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Sayed Nasrallah: ’Netanyahu et le lobby sioniste aux USA doivent savoir qu’une éventuelle guerre signifie la destruction et la fin d’Israël’

Sayed Nasrallah: ’Netanyahu et le lobby sioniste aux USA doivent savoir qu’une éventuelle guerre signifie la destruction et la fin d’Israël’
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Par AlAhed

Le secrétaire général du Hezbollah sayed Hassan Nasrallah s'est prononcé vendredi 12 juillet sur la situation politique et sécuritaire au Liban et dans la région. Il a tenu ses propos lors d'une interview sur la chaine de télévision AlManar. Voici les idées essentielles de l'interview.

- Entre juillet 2006 et 2019, les équations politiques et militaires sont-elles les mêmes? Ou bien y a-t-il eu des changements?

Je félicite la population libanaise pour cette occasion qui commémore la victoire de juillet. Les équations de force sont toujours en vigueur et nous vivons depuis 2006 dans une situation sécuritaire stable et sûre. Cette sécurité est le  fruit de la victoire et de l'unité du peuple libanais. Aujourd'hui, les Israéliens ne cessent de parler de l'équilibre de force entre une grande puissance dans la région et une force militaire populaire qu'est le Hezbollah. Les généraux sionistes à la retraite le disent clairement: l'ennemi fait ses calculs minutieux avant de réfléchir d'attaquer le Liban.

Malgré les sanctions, la résistance demeure dans toutes ses forces, et elle a développé ses potentiels quantitativement et qualitativement. Pendant 13 ans, les effectifs humains dans les rangs de la résistance ont grandi considérablement, et suite à la guerre en Syrie, les capacités offensives de la brigade d'infanterie se sont largement améliorées. L'expérience militaire offensive s'est développée. De plus, la qualité et le nombre des potentiels balistiques ont augmenté. Les drones se sont multipliés. Certaines armes sophistiquées sont en notre possession mais nous n'allons pas les révéler au grand jour. A tout ceci s'ajoute notre confiance en Dieu et en la victoire divine.

- Vous n'avez toujours pas de missiles anti-aériens?

Je ne vais pas évoquer cette question et je ne confirme ni infirme ce point.

- Les capacités militaires israéliennes se sont développées aussi. Qu'en pensez-vous?

Vous avez raison, mais l'âme et le moral de l'armée ont été entamés. Restaurer la confiance est un effort qui nécessite de grands efforts. L'armée sioniste n'a pas pu vaincre Gaza, cette région confinée. De plus, le front intérieur israélien est désormais mis à découvert. Aujourd'hui, la résistance est plus que jamais capable de frapper le front interne israélien. L'ennemi s'est attelé à effectuer de grandes manœuvres militaires intérieures au long des 13 dernières années, et à ce jour, les dirigeants ennemis confirment que le front interne n'est toujours pas prêt pour une prochaine guerre.

Pour ce qui est des forces de l'infanterie, cette force a subi une crise de confiance, de faiblesse et elles ne sont plus capables de trancher une guerre, et vous connaissez que l'armée de l'air ne peut pas le faire toute seule.

L'ennemi a effectué de multiples manœuvres dans plusieurs pays, mais ce n'est pas l'arsenal de guerre israélienne qui tranche la guerre.

- Malgré ceci, l'ennemi menace le Liban de le ramener à l'âge de pierre?

Je conseille aux Israéliens de ne pas jouer ce jeu. Et le fait de dire ceci est une sous-estimation de la force du Liban. Nous aussi sommes capables d'anéantir leur Etat factice. En 2000, j'ai dit qu'Israël est plus faible qu'une toile d'araignée. Avec le temps, je me suis rendu compte qu'il est plus faible encore.

