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Discours du 7 mai 2018, après les élections du 6 mai

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Au nom de Dieu

Je voudrais parler bien entendu des élections législatives et de leurs résultats.

Mon discours est divisé en trois parties :

  1. Une première lecture des résultats et de leur signification
  2. Un appel pour ce qui va se produire et ce qui est requis
  3. L’expression des remerciements, de la satisfaction et de l’appréciation des électeurs qui ont montré qu’ils sont vraiment des gens fidèles et loyaux.

Discours du 7 mai 2018, après les élections du 6 mai

  1. Il faut préciser que la tenue des élections est en elle-même une réalisation nationale, après neuf ans et plus d’une prorogation du mandat du Parlement. La tenue des élections, indépendamment de la loi, des détails et de certaines failles, je veux voir le côté positif, est une grande réalisation nationale qu’il faut mettre à l’actif du Liban. Et si l’on veut être plus juste, cette réalisation est à mettre à l’actif du président de la République, le général Michel Aoun, car il avait fait cette promesse dans son discours d’investiture.

Il faut aussi mettre en évidence le rôle du gouvernement libanais, de toutes les forces politiques et de toutes les couches populaires qui ont coopéré pour tenir ces élections en en faire une réussite. Car, il arrive en général, dans certains pays que suite à une opposition à la  loi électorale, certaines parties appellent au boycott du scrutin. Au Liban, il y avait donc une unanimité nationale pour la tenue des élections. Nous, en tant que Libanais, devons nous arrêter sur ce point positif.

2-Nous devons élaborer cette loi, celle du mode de scrutin proportionnel qui a constitué une grande chance pour plusieurs forces politiques et de nombreuses personnalités et groupes pour participer et se faire représenter au Parlement, en dépit des critiques formulées pendant la campagne et qui étaient généralement dues au refus de certains points.

Nous devons améliorer cette loi, car je ne cache pas qu’il existe des failles et des lacunes qu’il faut revoir. Il peut même y avoir des points essentiels à revoir, comme le découpage des circonscriptions. Nous disions toujours que nous voulons que le Liban soit une circonscription unique. Il est en tout cas tout-à-fait légitime pour le gouvernement et pour le Parlement d’étudier, d’analyser et de revoir certains points. Mais je le dis dès maintenant, il n’y a aucune possibilité de retour en arrière, c’est-à-dire à toute forme de mode de scrutin majoritaire. La représentation est plus équitable et meilleure dans le mode de scrutin proportionnel.

A cet égard, je voudrais revenir sur un point. Il a été dit pendant la campagne électorale, que cette loi était destinée à exclure telle partie. Avec tous mes respects, je peux dire qu’il est impossible de nous exclure et d’exclure toute autre partie car le mode de scrutin proportionnel est justement destiné à éviter les exclusions, alors que le mode de scrutin majoritaire les permet. Il y a certes des améliorations à faire au sujet du découpage des circonscriptions et d’autres détails.

Nous disons que le mode de scrutin proportionnel donne à chacun son poids véritable. Mais en raison de certains autres points de la loi, il est possible que certains obtiennent plus ou moins que leur poids véritable.

L’exclusion dans ce mode de scrutin est inhabituelle. Par conséquent, je ne crois pas que parmi les forces politiques qui ont mené la bataille électorale, il y en avait qui voulaient exclure d’autres qui ont un poids réel.

3-Un autre point positif qu’il faut relever : la question sécuritaire. En général, dans la région et dans les pays dits du tiers monde, lorsqu’il y a des élections, il y a aussi des problèmes et des incidents. Cela se produit aussi parfois en Occident. Or, au Liban, la situation sécuritaire était excellente. L’Etat libanais a pu organiser les élections dans toutes les circonscriptions en un seul jour, alors qu’auparavant, les élections étaient étalées sur plusieurs semaines. Les élections ont donc eu lieu en un seul jour. C’est une grande réalisation à mettre à l’actif de l’Etat, de l’armée et des services de sécurité. Il y a bien sûr eu quelques erreurs et lacunes qu’il faut étudier et traiter, mais il faut prendre le paysage dans son ensemble.

