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Discours à l’occasion du meeting électoral pour la circonscription de Jbeil-Kesrouan

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Au nom de Dieu

Je vous souhaite à tous la bienvenue. Vous êtes venus nombreux et je vous en remercie. Comme les précédentes rencontres électorales, ce rassemblement est destiné à déclarer notre appui et notre solidarité avec la « liste de la solidarité nationale ». Je souhaite parler des questions électorales et nationales. Mais permettez-moi avant d’entrer dans ces sujets d’exprimer ma profonde tristesse et ma ferme condamnation de deux événements qui se sont produits ces derniers jours. Il y a eu d’abord l’horrible massacre qui a eu lieu en Afghanistan devant un bureau électoral et qui a fait  des dizaines de martyrs et des centaines de blessés. Le peuple afghan, ayant déjà tellement souffert est venu voter et Daech l’attendait pour l’attaquer par des opérations suicides. Nous condamnons ces massacres et nous exprimons notre tristesse face à ce que subit le peuple afghan. Face à ce terrible massacre, on mesure le bonheur d’être au Liban. Imaginez un peu si Daech était encore présente au Liban, Daech et ses sœurs si ces organisations avaient encore le bras long au Liban, nul n’aurait pu organiser des élections et encore moins des meetings électoraux. De même ceux qui auraient voulu se diriger vers les urnes auraient pris leurs linceuls avec eux, car la pensée takfiriste de Daech est l’ennemie de toute forme d’expression d’une volonté populaire et de participation populaire à forger l’avenir.

Discours à l’occasion du meeting électoral pour la circonscription de Jbeil-Kesrouan

De même, nous exprimons notre peine et notre condamnation de ce qui s’est passé au Yémen, la veille au soir, lorsqu’une cérémonie de mariage dans une des provinces du pays a été la cible d’une attaque qui a fait des dizaines de martyrs et des centaines de blessés, pour la plupart des femmes et des enfants. Dans ce pays, l’agression se poursuit et tue le sourire et la joie, jusque dans les mariages.

Il nous faut encore condamner l’assassinat de l’académicien palestinien Fadi al Batch, tué en Malaisie. Cet assassinat est l’expression du plan permanent israélien d’éliminer les cerveaux palestiniens, car il ne supporte pas leur existence et veut ainsi éliminer tous ceux qui ont du talent, de l’expérience et du savoir. Les Israéliens pourchassent donc les académiciens, les savants, les spécialistes nucléaires et tous les cerveaux arabes et iraniens. Ils les ont tué à Tunis et ailleurs, jusqu’en Malaisie. Il y a aussi d’ailleurs de nombreux cerveaux libanais qui ont disparu au cours des derniers mois dans des circonstances obscures. Il fallait dire cela, avant d’entrer dans notre sujet.

Ce rassemblement a sa particularité, car il s’agit de la circonscription de Jbeil-Kesrouan. La composition de cette région et l’échéance électorale me poussent à aborder certaines questions spécifiques avec clarté et transparence. Les propos que j’énoncerais devront constituer une base  pour le présent et l’avenir. D’habitude, dans les discours électoraux, je me garde d’entrer dans les noms, préférant rester dans les généralités, mais cette fois, je vais citer les noms, car cela renforce la clarté et la transparence et il n’y aura plus ainsi de place pour les interprétations fantaisistes. Voici mon plan pour ce discours :

Je vais commencer par les questions nationales qui traitent directement du dossier islamo-chrétien et à partir de là, je parlerai plus spécifiquement de Jbeil-Kesrouan.

Lorsque j’ai parlé de la spécificité de cette région, je visais en particulier la question islamo-chrétienne et la coexistence  qui est un introduction aux problèmes nationaux et aux défis du présent et de l’avenir.

Je m’adresse à tous les Libanais, car il s’agit d’un discours général, même s’il y a des aspects spécifiques à Kesrouan-Jbeil.

D’une façon générale, je m’adresse à trois catégories :

La première est formée de ceux avec qui nous nous entendons politiquement, mais nous avons des divergences au sujet des élections. Il s’agit en particulier du CPL et de certains amis. Nous avons un dialogue politique avec certains et des ententes sur les grands titres. Mais nous avons des divergences sur le plan électoral.

La seconde catégorie regroupe ceux avec lesquels nous sommes en conflit politique et par conséquent, nous n’avons pas d’entente électorale avec eux. Ils sont présents dans cette circonscription et expriment leur opinion. Il s’agit plus précisément des Forces libanaises, du parti Kataëb et de certaines personnalités connues pour leurs positions violentes contre le Hezbollah et la résistance.

La troisième catégorie est celle de ceux avec lesquels nous nous entendons politiquement et électoralement. La liste de la solidarité nationale les représente.

Je commence par le premier titre. Je voudrais que nous, au Liban – et là je parle du Hezbollah et d’Amal-, après toutes les expériences par lesquelles nous sommes passées, nous sommes convaincus que le Liban ne peut qu’être basé sur un partenariat véritable et non virtuel.

Nous sommes convaincus que le partenariat véritable doit englober toutes les composantes du peuple libanais, sans exception, qu’elles soient religieuses, confessionnelles ou politiques. Ce partenariat véritable et global est à la base de la pérennité du Liban et de son développement. Je parle essentiellement des deux grandes composantes, chrétienne et musulmane. C’est notre conviction profonde et il ne s’agit pas de le dire pour faire plaisir à qui que ce soit. D’ailleurs, plus que ce qu’on dit, ce qui compte, c’est ce qu’on fait.

Certains peuvent ainsi parler du matin au soir de la solidarité et du partenariat, sans rien faire de concret pour que cela soit réalisé. Il faut donc mesurer les propos à travers les actes et c’est sur cette base qu’il faut évaluer et demander des comptes.

