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Discours à l’occasion du second anniversaire de l’assassinat du chef martyr Moustafa Badreddine

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Au nom de Dieu

Je vous souhaite la bienvenue à tous pour la commémoration du second anniversaire de l’assassinat du chef martyr Moustafa Badreddine. Je renouvelle mes condoléances  à sa noble famille et je m’adresse à chacun d’eux, tout en bénissant cet honneur ultime qu’est le martyre.

Je commence par évoquer cette occasion avant d’aborder les développements importants dans la région et je finirai par la situation interne libanaise.

Lorsque nous parlons de ces chers chefs martyrs, nous devons avoir à l’esprit que tout au long de leur vie, et en raison de leurs responsabilités et de la nature de leur mission, ils devaient rester cachés. Ils sont donc les soldats inconnus sur la terre mais connus au ciel. C’est le cas de nombre de nos frères dans la résistance, surtout ceux qui avaient des responsabilités particulières dans le domaine jihadiste, sécuritaire et militaire, comme sayed Zoulfikar, hajj Radouane, hajj Alaa. Après leur mort, j’aime parler d’eux en utilisant leurs vrais noms pour que les gens les retiennent. Nous exposons aussi leurs visages pour que les gens se souviennent d’eux et pour qu’ils restent dans l’inconscient collectif et pour qu’ils soient connus sur terre comme ils le sont au ciel. C’est pourquoi je cite nommément sayed Moustafa et je n’utilise pas l’autre nom sur cette base, en m’adressant à la dimension spirituelle et culturelle.

Discours à l’occasion du second anniversaire de l’assassinat du chef martyr Moustafa Badreddine

Depuis le début, lorsque sayed Moustafa s’est rendu en Syrie, de nombreux  chefs et cadres l’ont accompagné. Il est donc de mon devoir de les évoquer tous, en ce jour précis où nous commémorons le souvenir annuel du martyr Badreddine. Nous devons évoquer donc tous les chefs  et les cadres qui ont accompagné sayed Moustafa en Syrie depuis le début, comme le martyr Ali Mohammed Biz, le frère Abou Hassan qui est l’un des premiers cadres et qui est resté dans le jihad depuis le premier jour en Syrie,  jusqu’à son retour en martyr à sa localité Machghara.  Il y a deux jours, un de ses proches  Mohammed Adnane Biz est aussi tombé en martyr. A cette famille si chère je présente mes condoléances et ma bénédiction pour les deux martyrs.

Revenons à notre chef martyr sayed Moustafa Badreddine qui a été parmi les fondateurs de l’action jihadiste dans la mouvance islamique.

Au début de l’action jihadiste, il y a eu quelques croyants fondateurs, certains sont devenus des martyrs d’autres sont encore en vie. En général, nous n’évoquons leurs noms qu’après leur mort. Car concernant ceux qui sont encore en vie, les circonstances de leurs responsabilités qu’ils continuent d’assumer exigent la discrétion, au sujet de leurs noms et de leurs visages.

Dans notre parcours, de nombreuses figures sont connues du public. Moi et certains frères nous parlons en public, nous rencontrons les gens, comme par exemple les députés, les ministres, les cheikhs et les ulémas. Mais ceux qui travaillent dans le domaine sécuritaire  et militaire, la règle est que leurs noms et leurs visages soient gardés secrets. Cela fait partie des exigences de l’engagement. Mais il faut bien qu’un jour leurs noms soient gravés dans de l’or, ceux qui tombent en martyrs et ceux qui sont encore en vie. Sayed Moustafa Badreddine faisait partie de ces chefs qui ont commencé le parcours depuis le début, un jeune homme parmi les meilleurs qui a consacré sa vie à ce combat, dans toutes les scènes et qui a brillé par sa bravoure. Aujourd’hui je voudrais mettre en évidence deux points, dans l’aspect personnel et dans l’aspect opérationnel.

Sur le plan personnel, lorsque nous parlons de ceux qui ont passé leur vie sur les champs de bataille, dans le feu, les bombardements, le sang, les martyrs et les blessés, l’impression qui prime est celle d’hommes endurcis et c’est l’image qui accompagne les combattants qui passent leur vie dans les affrontements. Cela paraît naturel. D’ailleurs, il est possible que certains officiers donnent cette impression, même après avoir quitté leurs fonctions militaires. Ils donnent l’image de personnes dures et rigides. Chez les chefs jihadistes, cet aspect doit être présent dans leur personnalité, mais il y en a un autre qui est présent et qui est en totale contradiction avec celui-là.

Dieu Tout-Puissant lorsqu’il a décrit le Prophète et ceux qui étaient avec lui, leur avait donné deux qualités, avant celle de la prière et du jeûne. Face aux agresseurs de la oumma et à ceux qui violent les symboles sacrés, face à l’ennemi, le Prophète et ceux qui sont avec lui  doivent être durs dans leurs positions. Ceux qui font preuve de faiblesse, de peur, de fragilité et ceux qui normalisent leurs relations avec l’ennemi sous prétexte de l’approche humanitaire ne font pas partie de la oumma de Mohammed car ils ne sont pas durs avec l’ennemi. La dureté face aux occupants, aux tyrans et aux oppresseurs, face à ceux qui veulent piller les richesses de la oumma et l’humilier est une nécessité, voire une obligation. Cette dureté était présente dans la personnalité de sayed Moustafa. Mais en même temps, il était plein de générosité, sensible et tendre. Certains peuvent dire que c’est une contradiction. Mais la dureté peut être présente dans une personnalité, en même temps que l’humanité et la bonté. L’une s’exprime dans les confrontations, où il n’y a pas de place pour la faiblesse et la fragilité et l’autre dans la vie parmi les siens.

