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Discours lors du meeting électoral consacré à la circonscription de Tyr-Zahrani

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Au nom de Dieu

Pour commencer je voudrais m’adresser au père des trois martyrs, hajj Sami Meslamani pour le remercier de sa position. Je dois rappeler que vous, les familles des martyrs êtes la couronne sur nos têtes, vous êtes le symbole de la fidélité et de la sincérité. Nos victoires sont dues à vous et c’est grâce à vous que nous poursuivons notre combat et nous continuerons à remporter des victoires inchallah.

Que Dieu vous bénisse, vous et vos familles.

Je vous souhaite la bienvenue à tous dans le cadre de ce rassemblement électoral et je bénis le mois de Chaabane qui commence, qui, selon le Prophète, nous permet de nous préparer pour le mois du jeûne, au cours duquel nous sommes les hôtes du Seigneur. Nous devons donc être des hôtes décents.

Je bénis aussi la commémoration de l’anniversaire de Abou Abdallah, le sayed des martyrs l’imam Hussein, ainsi que le souvenir de la naissance de son fils l’imam Al Sajjad Ali ben Hussein, ainsi que le souvenir de la naissance du héros de Karbala, Abou  al Fadl al Abbas qui a poursuivi le combat jusqu’au martyr sans être arrêté par ses blessures.  Je bénis aussi les blessés de la résistance auxquels le jour de la naissance de Abou Fadl al Abbas est dédié.

Chers frères et sœurs, l’objectif de ce meeting est clair : il s’agit de déclarer notre appui populaire et politique à la liste de l’espoir et de la fidélité dans la circonscription de Tyr et Zahrani

Mon discours sera divisé en trois parties : une pour la résistance, une pour les problèmes du quotidien et enfin une partie sur la liste et le vote et sur le grand frère Nabih Berry.

Nous nous retrouvons aujourd’hui dans la ville de Tyr, celle de Abed al Hussein  Charafeddine, et celle de l’imam disparu Sayed Moussa Sadr, que Dieu le ramène sain et sauf avec ses compagnons. C’est à partir de Tyr qu’il a rayonné dans le monde.

Cette ville a aussi accueilli notre maître, notre chef et notre secrétaire général sayed Abbas Moussawi au début de sa jeunesse. Il y a fait des études religieuses à l’Institut des études islamiques de Tyr, l’école religieuse fondée par l’imam Sadr et il y est revenu plus tard  et y a passé ses plus belles années dans la résistance dont il a pris la charge en tant que secrétaire général avant de devenir un martyr.

Lorsque nous nous retrouvons à Tyr, dans la ville de la coexistence islamo-chrétienne et même de la vie en commun entre les musulmans, les chrétiens et entre les sunnites et les chiites, cela a une signification particulière, car cette ville a toujours été imperméable à la discorde, qui a pourtant frappé tous les coins du pays.

Cette ville a aussi suivi et accompagné le conflit arabo-israélien depuis ses premiers jours, avec l’imam Charafeddine et ses prises de positions historiques. Elle a ouvert ses portes aux déplacés palestiniens contraints à quitter leur terre en 1948, surtout les habitants du Nord de la Palestine. Ils continuent d’ailleurs à vivre à Tyr et autour de la ville dans des camps de réfugiés palestiniens fans une entente et une fraternité avec les habitants de la ville.

Cette villa a aussi résisté contre l’occupation israélienne en 1982 et c’est sur son sol qu’a eu lieu la première opération suicide, qui a été accomplie par le premier des martyrs tombés dans des attaques suicides, Ahmed Kassir, qui avait attaqué le siège du gouverneur militaire israélien à Tyr, brisant ainsi le prestige de l’armée d’occupation, digne élève de l’école de  l’imam Sadr et de l’imam Charafeddine. Après cette opération, l’armée d’occupation a été contrainte à imposer un deuil général dans la ville. Il y a eu ensuite l’opération de l’école de l’arbre et Tyr, ainsi que toute la région, ont résisté contre l’armée d’occupation, la contraignant à se retirer, défaite et humiliée, sans conditions en 1985, jusqu’à la limite de la bande frontalière occupée.

