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La guerre américaine contre les partisans de la résistance: ébranler les fondements de tout soutien

La guerre américaine contre les partisans de la résistance: ébranler les fondements de tout soutien
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Par AlAhed

Une étude détaillée de plus de 270 pages, publiée en 2012 par la société américaine (RAND), dévoile les outils de la stratégie américaine visant à affaiblir le soutien populaire aux mouvements dits de rébellion ou de terrorisme.

Dans cette étude, intitulée : «Comprendre et influencer le soutien populaire à la rébellion et au terrorisme», des chercheurs US analysent les facteurs qui assurent auxdits mouvements le soutien populaire nécessaire à leur action. L’objectif de cette étude est d’établir des recommandations aux institutions de la sécurité nationale américaine, pour mettre en place des stratégies visant à saper ce soutien et à retirer aux groupes «terroristes» les facteurs de leur survie.   
Ces chercheurs américains ont recours à la «théorie du mouvement social» pour analyser les facteurs de ce soutien, et proposent l’étude de cas de mouvements tels que «Al-Qaida», le PKK, les «Talibans» et les maoïstes au Népal.

Cette étude n'évoque pas le Hezbollah, mais elle le cite ainsi que le mouvement Hamas pour illustrer l’un des facteurs de l'efficacité de l'organisation. Ainsi, le présent article tentera de faire une projection des facteurs objets de l’étude US sur le cas de la résistance islamique au Liban, pour essayer de comprendre les éléments constitutifs de la stratégie US visant à affaiblir le soutien populaire au Hezbollah dans son environnement social.

L'étude de RAND énumère les bases essentielles du soutien populaire aux mouvements de rébellion, à savoir : l’efficacité de l'organisation, le motif, la légitimité prévue, et l’acceptation des coûts et des risques.

Pour ce qui est de l'efficacité de l'organisation, les chercheurs considèrent que la présence du leadership charismatique, d’une pensée idéologique ; la capacité de mobiliser des ressources, de profiter des conditions qui s’imposent et de s’y adapter ; les tactiques et les actions sur le terrain, représentent les conditions fondamentales pour statuer sur l'efficacité de ce facteur. Pour eux, celui-ci pourrait engendrer avec le temps les autres facteurs qui décident de l’ampleur du soutien populaire à l’organisation dite «rebelle» ou «terroriste».

En ce qui concerne le Hezbollah au Liban, on peut dire que les conditions de base liées au facteur de l'efficacité sont toutes présentes, compte tenu de la période (38 ans) au cours de laquelle le parti a réalisé des exploits majeurs et de multiples victoires et succès. Il a aussi renforcé sa présence sur la scène libanaise.

Quant à l’élément fondamental portant sur l’aspect charismatique du leadership, il ne fait aucun doute que la personnalité du secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, et son  caractère charismatique, tel que reconnu par ses ennemis avant ses amis, constituent le pilier le plus important pour la réussite du Hezbollah, selon les critères avancés par les auteurs de cette étude.

 A cela s’ajoute le bagage idéologique révolutionnaire que possède la résistance et la capacité d'investir les ressources, les tactiques, pour renforcer sa présence et s’adapter aux conditions et aux épreuves qui frappent le Liban et son entourage, et de profiter des défis et des risques pour les transformer en opportunités en faveur du développement et de l'accumulation des forces et des potentiels.

Sur ce point, le Hezbollah a réussi dans le passé et continue de l’être. Partant de là, nous pouvons sentir tangiblement les outils de la contre-action déployés par les Américains et les sionistes dans une tentative de ternir l’image du Hezbollah auprès de sa base populaire. Dans de nombreuses échéances, certains médias au service des Américains ont tenté de porter atteinte à la propre personne de sayed Nasrallah, pour déformer son image chez ses partisans. A ce jour, on essaie de l’assimiler aux responsables libanais accusés de corruption dans le système des quotas qui entache la vie politique libanaise. En vain.

Dans de nombreuses échéances, depuis la guerre de juillet 2006, passant par la guerre contre la Syrie, et arrivant à la crise économique et vitale actuelle au Liban, l’objectif est univoque. Il s’agit de ternir l’image positive du Hezbollah aux yeux de ses partisans à plusieurs niveaux. Comme par exemple, répandre que le Hezbollah s’est aventuré et exposé ses partisans au danger imminent lors de la guerre de juillet 2006, et de l’accuser d’avoir dépêché ses jeunes combattants en Syrie pour y trouver la mort en raison de ses mauvais calculs. 

Tout ceci dans le but de discréditer l’image du Hezbollah, qui sortait victorieux de chaque guerre et de chaque échéance. Ainsi, ils pensaient pouvoir frapper les autres fondements du facteur de l’efficacité, dans le but de semer le doute dans les rangs de ses partisans, qui auraient dû porter un regard suspicieux sur ce parti qui a perdu son éclat et connu la défaite.

Quant au deuxième facteur, celui du motif qui pousse la population à soutenir l'organisation ou sa cause, les chercheurs ont avancé plusieurs fondements répartis en deux catégories : l'identité et l'intérêt. Les fondements liés au facteur de l’identité reposent sur des bases secondaires, comme les concepts idéologiques et religieux, les concepts culturels (l’honneur, la défense de la terre et de la dignité humaine, et le rejet de l'occupant).

Les piliers en lien avec l'intérêt se résument par les efforts visant à assurer les progrès sociaux et l'amélioration du statut social, l'enthousiasme, l'attractivité et la gloire. Dans le cas du Hezbollah, ces fondements—au moins ceux en rapport avec l’identité—sont disponibles. D’où émerge la dimension idéologique chiite basée sur les croyances religieuses révolutionnaires.