Je passe au second point. Dans le passé, j’avais évoqué certaines responsabilités opérationnelles et je vais y revenir.

Sayed Moustafa a assumé depuis le début des responsabilités essentielles dans le domaine jihadiste. Il a passé sa vie dans ce domaine en particulier militaire et sécuritaire au sein du Hezbollah. Il a assumé d’importantes responsabilités en plus des responsabilités militaires centrales dans les années 90. Il était le commandant des troupes dans la confrontation lors de l’attaque dite «les raisins de la colère» en 1996. Après 2000, nous avons distribué les responsabilités entre nos chefs militaires, surtout que nos responsabilités et les arènes de confrontation ont augmenté. Cela a été surtout le cas après la mort de hajj Imad Moghnié. J’ai déjà évoqué ce point par le passé et je précise aujourd’hui que sayed Moustafa Badreddine a assumé des responsabilités délicates dans des dossiers et des lieux précis, notamment contre l’ennemi israélien. Vous savez qu’à partir de 2000, la confrontation militaire directe s’est calmée, mais l’action s’est déplacée vers une confrontation sécuritaire réelle.

Sayed Moustafa a aussi assumé des responsabilités dans le dossier palestinien à travers l’appui aux organisations palestiniennes et l’amélioration de leurs capacités et de leur potentiel pour qu’elles puissent faire face et poursuivre leur action.

Il a aussi assumé des responsabilités dans le dossier irakien, même si nous ne parlons pas beaucoup  de ce sujet. Il nous suffit de dire que nos frères ont eu l’honneur de contribuer réellement au lancement de certaines factions de la résistance irakienne contre l’occupation américaine de l’Irak.

Du vivant de hajj Imad et après sa mort en martyr, cette responsabilité a été prise en charge par sayed Moustafa et il a poursuivi sa mission jusqu’à la mort en martyr. Par conséquent, pendant la période de l’occupation américaine de l’Irak et après lors de la confrontation avec Daech, c’est sayed Moustafa qui était en charge de cette scène, jusqu’à la Syrie dont il a assumé la responsabilité depuis le premier jour jusqu’à sa mort, en plus d’autres responsabilités, dont j’ai déjà parlé dans le passé.

Le point auquel je voudrais aboutir à travers ces informations, c’est que dans toutes les scènes où sayed Moustafa a assumé des responsabilités, il y a eu des victoires. Bien sûr, nous disons dans nos rencontres internes et publiques, que la victoire n’est pas une responsabilité individuelle, mais collective. Par exemple, il y a quelques jours, lors des élections législatives, nous ne pouvons pas dire que nous avons réussi à cause d’untel ou de tel autre, quelle que soit l’importance de sa contribution. C’est un effort collectif qui a abouti à ce résultat.

Mais lorsque nous parlons de la confrontation militaire et sécuritaire, la tête, le chef a une grande responsabilité dans le résultat. C’est l’une des caractéristiques principales de l’action militaire et sécuritaire.

Sayed Moustafa est donc sorti victorieux dans le commandement de la confrontation avec les réseaux sécuritaires israéliens. Nous avons d’ailleurs vu au cours des dernières années, l’ampleur du démantèlement des réseaux, avec la coopération par la suite avec les services sécuritaires officiels.

Sayed Moustafa a aussi eu un rôle déterminant  dans le dossier de la libération des prisonniers et des otages ainsi que dans la confrontation avec les réseaux terroristes takfiristes qui envoyaient des voitures piégées au Liban. En Syrie, il ne combattait pas seulement militairement, mais il a aussi travaillé sérieusement à démanteler ces réseaux, pas seulement pour les empêcher de venir au Liban, mais en Syrie même pour les empêcher d’envoyer des voitures piégées au Liban.

En Irak, il a contribué à la victoire qui a abouti au retrait des forces américaines du pays en 2011. L’un des facteurs déterminants qui a poussé les Américains à retirer leurs soldats d’Irak c’est la résistance irakienne. De même, lors de la victoire contre Daech, il a contribué à la réaliser, indépendamment de l’importance de cette contribution. Il a consacré les plus belles années de sa vie à ces missions. En Syrie où le peuple syrien lui-même ainsi que le monde et les peuples de la région découvrent aujourd’hui l’ampleur du plan préparé pour ce pays il y a 7 ans, et où il devait l’emmener.

Hier, lors d’une conversation avec des frères, nous disions que si on veut définir ce qui se préparait pour la Syrie, il faut jeter un coup d’œil sur ce qui se passe à Idlib. On voulait donc que toute la Syrie soit comme Idlib aujourd’hui. Ou encore comme l’Afghanistan : des affrontements permanents, des groupes armés, la loi de la jungle, du sang, des destructions, l’exode des habitants et une situation sans horizon.

Sans parler des objectifs politiques qui sont en fait les plus dangereux et qui consistent dans la destruction humaine et matérielle de la Syrie, la destruction de l’Etat, de ce pays arabe essentiel qui constitue le pilier et la tente de la résistance.

Sayed Moustafa était fortement convaincu de la justesse de cette bataille. Ce n’était pourtant pas facile pour une personne de tout quitter au Liban, de s’éloigner de sa famille et de ses responsabilités habituelles pour mener cette bataille. Il aurait même pu rester au Liban et diriger d’ici la bataille tout en continuant à assumer ses responsabilités. Mais il a choisi de le faire différemment. Et depuis le début, sayed Moustafa et ses semblables, ceux qui sont morts en martyrs et ceux qui sont encore vivants ont compris la véritable nature de cette bataille et ses résultats.

