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Brésil: Lula investi président pour la troisième fois

Brésil: Lula investi président pour la troisième fois
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Par AlAhed avec AFP

Après une victoire serrée face au président sortant Jair Bolsonaro, Lula a été investi dimanche 1er janvier président du Brésil devant le Congrès de la capitale Brasilia.

À 77 ans, l'icône de la gauche brésilienne a été intronisée lors d'une cérémonie où elle a prêté serment sur la Constitution, 12 ans après avoir quitté le pouvoir à l'issue de deux mandats (2003-2010).

Son retour au palais du Planalto est un revirement de sort exceptionnel pour celui qui a connu la prison il y a seulement quatre ans, accusé de corruption.

En l'absence de son prédécesseur Jair Bolsonaro, le nouveau président du Brésil a reçu dimanche, lors de son investiture à Brasilia, l'écharpe présidentielle des mains d'un groupe de citoyens, dont le cacique indigène Raoni Metuktire.

C'est la première fois depuis 1985 et la fin du régime militaire qu'un président sortant ne remet pas l'écharpe présidentielle à son successeur.

En rupture avec le protocole, Lula a remonté la rampe menant au palais présidentiel de Planalto escorté d'un enfant noir, d'un métallurgiste, d'un cuisinier, d'un enseignant et d'un jeune handicapé, parmi d'autres représentants du peuple brésilien.

Le cacique Raoni, défenseur emblématique de l'Amazonie, faisait également partie du groupe, avec son disque labial caractéristique et sa coiffe de plumes jaunes.

Dans l'un des moments les plus attendus de la cérémonie, Aline Sousa, une employée noire de 33 ans, a ceint Lula de l'écharpe présidentielle, un ruban de soie vert et jaune serti d'or et de diamants.

En larmes, le nouveau président a embrassé chaque membre du groupe, avant de poser pour les photographes et de saluer les dizaines de milliers de personnes, souvent vêtues de rouge, la couleur de son Parti des travailleurs (PT), réunies sur la place des Trois-Pouvoirs.

«Reconstruire le pays avec le peuple brésilien»

Une minute de silence a été observée au Congrès en hommage à la légende brésilienne du football, Pelé, décédée jeudi d'un cancer, et au pape émérite Benoît XVI, mort samedi, juste avant l'intronisation de Lula et de son vice-président de droite, Geraldo Alckmin.

Des dizaines de milliers de partisans portant la couleur du Parti des travailleurs (PT) ont salué dans la liesse Lula alors qu'il se rendait au Congrès dans la traditionnelle Rolls-Royce décapotable, avec M. Alckmin et leurs épouses, en dépit des craintes liées à la sécurité.

Luiz Inacio Lula da Silva s'est engagé dimanche «à reconstruire le pays avec le peuple brésilien», dans un discours au ton ferme devant le Congrès après son intronisation, après le bilan «désastreux» de Jair Bolsonaro.

L'icône de la gauche a accusé son prédécesseur d'extrême droite d'avoir «épuisé les ressources de la santé, démantelé l'éducation, la culture, la science et la technologie et détruit la protection de l'environnement».

Il a assuré en outre que son pays, grande puissance agricole, n'avait «pas besoin de déboiser» pour soutenir son agriculture.

«Nous allons pouvoir vivre sans abattre d'arbres, sans brûler» de forêts, a-t-il assuré, rappelant son objectif de «zéro déforestation en Amazonie» alors que la communauté internationale attend de lui des gestes forts.

À la fin de son discours, une partie du Congrès a ovationné Lula, vêtu d'un costume et d'une cravate bleus, aux cris de «Lula, guerrier du peuple brésilien».

Come-back remarquable

Élu de justesse le 30 octobre contre Bolsonaro, le vieux lion de la politique brésilienne a été investi pour un troisième mandat à la tête du grand pays émergent, 12 ans après avoir quitté le pouvoir à l'issue de deux mandats (2003-2010).

Le retour de Lula au Palais du Planalto signe un come-back remarquable pour celui qui a connu la prison il y a seulement quatre ans après avoir été accusé de «corruption».

Maria Augusta Alvarez Silva, une enseignante de 51 ans venue de l'État de Sergipe (nord-est), a pleuré à chaudes larmes. «Ce discours m'a émue parce qu'il m'a fait revivre toute sa trajectoire, après la prison, les injustices… Tout le monde disait qu'il était fini». 

Aucun trouble n'avait été rapporté en fin de journée alors que les cérémonies d'investiture avaient été placées sous haute sécurité, par crainte d'actions de protestation des militants d'extrême droite qui ne reconnaissent toujours pas la victoire de Lula.

Jair Bolsonaro absent

Jair Bolsonaro, qui a quitté le Brésil deux jours avant la fin de son mandat pour la Floride, aux États-Unis, n'a donc pas remis l'écharpe présidentielle à son successeur, comme le veut la tradition démocratique, ce qui ne s'est pas produit depuis 1985 et la fin du régime militaire. 

La journée a allié la pompe, avec des cérémonies officielles auxquelles ont assisté une vingtaine de chefs d'État – un record –, à une fête populaire, avec des concerts organisés par Rosangela da Silva, «Janja», l'épouse de Lula.

Le président français Emmanuel Macron a félicité son nouvel homologue brésilien avec deux tweets, en français et en portugais. «Ordre et Progrès: le Brésil fait honneur à sa devise. Bravo, cher président, cher ami @LulaOficial, pour ton investiture. Nous sommes ensemble!»

Parmi ses premières mesures en tant que président, Lula a investi 37 ministres, soit 14 de plus que sous le gouvernement de Jair Bolsonaro et avec un record de 11 femmes. 

Et, comme il l'avait promis, Lula a signé plusieurs décrets pour revenir sur les mesures de droite de son prédécesseur qui facilitaient l'accès aux armes, et renforcer les institutions environnementales en Amazonie.

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