A partir de l’idée du partenariat véritable, nous sommes censés, nous, Libanais, avoir dépassé l’idée de la communauté leader ou du parti leader. Nous en avons déjà parlé à plus d’une occasion. Je reviens sur ce point parce qu’il est souvent dit que les Libanais ont peur des chiites parce qu’ils voudraient devenir la communauté leader du pays. Je vous l’affirme : personne, chez les chiites, ni les ulémas, ni les chefs ne pensent de cette façon. C’est aussi le cas chez les sunnites et les musulmans en général. L’idée de la communauté leader est finie. C’est l’expérience qui le montre. Ce concept n’a aucune chance de réussir au Liban, quelles que soient les circonstances et quels que soient les moyens de cette communauté, de ce parti ou de ce mouvement.

Nous devons donc toujours être menés par l’idée du partenariat, de la coopération et de la solidarité. Je ne veux pas revenir à l’histoire, mais au cours des dernières années, ce que nous avons fait montre que nous cherchons réellement un partenariat réel entre les chrétiens et les musulmans.

Vous savez qu’en 2005 et avant cette date, on parlait d’un malaise et d’un désenchantement dans les milieux chrétiens dûs à la marginalisation et à la politique d’isolement.

Comme je vais parler de nous, le Hezbollah, je ne vais pas aborder la période d’avant 2005-2006, parce que nous ne faisions pas alors partie de l’équation politique interne.

Lorsque nous sommes entrés dans l’équation politique interne, nous avons noué  des relations, des alliances et des amitiés avec des chrétiens, des personnalités et des partis. Le premier défi auquel nous avons dû faire face c’est de revenir à un partenariat véritable. Quel était donc la porte d’entrée vers un tel partenariat ? Il a été dit que cette porte, c’est la loi électorale, et là je parle en toute franchise, car il y a un problème au niveau de la représentation chrétienne et la loi électorale est le meilleur moyen de permettre aux chrétiens d’élire eux-mêmes le plus grand nombre de leurs représentants. Les chrétiens avaient donc des réserves sur la loi de 2000 qui a été aussi appliquée en 2005. C’est pourquoi, à la veille des élections de 2009, et après les incidents den mai 2008, les leaders politiques se sont rendus à Doha où il y a eu des discussions au sujet de la loi électorale.

Nos alliés et amis chrétiens ont déclaré alors que la loi de 1960 leur convenait, avec toutefois quelques amendements mineurs. Il faut rappeler que la loi de 1960 est basée sur le mode de scrutin majoritaire avec un découpage particulier des circonscriptions. Par le biais de modifications du découpage, les chrétiens pensaient pouvoir élire par leurs voix un plus grand nombre de députés.

Notre réponse a été : nous n’avons pas de problème si cela peut vous soulager, même si l’on tient compte de certaines considérations liées à nos amis druzes, ou à certains chiites et aux sunnites, il aurait pu y avoir des problèmes. Il y a eu d’ailleurs des remarques et des oppositions. Mais avec le président Nabih Berry et d’autres amis, nous avons réussi à les surmonter à Doha. Les élections de 2009 se sont déroulées sur la base de la loi de 1960, comme le voulaient nos amis et alliés chrétiens, qui ont estimé que la situation s’est améliorée, mais ils ont ajouté que malgré tout, le problème continue.

Quatre années plus tard, nous nous sommes approchés du nouveau rendez-vous électoral. Il y a eu un débat au sujet de la loi électorale. Nos amis et alliés chrétiens ont dit que nous sommes devant une chance historique d’adopter une loi équitable qui permettrait aux chrétiens d’être réellement soulagés et d’en finir avec le désenchantement. Selon eux, il y avait une chance pour que les chrétiens élisent eux-mêmes leurs députés, ce qui signifie instaurer un partenariat véritable au sein du pouvoir et au sein de l’Etat.

Ces détails sont importants, car il ne s’agit pas de propos électoraux, mais de faits et de réalités. Ceux qui pensent que je ne dis pas les réalités avec précision, qu’il me les corrige.

Nous avons donc demandé à nos alliés et amis, que faut-il faire pour atteindre cet objectif ? Ils ont répondu que la meilleure formule qui nous permet d’élire nous-mêmes nos députés est le projet de loi dit grec orthodoxe. Il se résume ainsi : chaque communauté élit ses représentants. Il y a eu un débat sur la question. Il s’agissait notamment de savoir si les chrétiens dans leur ensemble élisaient leurs députés, ainsi que les musulmans dans leur ensemble. Ou bien s’il fallait entrer dans les détails confessionnels de chaque communauté.

Il y a donc eu un débat, mais nous autres, nous avons déclaré que sur le plan du principe, nous n’avons pas de problème, même s’il y avait une remarque de fond sur le projet de loi dit orthodoxe qui a été formulée par de nombreuses parties, dont certaines étaient nos alliées. Nous avons ainsi été critiqués par elles parce que nous avions accepté ce projet de loi. Nous en avions aussi discuté avec le président de la Chambre Nabih Berry. En dépit des remarques formulées, nous avons accepté le projet parce qu’il était censé rassurer les chrétiens, en leur montrant qu’ils sont des partenaires véritables. Nous nous dirigions donc vers l’adoption de ce projet, mais les Forces Libanaises se sont rétractées au dernier moment et ont laissé passer cette occasion de résoudre un problème de fond dans le pays, en dépit de certaines réserves ou remarques.

Le mandat du Parlement a été ensuite prorogé et nous en sommes arrivés à la dernière loi électorale. Nous avons réclamé la proportionnelle parce qu’à nos yeux, elle permet la représentation la plus équitable des composantes du peuple libanais. Nous avons défendu l’idée de l’adoption de critères unifiés, au lieu d’élire des représentants d’une circonscription de façon majoritaire et d’autres de façon proportionnelle. Nous autres, Amal et le Hezbollah, voulions aussi une circonscription unique, ou alors de grandes circonscriptions. Pourtant, en général, les grandes formations politiques ne souhaitent pas un mode de scrutin proportionnel ( même si la notion de grande formation est relative). Nous autres nous avons insisté sur le mode de scrutin proportionnel, ( même si nous entendons certains dire pourquoi autant de listes, alors qu’il y a une force puissante et armée qui va rafler les sièges) et nous avons obtenu gain de cause. Ces élections sur la base d’un mode de scrutin proportionnel  sont ainsi les plus importantes dans l’histoire du Liban.