Aujourd’hui, la victoire est encore au bout du chemin. Le sang pur de sayed Moustafa a donné un nouvel élan à nos frères pour être encore plus présents dans les fronts en Syrie. Cette présence a contribué à la victoire à Alep qui a changé le rapport des forces, jusqu’à la bataille de Deir Ezzor ; du désert syrien et de Bou Kamal. Aujourd’hui, l’armée syrienne mène ses dernières batailles à Yarmouk, Kadm et Hajar Assouad. Il aura bientôt libéré tout l’environnement de la capitale et au rif de Damas des combattants pour lesquels des centaines de millions de dollars ont été dépensés dans le but de menacer Damas et faire chuter l’Etat syrien et son gouvernement. Alors que nous nous approchons de cette victoire déterminante, nous avons en mémoire nos martyrs et en particulier nos chefs martyrs, notamment sayed Moustafa Badreddine qui disait : je ne reviendrai de Syrie que martyr ou portant le fanion de la victoire. Je l’ai dit auparavant et je le répète aujourd’hui : Sayed, mon frère, mon ami, tu es revenu en martyr et portant le fanion de la victoire. Il a donc réalisé son vœu et sa promesse.

Je lui dis donc : tu es revenu au pays en martyr et porteur de la victoire. De là où tu es, chez Dieu, tu peux être rassuré et avoir l’âme en paix. Les victoires pour lesquelles tu as œuvré, que tu espérais et que tu as planifiées sont en train de se réaliser, avec la contribution de tes fils, tes frères et ceux que tu aimes.

Entre parenthèses, je tiens toujours à préciser  que la véritable victoire est réalisée en premier lieu par les Syriens eux-mêmes, le commandement, l’armée et le peuple syriens. Les alliés, avec leurs moyens et leurs volumes différents ont eu l’honneur de participer à cette victoire.

Après cette introduction consacrée à notre cher frère et aux dossiers dont il avait la charge, il est bon d’évoquer ce que prépare l’administration américaine dans la région. Je vais commencer par le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien qui va me ramener vers la Palestine à laquelle je consacrerai la seconde partie de mon discours.

Je ne vais pas faire de l’analyse et étudier les raisons qui ont poussé Trump à se retirer de l’accord sur le nucléaire. Je souhaite simplement tirer la leçon de cette attitude parce que cela est utile pour nous en tant que peuple libanais et que peuple palestinien en premier lieu. Ensuite cela peut être utile aux peuples de la région et à leurs gouvernements ainsi qu’au monde. Il faut comprendre comment se comporte l’administration américaine qui se considère comme la principale force dans le monde. Il faut savoir qui elle est et comment elle agit, car cela est lié à la culture politique et à la conscience politique bien plus qu’au développement politique.

Aujourd’hui, l’administration américaine, car il ne s’agit pas seulement de la décision de Trump, mais celle du gouvernement et de l’institution américaine au pouvoir, prouve que tout ce qui l’intéresse dans le monde, ce sont ses intérêts propres et ensuite ceux d’Israël. Point à la ligne.

En d’autres termes, pour les gouvernements américains successifs, il n’y a pas de place pour les valeurs humaines et morales. Aujourd’hui, les Palestiniens manifestent pacifiquement à Gaza et en Cisjordanie. Il y a des dizaines de martyrs jusqu’à présent ainsi que plus d’un millier de blessés tombés au cours des dernières semaines. Mais cela ne compte absolument pas pour l’administration américaine. Et si quelqu’un tente de recourir au Conseil de sécurité, le véto américain est prêt pour faire obstacle à toute condamnation. Tout ce qui s’appelle les droits de l’homme, les valeurs morales sont des mots creux et n’ont aucune place dans les décisions américaines.

Concernant les résolutions internationales et le droit international que l’on nous demande constamment de respecter (vous verrez que ce sera le cas lorsque nous devront rédiger la déclaration ministérielle, on nous demandera de nous engager de nouveau à respecter les résolutions internationales), la principale force mondiale ne les respecte pas. Cette puissance ne respecte même pas les résolutions internationales qu’elles ont contribué à élaborer et sur lesquelles elle était d’accord. Mais lorsque cette résolution ne sert plus ses intérêts, elle la laisse tomber.

Tous les accords, les traités et els conventions n’ont aucune valeur morale et légale pour les gouvernements américains successifs. Ils signent des conventions et des traités lorsque cela les arrange et s’en retirent lorsque cela les arrange. Je ne parle pas ici de la Convention sur le climat, ni des accords sur le Commerce international. Je m’en tiens aux accords qui concernent notre région. Autrement dit, nul ne peut avoir confiance dans les engagements et les résolutions des Etats-Unis. Aujourd’hui, ils essaient de duper le président de la Corée du Nord en lui disant que s’il détruit ses installations nucléaires, les compagnies américaines seront autorisées à faire des investissements en Corée du Nord. S’il les croit et fait ce qu’ils lui demandent, son pays connaîtra le même sort que la Libye. On lui dira ainsi : il faut faire des élections spécifiques pour que les compagnies américaines puissent s’installer chez vous. Il faut respecter les droits de l’homme et ainsi de suite, le vaste processus de chantage commencera.

Libanais, Palestiniens, peuples de la région, on ne peut pas avoir confiance dans les Américains. Un proverbe dit qu’on ne peut pas être piqué deux fois de la même manière. Mais les Américains nous piquent des milliers de fois. Ils piquent le monde des milliers de fois. On ne peut pas avoir confiance en eux. Je ne cite pas des exemples du passé, mais nous les avons vécus.

