Discours du secrétaire général du Hezbollah sur les derniers développements

Au nom de Dieu
Cette rencontre est consacrée à faire le point sur la situation ou en tout cas un bilan, c’est ainsi que j’ai voulu la nommer. Mais avant cela, je souhaite évoquer quelques points nécessaires. D’abord, nous sommes le 27 du mois de Rajab au cours duquel Dieu répand ses bénédictions sur les croyants. Ce mois et ce jour en particulier sont ceux de l’envoi du Prophète. L’ayatollah Khamenei a déclaré en évoquant ce jour que c’est celui de l’envoi pour sauver les âmes des humains et les faire sortir de l’obscurité pour les faire entrer dans la lumière, la lumière de la justice, tout en traçant le chemin pour y arriver. Ce jour est celui de la Justice du Ciel vers la terre à travers un projet global qui si l’homme le porte le mène vers le sommet de la morale et du bonheur, le sommet de la justice et de la vie sereine, tant sur terre que dans l’autre monde. Le second point porte sur la mort en martyre d’un de nos frères, le chef cheikh Mohammad Hamadi, responsable du secteur de la Békaa Ouest au sein du Hezbollah. Cheikh Hamadi est né en 1963, dans un environnement religieux et croyant. Il était très lié au martyr Mohammad Bajiji, un grand chef dans cette région. Il lui avait donné la responsabilité des médias en 1991, puis celle de la culture et depuis 1992, il était responsable du secteur de la Békaa Ouest. Le martyr Mohammad Hamadi est un chef dans tous les sens du terme et il est aussi le compagnon des martyrs. Il était avec le martyr Mohammad Bajiji et avec les martyrs Rida al Chaer, hajj Nassar, Abou Ali Merhi et bien d’autres. Il prenait toujours soin des résistants dans cette région, les aidait et les soutenait. Il avait une très haute valeur morale et ne refusait jamais de rendre service. Il avait tissé un vaste réseau de relations avec toutes les communautés dans la région. Il a été tué par des mains traîtresses dans la région. Les yeux se portent vers les sionistes, mais l’enquête n’est pas encore bouclée, mais c’est ce qui paraît le plus probable. En tout cas, ce chef martyr est un de ce long convoi grandiose offert au service de l’islam.
Le troisième point porte sur la nécessité de féliciter le peuple palestinien moujahed et sa résistance à Gaza, en Cisjordanie et dans les territoires de 48 pour la conclusion du cessez le feu. Il faut aussi féliciter les partenaires dans cette victoire, la République islamique d’Iran sous le commandement de l’imam Khamenei, pour tout l’appui qu’elle a offert à ce peuple et à cette résistance. Nous devons aussi remercier le cher Yémen qui a souffert et continue de le faire pour soutenir cette résistance et ce peuple, ainsi que le cher Irak, avec son peuple, ses autorités et son Hachd, et enfin le Liban, qui a beaucoup donné avec courage, du sang et des sacrifices et qui a même donné le syayed des martyrs, Hassan Nasrallah, tout cela dans le cadre du projet de soutien à Gaza. Cette victoire est celle du peuple palestinien et de tous les peuples de la région qui ont fait face et ont résisté, de tous les hommes libres dans le monde qui ont soutenu et apporté leur appui.
L’objectif du déluge d’al-Aqsa a été atteint à travers le retour de la cause palestinienne à la une de l’actualité au niveau mondial, même en Occident. Cette cause a confirmé sa légitimité et sa permanence, ses détenus sont en train d’être libérés et c’est une victoire réelle pour le peuple palestinien. «Israël» a échoué à l’examen de l’honneur et de l’humanité. Son projet a été vaincu dans sa tentative de détruire le Hamas et la résistance. «Israël» n’a pas réussi à réaliser cela. «Israël» est apparu comme un groupe de criminels qui cherche la destruction du genre humain. «Israël» n’a pas pu récupérer ses citoyens qu’à travers un accord et elle est apparue très faible. Il n’aurait pas pu tenir une seule semaine sans le soutien américain ouvert, par air, par mer et terrestre avec tous les moyens possibles. Ce peuple palestinien est digne de vivre il mérite la libération et j’espère inchallah qu’il parviendra à libérer sa terre de la mer au fleuve. Regardez cette masse qui avance à partir du sud de Gaza vers le Nord et qui exprime la libération du peuple, ce grand peuple qui a fait tant de sacrifices. Je le félicite pour la libération des prisonniers en grand nombre, la tête haute et je salue les martyrs, les blessés et tous ceux qui ont résisté, hommes, femmes et enfants.
