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Discours à l’occasion de la Journée du Blessé

Discours à l’occasion de la Journée du Blessé
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Au nom de Dieu

Je vous souhaite à tous la bienvenue dans le cadre de cette cérémonie et pour commencer, j’aimerais bénir les souvenirs  que suscite cette occasion.

D’abord, je voudrais préciser que le mois de Chaabane est béni, c’est le mois du Prophète et il précède le mois de Ramadan, le mois de la piété, de l’obéissance, du retour sur soi et de la prière. Il est d’ailleurs intéressant de relever le fait que le mois de Chaabane a vu la naissance de personnalités principales  dans le drame de Karbala, ce drame dont  le sort de l’islam et de la oumma a dépendu en l’an 61 de l’Hégire.

Pour rappel, je précise que le 3 du mois de Chaabane constitue l’anniversaire de naissance du sayed des martyrs Abou Abdallah al Hussein.

Il faut aussi ajouter qu’après la victoire de la Révolution islamique en Iran, ce jour a été choisi comme étant celui des Gardiens de la Révolution. Je vais d’ailleurs consacrer aujourd’hui une partie de mon discours aux Gardiens de la Révolution.

Le 4 Chaabane c’est l’anniversaire de la naissance de Abou Fadel al Abbas, en l’an 26 de l’Hégire. Il a été choisi pour être celui du blessé de la résistance. C’est donc votre Journée à vous, les blessés, qui avez donné une partie de votre corps et de votre sang dans ce parcours.

Le 5 Chaabane, en l’an 28 de l’Hégire, c’est l’anniversaire de la naissance de l’imam Ali ben Hussein Zein al Abidin et cette journée a été choisie pour célébrer les prisonniers et les otages qui étaient ou qui sont encore en prison. Il y en a d’ailleurs encore beaucoup.

En Palestine, par exemple, il y en a des centaines qui ont entamé aujourd’hui une grève de la faim en guise de protestation  contre le comportement inhumain des responsables des prisons là-bas.

Le 7 Chaabane, c’est la commémoration de Khaybar, cette grande victoire qui nous parle encore aujourd’hui, ce grand moment de dignité.

Le 11 Chaabane, c’est l’anniversaire de naissance de Ali Al Akbar en l’an 42 de l’Hégire. Il faut aussi lui trouver un jour de commémoration, car c’est le symbole des jeunes. L’idée est en train d’être étudiée.

Le 15 Chaabane, c’est l’anniversaire de naissance de l’imam Ibn al Hassan al Askari al Mehdi que nous attendons tous et auquel nous dédions nos vies car inchallah le jour où Il arrivera la terre sera remplie de justice après les années d’injustice et d’oppression.

Aujourd’hui, je vais parler de la Journée du Blessé, le jour de la naissance de Abou Fadel al Abbas. Je commence par l’occasion, avant d’évoquer des développements dans notre région et pour terminer je parlerai de certains points qui concernent le Liban.

D’abord, au sujet de l’occasion et du choix de cette date pour la Journée du Blessé. Abou Fadel al Abbas qui avait la trentaine au moment de sa mort, symbolise, dans notre Histoire et dans notre culture, ce jeune leader, ce chef qui faisait partie des commandements de premier plan et qui était respecté à cette époque. Il était un chef croyant qui obéissait à son imam.

Je vais développer certaines de ses qualités.

Abou Fadel al Abbas ne s’est pas tenu à l’écart, comme beaucoup d’autres, lorsque l’imam Hussein a entamé son action. Certains avaient rallié Yazid, de nombreux autres étaient restés à l’écart. Lui a rejoint le mouvement depuis le début et il y est resté jusqu’à la fin.  Certains par exemple se rallient au début, mais ils se fatiguent ou se lassent ou encore perdent patience ; ils peuvent partir à cause des blessures, de la douleur, de la pauvreté, du blocus ou même à cause des appâts qui leur sont proposés. Cela ne veut pas dire qu’ils rejoignent les rangs ennemis. Non, ils se retirent et se tiennent à l’écart.

Mais dans la bataille  du Vrai contre le Faux, de la défense des croyances sacrées et de la protection des opprimés, on ne peut pas rester à l’écart.

Abou Fadel al Abbas  ne s’est donc pas tenu à l’écart. Il a offert ses frères, de son père et de sa mère, cette famille est celle de l’émir des Croyants et de la grande dame digne et courageuse.