Les expériences ont aussi montré que les administrations américaines ne respectent pas leurs alliés et ne tient pas compte de leurs intérêts. Regardez ce qui se passe maintenant avec l’accord sur le nucléaire iranien. Les Américains n’ont pas tenu compte des intérêts économiques et sécuritaires européens. Bien entendu, ils n’ont même pas demandé leur avis à leurs agents dans le Tiers-Monde. Mais leurs alliés européens sont de grands pays. Ils n’ont même pas pris la peine de les consulter pour la forme. Comment dans ce cas pourraient-ils tenir compte des intérêts d’Etat dont Trump lui-même dit qu’ils ne tiendraient pas sept jours sans l’aide américaine ? Y a-t-il donc une place pour les intérêts des pays arabes, et du Golfe ainsi que des pays islamiques  dans la tête et le cerveau des Américains lorsqu’ils prennent une décision ? Non.

C’est la principale leçon que nous devons tirer aujourd’hui du retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire iranien. Je ne vais pas parler des conséquences de ce retrait/ Ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que nul, dans notre région, ne devrait lier son avenir et ses choix en se basant sur l’appui américain et les engagements américains, dans un petit ou un grand dossier.

Comme c’est aujourd’hui la Journée de la Palestine, je voudrais préciser une chose. Lorsque Trump a annoncé le transfert de son ambassade de Tel Aviv vers Jérusalem, l »Autorité palestinienne ou le négociateur (je ne souhaite pas citer de noms) a annoncé qu’il n’accepterait plus de mener de nouvelles négociations via le médiateur américain, car celui-ci n’est pas neutre. Ils lui ont dit : que voulez-vous alors ? Il a répondu : des négociations comme celles du nucléaire iranien menées par les 5 pays plus 1, car il y aurait ainsi des garanties internationales. Aujourd’hui, je voudrais lui rappeler le sort de l’accord sur le nucléaire, qui avait été aussi approuvé à l’unanimité par les membres du Conseil de sécurité.  Il n’y a donc pas de garantie possible, ni le Conseil de sécurité, ni les pays 5 plus 1, ni la Chine, ni la Russie. Que personne ne se fasse d’illusions. Cette voie ne mène nulle part.

Le second sujet nous ramène aussi vers la Palestine, il s’agit de la récente confrontation qui a eu lieu dans le Golan occupé avec les Israéliens. La semaine dernière, il y a eu une confrontation très importante en Syrie, qui a été appelée «la nuit des missiles». Ce qui s’est passé cette nuit-là, et jusqu’à l’aube, est porteur d’importants indices sur la nouvelle orientation du conflit israélo-arabe et des développements dans la région. Je vais en parler un peu  car nous avons vu au cours des derniers jours une tentative israélienne, relayée par des médias du Golfe, de déformer les faits et de présenter ce qui s’est passé comme une grande victoire pour Israël. Certes, on peut transformer une défaite en victoire par la ruse et le mensonge. C’est hélas devenu une des particularités de certains médias arabes et du Golfe spécifiquement. Par exemple, dans cette confrontation, des médias du Golfe ont annoncé la mort de 23 martyrs, dont la moitié serait iraniens. Ce chiffre est totalement faux. Même les Israéliens ne l’ont pas donné.  Mais des médias du Golfe et certaines chaînes satellitaires ainsi que des chaînes libanaises l’ont relayé. La vérité est que suite à cette confrontation, il y a eu 3 martyrs de l’armée arabe syrienne. Cela a été officiellement annoncé en Syrie.

Je reviens au développement lui-même. Si l’on ajoute «la nuit des missiles» à la chute de l’avion israélien il y a quelques mois, cela donne des développements de la plus haute importance. Cette nuit-là, et pour la première fois depuis le cessez-le feu au Golan en 1973,  des positions israéliennes dans le Golan occupé ont été la cible de tirs de missiles d’un si grand nombre et avec une telle intensité. Nous parlons du Golan occupé que les Israéliens cherchent nuit et jour à annexer à l’entité israélienne en obtenant une couverture internationale pour cela. Je vais être précis. Cette nuit-là, les Israéliens ont parlé de 20 missiles, ajoutant que la plupart ont été interceptés. En réalité, 55 missiles ont été lancés, certains d’un gros calibre. D’importantes explosions ont été entendues  dans le Golan et au Nord de la Palestine. Les habitants des colonies sont descendus aux abris. Ils n’avaient plus connu une telle peur depuis 1973. L’ennemi a reconnu avoir des pertes, mais il est resté discret sur les cibles atteintes et il a voulu minimiser l’importance de l’attaque en parlant de 20 missiles. Il a riposté par des bombardements sur des positions qui avaient été évacuées et les défenses anti-aériennes syriennes ont riposté à leur tour. Tout comme elles l‘avaient fait lors de l’attaque tripartite sur la Syrie et plusieurs missiles israéliens ont été interceptés. Les missiles syriens ont survolé Tibériade, Safad, Métoulla et même Habbariyé au sud du Liban ce qui a contraint les Israéliens à utiliser les missiles Patriots pour les intercepter. Il s’est donc agi d’une véritable confrontation.

Les Israéliens ont pris soin de bien choisir leurs cibles lorsqu’ils ont riposté, en visant des positions évacuées  ou vides et après avoir effectué les bombardements, il a contacté l’UNDOF (les forces de l’Onu présentes dans el Golan) pour qu’elles disent aux Syriens que concernant les Israéliens, l’opération est terminée. Nous le savons, car nous suivions minute par minute, les développements cette nuit-là. Ils m’ont ainsi rappelé ce qu’ils faisaient avant 2000 au Liban.