Nous nous retrouvons donc aujourd’hui avec les résistants et les moujahidins, avec les familles des blessés et des martyrs, avec les otages libérés et tous ceux qui résistent  sur leur terre, ceux qui travaillent pour gagner dignement leur vie, les agriculteurs, les pêcheurs, les paysans. Nous nous retrouvons pour parler un peu des problèmes de la résistance et de la patrie.

Au sujet de la résistance : nous nous retrouvons aujourd’hui, alors que nous avons à l’esprit l’attaque de juillet 1996 que l’ennemi israélien avait surnommé «l’opération raisons de la colère». Cette agression avait commencé le 11 avril. Je le dis pour rappeler ces jours glorieux. L’attaque avait duré 16 jours et elle s’est terminée le 27 avril.

L’opération avait commencé par le bombardement du siège de commandement militaire du Hezbollah  à Haret Hreik, où se tenait à l’époque le chef militaire de la résistance, le chef martyr Moustafa Badreddine.  L’ennemi avait planifié son attaque en envoyant des missiles sur ce lieu en cherchant à tuer au début de l’opération le chef militaire de la résistance. Mais la volonté divine a permis au chef Badreddine de rester en vie et de mener la riposte à l’attaque avec ses frères de la résistance et avec d’autres forces nationales et islamiques, comme Amal et d’autres formations qui avaient encore à l’époque des armes.

Comme à chaque fois qu’il ne parvenait pas à atteindre des cibles militaires, l’ennemi a eu recours au bombardement des civils. Mais la nouvelle démarche de la résistance au cours de cette agression qui a consisté  à bombarder largement les colonies de peuplement des occupants sionistes au Nord de la Palestine occupée a poussé l’agresseur à arrêter l’opération après des pressions internationales et des négociations qui ont abouti à ce qu’on a appelé « l’entente d’avril ». C’était donc une grande réalisation pour la résistance. Pourquoi ? Cette entente a permis en effet d’épargner les civils et les institutions civiles. Avant cette entente, chaque fois que la résistance faisait une opération au Sud ou dans la Békaa Ouest, l’ennemi israélien s’empressait de bombarder les civils, les villages, les écoles, les champs, pour faire pression sur la résistance. Le principal acquis de l’entente d’avril a été d’épargner les civils libanais moyennant la renonciation à bombarder les colonies dans le Nord de la Palestine occupée de la part de la résistance. D’ailleurs, à cette époque, le chef d’état-major de l’armée ennemie avait déclaré que l’entente d’avril s’était transformée en un sac pour la boxe entre les mains des combattants au Sud du Liban.

Ils n’avaient en fait d’autre arme que celle de bombarder les civils en riposte aux opérations de la résistance. L’entente d’avril a donc ouvert un vaste horizon devant la résistance pour qu’elle puisse remporter la victoire de 2000.

Cette résistance était justement le rêve de l’imam Abdel Hussein Charafeddine. Elle était le projet de l’imam Sadr dont il avait jeté les fondements avant que ses fils à Amal et le Hezbollah le fassent évoluer et le transforment en force réelle.

Lorsque je reviens au passé, proche surtout, c’est pour en tirer les leçons utiles pour le présent et pour savoir vers où nous allons et sur quelle base. Je demande toujours à nos frères ulémas, aux politiciens et aux intellectuels de parler à leurs enfants et petits- enfants de cette période, surtout les jeunes générations qui n’ont pas connu nos difficultés à cette époque, nos souffrances, nos sacrifices, nos peines, l’exode et le sang de nos martyrs. Je voudrais rappeler tout cela.

En 1949,  un an après l’émergence de l’entité usurpatrice en Palestine, les gangs sionistes ont attaqué le Sud du Liban. Il faut le préciser, car certaines parties considèrent que les attaques israéliennes contre le Liban et le Sud en particulier ont commencé après l’arrivée des  organisations palestiniennes. C’est donc faux. En 1949, il n’y avait pas encore au Liban des organisations palestiniennes, ni des combattants palestiniens. Il y avait des déplacés qui cherchaient un abri et les attaques avaient lieu contre les localités libanaises, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes.