En ce qui concerne les fondements culturels présents dans la partie majeure du peuple de la résistance, nous trouvons les motifs découlant de la défense de la dignité humaine, de l'honneur, du rejet et de la résistance à l'occupation.

Sur ce point, les Américains usent des outils purement culturels : on ne peut en aucun cas se fier au torrent de la mondialisation, ni à la révolution technologique ni à la campagne culturelle lancée par les US de par le monde. En effet, le processus visant à infiltrer la base de soutien à la résistance, nécessite des efforts et des outils spécifiques au peuple-cible.

Les moyens de communication et les médias sociaux ont servi de plateforme à la campagne culturelle américaine, mais d’une façon indirecte, à travers les adeptes de la culture libérale essentiellement, comme les journalistes, les activistes, les militants sociaux, les responsables et employés de certaines organisations de la «société civile», des universitaires, etc.

Cette campagne s’opère en parallèle sur deux axes : le premier est offensif, pris en charge par des personnalités ayant souvent quitté l’environnement de la résistance. Alors que le deuxième revêt un aspect pacifique, captivant, dont l’action se base sur le doute et la confusion, et pénètre par des voies qui concernent tout le monde comme les conditions vitales, et les comportements répréhensibles qui se produisent dans le milieu populaire ciblé.

Concernant le facteur de la légitimité perçue, les chercheurs prétendent que les organisations «rebelles» bénéficient du soutien populaire sur fond de la légitimité de la violence, stipulée par l'idéologie religieuse, ou les croyances morales, ou le besoin de la vengeance, ou même les tendances culturelles ou par nécessité.

Vu que l'identité culturelle des auteurs de cette étude ne ressemble aucunement à celle des mouvements de la résistance islamique, basée sur les préceptes religieux, ces chercheurs ne seront point convaincus de la légitimité de toute action menée par ces derniers. En effet, leurs objectifs s’opposent complètement à ceux de la résistance en quête de la libération. Le pompage médiatique massif adopté par les médias et les élites qui ont attaqué le Hezbollah sur fond de son intervention en Syrie, s'appuyait sur le mensonge selon lequel le parti était allé pour tuer des civils syriens, et que le «meurtre de civils» est légitimé dans la doctrine chiite.    

C'est peut-être la chose la plus dangereuse que la machine de la propagande anti-Hezbollah ait réussi à répandre dans les mondes arabe et islamique depuis 2012. Dès le début, on cherchait à    transformer le différend politique lié aux tentatives de changer l’identité de la Syrie dans le conflit avec l’ennemi israélien, en un conflit sectaire. A travers cette stratégie, les Américains auraient aspiré à une réaction hostile de la part des partisans de la résistance, qui rejettent les choix du Hezbollah en Syrie, partant des craintes quant à la majorité sunnite qui l’entoure.

Il est vrai que les parties hostiles ont réussi dans une certaine mesure à réduire la base de soutien populaire au parti dans les mondes arabe et islamique, mais elles ont échoué d’influencer l’ampleur du soutien au Hezbollah parmi ses partisans. D’ailleurs,  les résultats des premières élections ayant suivi le déclenchement du conflit en Syrie en 2018 ont servi de preuves tangibles sur l'échec de cet objectif hostile.

En conclusion, en ce qui concerne le facteur de l’«acceptation des coûts et des risques», les chercheurs divisent les fondements secondaires en plusieurs volets : l’évaluation du vainqueur, les risques personnels, les coûts et leur compensation, et les pressions sociales. On essaie de changer la donne concernant ces points cités depuis le 17 octobre dernier.

La partie américaine et ses alliés au Liban ne se sont-ils pas adressés aux partisans de la résistance comme quoi la poursuite de leur soutien au Hezbollah leur a engendré le siège et le blocus économique, la perte des biens et des dépôts bancaires, et la perte de nombreuses opportunités de prospérité et de la vie digne? Comment expliquer l'insistance de certains groupes déployés dans la rue libanaise de bloquer les routes devant les partisans du Hezbollah? L'un des objectifs de cet acte n'est-il pas de pousser ces derniers au désespoir pour cesser tout soutien aux choix du Hezbollah ? certes, sans oublier de souligner que les partisans alliés de la résistance ont subi aussi des dégâts et leurs intérêts ont été exposés à des risques majeurs, comme les sanctions qui leur ont été imposés récemment ?   

 Partant de là, on peut comprendre les raisons qui poussent l'administration Trump à menacer les alliés du Hezbollah depuis la promulgation de la «loi de l'interdiction du financement du Hezbollah en 2018» à travers le blocus et le siège.

Cette étude, publiée en 2012, n’est pas nécessairement la référence sûre qui explique la stratégie actuelle de Washington visant l’environnement du Hezbollah au Liban, mais les indications qui ont émergé depuis l’année dernière indiquent que les institutions de sécurité nationale américaine ne mettent pas en œuvre une stratégie aveugle, qui soit le résultat d’une décision de Donald Trump, juste dans l'intérêt de sa campagne électorale. La question est plus compliquée.

Le défi de briser le phénomène du Hezbollah en provoquant son peuple contre lui, par le biais d’outils souples et machiavéliques est actuellement considéré comme le premier objectif de Washington, de «Tel-Aviv» et de leurs subordonnés, les Arabes du Golfe, après l’échec de toutes les tentatives belliqueuses et guerrières.

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