Nous avons toutefois accepté le découpage en 15 circonscriptions, parce que nos alliés et amis estimaient qu’il les soulageait.

Je voudrais encore préciser que depuis le début, nos alliés et amis ont évoqué le problème du vote des émigrés, en disant qu’ils voulaient qu’ils participent au scrutin, d’autant que leur grande majorité est chrétienne, toujours selon le principe de la participation. Nous avons accepté et nous avons demandé quel mécanisme proposez-vous ? Il a donc été convenu qu’ils auraient des circonscriptions et des députés. Cela a été adopté pour les prochaines élections, dans 4 ans. Mais cette année, ils commenceront à voter dans les ambassades et autres lieux convenus.

A ce sujet, je voudrais préciser que le Hezbollah a consenti de grands sacrifices. Nous avions d’ailleurs déclaré que nous acceptons le vote des émigrés pour des raisons nationales, mais cela n’est pas dans notre intérêt en tant que parti ou formation, parce que nos représentants ne peuvent pas obtenir de visas et se déplacer dans le monde (la situation d’Amal est, à ce sujet, meilleure que la nôtre). Nos candidats ne pourront donc pas mener une campagne à l’étranger comme le font les autres. Cela pourrait d’ailleurs faire l’objet d’un recours en invalidation des élections, car il n’y a pas une égalité des chances entre les candidats, notamment ceux d’une formation importante dans le pays. De même, ceux qui souhaitent voter pour nous devront faire très attention dans certains pays, pas tous mais certains. Malgré cela, nos listes peuvent passer et nous avons accepté ces conditions désavantageuses, parce que cette loi rassure nos alliés et parce que le vote des émigrés qui sont dans leur majorité chrétiens renforce le partenariat interne.

De plus, dans les gouvernements qui se sont succédé depuis 2008 ( après la conférence de Doha), nous avions appuyé avec force une présence chrétienne forte et c’est à cause de notre présence et de notre position d’appui à la revendication chrétienne que la formation des gouvernements prenait plusieurs mois et que nous étions accusés de l’entraver. Cela s’est-il produit oui ou non ? Enfin, tout le monde connaît le dossier de la présidence de la République. Il n’est pas besoin que je revienne sur cette question.

Je me contente de ces points concernant ce sujet et je répète que nous voulons un partenariat véritable entre les chrétiens et les musulmans. Nous voulons que les chrétiens soient des partenaires véritables et soient présents en force au sein de l’Etat, au gouvernement, à la présidence et au Parlement et qu’ils puissent s’exprimer, loin de toutes circonstances défavorables ou économiques.

Le second sujet que je voudrais évoquer porte sur le changement démographique, que certaines parties politiques utilisent contre nous, en particulier dans les régions chrétiennes, ou à majorité chrétienne. On dit ainsi que le Hezbollah a un plan de changement démographique, notamment à Kesrouan et Jbeil. Je réduis ainsi le débat. Mais on dit par exemple que les chiites veulent occuper Kesrouan et Jbeil. Pourtant, comme beaucoup d’autres, les chiites de ces régions se sont éloignés de leurs villages, de leurs maisons et de leurs champs. Les circonstances de la guerre civile les en ont éloignés. Mais désormais, la stabilité règne. Il y a une armée, des forces de sécurité intérieure, un président, un gouvernement et il est normal que les gens recommencent à revenir chez eux. On parle aussitôt de changement démographique, mais ces gens sont chez eux. Ils sont les fils de ces villages et ils y reviennent pour y mener une vie normale, avec leurs voisins chrétiens, sunnites et druzes. Où est le problème dans cela ? Mais non, on veut nous accuser de vouloir provoquer un changement démographique et vouloir envahir la région de Kesrouan et Jbeil.

Je vais traiter ce problème avec calme. Revenons à la science politique et sociale, aux expériences et à l’histoire. En général, dans tout pays, celui qui veut procéder à un changement démographique dispose de deux moyens importants ( il y en a d’autres qui portent sur les détails). Le premier moyen est l’utilisation de l‘Etat qui met ses moyes, ses ministères, son budget et ses projets pour pousser les gens à se déplacer d’une région à l’autre. Il parvient ainsi à réaliser un changement démographique, mais en général cela prend des dizaines d’années. Le second moyen, et c’est le plus répandu actuellement, il s’agit de l’utilisation des guerres et des conflits pour provoquer des changements démographiques.