Il y a donc eu une violente agression au Sud sur plusieurs localités et il y a eu un terrible massacre à Houla dans lequel sont tombés des dizaines de martyrs et de blessés, des civils qui n’avaient aucun moyen de défense, à part quelques modestes mitraillettes ou peut-être des épées…Il n’y avait donc pas une résistance réelle en tant que force. Quant à l’Etat, il était absent. Ecoutez-moi bien ici, car c’est à partir de là que je vais commencer. L’imam Charafeddine a envoyé une lettre au président de la République de l’époque Béchara el Khoury. Il y avait évoqué en long et en large les privations, l’insécurité et le comportement des ministères, les droits du Sud etc Je vais reprendre en particulier le paragraphe qui concerne la sécurité et la protection. Avec son éloquence légendaire, l’imam avait parlé des grandes privations de Jabal Amel où les enfants vivent dans la terreur, tout comme les localités du Sud. Jabal Amal payait le prix de l’arrivée massive des sionistes en Palestine, venus des quatre coins du monde. Il était hulilié, abandonné, soumis aux vexations et aux attaques. C’était donc la situation à Jabal Amel selon les termes de l’imam Charafeddine. Que demandait l’imam ? Que l’Etat assume ses responsabilités. Cela a toujours été le projet des habitants du Sud : réclamer les institutions de l’Etat, les FSI. Il n’y a jamais eu de projet de rechange. Nous n’avons jamais voulu être un projet de rechange. Ces phrases ont été écrites avant ma naissance et avant celle de la plupart d’entre vous. L’imam Charafeddine avait donc demandé au président de la République d’envoyer l’armée pour protéger les habitants du Sud, pour protéger Bint Jbeil, Marjeyoun, Rmeich, Hasbaya, Khiam etc.

Nul n’a répondu à cette demande. Ni au sujet de la protection, ni au sujet des soins et des services réclamés. Pour construire une école au sud, il fallait attendre dix ans pour obtenir une licence. Le Sud ne signifiait rien pour l’Etat, tout comme la Békaa et le Nord, toutes ces régions éloignées qui ont été rattachées au Grand Liban en 1920.

Plus tard, l’imma Sadr est venu dans cette région et il a poursuivi la voie tracée par l’imam Charafeddine. Il a même développé le projet pour jeter les bases d’un mouvement populaire, à partir de Tyr et vers toutes les régions du pays.

De 1960 à 1975, il y avait tout le temps des agressions israéliennes au Sud, dans les villages frontaliers, des bombardements et des massacres. Et à chaque fois, l’imam Sadr  demandait à l’Etat d’envoyer l’armée sur place pour protéger les villages et les habitants. Cela existe dans ses discours. Vous pouvez les relire. Il demandait à l’Etat d’envoyer l’armée pour former et entraîner les jeunes du sud, de toutes les confessions pour qu’ils puissent défendre leur terre, leurs biens et leurs familles.

L’imam demandait aussi à l’Etat d’armer  les habitants des villages frontaliers pour qu’ils puissent se défendre. Il disait même : moi avec mes cheveux blancs, je suis prêt à intégrer un camp d’entraînement, à prendre les armes et à être le premier à défendre le Sud. Ses demandes sont restées sans réponse.

L’imam Sadr a aussi réclamé la construction d’abris, tout comme c’était le cas dans le Nord de la Palestine occupée, il a demandé que l’on donne aux habitants du Sud les moyens de résister pour rester dans leurs villages et dans leurs terres. Là aussi, il n’y a jamais eu de réponse. Est-ce vrai ou non ? Tout cela fait partie de l’Histoire. C’est écrit et documenté. A tous ceux qui discutent aujourd’hui le projet de la résistance et qui le critiquent je dis que les habitants du Sud ont attendu l’Etat et ses institutions depuis 1948 en vain. Ils attendu l’armée pour qu’elle défende tout le Sud, des unités réduites qui ont fait preuve de courage et ont donné des martyrs, ont été envoyées. En dépit de leur bravoure, elles sont restées en nombre réduit. En 1975, l’imam Sadr a donc été contraint à recourir à une solution de rechange. Laquelle ? La résistance populaire armée qui compte sur ses jeunes et ses armes, sans plus attendre l’Etat, car il ne veut pas envoyer l’armée, il ne veut pas former les jeunes et il ne veut pas assumer ses responsabilités.