La situation sécuritaire était bonne pendant la campagne électorale et le jour des élections ? Pendant la campagne, certaines personnalités avaient laissé entendre qu’elles étaient visées et se comportaient en tant que telles et cela constituait une sorte d’incitation contre les autres, relayée par des médias arabes, mais il est apparu que tout cela était faux. Les gens ont pu se déplacer en toute sécurité, d’un village à un autre, d’un quartier à un autre. Pourtant, certaines personnalités disaient qu’elles ne pouvaient pas se déplacer en invoquant la situation sécuritaire dangereuse. Mais la réalité a montré que ce n’était pas le cas, toutes les personnalités ont pu se déplacer dans la moitié du pays en une seule journée. C’est un constat positif au sujet de la sécurité dans le pays.

La seule personne qui, en raison du facteur israélien, ne peut pas se déplacer parmi les gens, c’est votre esclave. Mais en général, même les personnalités qui étaient dans la sphère de danger et qui prenaient des mesures de sécurité spéciales ont pu se déplacer. C’est un point positif sur lequel il faut s’arrêter et que nous devons conserver et auquel nous devons rester attachés, nous les Libanais et tous ceux qui résident au Liban.

Deux bienfaits sont souvent ignorés : la santé et la sécurité. La sécurité dont bénéficie le Liban est un bienfait inestimable et nous, Libanais, nous devons la préserver, par notre comportement et nos propos. Nous ne devons pas l’ébranler ou la perdre. C’est une grande responsabilité qui repose sur nos épaules.

4-Pendant la campagne électorale, dans mes discours et dans ceux du président de la Chambre Nabih Berry, nous avons insisté sur l’importance d’avoir un bloc parlementaire important. Pourquoi ? pour deux raisons : la première pour protéger politiquement la résistance, ainsi que l’équation : armée-peuple-résistance. Cela exige un bloc important au Parlement et une présence au gouvernement et dans les institutions de l’Etat en général.

La seconde raison, c’est que lorsqu’on a un bloc important au Parlement, il y a une possibilité réelle d’exécuter les programmes électoraux, que ce soit au sujet de la réforme financière, ou administrative, ou encore au sujet de la situation sociale et économique, au sujet de l’édification de l’Etat et tous les sujets que nous avons déjà évoqués.

En nous basant sur les premiers résultats annoncés par les machines électorales ( nous attendons les résultats officiels car il y a encore quelques urnes , celles des émigrés et des fonctionnaires et des dépouillements encore inachevés), nous estimons que l’objectif annoncé pendant les campagnes électorales a été atteint grâce à Dieu et à la bonne volonté des gens et à leur fidélité ; Nous ne voulons pas devancer les résultats officiels, mais les données que nous possédons nous disent cela.

Aujourd’hui, grâce à Dieu et à la loyauté des gens, nous pouvons dire ce que j’essayais de développer pendant la campagne électorale, que nous abordons la nouvelle étape avec une grande sérénité et une grande confiance. Si nous comptons les forces de la résistance, nos alliés et nos amis, nous pouvons dire que la composition du nouveau Parlement constitue une garantie importante et une protection pour le choix stratégique et pour l’équation en or : armée-peuple-résistance. Nous considérons qu’à l’étape actuelle et en raison des rapports de forces en place et des développements qui se succèdent, cette équation est la meilleure pour protéger le pays, surtout face aux échéances qui nous attendent, dont le dossier du pétrole et du gaz et des frontières maritimes et terrestres. Il faut préciser que selon certaines informations, les Israéliens veulent reprendre la construction du mur en utilisant certaines portions de territoire libanais, en tout cas que nous considérons comme tel. L’ONU considère ces portions comme controversées mais en définitive, dans ces circonstances et avec ces données, l’équation en or est la meilleure garantie de protection du Liban.

Je peux dire que nous avons une présence forte et réelle au Parlement. Nous étions présents dans le Parlement précédent, mais cette fois, c’est encore plus réel. Je ne veux pas parler de majorité et de minorité, je ne parle pas des détails politiques libanais, mais les forces de la résistance ont un poids réel au Parlement, en faveur de notre choix stratégique. Je crois d’ailleurs  que c’est le fait que ce choix soit dans la balance a constitué un motif essentiel pour pousser les gens à se rendre aux urnes. Je vais parler de cet afflux et de sa signification.