Il s’est tenu seul, dans une image exceptionnelle, face à des milliers, car après le martyre des amis d’al Hussein, et les membres de sa famille, il n’y avait plus que l’imam Hussein et Abou Fadel al Abbas, l’imam Zein al Abidin  était sous une tente car son état de santé ne lui permettait pas de combattre. Al Abbas S’est donc tenu seul face aux armées ennemies, n’ayant à ses côtés que l’âme de son père, sans avoir peur.

Il a eu ce courage et cette audace et nous apprenons de lui. Certes, aucun de nous n’est jamais seul dans la confrontation, mais nos unités peuvent être seules. Ce qui ne les empêche pas de se battre avec courage et détermination, sans peur et sans angoisse. Plus que cela, Al Abbas était celui qui attaquait, qui avançait et qui prenait l’initiative.

Al Abbas nous a offert la plus belle image, lorsqu’il s’est agi de boire de l’eau et ses blessures ne l’ont pas poussé à renoncer à atteindre son objectif, à aller jusqu’au bout dans la défense de son imam, de sa religion, et de sa juste cause.

Selon ce que rapporte l’Histoire, sa main droite a été coupée. Il a alors brandi l’épée dans sa main gauche. Lorsque la gauche a été coupée, il a utilisé ce qui restait de sa main, jusqu’à ce qu’un de ses yeux soit brûlé par les flèches et l’autre soit baigné de sang. Il a été ensuite frappé à la tête et il est tombé par terre. Il a résisté jusqu’au bout et il s’est battu jusqu’au bout, jusqu’au martyre, satisfait de son sort.

Cet jeune homme, ce grand chef, avec tout ce qu’il représente comme symbole ( et je n’ai cité que quelques unes de ses qualités) est notre modèle. Il est en particulier le modèle de nos blessés. C’est pourquoi le jour de sa naissance a été considéré comme la Journée du Blessé.

Chers blessés, frères et sœurs, vous devez donc être fiers de cette Journée et de celui qui est né en un jour comme celui-ci. Vous devez aussi être fiers  qu’en cette période, l’imam qui mène notre parcours, je veux dire l’imam Khaménéi, est comme vous, un blessé qui a survécu à ses blessures lors d’une tentative d’assassinat dans une mosquée à Téhéran. IL est fier d’être un des vôtres.

Vous, nos chers blessés, vous ne vous êtes pas tenus à l’écart dans la bataille de la résistance contre l’occupation sioniste et chaque fois que votre peuple, votre patrie et vos croyances ont été menacés. Vous étiez toujours prêts et déterminés à aller jusqu’au bout.

Preuve en est que parmi vous, il y a des blessés, dont les blessures remontent à 1982 et jusqu’à 2000 et d’autres ont été blessés pendant la grande confrontation et l’impressionnante victoire de 2006. D’autres encore sont tombés après 2006 et certains lors des confrontations avec les takfiristes et les terroristes qui ont tenté d’envahir notre région.

Vous avez lutté jusqu’au bout et vous avez contribué à la victoire. Vous êtes les martyrs vivants et c’est grâce à vous et à vos souffrances que nous bénéficions aujourd’hui des victoires, de la paix interne, de la force de dissuasion et de la stabilité. Vous êtes les phares de la victoire, comme le dit si bien le titre de cette cérémonie.

Ces réalisations, ces victoires qui ont été remportées au Liban ne sont pas dues aux Américains et à leurs alliés et encore moins à leurs instruments. Au contraire, sur chaque tombe de martyr, qu’il soit armé ou civil, dans vos blessures et dans vos membres amputés, dans vos corps endommagés, nous lisons la mention «  fabriqué aux Etats-Unis ». Nous avons été tués, blessés et victimes de massacres dans nos villages et nos localités par les agressions israéliennes avec les armes et la couverture américaines. Par contre, la résistance, la victoire, les réalisations, la sécurité et la stabilité, c’est l’œuvre de notre peuple, de nos gens, nos hommes, nos femmes et nos enfants, nos martyrs, nos prisonniers et nos blessés. Les terroristes, les démons, les tueurs qui complotent n’ont pas le droit de venir au Liban  ou de parler même en n’étant pas au Liban, comme s’ils nous faisaient l’aumône en nous accordant la stabilité et la sécurité et en disant qu’il s’agit d’une ligne rouge.  Quand est-ce que cela a été pour vous une ligne rouge, alors que vous avez toujours appuyé les agressions de l’ennemi et que vous le poussiez à mener des actions terroristes ? Si, aujourd’hui, cet ennemi n’ose pas lancer des agressions, ce n’est pas à cause de vos lignes rouges, mais à cause de notre sang rouge, de nos blessures, de notre résistance et de notre détermination. Notre peuple doit le savoir.

