45 avocats turcs emprisonnés, leurs confrères français indignés

Les avocats français se disent indignés par l'évolution de la situation de leurs confrères turcs, après la récente arrestation de neuf avocats turcs engagés dans la lutte contre les violences policières. Le nombre des juristes emprisonnés en Turquie s'approche désormais de la cinquantaine, un bilan qui scandalise les barreaux et laisse les cabinets proches des milieux kurdes ou d'extrême gauche totalement exsangues.
Les avocats français se disent "indignés" dans une lettre au président de la République par l'évolution de la situation de leurs confrères turcs, après la récente arrestation de neuf de ces juristes engagés dans la lutte contre les violences policières. Dans une lettre au président de la République, les avocats français écrivent: "Nous venons d'apprendre que plusieurs avocats ont été condamnés à de lourdes peines d'emprisonnement au terme de procès dont tout donne à penser qu'ils ont été rendus au mépris des droits de la défense", peut-on lire dans ce courrier à François Hollande daté de vendredi et rendu public lundi 4 janvier.

Les neuf juristes ont rejoint en prison 36 autres avocats turcs: 33 sont soupçonnés de liens avec les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et trois sont accusés d'avoir participé à un complot contre le gouvernement, selon un décompte publié par le barreau de Diyarbakir (sud-est). Dans leur courrier, les trois avocats français accusent le gouvernement et la justice turcs de violer les principes de la Convention européenne des droits de l'Homme, pourtant ratifiée par Ankara.
"Il nous paraît donc nécessaire d'exiger que la Turquie suspende sa participation aux travaux du Conseil de l'Europe et cesse de siéger à la Cour européenne des droits de l'Homme de Strasbourg dont elle méprise superbement le corpus législatif et les jurisprudences", indique le courrier.
Avec 45 membres de la profession incarcérés, les avocats approchent ainsi le record des journalistes emprisonnés: 46 selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui a décerné en décembre à la Turquie le titre de championne du monde dans cette discipline. Ces rafles ont surtout vidé de leur personnel les cabinets d'avocats impliqués dans la défense des militants d'extrême gauche et kurdes. Le 22 novembre 2011, le cabinet juridique Asrin, qui défend les intérêts du chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, a ainsi perdu cinq de ses six avocats, arrêtés à l'aube dans le cadre d'un vaste coup de filet parmi les juristes kurdes. Seul un jeune stagiaire y a échappé.
Source : agences, édité par : moqawama.org
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