De même, cette présence importante au Parlement pourrait permettre d’exécuter certains points des programmes électoraux, s’ils font l’objet d’un suivi sérieux et responsable.

Concernant le point précis du choix stratégique, nous considérons donc qu’il y a donc une victoire politique, morale et parlementaire importante pour l’option de la résistance, son public et son environnement. Cette option stratégique protège la souveraineté du Liban et renforce notre pays. Grâce à Dieu, ces élections ont permis cela.  

5-Un des objectifs recherchés à travers les élections législatives était de nous affaiblir. Je ne dis pas de nous éliminer car dans le mode de scrutin proportionnel, comme je l’ai déjà dit, c’est impossible. Mais on voulait nous affaiblir, dans le cadre de la grande bataille menée contre l’axe de la résistance dans la région.

Au cours des années précédentes, on nous a accusés de tous les crimes, dans des tentatives répétées de ternir notre image auprès des gens. On nous a accusés de faire partie des mafias, de faire le trafic de drogue et le blanchiment d’argent, de voler les voitures, tout ce qui est mauvais et qui peut être dit a été lancé contre nous. Des médias arabes, et en particulier du Golfe, ainsi que certains médias libanais, relayaient ces rumeurs et ces accusations en les prenant pour des faits établis sous prétexte que ce sont les Américains qui les formulaient. On a donc travaillé sérieusement pour ternir notre image.

Les sanctions économiques  et les mesures prises, au Liban, dans le cadre des banques et à l’étranger, à travers l’imposition de restrictions sur des commerçants sous prétexte qu’ils aident la résistance et la pression exercée à travers l’annonce permanente de nouvelles sanctions, tout cela visait à nous affaiblir, en plus des pressions sécuritaires, politiques et économiques, surtout sur les émigrés pour qu’ils n’envoient pas leurs fonds au Liban.

Des pressions ont aussi été exercées sur nos alliés et nos amis pour les pousser à s’éloigner de nous. Mais le plus important, ce sont les pressions exercées sur notre environnement populaire. Ils pensaient qu’à un moment, cette base populaire dira : je n’en peux plus. Elle sera affaiblie et désespérée, fatiguée et à ce moment-là, ils pensent qu’elle ira vers d’autres options. C’est le seul espoir qui leur reste.

Il ne s’agit pas d’analyses. Des congrès ont été organisés sur ce sujet ; le dernier en date avait pour titre : « déchiffrer le Hezbollah » et il s’est tenu aux Emirats. Des experts arabes ; étrangers et libanais y ont été conviés et nous avons eu connaissance des conclusions auxquelles il a abouti.  Des congrès similaires ont été organisés partout dans le monde, des ateliers de réflexion organisés par des ministères des affaires étrangères et des Services de renseignements ont été tenus dans ce même but. L’idée était la suivante : cette résistance au Liban, comment lui régler son compte ? Certains ont proposé de frapper la Syrie. Le travail sur ce choix a commencé après la guerre de 2006. Il y a aussi les pressions sur l’Iran qui finance cette résistance.

Mais au final, en 1982, 1983, 1984 et 1985, la résistance a été lancée au Liban et elle a infligé une grande défaite réelle aux Israéliens qui a constitué le point de départ des défaites qui ont suivi. Elle continue avec des moyens modestes, car elle n’a pas besoin de moyens immenses. Elle est le reflet de la volonté d’un peuple, elle a une solide assise populaire et c’est pour cela qu’elle continue à vivre.

Pour cette raison, tous les efforts se sont concentrés, au cours des congrès, des réunions et des recherches, sur les moyens d’affaiblir la base populaire et l’environnement de la résistance. Il fallait trouver le moyen de la faire douter du commandement, des structures et des cadres. Il fallait répandre des rumeurs de corruption, de négligence, d’incompétence, jeter les étincelles de conflits futurs, soulever les dissensions régionales etc. Tout cela a été tenté et des sommes énormes ont été dépensées dans ce but.  