Je commence maintenant mon discours que j’ai appelé : le Bilan. Ce bilan comporte 6 points.
Qu’avons-nous affronté ? Je compte aussi être franc avec les gens, parler du cessez le feu et faire face à la campagne dirigée contre nous et évoquer ce qui se passera après la fin du délai fixé pour le retrait «israélien», avant de parler de la présidence et du gouvernement.
Je commence par ce que nous avons affronté.
L’agression contre le Liban, comme celle contre Gaza, était appuyée par le monde, les Américains et l’Occident notamment. Elle ne respectait aucune loi, et aucune considération humaine et morale. Elle a détruit la pierre, les arbres et toute forme de vie, sans le moindre frein. Il y avait certes un grand décalage entre les possibilités militaires «israéliennes» et américaines énormes et celles de la résistance, même si celle-ci avait accumulé au cours des années de nouvelles capacités. Soyons francs et très clairs : il y a une supériorité militaire exceptionnelle «israélienne» et américaine, par rapport aux moyens militaires de la résistance. Par contre, la résistance est un choix idéologique, politique, national et humain, face à l’occupation et face aux ambitions de l’occupant, ainsi que pour libérer la terre. Il y a aussi un grand écart entre le droit à la résistance et la force de son projet et l’illégitimité de l’occupation, de l’agression et de l’absence de toute valeur dans cette action. En réalité, le droit gagne toujours contre le non droit. Il est plus fort que le non-droit. Nous sommes donc devant deux images : celle de la supériorité militaire et celle de la supériorité du droit de la résistance, de sa volonté sur le non droit de l’occupation. Nous sommes plus forts grâce à notre foi, à nos choix et à nos droits, face à leur occupation et à leur agressivité. Il est donc faux de mettre l’accent sur la supériorité militaire pour faire des comparaisons. Il faut plutôt mettre l’accent sur la force de la foi, de l’engagement, de la volonté au sein de la résistance, sa détermination à se sacrifier et sa capacité à supporter face à «Israël» ... Enregistrez donc cette victoire.
«Israël» et les Etats-Unis ont voulu en finir avec la résistance. «Israël» a amené 5 unités dont le nombre d’effectifs dépasse les 75000 soldats et officiers, criminels, et des moyens énormes pour atteindre cet objectif. La résistance a fait face avec toutes ses composantes, la résistance islamique du Hezbollah, le mouvement Amal, la Jamaa islamiya, le PSNS et tous les autres résistants d’horizons divers. La résistance a donc confronté les agresseurs avec une détermination légendaire, un courage exceptionnel, une planification jihadiste et prête au martyre, husseyniste qui lui ont permis de s’imposer sur le terrain. Tout le monde voyait ceux qui étaient sur le terrain, ces héros de la résistance, attachés à cette terre au point de lui laisser leurs crânes, de consentir d’immenses sacrifices. Des chefs sont morts, à leur tête le sayyed de la résistance et le sayyed de la oumma, Hassan Nasrallah. Cette résistance est apparue homogène, forte, inébranlable. Elle a repris le commandement et le contrôle, elle a comblé les lacunes au niveau de son commandement, dix jours après le tremblement de terre qu’elle a subi, elle a procédé aux nominations nécessaires. Elle a également élu un nouveau secrétaire général et trouvé des remplaçants à tous les chefs et commandants disparus, dans toutes les positions jihadistes sans exception.
Du 27 septembre au 10 octobre, la résistance a vécu les dix jours les plus difficiles de son existence. Ces jours étaient le résultat d’un plan «israélien» bien ficelé et destiné à porter le coup fatal au Hezbollah. Mais nous avons retrouvé notre présence grâce à la force de notre foi et grâce au choix de la résistance. Nous avons retrouvé notre présence avec l’élan que nous avait donné le sayyed des martyrs de la oumma. Nous avons retrouvé notre présence grâce aux nominations auxquelles nous avons procédé et grâce à notre solidité sur le terrain.