Dans cette carte qui représente la Palestine occupée, regardons ici le Golan au Nord, et la grande superficie se trouve au Sud. Nous avons Beersheva (Bir Sabeh) au sud et le reste est un ensemble de régions sans importance. Nous avons dit que la résistance est capable de frapper Ilat, au sud. Quant au nord de la Palestine occupée, toute cette zone est sous le feu de la résistance.  Jetons un coup d'œil sur le littoral qui est d'une longueur de 60 à 70km. De Natanya à Ashdod, une grande partie de colons se trouve dans cette région. Pour ce qui est des cibles, nous trouvons tous les centres étatiques (le gouvernement, les institutions constitutionnels, des centres chimiques, pétrochimiques et nucléaires, des centres financiers et commerciaux, les stations électriques, les raffineries pétrolières…) nous sommes capables de frapper ce littoral et de ramener Israël à l'âge de pierre.

Les Israéliens ont eux-mêmes admis qu'un missile du Hezbollah est capable de mettre au feu les réservoirs d'ammoniac pour enflammer toute la région. Toutes les industries pétrochimiques sionistes sont sous le feu de nos missiles. L'ennemi a lui-même dit qu'il est interdit au Hezbollah de développer ses missiles, et de posséder des armes non conventionnelles. Pourtant, nous avons obtenu toutes ces armes sophistiquées sous les yeux d'Israël, et l'ennemi n'a pas agi parce qu'il est dissuadé dans tous les sens du mot.

L'ennemi a parlé ces jours-ci de la possession du Hezbollah d'un plan pour contrecarrer toute attaque sioniste qui comprend la prise d'assaut de la Galilée.

Nos combattants sont devenus assez expérimentés et plusieurs scénarios de guerre sont mis en place. A ce moment, j'écarte toute tentative d'une guerre sioniste puisqu'ils savent que cette guerre ne sera pas tranchée pour leur profit. Toute prochaine guerre conduira Israël au bord du gouffre s'il n'arrive pas à gagner. Et ce résultat ne sera jamais atteint.

Si une guerre est imposée sur le Liban, nous mènerons une bataille de guérillas puisque nous ne sommes pas une armée régulière.

- Pensez-vous que votre assassinat tranchera-t-il la guerre au profit de l'ennemi?

Le Hezbollah n'a jamais fonctionné sur la base d'une seule personne, et l'expérience passée le démontre. Bien au contraire, l'assassinat des dirigeants donne un élan de plus aux combattants.

- Vous êtes certain de la victoire décisive en cas de guerre?

Oui, je suis certain sur tous les plans. Sur le plan religieux, notre cause est une cause véridique et donc la promesse de Dieu stipule que le Vrai vaincra en fin de compte. Nous défendons les peuples opprimés de la région, nous profitons et multiplions les facteurs de force et nous faisons tout ce travail pour plaire à Dieu et obtenir sa satisfaction. Dieu est avec nous, et c'est ce qui importe.

- Qui priera dans la mosquée d'al-Aqsa? Vous, vos enfants ou vos petits-fils?

J'ai le grand espoir de prier moi-même à al-Qods du point de vue de la logique. Mais c'est Dieu qui en décide.

Je demande juste aux Arabes de rester neutres et de cesser de comploter contre le peuple palestinien, et Israël sera détruit immédiatement. Israël survit en raison du soutien des Etats-Unis et de leurs alliés.

- Quelle est l'importance des médias de la résistance?

Tout le monde connait l'importance des médias dans tous les domaines. Les médias réalisent des résultats et ne se contentent pas de transmettre les faits. La crédibilité des médias de la résistance a poussé l'ennemi à assiéger et à imposer un blocus sur eux. Mais l'important est que les travailleurs dans ces médias persévèren.t

- Quel est l'avenir du deal du siècle?

A mon avis, cet accord est voué à l'échec pour plusieurs raisons. Le premier facteur est dû à la question d'al-Qods. On ne trouvera aucun palestinien qui donne son accord pour livrer à Israël les lieux saints islamiques et chrétiens. Donc, c'est un facteur de faiblesse majeur. Les Etats-Unis ont mis fin à l'accord du siècle quand Trump a proclamé al-Qods comme capitale d'Israël.