J’en arrive aux élections et je vous de m’excuser pour ma franchise, car je veux parler de l’environnement chiite en particulier, parce que malheureusement, le pays est divisé sur cette base. Ce qui a été dit à ce sujet n’était pas une bourde ou lapsus. En disant qu’un siège chiite à Baalbeck-Hermel vaut les 127 autres sièges parlementaires. Il ne s’agissait pas d’une erreur.

Qu’est-ce qui était donc en préparation ? Un siège chiite dans l’un des deux grands fiefs du Hezbollah, à Baalbeck-Hermel et au Sud par exemple (dans la banlieue sud, à Jbeil et ailleurs c’est sans doute plus facile) aurait empêché le Hezbollah de trouver des excuses et des explications à cet échec, du genre : nous sommes dans une circonscription mixte, ou nous sommes dans cette circonscription une minorité etc. Le Hezbollah pouvait donner ces explications à Baabda, à Beyrouth et à Jbeil, mais un échec ou plutôt la perte d’un siège chiite à Baalbeck –Hermel ou dans l’une des trois circonscriptions du Sud, il pouvait difficilement lui trouver des explications, car il s’agit de l’environnement et de la base populaire du Hezbollah, ainsi que de la ligne de front, au Sud contre l’ennemi israélien et dans la Békaa contre les groupes terroristes, qui sont aussi manipulés par les Américains et les Israéliens, puisque dans la région sud de la Syrie et au Golan, les Israéliens leur donnent des armes, les protègent, lancent leurs avions pour les aider … Tout cela ne s’appelle-il pas une relation de coordination et de coopération ?

C’est donc pour cette raison que l’un d’eux a dit qu’un siège chiite à Baalbeck-Hermel vaut les 127 autres sièges parlementaires. Le lieu a été spécifié pour être exploité politiquement. Après tout, un siège n’est qu’un siège. Mais l’importance qu’ils y ont accordée – et nous avons lu cela dans les médias du Golfe et même dans certains médias libanais- montre que ce siège a été choisi pour être le symbole d’un mouvement populaire de rejet de la résistance au sein de sa base populaire. Si nous avions perdu un siège chiite à Baalbeck-Hermel, vous auriez entendu aujourd’hui des campagnes en ce sens qui commencent en Arabie et s’étendent jusqu’à l’Arabie, aux autres pays du Golfe, au Liban etc. On aurait dit : voyez la population commence à demander des comptes à la résistance et à la punir, en raison de ses choix stratégiques, parce qu’elle participe aux combats en Syrie etc. En tout cas, sa popularité est en train de baisser et une grande guerre psychologique aurait été menée contre nous sur cette base.

Je peux dire aujourd’hui que ce projet a échoué. Il s’agissait pourtant d’un objectif visé, indépendamment de l’ensemble des élections et des plans préparés contre le Liban, sa composition politique, la composition du Parlement et du gouvernement. Tout cela est réel et important, mais le siège chiite de Baalbeck-Hermel l’était tout autant. Il ne s’agissait pas d’un objectif secondaire, au contraire, on y a travaillé avant et pendant les élections. Et on continuera sans doute à le faire après.

Dieu merci, ce projet a échoué et nul ne peut plus évoquer cette question, car le lieu visé était précisément Baalbeck-Hermel. Aujourd’hui, si on regarde les résultats dans cette circonscription, nous avons obtenu 8 sièges sur dix. Ce qui est normal dans une loi basée sur le mode de scrutin proportionnel. J’avais d’ailleurs déclaré dans nos rencontres avec les frères avant les élections, qu’un tel résultat est normal. Je n’ai pas demandé un état d’alerte maximal pour chercher à obtenir 10 sièges sur 10. La nature de la démographie et la diversité dans cette région qui ont été prises en compte dans la loi proportionnelle favorisaient le fait que deux sièges sur dix aillent à une autre liste. Dans nos estimations, nous avions fait ce calcul et nous pensions qu’un siège ou deux nous échapperaient. Je le dis aujourd’hui ouvertement, mais nous l disions dans nos rencontres internes avant les élections : la bataille véritable est sur le huitième siège. Surtout s’il s’agit d’un siège chiite, car cela serait exploité dans la grande bataille menée contre nous.