Les opérations de la résistance ont augmenté et les «Israéliens» n’ont pas pu avancer sur la ligne frontalière que de quelques centaines de mètres. Tout cela grâce à la solidité de la résistance, les moujahidines légendaires et tous nos gens, les déplacés solidaires qui ont compté sur Dieu et qui ont constitué un soutien réel sur le front. Les moujahdines sur le front étaient rassurés sur le sort de leurs proches et les proches étaient rassurés sur le sort des résistants sur le front. Le peuple libanais, dans toute sa diversité et dans toutes ses régions était loyal et il a entouré les proches de la résistance. L’armée libanaise a fait de grands sacrifices, la Défense civile et les institutions de santé étaient présentes, avec un courage remarquable. De même, les médias ont eu un rôle dans ce contexte et nous ne devons pas oublier l’appui de la République islamique d’Iran, du peuple iranien, dans le soutien aux déplacés, ainsi que l’appui du peuple irakien, responsables et parties concernées dans ces deux pays, sans parler des aides fournies ici et là.
Le résultat a été le suivant : les portes se sont fermées face à l’ennemi «israélien». Il n’a pas pu avancer sur le front et il n’a pas pu provoquer une discorde interne entre les communautés au Liban. Il n’a pas pu éliminer la résistance qui est restée forte sur le front et il y a eu de grandes pertes dans les rangs de l’armée «israélienne» et au sein de l’entité en général. Il n’y avait plus de sentiment de sécurité ni de stabilité avec des conséquences économiques, politiques, concrètes et psychologiques. Tout cela était visible sur le terrain.
Face à cette hémorragie et à cette stagnation, la demande «israélienne», par le biais des Américains de parvenir à un cessez le feu est arrivée. Nous avons accepté, avec l’Etat libanais de conclure un cessez le feu. Il s’agit d’une victoire. Notez- le bien, il s’agit d’une victoire.
J’entre ici dans le second point. Je l’ai appelé «la franchise», car les gens n’ont pas encore entendu des propos comme ceux que je vais tenir maintenant. Ils n’ont pas encore entendu notre point de vue sur ce qui s’est passé. Nous voulons partager cela avec les gens. Ce discours s’adresse au public de la résistance et lorsque je dis cela, j’entends l’environnement direct de la résistance et j’entends aussi tous les résistants sans exception. J’entends encore tous ceux qui appuient la résistance, au Liban, dans la région et dans le monde. Tous ceux-là s’appellent le public de la résistance car celle-ci n’est pas un groupe d’individus seulement, ni un parti, c’est un grand groupe qui s’étend à tous les niveaux populaires. Il englobe des femmes, des enfants, des vieux, partout. Moi je crois dans ce public et je sais qu’il est solide. Il est éduqué dans l’école husseyniste et dans celle de l’imam Khomeiny, qui a brisé le shah et provoqué un grand séisme dans la région et dans le monde avec la victoire de la Révolution islamique en Iran. C’est aussi le public de l’imam Moussa Sadr qui a ouvert la porte pour devenir l’imam de la résistance. C’est aussi le public de sayyed Hassan Nasrallah qui est entré dans les cœurs, dans les maisons et partout sans barrières. Je vais donc être franc. Car une partie de ce public se pose des questions. Elle a été surprise par ce qui s’est passé. C’est son droit légitime. Ce qui s’est passé est très grand, la guerre était très forte et certains de ses résultats n’étaient pas prévus. Il est donc normal que l’on se pose des questions. Je vais essayer de donner des réponses à ces questions.
1-Avec les moyens que nous avons accumulés et développés, les missiles dont nous disposons, les drones dont nous avons déjà parlé et les manœuvres que nous avons réalisées qui ont montré une force exceptionnelle, certains ont cru que nous allions défaire «Israël» militairement en lui portant un coup fatal si une bataille est engagée entre nous. Ils ont cru que cette force est suffisante pour défaire «Israël» militairement et cette conviction était présente dans leur subconscient.
2- La capacité de dissuasion que nous avons réalisée pendant 17 ans et qui a poussé les «Israéliens» à ne rien entreprendre parce qu’ils craignaient notre réaction a poussé les gens à croire qu’elle était de nature à réaliser une forte dissuasion permanente.
3- Notre victoire lors de la libération de 2000 et celle de la guerre de 2006, notre victoire sur «Daech» et les takfiristes en 2017 a donné l’impression que nous étions toujours vainqueurs dans les batailles militaires et que c’était la raison de notre supériorité.