Aujourd’hui, tout le monde peut vous voir,  contempler vos blessures, ou les traces qu’en portent vos corps. Avec les martyrs, les prisonniers libérés  et ceux qui sont encore détenus, vos proches qui ont beaucoup souffert avec vous, vos familles, vos enfants, vous êtes les martyrs vivants et tous ensemble, vous êtes le symbole et l’essence de cette résistance et vous racontez sa vérité.  Etes-vous des terroristes ?  Appartenez-vous à un mouvement terroriste ? Où avez-vous été blessés ?  Sur quelle terre ? Dans quelle bataille ?  Face à quel ennemi ? Cherchons dans toutes les lois religieuses et dans toutes les lois internationales  pour voir quel qualificatif donner à votre combat et à votre résistance ! Malgré cela, les Américains qui sont à l’origine du terrorisme, sa tête et son essence viennent ensuite vous accuser ! Les Etats-Unis n’appuient pas seulement le terrorisme. Cette administration est un Etat terroriste, un cerveau terroriste une culture et des pratiques terroristes.  Nous, avec vous et toutes les personnes d’honneur dans la région, nous affrontons ce terrorisme, dont l’un des principaux hauts-faits est le massacre historique de Hiroshima et de Nagasaki. Sans parler  de ce qui s’est passé au cours des 20 dernières années, lorsque les Etats-Unis ont officiellement reconnu  avoir tué avec leurs avions et leurs armées des dizaines de milliers de personnes civiles par erreur dans le cadre de leurs guerres. Cet Etat pratique le terrorisme et l’appuie. Il humilie une oumma entière, la oumma d’un milliard 500 millions de musulmans et d’arabes, tout cela pour faire plaisir à Israël qui est le symbole du terrorisme. Les Etats-Unis fabriquent les groupes terroristes, leur offrent toutes les facilités et viennent ensuite classer ceux qui défendent leurs patries et leurs terres, leur dignité et leurs croyances, ainsi que ceux qui protègent la sécurité, la stabilité, l’indépendance, l’avenir avec ses rêves, parmi les organisations terroristes. C’est le summum de l’arrogance et de la bêtise.

Un nouvel exemple de l’immensité de l’arrogance et de la bêtise américaines a été donné par le terroriste en chef, le principal soutien du terrorisme qui est venu accuser les résistants de terrorisme. C’est le summum de l’arrogance, mais aussi celui de la bêtise. Je dirais plus tard pourquoi. Il a donc classé les Gardiens de la Révolution parmi les organisations terroristes. C’est une première. Car, nous, le Jihad islamique, le Hamas, les factions irakiennes, Ansarallah au Yémen, ça va encore. Ce sont des organisations et des partis. Mais là il touche à une institution militaire officielle  et légale, dans un Etat reconnu par le monde et membre des Nations Unies. Il s’agit de la République islamique d’Iran. C’est une première et c’est nouveau. Les Gardiens de la Révolution  sont une grande institution jihadiste et lorsqu’une telle décision est prise à son encontre, avec une telle injustice, nombreux sont ceux qui dans la oumma et dans le monde vont éprouver un sentiment particulier. Naturellement, nous condamnons aujourd’hui la décision américaine prise Trump et son administration  et nous déclarons clairement que nous nous tenons aux côtés de nos frères des Gardiens de la Révolution en Iran. En tant que partie des peuples de la région et des mouvements et des factions de la résistance, nous leur sommes reconnaissants pour le grand rôle qu’ils ont rempli dans la défense de l’Islam, de la oumma, de nos croyances sacrées et des peuples de la région, pas seulement dans la défense de la République islamique d’Iran et du peuple iranien, mais de tous les peuples de la région, de leur dignité et de leurs croyances. Ils ne se sont pas contentés d’apporter une aide matérielle et morale aux armées qui se sont battues  contre les terroristes sionistes et aux mouvements et factions de la résistance. Ils étaient aussi présents dans les premières lignes sur tous les champs de bataille. Les Gardiens de la Révolution ont donné des martyrs, des moujahidins et des officiers parmi les meilleurs, qui sont tombés en dehors de l’Iran pour défendre les dignités et les croyances face au projet hégémonique américano-sioniste qui vise nos pays et nos peuples. Il est de notre devoir de nous tenir à leurs côtés et d’exprimer notre position.