En tout cas, je crois que cette vaste campagne menée contre nous a eu un effet contraire sur les électeurs. Par exemple, en 2009, l’un des principaux enjeux de la bataille à Baalbeck-Hermel était le taux de participation, puisqu’il s’agit de la base populaire du Hezbollah. Ce taux avait atteint 54%. Aujourd’hui, il est 63%. Les violentes attaques contre nous ont donc poussé les gens à venir aux urnes au lieu de s’abstenir. Ce phénomène ne s’est pas limité à Baalbeck-Hermel. IL s’est étendu à toutes les circonscriptions où nous étions présents et où nous avions des amis et des alliés. Permettez-moi de développer un peu le sujet chiite. Nos partisans se sont rendus massivement aux urnes dans toutes les circonscriptions, même là où n’avions pas de listes et parfois pas de candidats. Notre public et nos partisans se sont rendus en grand nombre aux urnes. Ce qui signifie d’une part que notre machine électorale est efficace, même dans les circonscriptions où le duo chiite, je dirais le duo national, n’avait pas de candidats ou de listes. Je rends hommage à notre machine qui a accompli un travail immense, surtout dans les circonscriptions où nous n’avions pas de candidats mais où nous avions décidé d’être présents aux côtés de nos amis et de nos alliés, comme à Aley-Chouf et au Metn. Au Kesrouan-Jbeil, nous avions un candidat, à Zahlé aussi. Malgré cela, nos électeurs se sont rendus aux urnes pour faire un choix politique et moral. Nous n’avions pas en fait un intérêt politique direct, mais à cause de la loi électorale, cent, ou quelques milliers de voix peuvent modifier les résultats. C’est pourquoi je peux dire aujourd’hui que notre machine électorale et nos partisans se sont comportés avec grandeur, au service d’un projet global, celui de la résistance, un projet national qui est aussi à l’échelle de la région.

Ce taux élevé de participation est la réponse directe à tous ceux qui disaient  qu’au moins au niveau de son environnement chiite, la popularité du Hezbollah a baissé, les gens sont fatigués et en ont assez. Ces élections ont donc été l’occasion d’envoyer au monde un message contraire. De même, au niveau de la relation avec les amis et les alliés, l’image est différente de celle qu’ont voulu donner certains.

Les élections sont terminées. Je disais auparavant aux forces politiques : prenez patience, les élections vont se terminer et le lendemain, il y aura des résultats à l’échelle de la nation que nul ne pourra ignorer. Il y aura une réalité nationale évidente qui ne pourra pas être contestée et qui montre qu’on ne peut pas éliminer une force au Liban et qu’elles sont toutes utiles pour le pays. Nous pouvons avoir de grandes divergences, certaines stratégiques, d’autres tactiques, mais il faut l’accepter car telle est la structure de ce pays. Si nous voulons que dans ce pays, l’Etat puisse s’occuper des questions quotidiennes, sociales et économiques et si nous voulons  préserver les réalisations accomplies, nous devons tous coopérer ensemble. Il y a un gel des conflits sur les questions stratégiques et parfois, il y a des divergences profondes sur des dossiers internes, parfois sur des détails. C’est pourquoi j’ai toujours demandé que même dans les diatribes électorales violentes, on laisse une place à la réconciliation. Nous avons pris soin, au cours de la période précédente de ne pas donner à nos discours un caractère confessionnel et d’éviter de faire de l’incitation les uns contre les autres. Nos discours étaient donc essentiellement politiques. Ils peuvent avoir été à un moment et sur des sujets précis, violents, mais nous avons tenu à respecter les règles de la courtoisie.

En tout état de cause, nous en avons fini aujourd’hui avec les élections. J’appelle donc au calme et aux retrouvailles. Cet appel je l’adresse à tous les Libanais et à toutes les forces politiques, nous sommes tous à égalité à l’école de la nation. Il faut donc que le ton descende. Si les discours de l’après élections devaient conserver le même ton violent, les gens en pâtiront et nous serions en train de pousser notre pays vers le gouffre.