4- Notre public ne pensait pas que nous allions perdre ce grand nombre de chefs et à leur tête le sayyed de la résistance, Hassan Nasrallah en un si court laps de temps et avec une telle extension. Nul ne prévoyait cela car tout le monde pensait qu’avec la force militaire et cette organisation extraordinaire qui existe au sein du Hezbollah, avec sa capacité sécuritaire, celui-ci ne pouvait que prévoir une telle attaque et donc la déjouer. Naturellement, nous n’avions pas prévu la mort de notre commandement de cette façon et avec une telle globalité.
5- Il est certain que nous étions à découvert sur le plan des informations et que l’ennemi contrôlait les télécommunications et l’intelligence artificielle, l’armée de l’air a couvert le Liban et cela faisait partie des facteurs qui ont favorisé les coups portés à la résistance. C’est une grande lacune. Nous avons été ainsi à découvert par le biais de ces lacunes. Nous menons actuellement une enquête à ce sujet pour tirer les leçons et prendre les mesures nécessaires. Ce qui s’est passé est exceptionnel et surprenant. Nous devons en comprendre tous les détails et nous n’aurions pas dû être autant à découvert.
La conclusion de tout ce que je viens de dire est que la résistance ne peut pas être plus forte militairement qu’«Israël». La résistance est plus forte qu’«Israël» avec sa foi, ses jeunes, ses femmes, ses enfants, ses vieux, ses dons, ses sacrifices, le sang de ses chefs. C’est comme cela qu’elle remporte des victoires. Le facteur militaire intervient comme un facteur qui aide dans l’opération de la victoire. La résistance est forte par ses décisions, sa volonté et grâce à ceux qui croient en elle. Elle est forte dans sa capacité à supporter, à tenir bon, dans les sacrifices qu’elle est prête à faire et elle est plus forte dans sa continuité. Dans cette bataille, nous avons récolté deux bénédictions, le martyre et la victoire. Des grands chefs sont morts en martyrs, ainsi que des moujahidines, des femmes, des enfants, des hommes, et en même temps, ceux qui sont restés sur le terrain ont remporté une victoire du fait que la résistance se poursuit. Il s’agit d’une victoire grâce à notre solidité et au fait que nous sommes encore là. Notez cette victoire.
Concernant le cessez le feu, nous avons accepté l’accord car nous étions les agressés et c’est l’agresseur qui l’a demandé en posant ses conditions. Nous avons accepté que l’agression s’arrête car c’est ce que nous voulions dès le départ. Ce n’est pas nous qui avons décidé la guerre et par conséquent, il était normal pour nous d’accepter le cessez le feu, indépendamment de certaines conditions portant sur les détails.
Nous avons accepté l’accord sur la base du cessez le feu, car l’Etat a décidé de faire face pour protéger les frontières et pour pousser «Israël» à se retirer. C’est une chance pour que l’Etat puisse accomplir son devoir et tester ses forces sur le plan politique. Nous avons accepté parce que l’agression a commencé par être dirigée contre le Hezbollah avant de s’étendre à tout le Liban. Elle était contre le Liban, dans son armée, son peuple et sa résistance, son Etat. Toutes ses forces politiques doivent assumer leurs responsabilités pour pousser l’occupant à se retirer, pour protéger la souveraineté nationale. C’est la responsabilité de tous.
Avec cet accord, nous sommes devant une étape nouvelle. Nous nous sommes engagés en tant que Hezbollah, que résistance islamique et tous les résistants qui sont avec nous, à ne pas violer l’accord. Par contre, «Israël» l’a fait près de 1350 fois, par air, par terre et par mer, que ce soit par le biais de bombardements, d’agressions diverses, de destructions des maisons et de toutes les formes de vie, ou encore par le biais des drones qui se déplacent d’un endroit à l’autre. Nous avons respecté notre engagement en tant que Hezbollah. Je ne vous cache pas qu’à un certain moment, nous avons songé à riposter. Nous étions en contact et en discussion permanents. On nous a dit que sin vous ripostez une, deux ou trois fois, les 1350 violations «israéliennes» atteindront le double, voire le triple. Il serait donc préférable de patienter, en dépit de sentiment de se sentir insulté et humilié, surtout qu’«Israël» se comporte en cherchant à nous déranger et à se venger. «Israël» enlève la terre, détruit les maisons, arrache les cultures et tout cela n’a rien à voir avec les confrontations militaires, ni avec la situation sécuritaire «israélienne». «Israël» se comporte uniquement comme s’il voulait se venger de sa défaite, des pertes subies et il veut donner aux colons l’image de celui qui peut agir et contrôler. En tout cas, nous nous sommes engagés alors qu’«Israël» ne respecte pas ses engagements. Nous avons estimé que les 60 jours finiront par passer et Dieu nous aidera à patienter autant que possible, en dépit des pertes et inchallah la situation s’améliorera.