Le fait pour Trump de décider de mettre les Gardiens de la Révolution sur la liste terroriste est une démarche naturelle venant du Grand Satan. Faisons un peu d’analyse avant de prendre position. C’est donc naturel venant du Grand Satan, exactement comme c’était naturel pour Pompéo de dire ce qu’il a dit au Liban ou quand ils mettent tel mouvement ou telle personnalité, ou tel groupe et telle association, sur leur liste terroriste. En fait, il s’agit d’une réaction, non d’une décision autonome. Il faut que ce soit clair. Dans ce contexte je voudrais attirer l’attention sur deux points :

Le premier : pour comprendre ce qui se passe, je crois que la décision américaine est une réaction à la défaite et à la déception, alors qu’au cours des dernières années, les Américains avaient attaché beaucoup d’espoirs en appuyant certains régimes, des groupes takfiristes et terroristes, dans le but de réaliser un grand projet pour l’ensemble de la région. Ils voulaient remodeler le Moyen orient d’une façon nouvelle. Tout ce qui se passait allait dans ce sens. Mais ce qui s’est passé c’est que nos peuples, avec quelques armées et quelques mouvements de résistance et quelques forces politiques ont affronté ce projet et en toute simplicité l’ont vaincu.

Aujourd’hui, chers frères et sœurs, nous ne nous sentons pas faibles. Lorsque les Américains mettent les Gardiens de la Révolution sur leur liste terroriste, cela signifie qu’ils sont forts. Sinon, pourquoi les Américains prendraient-ils la peine de le faire ? Pourquoi leur imposer des sanctions s’ils n’étaient pas puissants et efficaces ? S’ils n’étaient pas influents dans l’équation  régionale ? S’ils étaient faibles et impuissants, ils ne perdraient pas leur temps avec eux, comme ils agissent avec beaucoup de parties dans le monde arabo-islamique contre lesquels aucune mesure n’est prise car ils en dehors de l’équation.

Ce qui se passe est donc normal et c’est ainsi que nous devons le voir.

Au cours de la période précédente, ils ont mis des mouvements et des factions de la résistance sur la liste terroriste. Mais aujourd’hui, ils ont été encore plus loin, dans une initiative inédite, ils ont mis les Gardiens de la Révolution. C’est un grand pas car les Gardiens sont un sujet central que ce soit dans l’appui dont ils bénéficient ou dans leur influence. Il faut reconnaître que les Gardiens de la Révolution ont un rôle central dans les équations dans la région. Ils en sont même l’élément le plus important, car le plus influent. Ce sont eux qui sont en contact avec toutes les arènes, qui aident, qui appuient. Après nous avoir tous mis sur leur liste terroriste, les Américains ont touché à la force centrale qui est représentée par les Gardiens de la Révolution. Cela exprime la grande déception de Trump, des Américains et des centaines de milliers qui sont venus dans la région avec des dizaines de tonnes d’armes, de munitions et des centaines de milliards de dollars. Le résultat a été l’échec et la déception. C’est le premier point et il doit être clair pour tous.

Le second point : C’est vrai que jusqu’à présent, nous nous sommes contentés de dénoncer, de critiquer, de serrer la ceinture et d’appeler à la patience, face aux mesures américaines qui vont crescendo et qui menacent de s’étendre à certains de nos amis et nos alliés, sans que nous sachions s’il s’agit de simples menaces ou de décisions qui seront effectives, je reviendrai sur ce sujet dans la partie libanaise. Mais notre attitude ne signifie pas que nous n’avons pas des atouts principaux et importants. Je ne parle pas seulement du Hezbollah, mais de l’axe de la résistance dans son ensemble, avec les Etats, les régimes, les armées, les peuples, les mouvements et les factions de la résistance. Dans cet axe de la résistance, nous possédons de nombreux atouts et des éléments de force. Jusqu’à présent, nous avons estimé que les décisions américaines sont une réaction à la défaite essuyée. Les Américains prennent des mesures pour tenter de limiter nos victoires et pour nous affaiblir et stopper notre progression. Mais si les Américains prennent certaines mesures ou réalisent certains actes, nul ne peut prédire qu’ils resteront sans réponse forte de notre part, à travers les atouts que nous possédons, nous les résistants et l’axe de la résistance dans la région. Qui peut affirmer cela ? Moi je dis ceux qui croient que cela restera sans réponse se trompent.

Lorsqu’une faction ou mouvement de la résistance, lorsqu’une partie de l’axe de la résistance, lorsque nous autres, nous sentirons qu’il y a une menace grave sur nous, sur notre peuple, sur notre patrie et sur nos causes principales, qui a  dit que nous nous contenterons de dénoncer  et de condamner ? Nous serons alors en position de défense et notre droit naturel, notre devoir moral, religieux et humain nous poussera à faire face à ceux qui menacent nos peuples, nos pays, notre résistance, nos réalisations, nos victoires, et veulent bafouer le sang de nos martyrs, de nos blessés, de nos moujahidins et de nos familles.