Les gens maintenant se calmer. Les propos confessionnels ou régionaux qui ont souvent été utilisés pendant cette période pour resserrer les rangs et créer une mobilisation doivent cesser. Ceux qui veulent les poursuivre montrent qu’en réalité, ils veulent provoquer une discorde et remettre en cause la stabilité acceptable du pays. Le peuple libanais ne devrait pas laisser passer ces tentatives, qu’elles viennent de chez nous ou d’ailleurs.  Les élections sont terminées et il faut en finir avec le discours confessionnel et incitateur. Les élections ont causé des blessures. Il faut chercher à les panser, qu’on se calme et qu’on calme les forces politiques, tout en tirant les leçons que nous donnent les résultats. Nous devons donc réfléchir, étudier, analyser, corriger nos lacunes et nos failles et aller de l’avant.

J’appelle donc à ce que nous allions vers une nouvelle étape. Je souhaite que les médias nous aident dans cette démarche, ainsi que les réseaux sociaux.  Celui qui veut célébrer, qu’il le fasse, celui qui veut commenter qu’il le fasse, ais je souhaite que nul n’aille vers l’insulte et les méchancetés. Il y a certes des points obscurs dans plusieurs listes et dans plusieurs circonscriptions, cela devrait être réglé sur le plan interne. Si certains veulent lancer des accusations, ils le peuvent, mais cela pourrait être injuste en l’absence de preuves. DE toute façon, tout cela devrait se régler à l’interne. D’autant que cela ne change rien ou pas grand-chose aux résultats des élections.  Il faut donc être positifs, pour calmer le climat dans le pays. Nous devons nous concentrer sur les échéances qui nous attendent : l’élection du président du Parlement, le bureau du Parlement, désigner un chef du gouvernement et nous atteler à la formation du gouvernement. Nous devons gagner du temps et entamer les discussions sur ce sujet. Il ne reste plus que quelques jours avant la fin du mandat du Parlement et le début du mandat du nouveau. Nous ne devons pas perdre de temps, car nous ne devons pas oublier la situation complexe dans la région. Jusqu’à présent, nous étions occupés par les élections, mais personnellement je suivais jour par jour les déclarations des responsables israéliens et leurs menaces à l’égard du Liban et de la Syrie. Je suivais aussi les développements entre Israël et l’Iran, ainsi que la situation à Gaza, où ce qui se passe est très important. En fait, nous ne savons pas vers quoi se dirige la région. C’est pourquoi nous n’avons pas beaucoup de temps à perdre. La formation du gouvernement ne devrait pas prendre 7 ou 8 mois ou même un an et plus. Ni la situation du pays ne le permet, ni la présence du Liban dans cette région ne le supporte, ni les victoires enregistrées jusqu’à présent ne le supportent. Nous avons besoin de sagesse, de loyauté envers le pays et ses habitants de la part de toutes les forces politiques. Nous devons donc chercher à resserrer les rangs internes et à panser les blessures électorales au lieu de nous laisser aller à de petits règlements de comptes.

Les résultats des élections ont donné naissance à ce Parlement, que cela nous plaise ou non, il est là pour 4 ans. Il faut s’employer à former un gouvernement pour pouvoir ensuite régler nos problèmes. L’esprit qui doit prévaloir dans l’étape à venir est celui de la coopération, indépendamment des conflits stratégiques ou tactiques.

Il me reste deux points à évoquer dans ce contexte. Je voudrais rassurer Beyrouth, à la lumière des résultats des élections. A tous ceux qui étaient inquiets au sujet de l’identité arabe de Beyrouth, je veux leur dire que cette identité restera arabe et elle se confirmera, l’identité arabe et résistante de Beyrouth se confirme. En donnant la victoire à la diversité et à une force politique multiple, Beyrouth a montré sa véritable identité qui est un résumé de celle du Liban. C’est en cela aussi qu’elle est la capitale du Liban. Certains peuvent ne pas être satisfaits des résultats des élections. Mais si on les regarde attentivement, à Beyrouth et à Beyrouth 2, si on regarde les personnes qui ont été élues ainsi que les forces politiques qu’elles représentent, nous ne pouvons que saluer leur diversité, qui est conforme à celle du pays et des Libanais en général. Le tout dans le respect de l’identité arabe que nous devons contribuer à renforcer. Beyrouth a été et sera toujours inchallah résistante, la capitale de la résistance et elle adopte le projet de la résistance, le projet national et la cause palestinienne.