Grâce à Dieu, les images du retour après la fin du délai de 60 jours à 4h du matin le 27 janvier font chaud au cœur. Les gens ne pouvaient plus attendre. Nous avons vu ce flot de voitures se dirigeant vers le Sud, vers la banlieue sud de Beyrouth, vers la Békaa, partout. Les joies de la victoire étaient présentes partout et de façon évidente. Ce jour-là, j’ai dit que je préfère attendre deux jours avant de m’exprimer pour laisser les gens annoncer eux-mêmes la victoire. Oui, nous sommes victorieux. Parce que nous sommes revenus. Parce que nous avons réussi à récupérer la terre et parce que l’occupant s’est arrêté à une limite et parce que l’occupant va se retirer, malgré lui, grâce à cette résistance et grâce à ces sacrifices de la part de la résistance et des gens. Les célébrations de la victoire s’étendent à toutes les régions. Cela est clair. Les résistants sont sur le terrain, ils ne l’ont pas quitté un seul instant, ils ont la tête haute. La résistance est forte et solide. Notez cette victoire.
Les images des violations «israéliennes» faisaient mal. Mais nous avons décidé d’être patients et de laisser l’Etat assumer ses responsabilités. Hélas, le parrain américain de l’accord est aussi le parrain des crimes «israéliens» et c’est même lui qui les oriente. Il n’a à aucun moment tiré la sonnette d’alarme. Au contraire, il facilitait l’action des «Israéliens» et lui trouvait toujours des justifications. Nous avons demandé à l’Etat de faire pression. L’Etat a bougé à travers tous ses responsables, mais hélas, le parrain est aussi le protecteur des crimes «israéliens». Malgré cela, nous n’avons donné aucun prétexte et nous avons considéré que l’Etat est le principal concerné et l’unique par la confrontation avec «Israël» en cette période. Nombreux sont ceux, parmi les souverainistes qui n’ont pas avancé la moindre critique. Pendant ces 60 jours, nous n’avons entendu aucune condamnation, sachant que de nombreuses voix s’élèvent lorsqu’il y a une action qui dérange les Américains ou l’orientation hostile à la résistance. C’est une position étrange. Mais c’est le Liban. Le Liban est à eux et à nous. C’est un partenariat entre nous tous et le Liban c’est une patrie pour tous. Nous disons toujours d’ailleurs «nos partenaires au sein de la patrie», même ceux avec lesquels nous sommes en conflit, nous les considérons comme nos partenaires au sein de la patrie. Pourtant, nous n’avons rien entendu de leur part, bien qu’«Israël» n’ait pas cessé de violer l’accord. Ils n’ont pas élevé la voix, ni rien demandé aux Américains. Ils n’ont pas cherché à aider l’Etat en quoi que ce soit. Ils auraient pourtant dû lever la voix. Ils sont responsables eux aussi, mais ils ne cherchent en fait qu’à nous mettre des bâtons dans les roues et à faire des analyses dans lesquelles nous sommes vaincus. Non, nous sommes victorieux, que cela leur plaise ou non. La victoire est sur le terrain et ils devraient songer à trouver le moyen de faire face à cette réalité.
En tout cas, l’accord est sur les rails de l’Etat. Nous sommes sur la même longueur d’onde. La grande question reste : Eux, qu’ont-ils fait ? Les violations de l’accord montrent combien la résistance est nécessaire. Ils vont dire : voilà qu’il prend la résistance comme prétexte et ils vont nous accuser de fournir le prétexte à «Israël». Mais il est apparu que lorsque les résistants se battaient, les «Israéliens» n’ont pas osé avancer. Ce n’est qu’après l’accord et le suivi politique que les «Israéliens» ont commencé à s’approcher de certaines localités et à y faire ce qu’ils voulaient. Ce qui a donc poussé les «Israéliens» à rester loin des localités, c’est bien la résistance. C’est la confirmation que la résistance est requise pour faire face à l’ennemi «israélien».