En même temps, notre main est tendue et nos options sont ouvertes. Nous sommes calmes et nous gardons la tête froide. Mais lorsqu’il le faudra, lorsque la décision exigera une réaction, celle-ci aura lieu au moment voulu et elle sera adéquate. Je parle ici de toutes les scènes et les lieux que les Américains croient pouvoir violer. Le terrain n’est pas vide. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ni de montrer la crédibilité de mes paroles. Notre passé, notre présent, nos réalité, nos victoires, nos sacrifices, notre détermination parlent pour nous.

Dans ce contexte, puisque nous parlons des Gardiens de la Révolution, je voudrais évoquer les inondations qui ont lieu en Iran, dans certaines provinces. En général, la pluie est un bienfait, mais lorsqu’elle est aussi violente, cela entraîne des dégâts. Nous sommes aux côtés de nos frères en Iran. Mais je dois dire que ce font les Iraniens est un modèle qui doit être suivi. L’Etat, les responsables, les institutions, les forces armées, le peuple, tous coopèrent et se sentent solidaires, tous agissent dans les lieux endommagés, en plein danger pour s’entraider et aider les plus atteints. Nous avons vu sur les chaînes de télévision des images rares, comme celle de cheikh Rouhani, avec son turban religieux chiite porter sur ses épaules un vieil homme...Nous avons aussi vu des officiers des Gardiens de la Révolution classés comme terroristes par Trump s’agenouiller pour permettre à des femmes effrayées de sauter... Ce sont des images d’une rare humanité.

Face à ces images, il y a la barbarie américaine. Ces Américains qui parlent de valeurs humaines empêchent les aides de parvenir au peuple iranien. Il ne s’agit pas d’aides en provenance d’Etats. Simplement, les Iraniens à l’étranger ont voulu aider leurs concitoyens. Mais ils n’ont pas pu le faire à cause des sanctions américaines. Trump ne veut pas. Mais par malchance, il a dû voir les Gardiens de la Révolution en première ligne, avec les autres forces armées iraniennes, pour secourir les habitants, donnant ainsi une leçon d’humanité au monde entier. Et c’est ceux-là qui sont sur la liste terroriste !

Nous autres, nous avons publié un communiqué de condoléances et nous exprimons une fois de plus  notre solidarité avec l’imam Khaménéi et avec les autres responsables iraniens, avec le peuple iranien et avec les familles iraniennes. Nous demandons à Dieu de donner la patience à ceux qui ont souffert et de guérir les blessés pour que cette épreuve soit surmontée rapidement.

Toujours dans les occasions, je voudrais parler du Yémen. L’agression  américano-saoudienne à laquelle il faut ajouter les Britanniques et les Israéliens est entrée dans sa cinquième année. Depuis quatre ans, il y a donc deux images : d’un côté celle de l’agression barbare, sauvage avec les massacres et les attaques terroristes contre les écoles qui rend dérisoire les plus fortes condamnations, même si nous devons continuer à les faire, face à un monde silencieux ; dans cette image, il y a des armées de mercenaires avec des moyens immenses et des médias  puissants. L’autre image dans le paysage yéménite, c’est celle de ce peuple courageux et déterminé dont la détermination reste intacte et qui se renforce. Je ne veux pas faire d’analyse. Mais il faut se rappeler lorsque les Saoudiens ont commencé leur agression, comment étaient les Yéménites ? Et où ils sont aujourd’hui ? C’est une leçon qui doit être retenue par tous les peuples et les Etats de la région, surtout nous qui sommes impliqués dans le conflit avec l’ennemi israélien. Lorsque la tempête de la détermination a commencé, les Saoudiens et l’émir Mohammed ben Selmane pensaient que la bataille serait remportée en quelques semaines, ou au plus quelques mois. Ce n’est pas la première fois qu’il y a une telle erreur d’estimation. Rappelez-vous au Liban en 2006, en Palestine, en Syrie, en Irak...Que se serait-il passé si nous avions été vaincus en 2006 et si les autres l’avaient été aussi ? Que se serait-il passé si l’agression avait réussi au Yémen ? D’abord, on peut dire que le peuple palestinien et la cause palestinienne auraient été les premiers à payer le prix de cette victoire. Car cet homme et le commandement saoudien sont plongés jusqu’au cou avec les Américains dans l’opération de liquidation de la cause palestinienne, en faveur d’Israël. Ils ont besoin toutefois d’une couverture arabe. Si l’agression saoudienne avait réussi au Yémen, la victoire aurait été amplifiée et les dirigeants saoudiens se seraient présentés comme les véritables leaders du monde arabo-musulman. Leurs ulémas auraient abondé dans ce sens et ils auraient dit aux Palestiniens : vous n’avez plus le choix, il faut signer avec les Israéliens. L’idée est claire.