Nous autres, nous n’avions rien à voir avec la guerre civile. Nous étions encore tout petits. En tant que résistance, nous avons deux expériences à ce sujet. Je ne vais pas les rappeler pour rechercher la reconnaissance ( comme s’empresseront de le dire certains), mais parce qu’ils reflètent notre conviction, notre parcours et notre moralité. En 1999, la bande frontalière occupée par Israël était sur le point de s’effondrer. Les opérations de résistance devenaient plus intenses dans l’axe de la Békaa ouest et Rachaya et du côté du sud dans la région de Jezzine. Jezzine et ses environs sont d’importantes agglomérations dont la plupart des habitants restés sur place sont chrétiens. Les Israéliens avaient pris la décision de se retirer de Jezzine. Je ne veux pas rouvrir des blessures anciennes, mais vous savez ce qui se passait généralement lorsque des vainqueurs entraient dans une région contre laquelle ils combattaient. En général, cette victoire était accompagnée d’exode, de pillage, de dynamitage de maisons et de changement démographique. Nous autres, nous avons immédiatement perçu le danger. Pourtant, c’est nous qui avions combattu les Israéliens depuis 1982 et qui les avions poussé à se retirer de Jezzine, nous avec Amal et les autres factions de la résistance. Il y a donc eu un coup de fil entre moi et le président Berry et nous avons convenu  qu’aucun d’entre nous n’entrerait à Jezzine après le départ des Israéliens. Il ne s’agissait pas seulement des éléments armés, mais aussi des civils. Nous ne voulions pas que nos gens aillent à Jezzine et dans les villages avoisinants, et qu’il n’y ait aucune voiture avec un drapeau d’Amal ou du Hezbollah dans la région. Vous souvenez-vous de cela ou non ? C’est de l’Histoire qui doit écrite avec de l’or, car elle a une grande portée et une importante signification. Les Israéliens se sont donc retirés, avec leur milice lahdiste. L’armée libanaise s’est déployée avec les FSI et les habitants de Jezzine et des villages voisins sont restés chez eux, nul ne les a inquiétés, rançonnés ou fait entendre quoique ce soit. Les collaborateurs des Israéliens se sont retirés avec eux et Jezzine et ses environs ont poursuivi leur vie normalement. Le développement est venu par la suite ainsi que les services, indépendamment de la controverse sur la représentation politique qui est soulevée de temps à autre.

Est-ce une réalité ou des propos dans l’air ? Si quelqu’un voulait réellement faire un changement démographique, 1999 aurait été l’occasion idéale pour cela. Vous savez en plus qu’Israël et les hommes de Lahd bombardaient régulièrement Saïda et les villages voisins à partir de Jezzine, ainsi que Machghara et Sohmor. Ils ont d’ailleurs fait des massacres ainsi. Je pourrais montrer les images diffusées par les chaînes de télévision sur ce sujet, montrant des enfants déchiquetés dans les écoles à Saïda. Malgré cela, il n’y a jamais eu d’actes de vengeance. DE même, sous prétexte de Lahd et d’Israël, quelqu’un aurait pu procéder au pillage, menacer, chasser et faire un changement démographique. Mais nul ne l’a fait et nul n’y a pensé. Le jour où nous avons discuté au téléphone avec le président Berry de ce sujet, nul ne nous avait demandé de le faire. Nous n’avions pas les alliances chrétiennes que nous avons aujourd’hui. Nul ne nous a contactés. Nous avons agi de notre propre chef, parce que telle était notre conviction.

La seconde expérience du même genre a eu lieu en 2000. La bande frontalière occupée a été libérée. Il est clair pourtant que de nombreux habitants de cette bande étaient des collaborateurs d’Israël. Ils nous avaient bombardés, tué, torturés et enlevés. Ils avaient même agressé nos femmes et nous avaient poignardés dans le dos. Ceux-là n’étaient pas seulement chrétiens. Ils étaient de toutes les confessions. Lorsque les Israéliens se sont retirés, ils ne leur ont même pas donné un délai de 24h ou de 48 h pour se mettre à l’abri. Je l’avais déjà souligné dans mon discours à Nabatiyé. Les Israéliens les avaient laissés en plan. Sciemment. Pourquoi ? Parce qu’ils pensaient qu’il y aurait des massacres, comme cela se passe en général dans les guerres.

Puisque nous parlons avec nos frères chrétiens, à Kesrouan et Jbeil, je voudrais préciser une chose. Tout le monde vante ici la France. Savez-vous pourtant que la résistance française lorsqu’elle a vaincu l’occupant nazi a tué en quelques jours dix mille Français accusés de trahison et de collaboration, sans procès ? Donnez-moi un poulet appartenant à un collaborateur, qui aurait été égorgé dans la bande frontalière après sa libération ! Cette histoire ne doit-elle pas être écrite avec de l’or ? Nous étions soucieux d’éviter tout incident, tout acte de vengeance. Pourtant avec le retrait des Israéliens et sous prétexte de combattre les collaborateurs, l’occasion était unique pour procéder à un changement démographique au Sud et dans la bande frontalière, si tel était notre projet ! Pourquoi ne l’avons-nous pas fait ?  Parce que nous ne pensons pas ainsi et nous ne l’avons fait à aucun moment. Je ne veux pas m’étendre plus que cela sur le sujet. Mais il est clair que toute accusation portée contre nous de vouloir procéder à un changement démographique est injuste  et elle est dénuée de tout fondement. Il y a un détail vrai toutefois concernant les habitants de Beyrouth, qu’ils soient sunnites, chiites ou chrétiens. Ils ne trouvent plus de place pour s’installer à Beyrouth, car ils n’ont pas les moyens de s’y acheter un appartement qui coûte plus d’un million de dollars. Dans ce cas, où vont les gens ? Ils n’ont pas d’autre choix que d’aller vers la montagne, parce qu’ils ne peuvent pas trouver de logement sur le littoral, la banlieue sud étant saturée. On parle alors de changement démographique, maos où doivent aller les gens ? Doivent-ils se jeter dans la mer ? Ou vivre dans des barques ?

Nous n’avons donc aucun projet de changement démographique. Nous encourageons les gens à se revenir dans leurs villages au Sud et dans la Békaa. Mais c’est un grand projet. Car il faut leur assurer des emplois, une infrastructure, des autoroutes etc. Mais cela n’a rien à voir avec le changement démographique. C’est juste vouloir que les gens reviennent dans leurs villages ; N’est-ce d’ailleurs pas une revendication chrétienne, que les chrétiens reviennent dans leurs villages de la montagne ? Ce que vous voulez, nous le voulons aussi, que les gens reviennent dans leurs maisons et dans leurs villages.  

Il faut donc en finir avec ce sujet. Excusez-moi pour ma franchise, mais cette époque exige cela.