Une campagne féroce a été lancée contre nous pendant la guerre. La plus grande partie de cette campagne était interne et une partie était externe. Tout cela pour montrer que nous sommes vaincus. Mais quel est l’intérêt de montrer la victoire comme une défaite ? Quel est votre intérêt à devancer les faits et à affirmer que le Hezbollah et Amal ne peuvent pas rester sur place, ils n’en ont pas les moyens et ils vont tout perdre. Je suis sûr que certains ont eu une crise cardiaque lorsqu’ils ont réalisé que tous leurs rêves se sont envolés en fumée... Ils n’ont pas laissé un média, ni même les réseaux sociaux, ni les analystes et autres journalistes sans leur insister avec eux sur la défaite. Autrement dit, ils travaillent toujours pour chercher à démoraliser notre public et notre peuple. Mais je leur dis : cet objectif, de détruire le moral de notre public et de nos gens ne marchera pas. Je le dis clairement : la résistance a gagné. La résistance est toujours gagnante, grâce à ses martyrs, grâce aux sacrifices, dans sa victoire matérielle et dans sa continuité. Elle est victorieuse grâce à sa foi, sa volonté et sa présence est continue et constante. Elle est victorieuse à travers le cessez le feu, grâce à sa capacité à supporter et à la détermination des résistants face à l’ennemi. Elle est victorieuse parce qu’elle a empêché l’ennemi d’atteindre ses objectifs. Elle est victorieuse grâce à ce peuple noble et courageux, loyal, attaché à sa terre et à ses valeurs qui s’est précipité vers ses villages, dès les premiers instants où le cessez le feu est entré en vigueur, à partir de 4 h du matin ce 27 novembre. La résistance est donc une fois de plus victorieuse, grâce au retour massif de son public vers les villages frontaliers, malgré le fait que l’ennemi ne s’est pas retiré, ne craignant même pas une confrontation avec lui ! De quoi est donc fait ce peuple, pétri de noblesse et de courage ? Le 26 janvier, nous avons vu de nombreux villages grouillant d’habitants. Nous avons vu des habitants se rendre sur leurs terres, affrontant l’ennemi avec leurs poitrines, sans armes, juste avec leur courage. Avez-vous vu ces images ? Avez-vous vu cette marche de la libération ? Avez-vous ces gens se précipiter dans leurs villages sans rien d’autre que l’amour de la terre et la dignité ? Avez-vous vu cette dame de noir vêtue défiant les blindés et les mitraillettes de l’ennemi, face à des soldats armés jusqu’aux dents ? Avez-vous vu ces familles, des femmes, des enfants et des vieux, se rendre sur les décombres de leurs maisons, sans craindre les tirs de l’ennemi, allant même jusqu’à le défier, sans peur de perdre la vie ? C’est leur foi, ils sont convaincus que c’est dieu qui décidera quand l’heure sera venue et ils estiment que la dignité est leur responsabilité. Ces gens-là ont de la dignité à en revendre, ils veulent leur terre et c’est pour cela qu’ils étaient présents et ils avancent vers les premières lignes face aux «Israéliens». Celui qui a de la dignité ne craint pas ni les fusils, ni les politiques ni l’appui américain. Nous les avons vu à Khiam, à Aïtaroun, à Aïta Chaab, à Yaroun, à Blida, à Houla, à Maïss al Jabal, à Maroun el Rass, à Taybé, à Ramié, à Bani Hayyan, à Bint Jbeil, à Kantara et dans bien d’autres localités. Chacune de ces localités est devenue le symbole de la résistance, de la dignité, de la présence populaire, de la marche de la libération et de la confrontation avec «Israël». «Israël» ne peut pas poursuivre son occupation face à un tel peuple, noble et courageux. Ce peuple mérite la vie et dans sa terre. Ce peuple ne peut pas être défait et sa terre ne peut pas continuer à être occupée, malgré les complots «israéliens» et américains et même si d’autres viennent s’ajouter à ceux-là pour faire des complots contre lui, il ne peut être vaincu en dépit des menaces, des tueries... Il faut qu’«Israël» quitte notre territoire occupé.