La défaite du régime saoudien et de Mohammed ben Selmane, occasionnée par l’armée et les ligues populaires du Yémen, par les enfants et les femmes affamés et encerclés est de nature à protéger la Palestine et Jérusalem, ainsi que toutes les terres arabes encore occupées.

Le second point est qu’il n’y a pas de victoire historique et encore moins un commandement historique et un héros guerrier. Nous savons tous ce que subissent les populations et même les Etats du Golfe de la part du Grand Frère saoudien, en matière d’humiliations. Certains pourraient protester, mais moi je leur dis : je sais que vous ne pouvez pas vous exprimer en toute liberté. Laissez-moi donc le faire à votre place. Donc, si Mohamemd ben Selmane avait remporté une victoire au Yémen, que serait-il arrivé aux Etats du Golfe et à leurs populations  déjà soumis à cette autorité arrogante et oppressive ?

Je voudrais donc dire en cette cinquième année de la guerre au Yémen, que nos frères là- bas se battent aussi pour que les Etats du Golfe et leurs populations continuent d’avoir un peu de dignité etd e liberté, dans la marge qui leur est laissée. Bien entendu, en plus de cela, les Yéménites défendent leur pays, leur souveraineté, leur existence-même, leur passé, leur présent et leur avenir.

Chaque jour rend encore plus pressante la nécessité de faire face à cette arrogance et à cette détermination de la part de Trump en personne qui le pousse à poursuivre cette guerre. Tous ceux qui peuvent le faire doivent protester et élever la voix pour écarter l’injustice qui frappe le peuple du Yémen.

Avant de passer à la situation interne, je voudrais mentionner encore le souvenir annuel de la mort en martyr de l’imam, le penseur et le chef,  l’ayatollah Mohammed Baker al Sadr et de sa sœur Bint al hoda. Que nous soyons de ses adeptes ou non, nous devons rappeler à tous l’importance de cette personnalité exceptionnelle et historique et reprendre ses enseignements et ses idées notamment auprès des jeunes et des nouvelles générations. Ce que l’ayatollah Mohammed Baker al Sadr a apporté à l’islam est un trésor intellectuel qu’il faut préserver et maintenir vivant dans les esprits.

Cet ayatollah était en mesure d’apporter des solutions à un grand nombre de problèmes modernes, dans le monde musulman. C’est lui par exemple qui a justifié la création d’une banque islamique devenue indispensable dans le monde moderne, alors qu’en principe, il s’agit d’une démarche purement financière. Il a réussi à lui donner une justification religieuse. Il a aussi lancé des principes dont s’est inspirée la Constitution de la République islamique. Il avait mis son intelligence et sa pensée au service de l’islam et des musulmans. Une partie de son enseignement reste encore inconnue et elle sera découverte dans les prochaines décennies, où elle sera très utile à cause de sa logique et de sa vision.

Cet ayatollah martyr est un grand penseur, un humaniste qui s’est sacrifié pour son peuple en Irak et pour la oumma. Sa modestie nous rappelle  celle du Prophète et celle de l’imam Khomeiny. Nous avons besoin de ce genre de figures dans notre monde actuel, celles qui vont au fond des choses  et dont le dévouement et la loyauté dépassent les considérations personnelles. Une des grandes leçons que nous a données l’ayatollah, c’est son refus de la reddition, de l’humiliation, de la neutralité prudente. Ces sont des choses que nous devons sans cesse évoquer aujourd’hui et dans l’avenir.

Deux mots sur la situation au Liban.

Je voudrais confirmer le climat de coopération entre les forces politiques au gouvernement et en dehors de lui. Ce climat est favorable pour essayer de traiter les dossiers en cours et cet esprit permet de mettre à l’écart les tensions et de régler les conflits dans le calme. Cet esprit de coopération doit continuer à régner notamment pour toutes les questions nationales. Après les élections , il est probable que Netanyahu soit renommé pour former le gouvernement , un gouvernement de droite encore plus sioniste que le précédent. De toute façon, pour nous c’est la même chose. Nous ne sommes pas intervenus dans le cours des élections, même si nous aurions pu le faire, car nous considérons que cela ne nous concerne pas et à nos yeux, ils sont tous les mêmes.  En tout état de cause, cela signifie que nous nous trouvons face à une nouvelle étape de coopération très étroite entre Netanyahu et Trump. On a vu comment  Trump a fait d’immenses cadeaux avant les élections à Netanyahu : Jérusalem, le Golan, l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, les Gardiens de la Révolution sur la liste terroriste. D’ailleurs Netanyahu a remercié Trump pour cette démarche en disant qu’il a répondu à sa demande. Autrement dit, c’est bien lui qui a demandé cela.