L'unité de la position palestinienne contre cet accord bloquera sa mise en œuvre. Par ailleurs, la ténacité de l'Iran, le premier soutien à la cause palestinienne, est un obstacle à cet accord. A cela s'ajoute la victoire de la Syrie, du pouvoir en place, et la victoire en Irak, au Yémen… tous ces facteurs entravent voire empêchent l'application de l'accord du siècle. Aujourd'hui, Mohammad ben Salmane a besoin de l'aide grâce aux sacrifices et la persévérance de ce peuple brave.

Aucun dirigeant arabe n'ose afficher ouvertement son soutien au deal du siècle. Donc, pas de levier arabe pour cet accord. Les défaites saoudiennes dans la région anéantissent cet accord. Sachez que les régimes arabes ressentent des craintes et des suspicions face à cet accord.

Pour ce qui est de la scène politique israélienne, les crises politiques sont multiples dont les affaires de corruption dont est éclaboussé Netanyahu.

Aucun palestinien ne peut accepter un accord pareil. Les Palestiniens ont subi toutes formes de pression et d'intimidation pour accepter cet accord, et ils continueront de les subir jusqu'à la résignation des Etats-Unis.

- Craignez-vous l'implantation des Palestiniens?

Cette question est du ressort des pays qui hébergent les réfugiés palestiniens. Ceux-ci rejettent toute forme d'implantation. Au Liban, la constitution et les dirigeants libanais refusent à ce jour cette question.

- Qui pourra alors imposer l'implantation sur le Liban s'il refuse et rejette de signer cet accord? Le même cas s'applique sur les autres pays arabes.

Il nous faut des mesures pratiques pour mettre un plan face à l'implantation. Je crains que certains faiblissent devant une offre financière alléchante en échange de l'implantation. Notre volonté libanaise est plus forte que tout autre facteur, comme ce fut le cas lors de la guerre de juillet. Le monde a capitulé face à notre victoire.

- Quelle est la position du Hezbollah au sujet de la délimitation des frontières maritimes liées aux champs pétroliers?

Cette question relève de la responsabilité de l'Etat et il revient aux dirigeants d'en parler. Ce dossier connait des obstacles, les Nations Unies doivent parrainer et jouer le rôle de médiation, et les Etats-Unis doivent aider pour arriver à une solution commune. Mais Israël rejette la médiation de l'ONU et exige que les USA soient l'acteur essentiel. Ceci signifie que les pourparlers seront vains. La délimitation des frontières terrestres est une mauvaise expression. Le territoire est déjà délimité, ce qui est demandé est un effort technique pour restituer les terres libanaises au Liban. Mais Israël veut jouer un jeu sournois pour échanger des terres avec le Liban sans en avoir le droit. Il faut juste appliquer la délimitation des frontières datant de dizaines d'années.

Pour délimiter les frontières maritimes, il faut trancher la délimitation terrestre. Israël veut le parrainage des Etats-Unis qui oeuvrent pour le profit d'Israël.

Sachez que les ressources pétrolières maritimes libanaises sont protégées par la résistance. Que l'Etat libanais prenne la décision de ses frontières maritimes et qu'il proclame sa souveraineté sur la zone maritime, et je m'engage de chercher une compagnie pour commencer le forage du pétrole dans la mer. Et là commence l'équation du pétrole contre le pétrole, le gaz contre le gaz. Les Libanais doivent assumer qu'ils sont forts et capables. Les Israéliens sont dissuadés et ils le savent bien. Le Liban est fort, et on peut profiter de la foi, de la confiance et de la volonté des Libanais.

- La guerre en Syrie s'approche-t-elle de sa fin?

Ce qui a eu lieu en Syrie est une victoire pour l'axe de la résistance et la Russie et une défaite majeure pour les autres qui ont déployé tous les efforts pour détruire ce pays. Oui, il existe des points en suspens à l'Est de l'Euphrate et Idlib. Il n'y a pas de retour en arrière en Syrie. L'autre camp est incapable de changer la donne.