Le troisième titre porte sur le fait d’effrayer constamment les gens avec les armes de la résistance. Cela existe à Kesrouan-Jbeil dans les propos de nos adversaires politiques. Ils cherchent tout le temps à faire peur aux gens avec les armes et les armes et les armes...Je vais dire deux mots rapidement : l’expérience a montré  que jusqu’à présent, les armes de la résistance avec l’armée libanaise et l’appui populaire, c’est ce que nous appelons « l’équation en or », dont la résistance fait partie, sont à la base de la sécurité et de la stabilité au Liban, ainsi que de la protection du Liban, dans une région enflammée.

Il faut donc cesser de faire peur aux gens avec les armes de la résistance. Car qu’ont donc accompli ces armes pendant toutes ces années ? Elles ont libéré la terre et pas seulement les localités chiites et musulmanes. Il nous reste encore les collines de Kfarchouba et les fermes de Chebaa. Mais tout le monde est rentré chez lui, dans le giron de la patrie. Ces armes ont donc assuré la stabilité du pays aux côtés de l’armée-je reviendrai sur le sujet de l’armée- et elles ont établi un équilibre de la terreur avec l’ennemi. Ces armes ont donc contribué à protéger le pays, sur le plan de la menace israélienne. Elles ont aussi protégé le pays face à la menace takfiriste, à la frontière est et nord. Les groupes takfiristes voulaient attaquer les villages frontaliers et toute la Békaa, qu’ils soient habités par des chrétiens ou des musulmans. Pour eux, cela ne fait aucune différence. D’ailleurs, les Afghans morts aujourd’hui, dans une attaque terroriste sont des sunnites. Daech les a tués. Daech tue à Kaboul, des sunnites et des chiites. Ils n’ont aucun problème avec cela. Ils tuent aussi bien des sunnites, des chiites et des chrétiens. Pour eux, ils sont tous identiques. La résistance, elle, a combattu dans le jurd dans les pires conditions, aux côtés de l’armée libanaise et les chrétiens sont restés dans leurs villages dans la région, dans la Békaa du Nord. Ils ont même été contraints à prendre les armes. Toute arme portée par un chrétien, il se l’est procurée soit de son parti, soit il l’a achetée avec ses propres deniers soit nous la lui avons donnée. Il s’agit donc d’une arme de résistance, car elle a été portée pour défendre son village, sa famille, son honneur, ses enfants sa survie. Est-ce vrai ou non ? Imaginez aujourd’hui si la Syrie était tombée aux mains de Daech, quel aurait été le sort du Liban ? Tout le Liban ! Si cette pensée obscurantiste avait prédominé, que seraient devenus les musulmans du Liban ? Et les chrétiens ? Il ne s’agit ps seulement du problème des chrétiens. C’est une question globale. La résistance est donc un facteur de stabilité, de force et de protection du Liban. Elle ne peut en aucun cas être une menace pour le Liban. Personne ne doit donc avoir peur de ses armes. Plus même. Si on se penche sur la sécurité intérieure, nous pouvons dire aux habitants de Jbeil et Kesrouan de s erendre à Jezzine et dans sa région, à Marjeyoun, à Rmeich, dans les villages frontaliers. Ils verront comment  les gens vivent dans la sécurité et la tranquillité, avec leurs frères musulmans. La situation est d’un calme et d’un apaisement que tout au long des dernières décennies, avant 1920 et après 1940, la région n’a pas connus. C’est grâce à qui ? A cette équation  de l’armée, du peuple et de la résistance. C’est grâce à la coopération entre tous ces éléments et à la solidarité dans la région que la paix y règne. Même si nous évoquons la situation économique, celle-ci peut-elle se développer sans stabilité, qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’industrie ou des services touristiques ?

Imaginez un peu que Daech menace le Liban à tout moment et qu’Israël, comme cela se passait dans les années 80, bombarde Beyrouth, le Sud, la Békaa et le Nord, qui pourrait créer une économie solide, des services et amener des touristes au Liban ? La résistance est donc une partie de l’avenir et de l’essor du pays. Elle n’est donc pas seulement utile sur le plan de la sécurité. Lorsque la stabilité et la sécurité règnent, tous les autres sujets deviennent plus faciles et plus aisés à traiter. Mais nous disons en permanence que la résistance complète le travail de l’armée. En principe, c’est à l’armée et à l’Etat d’assumer la responsabilité de la défense. C’est cela le principe, comme je l’ai dit il y a deux jours à Tyr. C’est d’ailleurs sur quoi nous misions depuis 1948. Mais l’Etat nous a laissés tomber, je ne dis pas que l’armée l’a fait, car elle obéit à la décision politique. Si l’Etat avait dit à l’armée, en 1948, de se rendre au Sud, d’y être présent et de se battre, elle l’aurait fait. L’armée était prête et ses soldats et ses officiers, malgré leur nombre réduit, ont mené des confrontations héroïques. De grands martyrs sont tombés, mais il n’y avait pas de décision politique dans ce sens qui est restée. C’est pourquoi, à partir de 1975, les gens se sont dirigés vers la résistance populaire. Nous autres, notre destin n’est pas de continuer à porter les armes et à faire le guet dans les positions avancées, d’offrir des martyrs. Nous avons aussi des enfants, des métiers. Nous sommes des ulémas, des professeurs d’écoles et d’universités, des médecins, des ingénieurs, nous rêvons de vivre paisiblement, de nous marier, d’avoir des enfants, de les élever. Nous avons des maisons, des projets des objectifs. Le principe est que l’armée vienne un jour pour protéger le pays. Nos gens, à Kesrouan et Jbeil, et dans toutes les autres régions, ont donné des martyrs, des blessés et continuent de le faire. Ils sont prêts à le faire encore, mais lorsque l’armée viendra, ils seront heureux de lui céder la place. Je le répète, l’armée ne manque ni de courage, ni de connaissances, ni d’esprit national, mais elle manque d’armes. Même la question de la décision politique est en train d’être réglée. Mais l’armée continue de manquer des moyens réels pour la confrontation. Cette question doit être traitée. Il faut donc en finir avec l’attitude d’effrayer les gens avec les armes de la résistance ; je voudrais vous affirmer, aux Libanais et aux chrétiens en particulier, que la résistance, grâce à son engagement idéologique et national, est un facteur déterminant dans la stabilité, la sécurité et la protection du pays, surtout face à une région en ébullition. Le fait de brader un des éléments de la force du Liban, qu’il s’agisse de l’armée ou de la résistance, aboutit à une remise en question de ce résultat positif.