C’est donc à ce moment que l’imam Moussa Sadr a fondé les unités de la résistance libanaise dites Amal. J’avais à cette époque 15 ou 16 ans. Toute notre génération a rejoint à l’époque les camps d’entraînement et de l’argent a commencé à être recueilli et rassemblé pour armer la résistance qui devrait lutter contre les agressions ennemies et qui n’était pas destinée à participer à un quelconque combat interne.

Je voudrais donner un petit exemple pour que vous mesuriez, vous nos frères au Sud et dans tout le Liban, dans quelle bénédiction nous vivons désormais, de quelle force nous bénéficions aujourd’hui et qui était le rêve de l’imam Sadr. Comme nous nous adressons aux habitants de la région de Tyr et de Zahrani, je vais parler de mon village, Basourieh. Nous étions 80 jeunes à avoir rallié les rangs d’Amal en 1975 ou 1976. Nous avions des moyens modestes, quelques mitraillettes kalachnikovs et séminov et des munitions qui pouvaient suffire pour une heure et demie de combat. Il n’y avait pas de caisses de munitions dans les dépôts. Les jeunes se souviennent que lorsqu’ils demandaient des armes et des munitions à l’imam, il répondait qu’il n’avait pas d’argent pour en acheter. Il disait qu’il essayait d’en ramener de Syrie. Il s’agissait de vieux modèles et parfois, les jeunes payaient de leurs poches. Lorsque je dis les jeunes, je ne parle pas des fils de riches, mais des pauvres qui habitaient dans les villages et qui avaient à peine de quoi assurer la moitié du prix d’une mitraillette. Le mouvement payait l’autre moitié.

C’était cela les moyens disponibles en 1975 et 1976, lorsque la résistance a été lancée. Il y a eu ensuite l’invasion de 1982. La résistance a évolué et il y a eu la victoire de 2000. Pendant tout ce temps, l’Etat était absent. Avec qui parler ? A qui s’adresser ? En 2006, l’Etat n’était pas prêt à envoyer l’armée au Sud et c’est la résistance qui l’a poussé à le faire. Il y a eu à chaque fois des débats sur cette question et sur la façon de traiter avec ce sujet. Après 2006, le déploiement de l’armée au Sud est devenu une demande internationale.

Dans l’accord du 17 mai, que le gouvernement libanais de l’époque avait accepté, il avait été convenu d’un déploiement limité de l’armée au Sud, un nombre limité d’officiers, d’unités, avec des armes précises. Mais après la guerre de 2006, la communauté internationale  a exigé le déploiement de 15000 soldats et officiers, avec des blindés et des armes autant qu’ils pouvaient s’en procurer. C’est donc la résistance qui a poussé au déploiement de l’armée au Sud.

Où je veux en venir ? Je veux dire ceci : depuis le début, le projet de nos imams, de nos chefs et de tous ceux qui ont assumé des responsabilités au Sud était de faire appel à l’Etat pour qu’il assume ses responsabilités de protection  du territoire et des habitants. Mais l’Etat n’a jamais répondu à cet appel. C’est donc lui qui doit être critiqué et les responsables qui se sont succédé à la tête de ses institutions. C’est l’Etat qui doit être critiqué non ceux qui ont acheté des armes avec l’argent des pauvres pour protéger ses terres et ses familles.

Malgré cela, certains disent que la résistance au Liban  est un crime.  Nous sommes devenus chez certains Libanais, chez certains Etats arabes et chez une partie de la communauté internationale des criminels et Dieu seul sait ce que l’Histoire dira de nous. C’est cela le problème de l’Histoire dans notre région. Si vous demandez aujourd’hui Adham Khanjar était-il un résistant ou un voleur ? Sadek Hamzé était-il un résistant ou un voleur, vous entendrez deux avis différents. Il s’agit pourtant d’un passé qui remonte  à 50 ou 60 ans.

Notre crime a donc été de prendre les armes pour défendre notre pays, nos terres, nos villages, la souveraineté du pays, lorsque l’Etat a renoncé à le faire et à protéger son peuple. Il n’y avait pas alors un autre choix. L’autre alternative était la mort, l’exode, donner la terre aux sionistes, les laisser y construire des colonies israéliennes sur la terre du Sud, de la Békaa ouest et de Rachaya. Cela signifiait l’occupation permanente.