Que signifient ces développements ? En deux mots :

D’abord, cette attaque par missiles est l’une des formes – ce n’est pas la seule- de la riposte à l’agression israélienne continue contre la Syrie et contre ceux qui se trouvent en Syrie, qu’il s’agisse de l’armée syrienne, de la présence iranienne (des conseillers, ou des bases) ou de tout autre allié. Le message ainsi envoyé aux Israéliens et à leur gouvernement a été retentissant. Nous suivons les médias israéliens et nous avons entendu ce qu’ont dit les ministres, les députés et même la rue. Je crois aussi que les habitants des colonies dans le Golan et dans le Nord de la Palestine auront quelque chose à dire à ce sujet au gouvernement israélien.

Quel était donc ce message ?  Il s’adresse aux Israéliens et leur dit : si vous croyez que vous pouvez  continuer à bombarder en Syrie, sans recevoir de riposte, vous vous trompez.

Les ripostes seront données au bon moment et au bon endroit. Elles ne seront pas toujours comme celle que vous avez vue, car elles peuvent revêtir plusieurs formes. Mais vous ne pouvez pas continuer à lancer vos attaques en Syrie, sans vous attendre à des ripostes. Il s’agit donc d’une nouvelle étape, dont « la nuit des missiles » a jeté les fondements. D’ailleurs, les débats ont commencé à l’intérieur de l’entité israélienne autour de cette question : « Où nous emmenez-vous ?  Nous ne sommes pas prêts pour aller vers une nouvelle guerre. Ce que vous faites va entraîner des ripostes et ainsi de suite, cela pourrait être le début d’une nouvelle guerre. Ce n’est pas dans notre intérêt. Revoyez vos calculs ».

Nous sommes donc face à une nouvelle étape. C’est cela l’importance de ce qui s’est passé. Les Israéliens doivent revoir leurs calculs en Syrie. Après la chute de l’avion israélien, nous avons d’ailleurs vu que l’armée de l’air israélienne a pris de nouvelles mesures et fait de nouveaux calculs.

Après « la nuit des missiles », les Israéliens vont donc revoir leurs calculs. Je ne dis pas qu’ils ne vont rien faire, mais ils vont faire de nouvelles estimations.

Ensuite, la riposte syrienne a eu lieu en dépit des menaces israéliennes. Vous vous souvenez de ces menaces  qui se sont multipliées pendant trois semaines et qui disaient : s’il y a une riposte, nous ferons ceci et cela, nous détruirons etc. Pourtant, après la riposte, il n’y a rien eu. Ils n’ont même pas osé tendre la main vers certaines lignes rouges en Syrie. Je vais vous divulguer un secret : l’ennemi israélien a été averti par une partie internationale que si la riposte israélienne en Syrie devait dépasser les lignes rouges, le second bombardement viserait la Palestine occupée et non le Golan.  C’est la raison pour laquelle les Israéliens se sont calmés et ont contacté l’UNDOF, pour dire que l’opération est terminée, en dépit des menaces proférées auparavant. Toute cette période de menaces et de bombardements en toute liberté est donc terminée.

De plus, en dépit de l’activité sécuritaire, au niveau des services de renseignements et de surveillance israéliens pendant les jours qui ont précédé l’attaque des missiles, en principe pour empêcher le lancement de ces missiles, ceux-ci ont été envoyés et les Israéliens n’ont pas pu empêcher cela. C’est donc un échec militaire de plus à mettre à l’actif de l’armée israélienne.

De même, les Israéliens avaient mobilisé toutes leurs forces de défenses et ils avaient renforcé le bouclier d’acier avec des missiles Patriots, sachant que la riposte aurait lieu sur le Golan, ils étaient en état d’alerte extrême et malgré cela, ils n’ont pas pu empêcher un grand nombre de missiles d’atteindre leurs cibles, des positions israéliennes militaires dans le Golan.

L’expérience a montré l’ampleur des mensonges proférés par le commandement israélien qui ne cesse d’affirmer que le front interne est prêt pour toute confrontation. Les Libanais, les Syriens, les Palestiniens et toute la région, nous savons que c’est faux, l’expérience l’a montré. Les Israéliens ne sont pas prêts, ni sur le plan moral, ni sur le plan logistique ( les abris) ni concernant les moyens militaires. Il y a d’ailleurs eu un scandale sur ce sujet et il fait partie des raisons qui ont poussé les Israéliens à stopper le processus d’escalade.

Toujours dans les indications données par ce qui s’est passé, il est clair que les Israéliens ont besoin de couvrir leurs mensonges. Lorsque Lieberman a parlé de 20 missiles et qu’il a ajouté que les Israéliens ont détruit toutes les bases iraniennes militaires en Syrie (Ce qui est totalement faux), le lendemain des responsables israéliens ont déclaré que s’il se passe quelque chose, nous détruirons toutes les bases militaires iraniennes en Syrie. Mais n’était-ce pas déjà fait ???

Indépendamment du fait qu’il y a ou non des positions en Syrie où se trouvent des experts et conseillers iraniens, l’insistance des Israéliens à amplifier leur riposte tout en minimisant l’attaque montre qu’ils veulent dépasser ce développement.

Un dernier point dans ce dossier, avant de passer à la Palestine, c’est la position décevante et honteuse du Golfe. Par exemple, le ministre des Affaires étrangères du Bahrein a déclaré qu’Israël a le droit de se défendre ! Que dire de cela ? Il n’y a plus de décence, de valeurs, de morale ou de religion. J’ignore comment on peut qualifier cette déclaration ? C’est abject. C’est le pire de ce qu’on pouvait attendre d’un Arabe. Israël a donc le droit de riposter en Syrie, de tuer, de détruire et tout cela pour se défendre ? Celui qui dit cela reconnaît donc que le Golan appartient à Israël ?  Cela s’est passé au Golan, espèce d’idiot, de traître, d’abruti. En tout cas, la présence d’un tel ministre et d’un tel pouvoir à Bahrein  est l’une de spires injustices de l’Histoire contre le peuple de ce royaume. Celui qui exprime la position de Bahrein, c’est son peuple et les gens sont descendus dans la rue pour critiquer les propos du ministre des Affaires étrangères.  Ce niveau d’inféodation aux Américains et aux Israéliens, ce niveau de bêtise sont incroyables. Mais on pourra dire qu’on a tout vu !  Beaucoup ont pu s’attendre à ce que certains Arabes soient des traîtres, des gens sans dignité, des sots, mais nul n’aurait pu imaginer que cela atteindrait un tel niveau.

