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La France du malaise à la crise ?

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La France bascule entre le malaise et l’incertitude depuis plusieurs jours. Un mécontentement populaire vis-à-vis du gouvernement et des politiques adoptées s’est traduit en un mouvement populaire spontané qui envahit la France depuis déjà douze jours. Le mouvement des gilets jaunes, c’est ainsi que se font appelé les manifestants qui circulent dans les rues pour exprimer leur colère et leur insatisfaction. Au départ, le mouvement s’était mobilisé pour dénoncer la hausse des prix du carburant, mais les manifestations se sont rapidement élargies à d’autres revendications, portant sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, ou encore sur la démission du président de la république française, Emmanuel Macron. Ce dernier avait présenté mardi une «stratégie» à double détente mêlant urgence et long terme pour parvenir à une transition écologique «acceptable» ainsi que la fermeture d’une partie des réacteurs nucléaires français, un soutien accru aux énergies renouvelables et l’adaptation de la fiscalité des carburants aux fluctuations des prix. Mais ces mesures jugées inadéquates n’ont visiblement pas satisfait les Gilets jaunes.

À la demande du chef de l'Etat, deux des huit représentants du mouvement ont été reçus mardi par François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire. Bien qu’il ait considéré la discussion avec les représentants des Gilets jaunes «très cordiale, très libre», les deux porte-paroles du mouvement sont sortis déçus de leur rencontre avec le ministre. «Ce sera un premier dialogue. On a apporté le message de tous les gilets-jaunes», ont déclaré Priscilla Ludosky et Eric Drouet, à leur sortie. Ils ont exprimé leur souhait de pouvoir accorder un entretien avec Benjamin Griveaux (Militant du Parti socialiste) ou le premier ministre Edouard Philippe. Le mouvement a appelé au maintien des manifestations prévues le samedi.

Commentant les derniers événements en France, le rédacteur en chef du Magazine Le Mensuel et correspondant de la presse étrangère, Paul khalifeh a souligné à Al-Ahed que «la rapidité avec laquelle le mouvement des Gilets jaunes s’est étendu à l’ensemble de la France montre que sa spontanéité répond aux besoins d’une large tranche de la population française, notamment les classes moyennes et les classes populaires. Ce mouvement montre aussi qu’il existe toujours une vivacité et un dynamisme au sein de la société française qui est traditionnellement attachée à ses acquis sociaux». Cette mobilisation qui s’étend partout en France prouve l’existence d’un malaise et d’une crainte de voir les filets sociaux démanteler par les politiques libérales adoptées par le président Macron et son équipe, malgré cela il est encore prématuré de parler d’un mouvement populaire majeur à l’instar des évènements de mai 68.

Selon M. Khalifeh, le malaise populaire est le résultat «des politiques adoptées par le gouvernement français qui consistent à faire supporter aux classes moyennes et populaires le poids des réformes à travers une taxation et une augmentation des charges».

Les Gilets jaunes qui jouissent d’un grand soutien populaire (près de 70% de la population française) et du soutien de nombreuses forces politiques (qui ne sont pas au centre de l’échiquier de la politique française), accusent le président français d’être «le président des riches» au détriment des classes moyennes qui craignent aujourd’hui de s’appauvrir et donc d’augmenter davantage l’écart au sein de la société française.

En ce qui concerne les répercussions de cette mobilisation sur la politique externe, M. Khalifeh a noté que «l’affaiblissement des fronts internes aura certainement des répercussions sur la politique étrangère de la France, ceci dit souvent quand les élites qui sont au pouvoir, ont des problèmes internes ils optent pour la fuite en avant en essayant d’exporter leur problème vers l’extérieur».

Il est clair que cette situation va causer plus de soucis au gouvernement français notamment dans sa politique étrangère, il va devoir déployer plus d’énergie afin de régler cette situation, qui n’a pas encore atteint le stade de la crise, mais qui risque de se transformer de malaise en crise ouverte, si le gouvernement ne trouve pas le moyen d’apaiser la colère populaire.

Source : French.alahednews

 

 

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