit une liste «anti sioniste» durant les élections européennes en 2009. Ce mouvement a suscité  l'intérêt de nombreux jeunes sur les réseaux sociaux et les sites internet : En raison des vidéos qu'il publie d'abord sur les crimes d'«Israël» et des Takfiris, et ensuite de son soutien aux mouvements de résistance au Moyen-Orient, où il explique la réalité du conflit en Syrie, en Irak, en Libye et au Yémen, ainsi que les objectifs stratégiques et géostratégiques de ces guerres, qui portent le masque de combattre le  terrorisme mais en réalité c’est pour piller les richesses des pays.

Le 24 mars 2018, la sénatrice française Natalie Goulet a organisé à l’assemblée un colloque intitulé «Après la chute de Daech, où sommes-nous dans la lutte contre le terrorisme?» Mais les recherches ont porté le plus souvent sur le soi-disant «terrorisme chiite».

Les intervenants: Ahmad Al-Assiri, chef adjoint des renseignements généraux en Arabie saoudite et porte-parole des forces interarmées dans la «tempête décisive», l'ancien général libanais Ashraf Rifi, le chercheur salafiste français Roumain Caillet, acharné contre le Hezbollah parce qu'il le considérait comme étant à l'origine de son expulsion du Liban après avoir été arrêté par la sûreté générale libanaise du fait de son contact au Liban avec des cellules terroristes. Il figurait auparavant jusqu'en 2016 sur la liste des suspects en France dans des affaires de terrorisme. En plus du journaliste libanais Wassim Nasr.

Le général saoudien responsable des crimes au Yémen est venu pour expliquer son point de vue sur la guerre syrienne, yéménite et irakienne, et a déclaré que «Daech» est la mise en place du système du «Wali al-Faqih», qui souhaite établir un «État islamique» dans le monde. Il a ainsi détaillé les contributions généreuses du royaume au financement des opérations françaises dans les pays du Sahel, outre son aide en Libye et dans d'autres pays, et il a appelé la France à aider à combattre l'Iran et le Hezbollah. Le major-général Ashraf Rifi a également évoqué l'enlèvement de citoyens français et de journalistes au Liban et a évoqué le détournement d'avions au cours des dernières décennies. En essayant de dépeindre l'axe de la résistance comme terroriste.

Cette campagne systématique, qui a engendré il y a quelques jours un raid sur le centre Zahra, s'inscrit dans le contexte d’une opinion publique trompeuse suite la popularité du Hezbollah, que ce soit localement au Liban ou internationalement, en raison de sa lutte contre le terrorisme réel, qui constituait la plus grande menace pour le monde. Ce terrorisme qui tue tous ceux qui ne partage pas sa foi criminelle. Et l'éclat de l'étoile du Hezbollah, en particulier avec sa protection des chrétiens d'Orient et le soutien ultime du Président libanais Michel Aoun, cela  a obligé les sionistes arabes et occidentaux à dépenser des méga sommes d’argent et à tout faire pour faire pression sur le monde afin de le placer sur la liste des organisations terroristes  et le  représenter  comme une menace pour les démocraties du monde et si ces pays eux-mêmes, à savoir l'Arabie saoudite et les EAU, sont loin d'être les exemples à suivre que ce soit  pour la démocratie ou pour le respect de droit de l’homme et de citoyen.

Outre la tentative de cibler le Hezbollah et l'Iran, il convient de noter que le président français Emmanuel Macron est lui-même l'objet de campagnes médiatiques visant à le décrédibiliser et à saper le soutien de la population pour plusieurs raisons:

1. En juin, après s'être entretenu avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, il avait mis en garde contre l'escalade du conflit au Proche-Orient. L’attachement de la France à l'accord sur le nucléaire iranien et avait exprimé son vif intérêt de trouver une feuille de route concernant le conflit israélo-palestinien et il a appelé à cesser la construction de colonies dans les territoires occupés.

En juin, le président Macron avait nommé François Sénémaud (ancien chef du renseignement français et ancien ambassadeur en Iran) comme représentant personnel en Syrie. Dans une interview, M. Macron a déclaré: «Je ne fais pas du départ du président syrien Bashar al-Assad une priorité. Ma priorité est la reconstruction de la région et l’achèvement du terrorisme».

 2. Le 15 juillet, le président français a annoncé qu'il s'entretenait avec le président russe Vladimir Poutine sur la situation en Syrie, confirmant ainsi l'importance du partenariat entre la Russie et la France et la proposant de rejoindre l'Union européenne. Le dernier point concerne un changement majeur de la politique européenne car l’OTAN est établie sur le principe de faire face à la Russie dans le monde et sur l'intimidation de la Russie en la décrivant comme le premier ennemi de la démocratie, de l'Europe et du monde.