Cette résistance qui était le rêve de l’imam Charafeddine et le début du parcours de l’imam Sadr est aujourd’hui une force réelle, dont l’ennemi tient compte, en dépit des menaces qu’il multiplie. Il connaît les capacités de cette résistance depuis le temps qu’il la teste, à travers l’attaque des Raisins de la colère en 1996, l’attaque de 1993 et la guerre de juillet 2006.

Aujourd’hui, je dis à l’imam Charafeddine : Jabal Amel ne connaîtra plus l’humiliation car tous les bras, les poignets, les armes refusent cette humiliation et le crient bien fort.

Je dis à l’imam Moussa Sadr que la résistance que tu as lancée et pour laquelle tu achetais de ta propre poche  et des poches des pauvres des armes individuelles pour combattre l’armée invincible qui  perdu son prestige, possède désormais la force, les hommes, les cerveaux, la technologie, l’expérience et les moyens. Elle possède des missiles qui peuvent atteindre n’importe quelle cible chez l’ennemi.

Chers frères et sœurs, ces victoires et cette résistance sont le fruit de vos sacrifices, de vos souffrances, du sang de vos martyrs, de votre détermination, de votre patience à supporter les agressions, les massacres, les difficultés, les tragédies. Cette résistance est le fruit de votre loyauté, de votre sincérité et de votre fidélité. Elle est la garantie. Il faut que tout le monde comprenne, les Libanais et les non-Libanais,  que cette résistance et cette garantie ne sont pas arrivées à ce stade comme cela, ou à travers des discours. Nous sommes arrivés là à cause de grands sacrifies et nous ne pouvons pas renoncer à elle. Son peuple ne peut pas renoncer à elle et son peuple ne peut pas tourner le dos une seule seconde.

A ceux qui veulent discuter ou négocier, nous disons que notre résistance n’est pas à vendre. Elle ne peut pas faire l’objet d’un échange ou d’un compromis. Car elle signifie notre vie, notre survie, notre existence, notre dignité. C’est votre responsabilité que de la protéger. C’est ce que vous avez fait dans le passé et que vous ferez de nouveau inchallah le 6 mai, lorsque vous viendrez de toutes les localités du Sud pour voter en faveur des listes de l’espoir et de la fidélité, pour voter en faveur de l’espoir, de l’avenir, de la liberté et de la préservation de la dignité. Ce vote sera aussi celui de la loyauté envers les martyrs, les blessés et envers nos imams Charafeddine et Sadr. Votre vote chers frères et sœurs sera un message aux Libanais et au monde dans lequel vous direz que nous, à Tyr et à Zahrani, nous n’abandonnons pas la résistance et nous ne l’abandonnerons et nous ne plierons pas l’échine.

Le second point porte sur les problèmes des citoyens. Depuis les années 90, ou depuis 1992 plus précisément, il y a eu une sorte d’entente dans le pays qui stipulait qu’une partie s’occupait de la protection du Liban et de la résistance, c’est-à-dire  qu’elle se battait et mourrait alors que l’autre s’occupait pratiquement du dossier économique et financier. Cette partie avait à sa tête le Courant du Futur. Ce n’était pas vraiment un accord, mais une sorte d’entente tacite dans laquelle nous n’étions pas partenaires. Mais dans les faits, nous avons été vers la résistance parce qu’elle était notre priorité et parce que nous savions la faire.

La partie qui s’est dirigée vers la résistance peut dire aujourd’hui en 2018 voilà mon bilan, voilà mes réalisations. Les forces de la résistance peuvent dire nous avons libéré le territoire, nous avons repris la Békaa ouest, Jezzine, Rachaya, tout le Sud. Il ne reste plus que les collines de Kfarchouba et les fermes de Chebaa. Nous avons récupéré nos otages détenus par l’ennemi, nous avons protégé le pays et conforté l’équation de la dissuasion avec l’ennemi. La libération, ainsi que la sécurité pour le Sud et le Liban sont des évidences visibles pour tous.

Regardez donc le Sud de 2000 à 2006, il y a eu un épisode de guerre, mais depuis 2006 à aujourd’hui, la stabilité règne, la coexistence a été rétablie, les gens vivent normalement au Sud et sortent la nuit, cultivent leurs champs, se déplacent d’un village à l’autre et vivent en toute liberté. Il n’y a pas eu à Jabal Amel, qui est devenu à partir de 1920 le sud Liban une période de 12 ans dans une telle paix et stabilité, dans la dignité, avec un moral et une confiance en soi aussi élevés.  C’est une réalisation de la résistance, en dépit de ce qui se tramait dans les coulisses. J’en ai d’ailleurs parlé à Nabatiyé et je ne vais pas revenir là-dessus.