Le quatrième titre porte sur notre attachement à la vie en commun. Je voudrais préciser ce point. Nous sommes très soucieux de pousser les gens à se retrouver et être en harmonie entre eux. Nous tenons à ce qu’ils dialoguent entre eux et nous faisons un minimum dans ce sens depuis 2006, à Jbeil et Kesrouan et dans d’autres régions. Nous voulons que les gens se retrouvent : les chefs de municipalités, les moukhtars, les familles, les villages, les élites, les forces politiques...Pourquoi devrions-nous rester éloignés les uns des autres ? Nous souhaitons que ce tissue social reste uni, qu’il y ait un contact permanent entre ses différentes composantes, entre les membres des différentes composantes confessionnelles et politiques. C’est pourquoi nous avons toujours cherché à éviter les susceptibilités. Avez-vous remarqué que depuis trois, quatre ou cinq ans, la plupart de nos responsables, de nos députés, de nos cadres ne paraissent plus dans les médias ? Savez-vous pourquoi ?  Ce n’est pas parce qu’ils ne savent pas s’exprimer, loin de là. Ils savent le faire mieux que beaucoup. Mais parce que nous ne voulons pas être entraînés par des questions  vers des sujets qui pourraient réveiller les susceptibilités, alors que nous pensons que le pays n’a pas besoin de cela.

Beaucoup d’accusations et d’injustices ont été lancées à notre égard, dans des articles, des tribunes et d’autres occasions ? Nous n’y avons pas répondu pour ne pas susciter des susceptibilités, ou réveiller des rivalités. Nous traitons chaque problème qui surgit dans la discrétion, autant que possible. De nombreux problèmes internes ont été réglés à nos dépens et aux dépens  de nos gens et de ceux qui sont avec nous. Je n’ai pas le temps de donner maintenant des exemples. Mais permettez-moi de dire qu’‘il y a des gens, dans cette région qui ne veulent pas que les habitants se retrouvent, que le tissu social se ressoude. Je parle bien sûr des adversaires, non des amis. Ces gens ne veulent de l’entente car en toute simplicité, leur projet ne peut s’épanouir  qu’à travers la fibre confessionnelle, partisane ou régionale. Tout dépend de leur poids populaire. C’est pourquoi ils ont constamment recours à la fibre confessionnelle, au lieu de chercher à rapprocher les gens. C’est pourquoi le plus petit incident, dans n’importe quelle région libanaise, qu’il s’agisse d’une agression individuelle, d’un accident de voiture, d’une rixe, d’un différend familial etc à Kesrouan-Jbeil ou ailleurs, sur qui rejette-ton la faute ? Si l’incident oppose des gens d’une même confession ou religion, c’est plus facile, mais si un chiite frappe un chrétien, ou le contraire, il faut décréter l’état d’urgence. Croyez-moi parce que je suis tous els détails de près. C’est vrai que nous sommes occupés en Syrie, en Irak et dans la région, mais cela ne m’empêche pas de suivre de près la situation libanaise. Nous devons donc décréter l’état d’urgence. Pourquoi, puisque de tels incidents sont monnaie courante ? Tout simplement parce que certains utilisent les médias et les réseaux sociaux publient des communiqués pour susciter la discorde confessionnelle, jeter de l’huile sur le feu et faire de l’incitation. Les incidents sont amplifiés et exploités, notamment à Kesrouan-Jbeil. Pourquoi et dans l’intérêt de qui ?

Un autre exemple. Il existe des conflits immobiliers. Cela existe-t-il seulement à Kesrouan et Jbeil ? Au Sud, il y a des villages entiers dont les biens fonciers ne sont pas officiellement partagés et dont on ignore les véritables propriétaires. Des procès ont cours depuis des années et ils opposent des musulmans entre eux, des chiites et même parfois les membres d’une même famille. Le Hezbollah, le mouvement Amal, les ulémas, les tribus, tout le monde s’en mêle et le problème n’est toujours pas résolu. Dans la Békaa, c’est aussi la même chose. Il y a de grands problèmes immobiliers en raison du fait que les terrains ne sont pas délimités et les propriétés reconnues. Les conflits sur les terres sont donc monnaie courante. Faut-il donc faire une guerre civile, confessionnelle et même universelle chaque fois qu’il y en a un ? Que signifie cela ? Ne traduit-il pas de mauvaises intentions ? Il faut donc que ces questions soient réglées, et ramener à leur dimension normale, des deux côtés. Si un musulman a un problème dans la région de Kesrouan-Jbeil, il ne doit pas en faire un différend islamo-chrétien. Même chose pour le chrétien. C’est honteux et cela ne devrait pas exister. Mais certaines forces politiques et certaines personnalités  vivent sur la discorde et sur l’approche confessionnelle ? nous considérons pourtant qu’un grand pas a été accompli vers l’entente, dans la plupart des régions où nous sommes présents avec les chrétiens, et notamment à Kesrouan-Jbeil, surtout depuis 2006 ; nous avons atteint ce que le président Michel Aoun appelle « la paix interne », un sentiment de confort, de tranquillité et de paix. Nous voulons préserver ce climat à Kesrouan-Jbeil, malgré la divergence électorale. C’est un souhait que je formule, pas seulement pour les chiites, mais pour tous ceux qui travaillent pour cette liste et pour ceux qui travaillent pour la liste adverse. Allons donc vers une concurrence électorale propre et honnête. Au final, les gens se retrouveront et poursuivront le chemin ensemble, les amitiés seront préservées ( J’y reviendrai plus tard). Nous devons éviter tout ce qui peut susciter les susceptibilités et nous devons traiter les conflits avec calme. Je vais parler maintenant d’un détail qui a eu son importance. Je suis désolé de le faire, mais comme nous avons évoqué tout ce sujet en profondeur, je ne peux pas l’occulter. Ce qu’a fait le président de la fédération des municipalités de Kesrouan-Jbeil, M.Juan Hobeiche est une démarche  symbolique qui exprime le respect que les gens éprouvent les uns pour les autres. Ce sont les limites de cette démarche. Malgré cela, elle a provoqué un tollé et elle a été utilisée dans des polémiques électorales. Je voudrais le remercier pour cette démarche, en dépit de la controverse qu’elle a provoquée. Mais je voudrais dire à tous les habitants de Jbeil et Kesrouan, puisque je traite ce sujet, et à tous les habitants de la montagne, que la clé de Kesrouan-Jbeil ne peut être que chez le président de la République Michel Aoun et chez le patriarche maronite à Bkerké. Il n’est pas question qu’elle soit ailleurs. C’est tout. Nul ne prend de clés et nul ne les possède pour les donner. Il n’est donc nul besoin de ce climat et de ces surenchères.