3. En juillet, la France a annoncé qu’un avion russe partant de la France avec une assistance au peuple syrien vers l'aéroport de Hmeimim, ce qui est un signe de la reconnaissance implicite de la présence russe sur les côtes syriennes, qui revêt une importance stratégique pour la Russie, et permet à la Russie d’avoir sa présence au Méditerranée après avoir été otage du détroit du Bosphore avec la Turquie.

Le 18 juillet, la bombe médiatique explose lorsque Le Monde révèle que le «policier» qui a frappé un manifestant lors des manifestations du 1er Mai est en réalité un des amis proches de Macron. La guerre médiatique a commencé afin de faire chuter le président devant l’opinion publique en le considérant comme le responsable direct derrière cet événement. Même si entre la révélation de l’identité de l’agresseur et la scène il y a deux mois ce qui laisse penser que le but, en réalité, était de l’instrumentaliser politiquement dans l’attaque contre le président Pour finir, le président Macron durant la 73 session de l’Assemblée générale de l’ONU s’est positionné comme l’Anti Trump qui est venu attaquer et diaboliser l'Iran, la Syrie et le Hezbollah. Macron a appelé au calme et à la nécessité de trouver des solutions diplomatiques aux grands problèmes du Moyen-Orient, ce qui découle de la conviction du président français que les partis locaux devraient être impliqués dans les discussions pour trouver des solutions productives aux crises du Moyen-Orient, qui se répercutent sur le monde entier, laissant une crise des migrants et des victimes civiles.

La rencontre amicale et chaleureuse entre Macron et Rouhani à New York a incité les opposants à ce rapprochement de nuire contre toute entente possible. Le raid du centre de Zahra et les déclarations publiées ont clairement mis en évidence cette divergence de points de vue, qui va jusqu'au point de désaccord. Surtout que le ministre de l'Intérieur a présenté le même jour sa démission même s’il a justifié sa démission par la préparation aux élections municipales.

Revenons aux Iraniens qui ont été accusés de préparer une attaque contre les «Moudjahidines du peuple», selon les allégations de la police. Le tribunal allemand de Bamberg a également autorisé le transfert de l'accusé iranien Asdallah Asadi. Quelques jours avant la visite de Merkel dans l'entité israélienne, et quelques jours après le retour des relations entre l'Allemagne et l'Arabie saoudite, qui avaient été interrompues après que l'Allemagne eut cessé d'exporter des armes en Arabie saoudite à cause de leurs crimes de guerre au Yémen, mais cela a affecté les accords économiques entre les deux pays, en particulier avec Siemens qui cherchait à conclure des Mega Contrats en Arabie.

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis tentent de peaufiner leur image au niveau international, en particulier parce que leurs noms sont liés aux attentats du 11 septembre. Ils consacrent des sommes énormes pour acheter des journalistes afin d’écrire des articles positifs sur le rôle de l'Arabie saoudite dans la lutte contre le terrorisme. Ce qui a été révélé par WikiLeaks No. 118017 sur le plan de l'Arabie saoudite de payer pour 5 journalistes allemands 7500 euro par mois afin de rédiger des articles positifs sur le Royaume. C’est ainsi que L’étude menée par l’institut Montaigne intitulée (5) «la fabrique de l’islamisme» montre les montants dépensés par l’Arabie saoudite aux niveaux mondial et européen, en particulier pour combattre le chiisme en  premier et en second pour exporter leur pensée. L’étude s’est appuyée sur de nombreux documents de WikiLeaks.

Des comptes en langues étrangères sont également actifs sur les sites de réseaux sociaux afin d’enjoliver l’image de l’Arabie Saoudite et en même temps c’est fut remarqué l'interdiction, la fermeture de tous les comptes qui attaquent l'Arabie saoudite ou qui révèlent leur implication dans le terrorisme ou dans des crimes contre l'humanité au Yémen.

Pour conclure , le centre Zahra est victime de ce conflit mondial, comme ce fut le cas pour Sheikh al-Zakzaki au Nigéria, où lui et sa famille ont été victimes de l’argent saoudien et des médias, en l’accusant de terrorisme même s’il n’y a aucune raison valable pour le faire, surtout que le centre était parmi les centres chiites qui ont  été contraints de mettre quotidiennement des gardes pour protéger les fidèles de toute  éventuelle attaque terroriste, notamment parce que le centre est situé dans une zone reculée, loin de toute présence de protection et de la police.

Source : French.alahednews

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