Face à cette entente sans nuances entre Trump et Netanyahu , nous nous trouverons forcément devant une grande échéance concernant nos frontières maritimes et terrestres. Ce dossier est encore ouvert. DE même, l’inquiétude formulée par certains responsables sur le sort des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba est justifiée. Mais en définitive, la question n’est pas liée à la volonté de Trump ou à ce que veulent les Israéliens. Elle dépend de notre volonté nationale. Si nous, Libanais, nous disons que cette fait partie de la nôtre et elle est sous notre souveraineté, elle nous reviendra.

Après la visite de Pompéo, nous ne supposons pas que les pressions américaines pour provoquer une discorde interne et monter les  Libanais les uns contre les autres vont s’arrêter. Dire le contraire serait une simplification des choses. Certes, sa visite n’a pas atteint l‘objectif escompté, mais la politique américaine d’incitation à la discorde va se poursuivre. D’ailleurs, à partir de Washington, lorsque Pompéo a annoncé la mise des Gardiens de la Révolution sur la liste terroriste, il a ajouté : Nous ne pouvons pas accepter la montée en puissance du Hezbollah au Liban ». Cela confirme ce que je disais au début, que nous sommes forts. Nous sommes en position ascendante et non en déclin. Et cette ascension suscite de l’angoisse chez Trump et Pompéo et chez l’administration américaine. C’est pourquoi Pompéo dit : nous ne pouvons pas accepter. Qu’il fasse ce qu’il veut !

Mais il insiste pour monter les Libanais les uns contre les autres et pour les effrayer. Pour l’instant, nous n’avons aucune donnée précise sur la possibilité de mettre le frère Nabih Berry et d’autres amis et alliés du CPL notamment, sur la liste terroristes. Nous avons même des indices contraires. Des parties officielles libanaises ont même démenti une telle intention américaine. Mais dans certains médias libanais, on amplifie cette question. On a parfois l’impression que des parties libanaises à Washington travaillent pour que de telles décisions soient prises. Je répète : il semble qu’il y ait des Libanais à Washington qui travaillent pour que de telles décisions soient prises. Mais jusqu’à présent, cela reste au stade des menaces destinées à faire peur. En tout état de cause, je dis que lorsque cette question atteindra nos amis et nos alliés, cela signifiera qu’elle touche tout notre pays et tout notre peuple.  Cela nous ramène à la position que j’ai développée plus haut dans ce discours.  En tout cas, les Libanais doivent comprendre que leur intérêt est dans leur coopération, dans les contacts entre eux et dans le fait de ne pas répondre aux incitations américaines. L’intervention et l’incitation américaine ont détruit des pays autour de nous. Il faut garder cela à l’esprit.  Cher peuple libanais, je vous demande de ne pas prêter l’oreille à Pompéo et à tout autre responsable américain ou israélien. En les entendant, repensez à tout ce qui s’est passé depuis 2011, aux villes et villages détruits par les interventions américaines et israéliennes, qui ont été détruites par les complots américains et israéliens avec de l’argent venu du Golfe  ( au minimum), pensez aux millions de déplacés, de réfugiés, aux milliers de morts et de blessés dans notre monde arabo-musulman.  Aujourd’hui, de nouveaux pays sont la proie de la guerre, la Libye, le Soudan, l’Algérie. Dieu seul sait où vont ces pays ! Au Yémen la guerre continue à cause de l’insistance américaine... C’est donc à vous de choisir  si vous voulez que votre pays continue de bénéficier de la paix et de la stabilité, de la sécurité et de la coexistence et de toutes leurs conséquences positives. Ou bien préférez-vous répondre aux appels de certains mercenaires et traîtres qui suivent Trump et Pompéo et leurs semblables. Ceux-là n’ont aucun problème à détruire le pays et à l’entraîner dans une guerre civile ou dans une discorde interne. Les Libanais doivent faire leur choix. Je voudrais ici joindre ma voix à celle du frère, le président de la Chambre Nabih Berry qui, devant les parlements du monde a expliqué à Doha les véritables enjeux, avec courage et clarté en disant que la seule voie de salut est dans l’unité et la résistance. Il ne parlait pas seulement du Liban, mais de toute la région, de la Syrie, de l’Irak, du Yémen, de Bahrein, des Etats- du Golfe, des pays de l’Afrique du Nord et de la Palestine. Au Liban aussi, la voie de salut est l’unité et la résistance, si nous voulons que ce pays reste fort, souverain, libre et vainqueur, indépendamment des problèmes internes, avec l’espoir de la prospérité et du développent...