Le dernier point dans ce contexte concerne Kesrouan-Jbeil. Je sais que nos frères  au Hezbollah et à Amal, ainsi que les familles ont déployé un effort immense. Cela s’est d’ailleurs concrétisé dans les urnes. Nous avons vu les chiffres importants du vote. Certes, nous aurions souhaité que les résultats soient différents, notamment concernant le candidat du Hezbollah dans cette circonscription. Je comprends aujourd’hui vos sentiments et vos émotions. Je voudrais aussi remercier nos amis au sein de la liste de la solidarité nationale. Je vous demande toutefois de tirer les leçons de cette expérience, tout en ne vous laissant pas aller à des réactions envers l’environnement dans lequel nous vivons. Nous tenons à la vie en commun. Nous tenons à la coexistence. Nous tenons à nos grandes alliances, notamment au niveau de la région. Nous tenons à nos amitiés et à notre vision de la situation nationale. C’est pourquoi je comprends vos sentiments, mais il ne faut pas que ce qui s’est passé provoque en nous avec le temps des sentiments négatifs. Je parle ainsi des sentiments et des émotions, du cœur quoi. Nous ne devons pas bâtir sur ce qui s’est passé des sentiments négatifs. Vous êtes une partie de cette région ; vous y êtes présents, vous y avez vos vies, vous faites partie de son passé, de son présent et de son avenir. Nous voulons continuer à vivre ensemble en toute harmonie. Mais en même temps je rends hommage aux efforts que nos amis de la liste de la solidarité nationale ont accomplis.

Dans le dernier paragraphe, je voudrais remercier Dieu pour cette victoire. Tout ce qui s’est passé n’aurait pas pu être sans Sa Grâce. Bien entendu, c’est aussi grâce à la volonté des gens, mais souvent dans l’Histoire, la volonté des gens est liée à celle de Dieu. Vous avez en tout cas exprimé votre volonté. Je vous remercie donc du fond du cœur, vous les familles des martyrs qui ont préservé leur sang, les mères des martyrs, les enfants des martyrs, vous vous êtes tous rendus aux urnes. Une mère qui entre dans le bureau de vote en brandissant la photo de son fils martyr met dans l’embarras le chef du bureau. Mais il s’agit d’une expression symbolique extraordinaire. Vos propos, vos positions, tout a été parfait. Les blessés, les handicapés, vous êtes tous venus en grand nombre, les vieux avec leurs cannes ou leurs béquilles que d’images émouvantes et tellement significatives. Tous vous avez été à la hauteur en toute conscience, affichant vos convictions avec clarté et précision.

Les célébrations ont commencé à Nabatiyé et  se sont terminées à Baalbeck. Je conclus par là où j’ai commencé, à Baalbeck-Hermel. L’affluence aux urnes a été exceptionnelle. Je voudrais donc leur rendre hommage, pour leur présence massive. Je n’oublierai jamais l’image des gens portant leurs chaises sur la tête pour se protéger de la pluie. Ils sont restés ainsi pendant près de 30 minutes pour m’écouter.

Nous avons vu dans les campagnes électorales comment aux premières gouttes de pluie, les présents commencent à se disperser pour chercher à s’abriter. Mais à Baalbeck-Hermel, ils sont restés une demie heure sous la grêle. Cette présence malgré tout est l’expression d’un défi, d’une volonté qui défie même le climat. Lorsque nous préparions le meeting, nous avions mis la possibilité de la pluie et nous l’avions reporté une première fois. Mais lorsque la pluie est tombée avec force et que les gens ont voulu rester, notre foi nous a poussés à croire qu’il s’agissait d’une volonté divine destinée à adresser un message fort dans la région. Partout, dans tous les meetings et aux urnes, il y a eu une présence massive. Je vous remercie circonscription par circonscription. Je vous remercie tous. L’opération de vote était lente. Il y avait des problèmes administratifs de gestion. Tout le monde en a parlé. Les électeurs ont attendu deux ou trois heures, surtout avant la fermeture des bureaux de vote. En fait, les électeurs ont beaucoup enduré pour pouvoir mettre le bulletin dans l’urne. Ils méritent nos remerciements et toute notre estime. C’est cela votre loyauté, votre fidélité. Je voudrais aussi remercier tous ceux qui ont participé aux machines électorales, je voudrais remercier le commandement pour son contact permanent avec la base, dans toutes les régions, bref je vous remercie à tous vous qui avez travaillé jour et nuit pendant des semaines pour aboutir à ce résultat excellent.