Quel grand spectacle ! L’armée libanaise avec le peuple libanais côte à côte dans le cadre d’une action résistante noble, à la frontière libanaise face à «Israël». C’est un spectacle pétri de dignité. Nous disions toujours : l’armée, le peuple et la résistance. Ils nous disaient : où est-ce qu’il y a l’armée, le peuple et la résistance ? Eh bien les voilà. L’armée et le peuple sont la résistance, la résistance n’est pas seulement celle qui se bat avec des armes, c’est une présence face à l’ennemi «israélien» dans différentes positions. La résistance est issue de ce peuple. Elle est issue de ces villages et de tout le Liban. Cette équation tripartite, l’armée, le peuple et la résistance a mis un frein face à l’avancée «israélienne» jusqu’à Beyrouth. Elle l’a empêché d’arriver au Sud du fleuve Litani. C’est clair pour tout le monde. Cette équation tripartite est comme le soleil au milieu de la journée. Le problème est dans ceux qui ne la voient pas. Mais même s’ils la rejettent, elle continue d’être là comme le soleil est au milieu du ciel en plein jour. Cette équation tripartite : l’armée, le peuple et la résistance c’est le terrain, c’est la libération, c’est la victoire, c’est la patrie forte et elle restera brillante inchallah.
Que se passera-t-il après la fin du délai accordé pour le retrait israélien ? «Israël» doit se retirer à cause de l’expiration du délai de 60 jours. Nous n’accepterons aucune justification pour prolonger ce délai, même pour un seul instant. Nous n’accepterons pas la prolongation de ce délai. Nous avons reçu des informations selon lesquelles les Américains ont contacté les responsables libanais et ont proposé la prolongation de l’accord jusqu’au 28 février. Les responsables libanais ont refusé. Les Américains ont alors proposé une prolongation jusqu’au 18 février. Les Libanais ont aussi dit non, mais les Américains ont transmis une demande «israélienne» de rester dans 5 positions qui sont des collines surplombant de vastes régions. Là aussi, les Libanais ont dit non. Nous sommes convaincus que ce président, le président Joseph Aoun, n’acceptera pas de donner aux «Israéliens» un seul acquis. Voyez comment il a fait face lorsque les gens se sont précipités vers leurs villages, comment il a donné des instructions pour que l’armée se tienne à leurs côtés... Que Dieu bénisse ces images. Les Etats-Unis pensent-ils vraiment que quelqu’un au Liban pourrait accepter de son propre chef et avec son consentement, une prolongation du délai de manière à poursuivre l’agression «israélienne» ? C’est impossible. Nul n’accepterait cela au Liban. Ni le président résistant, ni le président de la Chambre Nabih Berry, ni le Président du Conseil Négib Mikati, qui s’est déjà opposé à cela. Personne au Liban ne pourrait accepter une prolongation pour un seul instant. «Israël» doit se retirer. C’est sa responsabilité et celle de la communauté internationale. Même s’ils multiplient les menaces. Ils veulent continuer à occuper des territoires, qu’ils en assument la responsabilité. Toutes les conséquences que pourraient provoquer la prolongation de l’occupation sont de la responsabilité des Nations Unies, des Etats-Unis, de la France et de l’entité israélienne. C’est à eux de faire pression sur l’entité israélienne. Certes, la position du président français est bonne, lorsqu’il a demandé à «Israël» de respecter l’accord et de le respecter. Mais la position américaine est mauvaise, car elle justifie la demande «israélienne» et réclame la prolongation. A la demande de qui ? Les Etats-Unis nous demandent de prolonger l’agression et nous devons accepter ? Qui peut croire que cela est possible, surtout s’il a une parcelle de dignité ? Allez chercher donc vos gens qui acceptent de faire tout ce que vous leur demandez. Peut-être qu’ils accepteront. Mais ce peuple héroïque et courageux ne le fera pas.
La poursuite de l’occupation est une attaque contre la souveraineté libanaise. Je vous le dis, tout le monde est responsable face à cette occupation, le gouvernement, le peuple, la résistance, les partis, les gens, les communautés... Nous sommes tous responsables pour faire face à cette occupation. C’est fini, nul ne peut rester à l’écart. Cette occupation ne concerne pas la résistance seulement. Il s’agit de l’occupation d’une terre libanaise, même s’il se trouve que nous sommes présents dans ces localités, mais il s’agit d’abord d’une terre libanaise, cela fait partie des 10452 kms2, qui appartiennent à tous les Libanais. Nous appelons à ce que tout le monde s’occupe de cela.