Pour en revenir au dossier économique, qu’avez-vous donc réalisé, vous le Courant du Futur ? La polémique dans le pays consiste dans leurs attaques contre nous. Ils ne parlent pas politique. Non, ils tiennent un autre langage. Mais moi, je veux utiliser un langage objectif, rationnel et scientifique. Je pose la question suivante : où en est le dossier économique ? Aujourd’hui, tout le monde est d’accord pour dire que nous avons un immense problème économique. Nous avons une dette publique de plus de 80 milliards de dollars, le secteur agricole est dans son plus mauvais état, ainsi que le secteur industriel. Les problèmes économiques et financiers ont donc un début, mais on ne voit pas leur fin. Bien que des milliards de dollars ont été dépensés sur l’infrastructure, celle-ci est dans un état lamentable. Où est donc la réalisation ? Nous sommes prêts à la reconnaître si elle existe.

Lorsque nous évoquons les réalisations de la réalisation, nous ne parlons pas de slogans creux. Il y a des réalités : les gens à Tyr vivent dans la sécurité et la stabilité, sans craindre les bombardements, ni les avions. C’est une réalisation qui est à mettre à l’actif de la résistance car cela n’avait pas lieu avant. Allez donc à la frontière et voyez comment les gens vivent dans ces localités. Regardez comment les gens construisent des maisons le long de la frontière car ils n’ont plus peur. Donnez-nous de votre côté les réalisations que vous avez accomplies. Je ne dis pas cela pour lancer une polémique mais pour que chacun assume ses responsabilités. Lorsque j’ai annoncé notre programme électoral, certains ont dit : le Hezbollah tient jusqu’à présent la décision de la guerre et celle de la paix. Il veut désormais mettre la main sur le dossier économique. Je ne veux pas intervenir dans le dossier économique mais je constate suite à l’expérience vécue  que la partie en charge du dossier économique et financier n’a rien fait pendant des années. On peut dire qu’il a échoué. La preuve est dans le constat réel et étranger de la situation économique et financière libanaise. C’est pourquoi nous appelons le prochain gouvernement à changer l’approche habituelle des dossiers économiques et financiers. Nous l’appelons à élaborer une vision économique et financière claire et globale. Il faut cesser d’agir par tâtonnement, séparément, projet (qui n’est pas réalisé) par projet, avec l’idée suivante : on va là et après on verra. Nous réclamons d’ailleurs un ministère de la Planification.

Je m’adresse à tous les Libanais : si le gouvernement n’élabore pas une vision économique, nous nous dirigeons vers la catastrophe. Mais au lieu de cela, de quoi discute-t-on dans le pays ? Des armes de la résistance et de la stratégie de défense. Il faut savoir d’abord que c’est le président de la Chambre Nabih Berry qui a appelé à discuter d’une stratégie de défense nationale. C’est-à-dire le camp de la résistance. Nous n’avons jamais évité ce sujet. Aujourd’hui, je vous le dis, après les élections nous sommes prêts à discuter de la stratégie de défense. Mais pourquoi l’autre camp n’accepte pas de discuter d’une stratégie économique ? Pourquoi refuse-t-il l’adoption d’une vision économique claire ? Un plan global pour sortir le Liban de l’impasse économique et financière dans laquelle il s’enferme ? Si nous ne le faisons pas, le Liban se dirige vers le gouffre.

Le second point, sur le plan des soucis nationaux, est la corruption qui frappe toutes les institutions de l’Etat, de haut en bas.

