Tunisie : un nouveau gouvernement va être formé, de violents heurts avec la police

L'assassinat d'un opposant hier a déclenché une vague de violences. Un nouveau gouvernement va être formé. L'opposition appelle à la grève générale aujourd'hui.
Un chef de l'opposition tunisienne, Chokri Belaïd, a été tué par balles mercredi 6 février à Tunis, un assassinat ayant provoqué des manifestations contre le pouvoir, de violents heurts avec la police qui a compté un mort dans ses rangs et l'annonce d'un nouveau gouvernement.
Suite à ce meurtre, premier assassinat politique depuis la révolution de 2011, le Premier ministre Hamadi Jebali s'est adressé à la nation dans la soirée pour annoncer qu'il formera un "gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique". "J'ai décidé de former un gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique qui aura un mandat limité à la gestion des affaires du pays jusqu'à la tenue d'élections dans les plus brefs délais", a-t-il déclaré.
En signe de protestation après l'assassinat de Belaïd, quatre formations de l'opposition laïque -le Front populaire, Al-Massar (gauche), le Parti républicain et Nidaa Tounes (centre)- ont appelé à une grève générale et suspendu leur participation à l'Assemblée nationale constituante. Le débrayage doit avoir lieu vendredi, jour des funérailles.
Néanmoins, les syndicats des avocats, magistrats et du parquet ont annoncé qu'ils se mettaient en grève dès jeudi, tout comme les enseignants de la plus grande université du pays, à la Manouba, en banlieue de Tunis.
Le pouvoir accusé, un policier tué
Les proches de la victime ont accusé le parti au pouvoir Ennahda d'être responsable du meurtre, laissant craindre un nouveau cycle de violences dans un pays qui peine à se relever de la révolution qui a fait chuter Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.
Dénonçant un "odieux assassinat", le président Moncef Marzouki, un laïc qui entretient des relations tendues avec Ennahda, a annulé un déplacement au Caire et est rentré d'urgence de France à Tunis. Il a convoqué une réunion des hauts dirigeants politiques et sécuritaires.
Chokri Belaïd, 48 ans, critique acerbe du gouvernement, a été tué en sortant de chez lui le matin de trois balles tirées à bout portant, selon le Premier ministre.
"Mon mari a été menacé plusieurs fois et avait lancé des avertissements à maintes reprises, sans résultat. On lui répondait qu'il devait assumer le fait d'être un opposant", a déclaré Besma Khalfaoui, à l'hôpital, le pantalon taché de sang. Elle ainsi que le frère de la victime, Abdelmajid Belaïd, ont accusé le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi.
Mais Rached Ghannouchi a nié toute implication, estimant que ses auteurs "veulent un bain de sang" en Tunisie. "C'est un acte de terrorisme pas seulement contre Belaïd mais contre toute la Tunisie", a lancé Hamadi Jebali.
Après le passage de l'ambulance transportant le corps de l'opposant , une foule de jeunes a de nouveau attaqué la police avec des pierres. Le ministère de l'intérieur a annoncé la mort d'un policier mortellement touché par des jets de pierres.
Condamnation internationale
A l'étranger, le président français François Hollande a condamné ce meurtre qui "prive la Tunisie d'une de ses voix les plus courageuses". Les Etats-Unis ont dénoncé un "acte odieux et lâche". Berlin a exprimé sa "tristesse" et appelé les responsables tunisiens à "protéger l'héritage" de la révolution alors que Londres a dénoncé un "acte lâche et barbare destiné à déstabiliser la transition démocratique en Tunisie". Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale des droits de l'Homme (Fidh) ont condamné le meurtre et a appelé à une enquête indépendante.
Source: agences, édité par moqawama.org
Un chef de l'opposition tunisienne, Chokri Belaïd, a été tué par balles mercredi 6 février à Tunis, un assassinat ayant provoqué des manifestations contre le pouvoir, de violents heurts avec la police qui a compté un mort dans ses rangs et l'annonce d'un nouveau gouvernement.
Suite à ce meurtre, premier assassinat politique depuis la révolution de 2011, le Premier ministre Hamadi Jebali s'est adressé à la nation dans la soirée pour annoncer qu'il formera un "gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique". "J'ai décidé de former un gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique qui aura un mandat limité à la gestion des affaires du pays jusqu'à la tenue d'élections dans les plus brefs délais", a-t-il déclaré.

Néanmoins, les syndicats des avocats, magistrats et du parquet ont annoncé qu'ils se mettaient en grève dès jeudi, tout comme les enseignants de la plus grande université du pays, à la Manouba, en banlieue de Tunis.
Le pouvoir accusé, un policier tué
Les proches de la victime ont accusé le parti au pouvoir Ennahda d'être responsable du meurtre, laissant craindre un nouveau cycle de violences dans un pays qui peine à se relever de la révolution qui a fait chuter Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.
Dénonçant un "odieux assassinat", le président Moncef Marzouki, un laïc qui entretient des relations tendues avec Ennahda, a annulé un déplacement au Caire et est rentré d'urgence de France à Tunis. Il a convoqué une réunion des hauts dirigeants politiques et sécuritaires.
Chokri Belaïd, 48 ans, critique acerbe du gouvernement, a été tué en sortant de chez lui le matin de trois balles tirées à bout portant, selon le Premier ministre.

"Mon mari a été menacé plusieurs fois et avait lancé des avertissements à maintes reprises, sans résultat. On lui répondait qu'il devait assumer le fait d'être un opposant", a déclaré Besma Khalfaoui, à l'hôpital, le pantalon taché de sang. Elle ainsi que le frère de la victime, Abdelmajid Belaïd, ont accusé le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi.
Mais Rached Ghannouchi a nié toute implication, estimant que ses auteurs "veulent un bain de sang" en Tunisie. "C'est un acte de terrorisme pas seulement contre Belaïd mais contre toute la Tunisie", a lancé Hamadi Jebali.
Après le passage de l'ambulance transportant le corps de l'opposant , une foule de jeunes a de nouveau attaqué la police avec des pierres. Le ministère de l'intérieur a annoncé la mort d'un policier mortellement touché par des jets de pierres.
Condamnation internationale
A l'étranger, le président français François Hollande a condamné ce meurtre qui "prive la Tunisie d'une de ses voix les plus courageuses". Les Etats-Unis ont dénoncé un "acte odieux et lâche". Berlin a exprimé sa "tristesse" et appelé les responsables tunisiens à "protéger l'héritage" de la révolution alors que Londres a dénoncé un "acte lâche et barbare destiné à déstabiliser la transition démocratique en Tunisie". Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale des droits de l'Homme (Fidh) ont condamné le meurtre et a appelé à une enquête indépendante.
Source: agences, édité par moqawama.org
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