Un merci encore aux candidats qui, en un temps limité, ont effectué des tournées dans les villages, les villes, étant présents partout, auprès des gens et dans les médias. Ils ont fait un excellent travail.

Un merci aussi aux responsables  qui ont dirigé les machines électorales, centralement et dans les régions. Je voudrais en particulier remercier le chef de la machine centrale qui a admirablement mené toute l’opération, cheikh Naïm Kassem, Que Dieu le préserve.

Je vous remercie tous. J’espère n’avoir oublié personne et j’espère aussi que tout ce que vous avez fait, vous en aurez la récompense dans ce monde et dans l’autre.

Nous sommes maintenant devant une nouvelle étape. Chacun a fait ce qu’il pouvait. Les administrations gouvernementales, les ministères concernés, l’armée, les services de sécurité, les fonctionnaires qui ont travaillé dans les bureaux de vote, les associations, tous ceux qui ont suivi et accompagné les élections méritent aussi un hommage, car ils ont contribué à la réussie de ces élections, en dépit de quelques bavures.

Pour finir, je rappelle que nous nous trouvons devant une nouvelle étape. Chacun a donc fait ce qu’il pouvait faire, je ne parle pas seulement d’Amal et du Hezbollah, mais sur le plan national, le peuple a fait ce qu’il pouvait, il a participé et il a voté.

Nous avons maintenant un nouveau Parlement et après la formation du gouvernement, les députés devront surveiller son action. Certains devront tenir leurs promesses lancées pendant la campagne électorale. Par conséquent, la nouvelle étape qui commence est celle des responsabilités qu’il faut assumer. Tous les députés doivent se comporter en étant conscients qu’ils sont porteurs de la confiance des électeurs. Ils sont donc responsables d’être à la hauteur de cette confiance et d’agir en conséquence, en se souciant des problèmes des citoyens et de la paix civile. Ils doivent préserver les ressources du pays, l’eau, le pétrole et le gaz, ainsi que les options stratégiques  qui protègent ses ressources et la paix, la dignité et la souveraineté. Ils sont aussi responsables d’œuvrer pour l’avenir des enfants  et petits-enfants de leurs électeurs. C’est une grande responsabilité qui pèse sur leurs épaules. Ils doivent l’assumer. Car la députation ne signifie pas seulement des titres. C’est une mission dont ils doivent rendre compte devant les hommes mais aussi devant Dieu. CE serait une grave trahison que de ne pas être à la hauteur de la confiance que leur ont donnée les électeurs.

Ëtre à la hauteur de la confiance des électeurs, c’est être sérieux dans le travail des commissions, c’est de discuter et de proposer des projets de lois, en tenant compte des valeurs du Liban et de la volonté et de l’intérêt des gens. En ce qui nous concerne, je peux dire que nous tiendrons els promesses que nous avons faites pendant la campagne électorale, dans la mesure où cela dépend de nous. Il faut aussi que les partis auxquels appartiennent les députés s’impliquent aussi dans la réalisation des promesses électorales. Nous autres, nous comptons travailler jour et nuit pour être à la hauteur de la confiance que vous nous avez donnée. Nous souhaitons le meilleur à notre peuple et à tous ces gens honnêtes dans toutes les régions libanaises et dans toute leur diversité.

Inchallah, nous pourrons tous construire ensemble un meilleur avenir pour notre pays et son peuple et nous pourrons préserver et protéger nos réalisations. Inchallah, nous laisserons à nos enfants et à nos petits-enfants et aux générations futures un pays en meilleur état que celui où nous avons vécu. Que Dieu vous bénisse.  

Traduit par : French.alahednews

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