Lorsque nous évoquons ces questions, des personnalités cherchent immédiatement à détourner la question en prenant comme titre de leur bataille électorale la lutte contre le projet persan. Où est le projet persan ? Ces personnalités parlent aussi de préserver l’identité arabe de Beyrouth et du Liban. Mais où est-elle cette identité ? De quoi parlons-nous ? dans quel pays vivons-nous ? Il y a quelques jours, la Ligue arabe a tenu une réunion, qui en a entendu parler ? Ni les Arabes, ni le monde, ni les Etats. Avez-vous senti quelque chose ? pourquoi voulons-nous aller vers des slogans au lieu d’affronter les réalités ? Nous parlons de l’Etat fort capable d’assumer ses responsabilités. Mais un Etat ne peut pas continuer avec la corruption. Il s’effondre rapidement. La lutte contre la corruption n’a pas besoin de plans. Le plan existe et il est clair. Il y a eu de longs débats au sein de la commission parlementaire des Finances et au sein du gouvernement. Des idées  et des propositions concrètes ont été faites. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est une décision ferme sincère de stopper la voracité face aux ressources de l’Etat. C’est pourquoi nous appelons le nouveau gouvernement et les forces politiques qui affirment vouloir combattre la corruption à prendre une décision ferme et claire dans ce sens. Les mesures sont claires : il faut arrêter la dilapidation des fonds publics. C’est clair mais il faut des hommes qui prennent des décisions. Le peuple libanais ne peut plus se taire car le pays, si cela continue se dirige vers le gouffre.

Le troisième point qui occupe les Libanais c’est le sujet confessionnel. Au Liban, le système est confessionnel, nous ne voulons pas entrer dans les tiraillements autour de l’abolition du confessionnalisme politique pour qu’on nous lance en contrepartie la laïcité totale. Cette équation est devenue claire. Mettons ce sujet de côté, même si cela reste une aspiration légitime pour les Libanais. Aujourd’hui il y a un problème grave qui se conforte chaque jour et devient très grave. Ce n’est pas tant pour créer une polémique que pour susciter un véritable dialogue sur la question que je la soulève : il s’agit de la confessionnalisation de tout. Dans le passé, les trois postes de responsabilité les plus importants, ainsi que les fonctions de première catégorie étaient soumises à un partage confessionnel. Mais aujourd’hui, le confessionnalisme est partout, dans l’eau ( ce fleuve est aux chiites et cet autre aux sunnites ou aux chrétiens etc) en particulier. Par exemple, lorsque nous disons qu’il y a un fleuve nationale le Litani qui prend sa source dans la Békaa et se jette dans la Mer Méditerranée  qui est pollué et exige un traitement car les Libanais pâtissent de cette eau polluée, on nous dit : non, ce fleuve est désormais aux chiites. Demain, ce sera le tour des blocs de pétrole et de gaz qui appartiennent pourtant à tout le peuple libanais qui mise sur eux pour rembourser la dette et améliorer la situation sociale et économique. Demain, il y aura ainsi un bloc chiite, un autre chrétien etc On dit même qu’on a renoncé à chercher du pétrole et du gaz dans le sol libanais car les prospections auraient été faites dans telle région confessionnelle…

En toute honnêteté, est-ce ainsi que l’on construit une patrie ? Aujourd’hui, vous ne voyez pas d’autre problème dans le pays que les armes du Hezbollah ? Quand vous dites vouloir régler les problèmes en suspens, la confessionnalisation à outrance n’en est-elle pas un ? L’eau est devenue confessionnelle comme le pétrole et tout le reste. Même le dossier des déchets a été confessionnalisé. Savez-vous quel niveau avaient atteint les débats au sein de la commission ministérielle chargée de ce dossier ? Certains avaient dit, là ce sont les ordures de cette confession et là celles de telle autre…Que chaque confession traite ses propres ordures. Il n’y a donc plus de lien national entre les Libanais.

Si l’on suit cette logique, l’eau est confessionnalisée, le pétrole aussi ainsi que tous les autres secteurs. L’agriculture par exemple ainsi que l’industrie… Quelle est la confession de ceux qui profitent le plus de tel projet ou de telle décision… Peut-on édifier un pays de cette manière et avec cette logique ? Non. Mais qui dirige le pays ver cette pente ? Est-ce imposé par les Etats-Unis ou par certains Etats arabes ? Est-ce imposé par les Israéliens ? Non, c’est le fait de nos leaders, de nos partis et de nos chefs qui n’ont pas de projet national mais se tuent pour rester au pouvoir ou à la tête de leurs communautés, car ils ne peuvent bâtir et faire durer leur leadership que par le fait d’aiguiser la fibre confessionnelle.