Nous traitons avec les Russes comme des amis, mais nous ne recevons pas les ordres de la Russie. Nous collaborons avec la direction militaire syrienne qui décide de tout. Les Syriens ne nous ont pas demandé de prendre part à la bataille d'Idlib. Ceci nous réconforte.

Nous serons là où nous devons l'être. Quand nous parlons des batailles en cours, nous devons prendre en compte la restauration des potentiels de l'armée syrienne. Donc, ils n'ont plus besoin de nous. Nous n'avons pas évacué entièrement des territoires mais nous avons réduit nos effectifs pour des raisons liées à l'accalmie.

Nous avons effectué un redéploiement tout en réduisant nos effectifs comme le stipulent les besoins sur le terrain.

Nous devons attendre les résultats des dernières batailles pour prendre la décision de retrait des territoires syriens. 

 (…)

Netanyahu veut rappeler à travers ses frappes qu'il est présent sur place et qu'il peut manœuvrer. Netanyahu est en train de leurrer son peuple à travers ses frappes en Syrie. il prétend qu'il veut nous interdire d'acquérir des armes, je t'assure que ces armes sont déjà en notre possession. Aujourd'hui, il dit qu'il frappe pour chasser l'Iran de la Syrie. Mais je vous le dis clairement: faites ce que bon vous semble. L'Iran ne quittera pas la Syrie à la demande de la direction syrienne.

Les bombardements sionistes ne serviront en rien les objectifs israéliens. Ces attaques sont vaines et futiles du point de vue militaire. Bon, il détient l'initiative mais son action ne mènera nulle part.

En Syrie, le commandant de la guerre n'est pas le Hezbollah. L'ennemi sait bien que face à tout meurtre de l'un de nos combattants, nous riposterons du territoire libanais à cette attaque. Cette équation est toujours en vigueur.

La direction syrienne organise ses priorités, à savoir, le combat contre les groupes terroristes armés convoqués du monde entier. Quant aux attaques sionistes, c'est l'armée de l'air syrienne qui y riposte. Nous devons revoir notre inaction face aux violations quotidiennes israéliennes du ciel libanais.

Tant que l'Israélien respecte les limites et ne les dépasse pas, la direction syrienne peut choisir sa riposte. Mais les Israéliens jouent le jeu du bord du gouffre, et on ne peut pas garantir que la riposte syrienne demeurera de la sorte.

Certes, la Russie n'est pas contente de ces attaques et elle doit œuvrer pour les interdire.

Je rencontre souvent le président syrien pour étudier la conjoncture régionale et l'état de fait.

- Le monde craint une guerre irano-américaine en raison de mauvais calculs. Qu'en pensez-vous?

L'Iran l'a déjà dit clairement qu'il ne lancera jamais une guerre. Ce n'est pas lui qui la débutera. L'administration de Trump ne peut pas faire la guerre, le Congrès ne soutient pas non plus une guerre, mais certains dirigeants US veulent une guerre.

Israël est un outil du projet US pour mettre la main sur les ressources de la région. De même, Trump n'est pas un fonctionnaire pour le compte de bin Salmane et autres.

Donc, j'écarte une guerre US contre l'Iran. Trump prétend que l'Iran connait des manifestations populaires massives en raison de l'accord nucléaire. Il semble qu'il reçoive de faux rapports de renseignements. Les USA savent bien qu'une guerre contre l'Iran coutera trop cher.

Mais, des échanges de frappes peuvent avoir lieu, tout en veillant à ne pas basculer dans une guerre. Cette option est aussi très minime et l'incident de l'avion US abattu dans l'espace aérien iranien le démontre. Les dirigeants US n'ont rien fait et les médias US ont rapporté qu'une opération militaire envisagée a été annulée à la dernière minute.