Ce qui compte dans cette partie du discours, c’est que nous nous trouvons devant une nouvelle étape en Syrie, ainsi que l’ensemble de l’axe de la résistance. Ce qui s’est passé c’est que le prestige des Israéliens a été terni, notamment celui de l’armée de l’air, avec la chute de l’avion israélien il y a quelques mois. C’est d’autant plus vrai qu’il y a quelque temps encore, si quelqu’un osait pointer son doigt vers le Golan, les Israéliens menaçaient de le couper. Aujourd’hui, après « la nuit des missiles », ni le commandement syrien, ni l’armée syrienne, ni le peuple syrien, ni les alliés de la Syrie ne permettront que la Syrie soit à la merci des agressions israéliennes et ils sont prêts à aller le plus loin possible.

Ce qui s’est passé cette nuit-là est une protection de la Syrie, de sa souveraineté avant d’être une vengeance pour les martyrs. Notre responsabilité à tous est de consolider cette nouvelle équation dans le conflit. C’est une équation très importante et influente sur le cours du conflit.

Dans le dossier palestinien,  (Il est vrai que tout ce que nous disons est en rapport avec la Palestine), demain, c’est le 70 ième anniversaire de la nakba, la nakba de la Palestine, et celle de tous les Arabes, des musulmans et de la oumma. C’est une nakba pour l’humanité car ce qui s’est passé il y a 70 ans et qui se perpétue encore aujourd’hui est une honte pour l’humanité, les Etats du monde les gouvernants du monde et les organisations internationales. Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza, des dizaines de martyrs, plus d’un millier de blessés est une continuation de ce qui s’est passé il y a 70 ans. Mais en 70 ans, les Palestiniens n’ont pas renoncé à leur cause. Ils ont peut-être eu des divergences sur certaines options, mais aucun d’eux n’a accepté que la cause palestinienne soit liquidée ou qu’elle soit réglée à un certain niveau, loin de leur lutte, de leur combat et de leurs martyrs. Nous sommes aujourd’hui devant un nouveau défi très grave sur le dossier palestinien que l’on appelle « le deal du siècle ».  On dit que Trump fera l’annonce des détails de ce deal dans le courant du mois de mai. Je ne dispose pas d’informations particulières sur le sujet. C’est ce qui se dit dans les médias. . Au cours des prochaines semaines, Trump devra donc annoncer les détails de ce « deal » qui est la solution américaine pour la cause palestinienne. Il y aura donc un, deux, trois ou quatre points. Les Palestiniens, les Arabes et les musulmans doivent les accepter et signer, sinon tant pis pour eux.  Car ils leur seront imposés. J’ai oublié de préciser dans la première partie que les américains prennent les décisions qui servent leurs intérêts et si quelqu’un les refuse, il sera puni, même s’il s’agit d’un allié. Trump ne compte donc pas faire des propositions, mais annoncer sa solution. Si vous l’acceptez c’est tant mieux. Mais si vous la rejetez, il vous combattra et cherchera à vous l’imposer. C’est cela le danger qui menace aujourd’hui la cause palestinienne. Cela a commencé par la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Il avait fait l’annonce et laissé entendre que l’exécution prendrait un an ou deux. Mais il l’a appliquée rapidement, quitte à prendre à la va-vite un bâtiment modeste à Jérusalem pour y transférer l’ambassade.

Quel est donc le projet aujourd’hui ? Ce n’est plus un secret qu’il n’y a plus de Jérusalem est et ouest. Il n’y a aucun respect pour les lieux sacrés pour les chrétiens et les musulmans. Pour aller à la mosquée Al Aqsa et pour aller à l’église de la Nativité, il faut voir Netanyahu. C’est clair.

Deuxièmement, il n’y a aucune possibilité de retour chez eux des réfugiés palestiniens. Soit ils seront installés dans les pays d’accueil soit ils seront transférés ailleurs. Pas de retour pour eux.

Troisièmement, l’Etat palestinien c’est Gaza. C’est cela l’Etat palestinien historique qui faisait deux fois la superficie du Liban ou même plus.

Quatrièmement, une formule sera trouvée pour la présence palestinienne en Cisjordanie, une forme d’autonomie ou d’administration locale rattachée à l’Etat de Gaza. Je n’ai pas de détails sur ce point.

Cinquièmement, une paix globale qui demandera aux Etats arabes et islamiques de reconnaître Israël et d’établir des relations avec lui, de les normaliser. Et celui qui refusera de le faire fera l’objet de sanctions, de blocus, de pressions et de complots. Il faut être prêt, « le deal du siècle », c’est la liquidation de la cause palestinienne.

Soyons réalistes. Trump est sérieux dans son choix et les choses vont normalement dans le sens qu’il a choisi. Que devons-nous faire ? , Nous, les musulmans, les Arabes, les chrétiens et les gens honnêtes et porteurs de valeurs dans cette région ?  Ce qui se passe c’est un processus qui accompagne l’annonce de ce plan. D’abord, les pressions sur l’Iran qui sont aujourd’hui à leur apogée. Nous, au Liban, en Palestine et en Syrie, nous ne sentons peut-être pas cela, mais les pressions sur l’Iran sont à leur apogée. Au niveau financier et économique pour faire chuter la monnaie iranienne et ébranler la situation économique interne pour soulever la population contre le gouvernement et le régime et y changer ainsi la donne.