Certains demandent aujourd’hui quelle est la position du Hezbollah et de la résistance ? En réalité, j’ai écrit deux lignes qui résument la position principale. Nous sommes face à une occupation qui attaque et refuse de se retirer. La résistance a le droit de bouger et d’agir selon ce qu’elle juge bon, au niveau de la nature et du timing de la confrontation. C’est notre message à tous et que chacun le comprenne comme il le veut.
Je termine mon discours avec la présidence et le gouvernement. Pendant la guerre, j’ai directement déclaré à deux reprises que nous nous plaçons sous le plafond de Taëf et de la Constitution. Nous sommes attachés à ce qu’un président soit élu le 9 janvier et c’était une réponse directe à tous ceux qui avaient décidé que le Hezbollah était fini. Nous voulions aussi dire qu’au moment où nous faisions face à «Israël», nous avions aussi des préoccupations internes. Mais c’était là notre plafond. Le tandem chiite a accompli le choix présidentiel consensuel à travers l’élection du président Joseph Aoun. Certes, sans la participation du tandem chiite, il n’y aurait pas eu une situation consensuelle et il n’y aurait pas eu l’élection présidentielle à cette date et de cette façon magnifique qui montre une grande unité nationale. C’est notre contribution, nous participons quand il y a une unité nationale, lorsqu’il y a une entente et nous aboutissons à des résultats concrets. C’est une force, celle du tandem chiite, oui c’est une force, et il s’agit d’une force positive et sincère, non à rejeter.
Il a été question à un moment donné d’une tentative d’entraver le mandat et de chercher à désigner un Président du Conseil pour nous affronter et créer un problème. Certes, il y a deux ou trois jours, c’était une phase difficile, dérangeante sur le plan psychologique. Mais nous avons agi avec sagesse, car nous voulons une entente, nous voulons un pays, nous voulons un gouvernement, nous voulons un Etat qui se tienne sur pied, car nous voulons une entente nationale. Nous avons coopéré avec le Président du Conseil désigné et Dieu merci les discussions entre nous sont positives. Aujourd’hui les entraves à la formation du gouvernement ne viennent pas de nous. Elles sont chez les autres, elles viennent de ceux qui ayant à peine désigné le Président du Conseil ont déclaré qu’ils ne voulaient pas de ministres et qu’ils ne veulent pas intervenir, préférant laisser leur main tendue. Mais nous avons vu comment ils tendent la main. Ils ont tous eu l’eau à la bouche en entendant parler de la formation du gouvernement. Leurs appétits se sont ouverts. Chacun d’eux veut désormais une part et ils se mettent à faire des comparaisons entre eux. Je vous le répète : entre nous, le président du Conseil et le président de la République, les choses vont bien et Dieu merci nous n’avons pas de problème, et il n’y a pas d’entraves.
La première mission de ce gouvernement, c’est l’unité nationale, au niveau de la patrie et no à celui de la formation. Le Président est celui qui choisit la forme du gouvernement pour que celui-ci puisse relever les défis internes et externes.
La seconde mission est de faire sortir «Israël» des territoires occupés au Liban, par tous les moyens.
La troisième mission est la reconstruction. Vous savez que jusqu’à présent, le Hezbollah a pu réaliser un état des lieux au sujet de 270000 unités d’habitation et il a pu donner une aide pour la réhabilitation et le logement pour près de 200 000. C’est une grande réalisation et il faut naturellement un peu de temps. Je demande aux gens de ne pas s’impatienter. Le chiffre est énorme. Ce que nous faisons aujourd’hui est de loin meilleur que ce qui a été fait en 2006. Je voudrais remercier la commission de la reconstruction et je voudrais remercier aussi Jihad al Binaa, ainsi que la commission « Promesse et engagement» et tous ceux qui ont travaillé sur ce dossier sur le terrain, dans les régions, car, pour être franc, ils ont accompli un travail extraordinaire.
La quatrième mission est de compléter l’édification de nos institutions dans le but de réaliser le projet du sauvetage et de l’essor.
Nous devons aussi rendre à chacun ses droits, lutter contre la corruption et les corrompus. Je demande à Dieu de nous aider à réussir à réaliser ce vaste programme.
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