En réalité, les Iraniens ont envoyé un message via une partie tierce, selon lequel ils riposteront à toute frappe US contre des cibles iraniennes. Pour cette raison, la frappe US a été annulée.

Toutefois, l'atmosphère d'une guerre règne dans la région.

- L'abattement de l'avion US était-il une initiative étudiée ou risquée?

Les Iraniens étudient bien la situation, mais ils ont des constantes et ils sont très sages.

L'Iran ne discutera point directement avec les USA, c'est une position unanime dans la république islamique. L'Iran ne discute jamais sous les pressions du siège et des sanctions.

Pour ce qui est des efforts internationaux, les Iraniens n'ont pas de problème avec ce type d'action, et ils sont ouverts à toute tentative de régler le problème. Mais il revient aux Américains de prendre des mesures d'accalmie comme la levée des sanctions et l'arrêt de la politique d'intimidation.

Les Iraniens ne capitulent pas devant le siège et les sanctions. Jamais de la vie. Ils transforment les risques en opportunité. Sachez que ces sanctions donneront aux Iraniens l'élan pour renforcer leur économie de résistance et leurs liens avec les pays comme la Russie, la Chine et d'autres pays.

Certaines grandes puissances entretiennent des relations distinguées avec l'Iran, et les Iraniens sont ingénieux face à l'élaboration d'une force économique majeure.

Les Iraniens ont averti qu'en cas de poursuite du laxisme européen, ils développeront le niveau d'enrichissement d'uranium, et c'est ce qu'ils ont fait successivement.

Les Européens ont la responsabilité première dans cette affaire. Ils doivent chercher une solution réelle. Trump n'acceptera ni la médiation de Poutine ni celle de la Chine.

Les Iraniens ne resteront pas les bras croisés face au blocage du pétrolier iranien par les britanniques.

-N'est-il pas temps que les Iraniens et les Saoudiens dialoguent ensemble?

Il est du profit du monde entier que l'Iran et l'Arabie Saoudite entretiennent un dialogue mais les Saoudiens ont toujours répondu négativement aux propositions de dialogue lancées par Mohammad Jawad Zarif.

La guerre au Yémen est la seule raison pour laquelle nous avons lancé la guerre médiatique contre les Saoudiens.

Pour commencer un dialogue sérieux, il faut que la guerre au Yémen cesse avant tout. Sinon, il n'y aura pas de plateforme pour ce dialogue, et nous appelons toujours à la tenue d'un tel dialogue.

- Vous avez dit que la guerre contre l'Iran ne se limitera pas à l'Iran, et que des cibles seront frappées dans les pays de la région. Est-ce un message d'avertissement?

Tous les peuples de la région doivent œuvrer pour empêcher une guerre US contre l'Iran. Mettez la rancune saoudienne de côté, et arrêtez de miser sur la guerre et faites travailler le cerveau. Tous les experts confirment qu'une guerre prochaine sera destructrice pour la région. Donc, qui profitera d'une guerre pareille? Au Liban et ailleurs, on parle de la distanciation face à toute guerre possible. Sachez que personne ne sera à l'abri d'une guerre pareille.

Par exemple, aux Emirats Arabes Unis, le peuple et le pouvoir doivent étudier quel sera leur devenir en cas de guerre. Mohammad ben Zayed doit mettre sa rancune de côté et répondre à cette question. Cette règle s'applique sur tout pays qui prendra part à la guerre contre l'Iran et qui présentera ses territoires aux Américains. Les USA ne chercheront pas à protéger les pays du Golfe. LA destruction de tel pays ou tel autre ne profitera à aucune partie dans le Golfe.

Supposons que la guerre a éclaté, que nous restera-t-il face à l'hégémonie israélienne? La République Islamique est depuis de longues années le levier face aux plans de l'arrogance. Si l'Iran est détruit, le monde arabe sera effrité en mille morceaux et le grand Moyen Orient sera mis en place. Tout le monde doit avertir contre les résultats désastreux d'une possible guerre régionale, sur le plan humain et politique. Nous devons tous rejeter cette guerre.