L’apogée des pressions sur l’Iran, c’est le retrait de l’accord sur le nucléaire, la reprise des sanctions et la menace de les augmenter en y ajoutant de nouvelles.

S’agit-il d’une pure question nucléaire ? Ils savent bien qu’il n’y a pas de nucléaire militaire en Iran. Trump lui-même a déclaré de quoi il s’agit. Je n’ai donc pas besoin de faire des analyses et des spéculations. Il a parlé de l’arme nucléaire, mais il sait qu’il ment. Il a parlé des missiles balistiques en second lieu et en troisième lieu, il a parlé de l’appui de l’Iran au Hezbollah et à Hamas, donc à la Palestine.

Autrement dit, le problème de Trump avec l’Iran n’est pas seulement au sujet du nucléaire, ni des missiles balistiques, leur portée, leur nombre et leur fabrication, il est surtout dans l’appui aux mouvements de résistance dans la région.

Lorsque Trump parle du Hamas, il ne vise pas seulement ce mouvement. L’Iran se tient en effet aux côtés de tout le peuple palestinien, de toutes les organisations palestiniennes et appuie tous ceux qui croient dans l’option de la résistance en Palestine.

Toutes ces pressions sur l’Iran ont donc un autre objectif. L’Iran veut que nous revenions à l’accord sur le nucléaire ? Elle veut que nous cessions de lui imposer des sanctions ? Elle veut que nous cessions de faire pression sur sa monnaie face au dollar ? Elle veut que nous permettions aux entreprises européennes de continuer  investir chez elle ? Qu’elle laisse la Palestine et qu’elle cesse son appui aux mouvements de résistance.

Les pressions sur l’Iran viennent donc en premier. Mais il y a aussi des pressions sur la Syrie pour l’occuper. La Syrie s’approche actuellement de la victoire. Tantôt ils utilisent les armes chimiques pour proférer des menaces et même bombarder. Et si Trump n’avait pas certaines craintes, il aurait bombardé plus.  Les Américains veulent donc que le commandement syrien, le président Bachar Assad, l’Etat syrien, l’armée et le peuple continuent à souffrir de cette guerre d’usure, afin de maintenir la Syrie hors de l’équation.

Il y a aussi des pressions sur les mouvements de résistance dans la région, en particulier au Liban. Ils nous ont imposé des sanctions bancaires et nous menacent d’une nouvelle loi de sanction qui serait adoptée au Congrès. Toutes les personnes ayant un lien avec le Hezbollah sont menacées financièrement. Nous avons déjà évoqué ce sujet. Mais ce qui augmente maintenant ce sont les menaces de faire une guerre qui ramènerait le Liban à l’âge de pierre. Nous entendons désormais régulièrement cela. C’est pour dire aux Libanais et au Hezbollah : restez sages, tenez-vous à l’écart et cessez de dire que vous voulez appuyer les Palestiniens de diverses façons. Il y a donc des pressions sur le Liban.

Enfin, il y a aussi le blocus imposé aux Palestiniens à Gaza. Il y a une véritable volonté de les affamer. La situation de Gaza se rapproche de plus en plus de la tragédie vécue par les Yéménites. Elle est donc devenue aussi difficile que cela. Le moment où les gens n’auront plus d’argent pour acheter de la nourriture se rapproche. . Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’on cherche à faire plier Gaza en l’affamant pour qu’elle accepte les compromis proposés ou sinon, il y aura une explosion interne.

Les commandements de la résistance à Gaza ont bien fait en réussissant à transformer la menace d’explosion interne en occasion de lancer « les marches du retour », qui atteindront leur apogée demain. En tout cas, elles se poursuivront, car elles font partie d’une vision et d’un projet.

Il y a aussi des pressions sur tous les Palestiniens, l’Autorité, l’OLP, l’intérieur et la diaspora, il y a des pressions morales, psychologiques, financières, un blocus, tout !

Ce que le Palestinien doit faire aujourd’hui, c’est de prendre conscience combien sa signature est chère et importante. Car tout ce qui est fait actuellement vise à la lui arracher.

Malheureusement, en plus de toutes ces pressions, il y a un appui grandissant arabe et en particulier du Golfe au projet américano-israélien dans le cadre du « deal du siècle ».

Le pire accompli par certains Etats du Golfe se résume en deux points : d’abord la couverture religieuse et dans la charia et ensuite la création d’un nouvel ennemi l’Iran tout en cherchant à entraîner la région dans une guerre contre elle.

Concernant la couverture religieuse, il faut rappeler certains points.

Lorsque le président égyptien Anouar Sadate a signé la paix avec Israël, il a agi en tant que chef d’Etat laïc, dans un acte politique. Il n’a pas affirmé que la religion le Prophète et ses préceptes l’exigent. Il s’est contenté d’une boutade en utilisant une formule du Coran, mais cela s’est arrêté là.

Même chose lorsque le roi de Jordanie  Hussein a conclu la paix de Wadi Araba avec Israël. Il n’a pas appelé à l’aide l’institution religieuse, ni il s’est basé sur la religion. Il a représenté un Etat qui, dans un acte politique a signé une paix avec Israël.

Aujourd’hui, le problème, c’est que l’Arabie saoudite est entrée dans le jeu et elle fait appel au mufti et à la religion pour justifier ce qu’elle fait ou veut faire. L’émir ben Selmane l’a dit : la Palestine est un droit pour les juifs. Il revient à leurs pères et grands-pères. C’est Dieu qui le leur a donné. Le Coran le dit. Et c’est là de la désinformation.

