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L’Arabie entre la crise d’identité et celle du pouvoir: «Israël» un refuge sûr

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Par Hamza Khansa

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, conduit le royaume à «l'ère du libéralisme», s’adossant sur le plan «vision 2030». Bin Salman, poursuit la mutation de l’identité nationale et internationale du royaume, de manière à répondre aux exigences des défis actuels d’une part, et à préserver l’identité unique du pouvoir en place d'autre part. Il tient à préserver la protection indispensable de l’occident en tant que besoin substantiel pour la survie du royaume.

La réaction saoudienne face aux massacres israéliens contre les manifestants à Gaza, est le premier aperçu qui montre la position qu’adoptera l’Arabie saoudite envers la cause palestinienne, notamment après l’émergence de nombreux détails concernant le «deal du siècle», et le rôle du prince héritier Mohammed bin Salman, dans la mise en scène et la promotion de cet accord. Rien n'a changé dans la manière de faire traditionnelle saoudienne qui consistait à convoquer la Ligue des États arabes. Mais cette fois-ci la réunion, a été accompagnée d'une grande propagande menée par de nombreux écrivains et journalistes saoudiens affiliés à la cour royale. Elle est surtout dirigée contre les palestiniens, considérés comme des traitres et justifiant les actions des israéliens.

Ce comportement s’ajoute à la tendance générale de l'Arabie visant à créer «une couverture religieuse» pour «légitimer la réconciliation» avec l'entité israélienne à travers le fameux «deal du siècle». Cela n'est pas un raisonnement lié uniquement aux déclarations du Secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, quand il a affirmé dans l’un de ses discours que «la grande calamité est que l’Arabie saoudite tente de justifier la normalisation des relations avec l’ennemi israélien via la couverture religieuse», mais aussi par les orientations religieuses, économiques, politiques, et médiatiques du Royaume tracées par Ibn Salman et son équipe. Elles ont été mises en œuvre afin de transférer le royaume de la situation actuelle au statut du pré-1979.

Après 1979, l'Arabie Saoudite a ressenti le danger qui menaçait la singularité «de son identité islamique», la peur de perdre cette distinction et ce privilège a augmenté. Avec la victoire de la Révolution islamique en Iran, le royaume a été contraint de réduire son identité islamique globale, et s’est limité à l’identité islamique sunnite.

Mais comment était l'Arabie Saoudite avant 1979 ? Le royaume, qui n’était pas bâti à l'origine sur une identité nationale spécifique, mais sur le wahhabisme, s'est opposé à l'ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser, et aux partis laïcs arabes dans les années cinquante et soixante et c’est à travers cette doctrine qu’a été diffamé le concept de «l’arabisme» comme l'un des «ennemis de l'islam», un «islam» défendu et préservé par le royaume saoudien dans la région.

Aujourd'hui, alors que le système a épuisé tous les moyens de diffamer «autrui», que ce soit le «nationalisme arabe» ou «l'Iran chiite», puis «les Frères musulmans pragmatiques » après les vagues du «printemps arabe», en particulier en Egypte, l’Arabie Saoudite se trouve obligée de refondre son identité. A travers cette porte bin Salman tente d’amener l'Arabie Saoudite vers l'ère de la «libéralisation». Mais les défis, les changements et les modifications au niveau de l'identité, ont sapé l'identité du Royaume au niveau régional, ont créé une menace sur le plan interne, et ont laissé émerger de nombreuses questions chez les «élites» du royaume sur les contradictions présentes dans leur doctrine religieuse en tant que base de l'identité de l’Arabie.

L’Arabie Saoudite est au bord d’un réel changement qui dissimule un vrai risque d’instabilité

Dans ce contexte, Bethan McKernan, envoyé par le journal britannique «The Independent», à Riyad, a déclaré que «l'Arabie Saoudite se trouve sur le bord du changement réel qui dissimule un vrai risque d’instabilité», McKernan s’est demandé «est-ce le nouveau prince héritier sera en mesure de contrôler toutes les forces qui ont submergé au sein du pays et à l’extérieur ?».

Celui qui surveille de près le cheminement des politiques saoudiennes, peut noter une série de défis qui jouent un rôle clé dans la recherche d'une nouvelle identité garantissant la «singularité» et ses privilèges.

La succession au trône de la manière dont elle a été faite, puis la «purification» du palais royal et l’élimination de tous les princes adversaires par bin Salman, ont contribué à l'émergence de blocs d'opposition antigouvernementaux qui guettent l'occasion pour se venger. Dans ce contexte, de nombreux Saoudiens concernés par le changement en œuvre dans le Royaume-Uni, croient que les efforts de bin Salman dans la transition vers le libéralisme vise essentiellement à attirer une classe d'élites n’ayant pas d’incubateur dans le Royaume, pour former une marge interne solide garantissant la continuité du pouvoir plus tard.

L’échec du projet Takfiri en Syrie et en Irak, conduit essentiellement par l’Arabie saoudite, associé à l’échec de la guerre au Yémen, a contraint le régime saoudien à s’engager directement dans les efforts américains et israéliens contre l’Iran. Et l'a incité à «coordonner» publiquement avec l'entité israélienne sur le «Deal du siècle» et a poussé le prince héritier à dire à Jeffrey Goldberg, le correspondant du journal «The Atlantic» qu'il «reconnaissait le droit du peuple juif d'avoir son propre état national». (…)

Le régime saoudien défend son existence et estime que son intérêt consiste à se rapprocher de l'entité israélienne pour garantir sa protection.

Ces dilemmes ont des répercussions économiques énormes et sans précédent, et d’autres liées au prestige de l’Etat et du roi. L'Arabie Saoudite a aujourd'hui perdu une grande partie de son influence dans le monde musulman, et les gens ne la voient plus comme avant. Par exemple, l'Arabie Saoudite n'a pas réussi à investir le bombardement répétitif de ses territoires en provenance du Yémen, dans l’influence des gouvernements arabes et islamiques pour les inciter à participer à l’alliance militaire contre le Yémen, et n’a pas pu influencer l’opinion publique arabe à manifester «pour la défense de la terre sainte».

Le régime saoudien défend son existence aujourd'hui. Par conséquent, il estime que son intérêt à ce stade réside dans son rapprochement de l'entité israélienne pour se protéger. Le libéralisme qui «se préoccupe de la vie après la mort», selon Mohammed Al-Cheikh, peut-être pour bin Salman le meilleur moyen «d’éliminer les restes de l'extrémisme dans un avenir proche». En ce qui concerne la situation externe, les choix proposés aux palestiniens par le prince héritier aspirant au trône, pour préserver le caractère «unique» du Royaume et d'assurer la continuité de son leadership, sont soit «d'accepter le processus de paix soit d'arrêter de se plaindre.»

Source : Al-Ahed, traduit par l’équipe du site

 

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