La région s'embrasera en cas de guerre contre l'Iran. Nous partageons cette vision avec d'autres forces amies. L'Entité sioniste et les Saoud paieront en premier le prix d'une possible guerre. Qui a dit qu'Israël sera à l'abri d'une prochaine guerre? L'Iran sera le premier à frapper Israël en cas de guerre.

De plus, l'axe de la résistance ne restera pas les bras croisés. Israël doit savoir qu'il ne sera pas épargné dans une guerre pareille. Je dis ceci pour éloigner les chances d'une guerre. Nous devons tous œuvrer pour parer la région d'une possible guerre. Netanyahu et le lobby sioniste aux USA doivent savoir qu'une éventuelle guerre signifie la destruction et la fin d'Israël.

Les Etats-Unis doivent réaliser que leurs potentiels, leurs bases militaires, et Israël seront sous le feu de la résistance, et notre camp est capable de renverser la table.

L'Iran ne sera pas seul dans la guerre.

Trump veut négocier avec l'Iran, voilà tout ce qu'il cherche. Sais-tu que l'administration de Trump tente d'ouvrir des canaux de communication avec le Hezbollah? Tel est l'Américain pragmatique.

- Quelle est votre position face aux bombardements menés par les drones yéménites contre des cibles saoudiennes?

Les Yéménites font plus de pression pour pousser les Saoudiens à cesser leur agression, et les combattants yéménites sont capables de bombarder la plupart des aéroports saoudiens et de nombreuses cibles aux Emirats. Les Yéménites veulent montrer aux Saoudiens que cette guerre est futile et qu'elle doit cesser. Des informations font état de l'intention des Emirats de se retirer de la guerre yéménite en raison des défaites cumulées.

- Acceptez-vous d'ouvrir une nouvelle page avec les Saoudiens si la guerre contre le Yémen cesse?

Oui, évidemment. Notre problème avec les Saoudiens est la guerre contre le Yémen.

- Comment commentez-vous la tenue du sommet pro-sioniste à Bahrein?

Le régime à Bahrein est un régime sans dignité, sans aucune valeur morale. La façon dont il traite les Palestiniens est honteuse. Donc, ce régime n'a pas eu de problème pour héberger un sommet en soutien à l'Entité sioniste.

- Passons au dossier libanais: comment expliquez-vous l'incident de Kabrchoum?

  Nous avons entamé immédiatement nos contacts avec les parties concernées parce que c'était un incident très dangereux et Dieu a protégé le Liban. Le fait d'accuser le Hezbollah de vouloir faire éclater la situation sécuritaire au Mont-Liban est immoral. Le Hezbollah a intérêt à la protection de la sécurité dans le pays. Partant de là, nous avons tenu à résoudre rapidement l'incident, et il est normal de nous tenir aux côtés de notre ami et notre allié. Ce dossier doit être résolu. C'est de la responsabilité de l'Etat. Les dirigeants sont tous concernés et sérieux dans leurs efforts. Nous ne dirigeons pas les contacts mais nous sommes un facteur adjuvant. Nous ne bloquons pas le gouvernement, mais il y a eu un report de la séance du gouvernement.

Notre position est claire et en faveur de l'émir Talal Erslane et du ministre Gharib, qui ont demandé le transfert du dossier au conseil judiciaire. Nous trouvons que cette mesure est logique et il a le droit de recourir à cette instance.

- Quelles sont les raisons du nouveau problème avec le député Walid Joumblat?

Il existe un grand problème avec le député Walid Joumblatt depuis 2005, quand il a taxé nos armes d'être "l'arme de la perfidie". Nous nous sommes mis d'accord avec lui pour coopérer et dialoguer avec lui sur la scène intérieure et ceci a réussi pendant plusieurs années.