J’ai vu l’autre jour un idiot qui se donne le titre de spécialiste en stratégie du Golfe. Il disait que le Coran cite 38 fois Israël et ne parle jamais de la Palestine. Ce qui signifie selon lui que la Palestine est aux juifs. Les Palestiniens n’ont rien à y voir. Ils doivent rendre ce droit à ses propriétaires.

Donc, lorsque l’Arabie saoudite s’est emparée du dossier, la religion, l’Histoire et la promesse divine ont donné le droit sur la Palestine aux juifs. C’est comme si les musulmans avaient occupé la Palestine pendant des siècles avant 1948 privant les juifs de leur droit sur cette terre. Nous devons donc la leur rendre, nous excuser et leur verser des indemnités. L’émir Ben Selmane les versera d’ailleurs.

C’est ce qui se passe aujourd’hui. Je discutais l’autre jour avec un de nos grands frères, un uléma sunnite et je lui ai dit : si l’un de vous a un contact avec l’Arabie, il doit dire aux gens là-bas que celui qui est entré en Palestine et qui a libéré Jérusalem en l’introduisant dans le grand état islamique c’est le calife Omar ben Khattab. Les Saoudiens devraient donc être plus prudents dans leurs allégations historiques.

Malheureusement, nous en sommes arrivés là. J’ai entendu un grand saoudien dire à la télévision que nous devons reconnaître que comme La Mecque est une ville sainte pour nous, Jérusalem est une ville sainte pour les juifs.

Cette noblesse, cette générosité arabe nous ne la percevons hélas qu’envers l’ennemi. Et c’est cela le pire.

Concernant le second point, les Saoudiens et d’autres Etats du Golfe sont prêts à verser des milliards de dollars aux Etats-Unis juste pour qu’ils lancent une guerre contre l’Iran, loin de la Palestine et de la cause palestinienne.

Aujourd’hui, nous devons tirer les leçons du passé, depuis 1948 jusqu’à aujourd’hui, en Palestine, au Liban, en Syrie, tous les peuples de la région, le peuple iranien est aujourd’hui au cœur du défi, il n’y aucune aide à attendre du droit international et des organisations internationales.

Nous pouvons désormais y ajouter qu’il ne faut pas non plus miser sur les régimes arabes. Je parle de notre expérience et de celle des Palestiniens.

Il faut donc parier sur nos peuples et sur la position de certains Etats, sur les mouvements de résistance. C’est cela qui donne des résultats et qui peut changer l’équation.

Je ne dis pas cela pour donner de l’espoir. Je me base sur les expériences pour dire que les espoirs sont ouverts et en grand.

Il nous est demandé une position claire dans deux endroits, la Palestine. Il n’est pas demandé au peuple palestinien de lancer une guerre ou même une intifada armée. L’intifada populaire, il la mène d’une certaine façon. Mais ce qui lui est demandé c’est de saboter « le deal du siècle ». Certes, en descendant dans la rue, les Palestiniens ont déjà commencé à détruire ce «deal».

Mais ce qui empêche la conclusion de ce deal, même si le monde entier donne son aval, c’est l’absence de signature palestinienne, ni celle du président de l’Autorité, ni celui de l’OLP, ni le Fatah, ni le Hamas, ni le Jihad, aucune partie palestinienne. Aucun Palestinien qui peut se présenter comme le représentant de ce peuple ne doit apposer sa signature sur ce deal.

Si les Palestiniens ne signent pas, il ne se passera rien. Israël occupe la Palestine, le Golan et une partie du Liban depuis longtemps, mais la cause n’est pas morte et les mouvements de résistance se sont amplifiés. Ils sont devenus plus forts et plus éveillés, plus conscients des réalités.

Les dirigeants n’ont pas changé. Ils sont désormais à découvert. Le Palestinien ne doit donc pas signer, même si des milliers de Trump et autant de Netanyahu cherchent à lui imposer de le faire pour liquider la cause palestinienne.

La seconde position concerne l’axe de la résistance, la République islamique d’Iran, la République arabe syrienne, le Liban, l’Irak, le Yémen et les peuples de Bahrein, dans l’Afrique du Nord, de Tunis à l’Egypte, des partis, des Etats, tout cet axe doit tenir bon. Il ne doit pas plier, même s’il faut l’objet de sanctions et d’un blocus et de pression sur ses monnaies, même si la guerre en Syrie se prolonge, ainsi qu’au Yémen. Même si les gens sont spoliés de leurs droits et emprisonnés, cet axe doit continuer à être attaché au droit et ne pas céder. C’est ce qui est demandé et nous parviendrons à surmonter cette étape.

En 1996, le monde entier s’est réuni à Charm el Cheikh et on avait dit à ce moment que le compromis a été conclu. Le dossier palestinien était clos et le monde avait décidé. Mais les confrontations qui ont eu lieu au Liban, en Palestine, en Syrie et en Iran ont changé la donne. Nous sommes en 2018 et en 1996 on disait que la cause palestinienne était terminée.

On dit aujourd’hui que le projet actuel repose sur trois piliers Trump, Netanyahu et Mohammed ben Selmane.  J’ai emprunté ces mots à d’autres. Ce ne sont pas les miens. Mais si l’un de ces trois piliers tombe, il se peut que le projet tout entier s’en ressente. Mais faisons preuve de réalisme politique : Trump est ébranlé par les scandales et les problèmes et nul ne sait où il peut entraîner le monde et les Etats-Unis, Netanhyau est aussi encerclé par les dossiers de corruption et il cherche à faire des réalisations politiques pour se sauver des scandales financiers.

Source : Les Relations médiatiques du Hezbollah, traduit par Alahednews

 

 

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