Si demain, au Sud, quelqu’un s’empare de la clé de la résistance et de son fusil, qui résument tous les sacrifices, cela signifie-t-il que nous avons donné la clé de la résistance à quelqu’un dont nous ignorons tout ? Cela exprime en tout cas l’idée que je voulais expliquer.

Le dernier sujet, avant la liste proprement dite ( il y en a certes beaucoup d’autres, mais nous n’avons pas le temps de les évoquer tous), est notre attachement à cette région, à ses habitants et à leur présence dans ces lieux. Nous voulons même que leur présence soit renforcée, ainsi que la sécurité, la stabilité et la vie en commun. Nous voulons que l’on s’occupe de leurs problèmes, du développement de la région, des services etc.

D’ailleurs, si nous avons voulu participer aux élections, avec les amies et les amis ainsi que les frères sur la liste de la solidarité nationale, c’est pour pouvoir représenter les gens ici et être à leur service, eux, tous les habitants de Kesrouan-Jbeil.  Vous pouvez même demander aux députés qui ont suivi la revendication de transformer Kesrouan-Jbeil en mohafazat qui les appuyés en premier ? Qui a réclamé avec eux, à partir du Parlement, cette revendication ? En général, une telle revendication suscite des conflits. Mais nous étions avec ceux qui l’ont réclamée.  Exactement comme nous l’avions fait pour le mohafazat de Akkar et celui de Baalbeck-Hermel. Nous avons considéré qu’il s’agissait d’un droit naturel pour renforcer le développement de la région de Kesrouan-Jbeil.

C’est pourquoi nous sommes avec tout ce qui peut aider cette région. Dans le passé, on parlait de régions défavorisées et d’autres en expansion. Mais aujourd’hui, toutes les régions sont défavorisées. C’est pourquoi, lorsque nous parlons de développement équitable, nous devons penser à toutes  les régions. La pauvreté n’est plus limitée à une seule région ou à une confession. La pauvreté est devenue généralisée à toutes les confessions et à toutes les régions. Nous sommes avec tout ce qui peut servir cette région, que ce soit à travers l’Etat ou à travers les moyens privés.

J’en arrive aux élections et à la liste de la solidarité nationale.

Je ne souhaite pas revenir en arrière sur les débats concernant les candidatures et les alliances. Tout cela est désormais derrière nous. Les élections sont dans quelques jours. Ce qui compte, c’est que nous nous comprenions les uns les autres, quelles que soient les circonstances et les données. Nous devons aller vers une rivalité électorale propre, calme et rationnelle, que ce soit avec les amis ou avec les adversaires. C’est cela qui doit être le titre de nos élections, à Kesrouan-Jbeil, avec les habitants honnêtes et sincères de cette région.

En toute sincérité, je dois rendre hommage à la décision courageuse de l’ancien ministre Jean louis Cardahi dans la formation de cette liste. J’avais décidé de ne pas évoquer de noms, mais là je dois le dire. Tout comme je rends hommage à la décision des membres de cette liste, dont une dame. C’est donc une décision courageuse et importante, car former une liste à Jbeil-Kesrouan, face à d’importantes forces politiques et à de grandes fortunes, dans des élections difficiles n’est pas une décision aisée. Vous l’avez pourtant prise, avec des personnalités respectables pour former cette liste. Mais ce que nous devons apprécier à sa juste valeur c’est l’accord  du chef de la liste et des membres d’avoir avec eux le candidat du Hezbollah et d’Amal. Nous savons tous quelle situation a été créée et les pressions qui ont été exercées à ce sujet et qui ont atteint les menaces. J’ai beaucoup de détail sur cette question, mais il faut les dépasser.

Malgré cela, le chef de la liste et ses membres ont continué de vouloir mener la bataille. Ils continueront je l’espère jusqu’au 6 mai et même après, bien après cette date. Malheureusement, certains à Kesrouan-Jbeil, des adversaires ou des amis je ne sais plus, misaient sur notre isolement. Ils pensaient qu’il n’y aurait pas de place dans une liste pour notre candidat. Mais c’est dommage car ce n’est pas ainsi qu’on construit une nation.

Pourtant, dans toutes les circonscriptions, ce sont les mêmes forces politiques, qui s’affrontent ou qui s’allient, avec nous ou contre nous et c’est un droit naturel, à Baalbeck-Hermel, à Zahlé, dans la Békaa ouest etc. nous n’avons exercé aucune pression et nous n’avons pas proféré de menaces. Que vous soyez des amis ou des adversaires, votre droit naturel est de vous présenter aux élections et de former des listes. Que chacun fasse ce qu’il veut et forme sa liste comme il le souhaite. Nous n’avons aucun problème à ce sujet, qu’il soit un ami ou un adversaire.