En cette occasion, je voudrais remercier mes sœurs blessées, pour leur patience, leur foi, leur dévouement. Elles ont toujours été présentes à toutes les occasions utiles, sur les fronts et dans les cérémonies. Je voudrais donc leur rendre hommage ainsi qu’à leurs familles, à leurs mères qui portent le poids des blessures de leurs enfants alors qu’ils sont encore dans la fleur de l’âge, je voudrais rendre hommage aux épouses qui ont aussi supporté ce poids. J’ai une pensée particulière pour toutes ces femmes nobles qui ont épousé des blessés et ont consacré leur vie à les servir. C’est l’acte le plus noble que l’on peut faire dans cette vie pour se rapprocher de Dieu.

Je voudrais encore remercier la direction de l’institution des blessés, le directeur général, les frères et les sœurs qui y travaillent, pour leur dévouement, leur loyauté et leurs services.

Un dernier remerciement à nos familles, à notre peuple au Liban, à tous ceux qui, en dépit des difficultés du passé, ont tendu la main pour aider et pour entourer la résistance. Aujourd’hui, des associations et des institutions ont appelé à collecter des fonds et des dons pour nos frères en Iran. C’est vrai que l’Iran est un grand pays, fort et puissant qui n’a peut-être pas besoin de notre aide, mais cela ne nous empêche pas de vouloir contribuer. C’est un signe de fidélité et un acte moral et humain envers le peuple iranien si cher et si noble qui s’est toujours tenu à nos côtés pendant les crises.

Je voudrais encore remercier tous ceux qui ont réagi à mes précédents discours, au sujet des sanctions financières  imposées à la résistance. Je voudrais notamment remercier les enfants, petites filles et petits garçons  qui m’ont envoyé le contenu de leurs tirelires pour aider la résistance. Je les remercie un à un. Nous verrons comment les remercier par la suite en leur envoyant des lettres ou des copies du Coran.

Encore un merci pour les familles qui nous ont contactées. En voyant l’élan du public de la résistance et celui du peuple libanais en général, je peux vous dire d’être tranquilles pour l’avenir de cette résistance. Je dis aussi à Trump, à Netanyahu et à ceux qui sont avec eux et qui suivent l’ennemi : attendez-vous à une nouvelle déception, qui viendra s’ajouter aux précédentes...

Je voudrais citer deux exemples qui sont arrivés avec moi personnellement. Après le discours, j’avais dit à mes frères que la situation n’a pas atteint un niveau désespéré. Mais un ami m’a contacté pour me dire qu’il a une maison  et un travail. Il est donc à l’aise et son fils possède une maison propre. Il a ajouté : sayed, lorsque vous sentirez que cette résistance a besoin d’argent, faites-moi un signe et je vendrai immédiatement les maisons. Nous sommes prêts à donner nos maisons pour que cette résistance demeure. Cela ne m’a pas surpris, car cette attitude, cette générosité sont familières et sont habituelles chez ceux qui appuient la résistance. Nous avons eu des situations similaires pendant la guerre de juillet 2006. Mais ce qui ne m’était pas venu à l’esprit, ce à quoi je ne m’attendais, c’est la proposition que m’a faite une personne –dont il vaudrait mieux à ce stade que je ne donne pas le nom. Cette personne m’a dit : sayed je n’ai pas de maison à vendre, et mes moyens financiers sont modestes, mais dès que je sentirai que cette résistance est en danger, je suis prêt à vendre mon rein et je demanderai à mon fils de le faire aussi, et à ma femme pour donner l’argent ainsi récolté à la résistance !

Voilà, ce sont nos gens, notre public, nos partisans. C’est cela notre environnement, nos proches, notre peuple. Ils étaient ainsi depuis des centaines d’années et ils le sont encore, depuis le début du parcours de la résistance jusqu’à aujourd’hui.

Pour terminer, je voudrais en cette journée des souffrances, de la fidélité, du don de soi illimité et du sacrifice, la Journée de Abou Fadel al Abbas et du Blessé de la résistance, vous dire en toute confiance  que grâce à vous, il n’y a rien à craindre pour la résistance. Elle continuera à remporter des victoires, alors que Trump, Pompéo, Netanyahu et tous ceux qui se tiennent à leurs côtés ne connaîtront que l’échec, la déception, la honte et la défaite. Notre axe, lui, ira de victoire en victoire, ne rencontrant sur son chemin que la dignité et la majesté.

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