Dernièrement, le ministre de l'industrie Hussein Hajj Hassan a signé un permis à Mr. Pierre Fattoush pour investir dans des carrières pour la vente du sable et de ciment à la Syrie. Joumblatt a demandé notre médiation pour faciliter un projet de partenariat avec Fattoush et nous lui avons dit qu'il revient au dernier d'accepter ou de refuser. Mais Fattoush a refusé cette offre.

Joumblatt a alors proposé au Hezbollah d'ouvrir une industrie pour vendre du ciment et du sable à la Syrie et qu'il soit notre partenaire.

Quand Wael Abou Faour est devenu ministre de l'industrie, il a appelé quelques jours Hussein Hajj Hassan pour lui demander si cette usine de Pierre Fattoush importe au Hezbollah, et ce dernier lui a dit que certainement oui. Deux jours après, Abou Faour annule le permis accordé à Fattoush. Pour cette raison, j'ai demandé la suspension de tout contact avec Walid Joumblatt. Si ta popularité est en recul permanent dans ta communauté, va faire une révision de tes comportements et de ta politique au milieu des druzes.

Immédiatement, Walid Joumblatt a déclaré que les fermes de Chebaa ne sont pas libanaises. C'est honteux.

- Quel est le rôle du Hezbollah dans la médiation pour résoudre la crise politique dans le pays?

Nous facilitons les efforts pour trouver une solution à la crise politique, et nous tenons au maintien du président Saad Hariri à la tête du gouvernement. Nous coopérons ensemble et dialoguons ensemble.

Notre relation avec le ministre Gebran Bassil est excellente tout comme avec la grande montagne que représente le président Michel Aoun. Nous demeurons avec lui assis au sommet de cette montagne.

Pour ce qui est du budget, nous avons des alternatives aux poches des citoyens. Nous avons envoyé des messages à tous les dirigeants, et nos députés vont lutter jusqu'au bout contre toute tentative d'imposer de nouveaux impôts sur les citoyens. La question du 2% doit être résolue…

Nous sentons qu'il existe un projet contre l'Université libanaise pour le fermer, ce que nous rejetons fermement.

Le Liban est face à de grands risques mais certains exagèrent beaucoup la situation financière.

Par rapport au dossier de la lutte contre la corruption, j'ai déjà dit que c'est une bataille durable similaire à la bataille de la résistance. On interdit à la justice de faire son travail, donc, l'outil primordial qui assure la lutte contre la corruption est entravé.

Nous travaillons sur le sujet de ceux qui ont réussi le concours de la fonction publique et tentons de trouver une solution consensuelle.

- Quelle est la réaction du Hezbollah face aux nouvelles sanctions US contre ses députés?

Les sanctions ne sont pas nouvelles. Ce qui est nouveau c'est le fait d'inscrire des députés sur la liste du terrorisme. Les Américains prétendent respecter la démocratie, mais cette mesure est une insulte au Parlement libanais.

Nous avons félicité nos frères pour les sanctions US, c'est une fierté pour nous d'être inscrits comme ennemis aux USA, ce pays le plus entaché de sang dans l'histoire de l'Humanité.

Nous sommes inscrits sur la liste noire américaine depuis les années 1980. Nous sommes visés à cause de notre lutte contre Israël, en raison de notre rôle et notre victoire contre l'ennemi. Cet ennemi est face à deux choix: soit nous déclarer la guerre, ce qui n'est pas envisageable pour le moment,  soit nous imposer des pressions de toutes sortes.

Je remercie les responsables qui ont rejeté les mesures US mais nous ne réclamons rien de personne. Nous n'allons embarrasser personne à ce sujet.

Le gouvernement libanais doit dire aux Américains que le Hezbollah représente une grande partie de la population libanaise. Je pense qu'il n'y aura pas de répercussions à ces sanctions. Mais certains libanais appellent les USA à imposer les alliés du Hezbollah sur la liste noire. A mon avis, la justice doit agir contre cette forme de traitrise de leur part.

Les sanctions ne nous affaibliront point, bien au contraire, nous deviendrons plus forts…

 

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