Mais il y a eu un comportement différent, particulier et une mobilisation inexplicable dans la circonscription de Kesrouan-Jbeil. Comme s’il s’agissait d’une invasion. Pourquoi ? Il y a quand même des gens inscrits sur les listes électorales dans les villages de Jbeil et Kesrouan qui ont des maisons et ils ont le droit d’avoir des candidats et de voter. Pourquoi devons-nous discuter de ce droit ? Pourquoi Kesrouan-Jbeil doit-elle être différente des autres circonscriptions ?

En tout état de cause, la liste de la solidarité nationale a dépassé ce climat difficile et grâce à Dieu, elle poursuivra le parcours jusqu’aux élections et le choix dépendra en fin de compte, de la volonté des gens.

Dans quelques jours, les élections seront terminées. Après cette échéance, nous serons certainement soucieux de préserver toutes les amitiés que nous avons nouées au cours des dernières années. Nous sommes soucieux de préserver les alliances conclues au cours des dernières années. Mais nous estimons aussi que ce qui s’est passé à Kesrouan-Jbeil, nous a permis de renouer de vieilles amitiés. A quelque chose malheur est bon comme dit le proverbe. Nous estimons donc que cette bataille électorale nous a permis de renouer de vieilles amitiés, l’ancien ministre Cardahi s’était quelque peu retiré de la vie politique , et de nous en faire de nouvelles qui enrichissent nos relations. Bien entendu, nous n’agissons pas selon le principe qui dit que si vous vous faites tel ami, c’est pour vous faire tel ennemi. Cette mentalité ne rassemble pas. Nous sommes soucieux de préserver nos amitiés et nos alliances. Avec le CPL nous sommes alliés dans certaines circonscriptions et en rivalité dans d’autres, mais l’alliance générale entre nous se poursuivra. Avec nos amis de la liste de la solidarité nationale, cette amitié devrait aussi se poursuivre pour consolider et enrichir nos relations dans le mohafazat de Kesrouan-Jbeil.

Concernant la candidature de cheikh Hussein Zeayter à Kesrouan-Jbeil, elle a été choisie dans le cadre d’une entente entre le Hezbollah et Amal.

Je voudrais commencer par remercier les familles de Jbeil et de Kesrouan ( je ne parle seulement de nos proches) mais toutes les familles qui ont accepté et appuyé cette candidature. Depuis l’annonce de la candidature, ces familles travaillent sans relâche avec les machines électorales, les chefs des municipalités, les moukhtars, les notables et tous nos amis pour nous aider.

Je voudrais aussi remercier nos gens, nos familles, nos mères et surtout les familles des martyrs et des blessés à Kesrouan-Jbeil pour leur soutien à cette candidature.

Je voudrais aussi remercier spécifiquement nos frères à Amal, puisque dans certaines circonscriptions, leurs candidats sont les nôtres et vice-versa, pour leur aide, leur soutien et le travail qu’ils accomplissent ainsi que pour leur présence permanente à nos côtés dans cette circonscription. Cela montre la profondeur de la relation qui nous lie.

Au sujet de la candidature de cheikh Hussein Zeayter, je voudrais préciser – sans pour autant nuire aux autres candidats chiites dans la circonscription- que le Hezbollah et Amal ont un seul candidat à Kesrouan-Jbeil, c’est lui. Cheikh Hussein Zeayter est notre candidat déclaré. Nous le respectons et nous sommes convaincus de sa candidature. Il n’y a pas d’accord sous la table avec telle ou telle autre partie. Je suis désolée d’entrer dans ces détails, mais les circonstances l’exigent.

A Kesrouan-Jbeil et dans toutes les circonscriptions, nous n’avons rien de caché ou sous la table. Ni sur le plan des candidatures, ni sur celui des votes et de l’appui et encore moins au sujet du vote préférentiel.

Nous ne mentons pas en promettant nos voix préférentielles à un candidat tout en étant liés à un autre. Les choses sont clairs et nos options déclarées.

Je voudrais encore préciser que la liste de la solidarité nationale – et là je répète un peu ce qu’a dit le chef de cette liste l’ancien ministre Jean Louis Cardahi- est aussi celle du régime. C’est vrai que dans cette circonscription il y a plusieurs listes, dont certaines fortes, comme la liste formée par le CPL, dite du régime – ce qui est normal-, mais nous aussi notre liste s’inscrit dans la ligne du régime.

Que signifie le régime ? Le président de la République, le général Michel Aoun. Cette liste, à travers ses candidats, affirme que la relation avec le président de la République est stratégique. En ce qui nous concerne, c’est plus que vrai et la relation stratégique se double d’une relation personnelle, basée sur le respect mutuel, sur la compréhension réciproque. D’ailleurs, le président a toujours dit depuis 2006, que le plus grand conflit entre moi et le sayed se résout en deux mots. C’est pourquoi nul ne peut dire que cette liste formée de personnalités respectables et honorables ne peut être considérée comme étant contre le régime.

Je conclus en demandant à tous, chrétiens et musulmans, présents dans cette circonscription à se rendre massivement aux urnes ; Je leur demande de voter selon leur conviction, en toute liberté et conscience, car ces élections donneront naissance à un Parlement qui devrait faire face à de grands défis, sur le plan national, et au sujet de la lutte contre la corruption, de l’économie, de la sécurité et de la région.

Nous misons sur votre fidélité, vous qui êtes partenaires dans la dignité. Vous exprimerez, je l’espère, votre fidélité  à la résistance et au sang des martyrs et à tous ceux qui vous ont protégés et défendus et qui continuent à vous servir du mieux qu’ils peuvent le 6 mai.

Allez en paix.

Traduit par French.alahednews

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