Lorsqu’un ministre prend en charge ses fonctions, qui cherche-t-il à aider ? les gens de sa propre confession. Est-il un ministre pour le pays ? Il l’affiche d’ailleurs et nul ne lui demande des comptes. Ni un président, ni un député, ni un collègue, ni la justice, non, c’est normal et c’est même considéré comme de l’intelligence.

C’est un grand problème aujourd’hui. Je vais donner un exemple et laisser le débat s’ouvrir.

Ce dossier a besoin d’un dialogue calme, réaliste et responsable. Nous disons que nous ne voulons pas la confessionnalisation de tous les dossiers, mais en même temps, nous voulons le développement équilibré. Il faut en tenir compte, comme il faut tenir compte de l’entente nationale et des craintes nationales. Mais si ce dossier n’est pas traité de façon adéquate, le pays se dirige vers le gouffre.

L’exemple que je voudrais évoquer est celui de l’Université libanaise, l’université officielle et celle des pauvres, comme nous l’appelons. Si l’on regarde les programmes des forces politiques, elles veulent toutes une université forte et veulent toutes l’appuyer. L’Université libanaise a besoin de professeurs et ceux-ci doivent répondre à des critères précis, car s’ils ne sont pas respectés, cela porterait un coup au niveau et à la crédibilité de cette université. ( Je parle de l’Université libanaise dans toutes ses branches, ce qui concerne tous les jeunes Libanais). Mais lorsqu’on organise des concours pour recruter des professeurs, il arrive que ceux qui réussissent soient d’une confession plus que d’une autre et que fait-on alors ? On cherche l’équilibre confessionnel   au détriment de la qualité et des compétences. Ce système est une menace pour l’Université libanaise et le problème ne peut pas être réglé en lui tournant le dos ou par le lancement de slogans. Il se résout par un dialogue général calme et responsable.

Dans ce pays et dans certaines institutions, pour que certaines personnes soient embauchées, elles doivent obtenir des 18 sur 20, alors que dans d’autres, il suffit qu’elles aient 7 sur 20. Est-ce ainsi que l’on construit une institution fiable et compétente ? Les institutions, surtout celles académiques ont besoin de compétences, de capacités. Ce problème exige une solution, sinon demain, les forêts et les champs seront aussi confessionnalisés.

C’est donc un problème essentiel que nous ne pouvons pas occulter. Pouvons-nous trouver des solutions ? Oui, le Liban est passé maître dans l’arrondissement des angles et dans la capacité à trouver des formules de compromis internes. Si les leaders et les forces politiques décident de traiter ce problème, ils peuvent le faire.  Mais si nous continuons sur cette pente, il n’y aura plus d’institutions compétentes capables de servir les gens de les protéger et de protéger le pays.

Nous appelons donc au dialogue pour régler les soucis nationaux. J’ai encore un dernier souhait adressé à tous ceux qui haussent le ton plus que nécessaire dans leurs discours : n’oubliez pas que le 7 mai, les élections seront terminées et toutes les forces politiques, indépendamment des résultats,  se trouvera devant une nouvelle réalité politique dans laquelle le Liban a besoin de tous. Le Liban a besoin d’un gouvernement d’union nationale. Nul ne peut éliminer l’autre, nul ne peut être exclu de l’équation. Nous avons tous besoin d’un dialogue rationnel, objectif. C’est pourquoi je souhaite que chacun laisse dans son discours une place pour la morale et le souci de l’autre pour pouvoir nous asseoir ensemble et réparer les dommages des campagnes électorales le 7 mai.

Je conclus par la liste de l’espoir et de la fidélité. Comme je l’ai dit dans la Békaa ouest, je le répète à mes frères du Hezbollah à Zahrani : ils auraient peut-être préféré avoir un candidat issu de leurs rangs. C’est un souhait légitime. Mais au sujet des candidatures, nous avons mené une expérience exemplaire, qui est celle de l’entente et du partage avec Amal. Nous nous sommes entendus sur les questions essentielles. Nous avons des divergences sur les détails mais au final, nous ne sommes pas un parti unique. Les divergences sont donc normales. Il est aussi normal que dans certaines régions, les candidats soient d’Amal et dans d’autres du Hezbollah. Nous nous sommes aussi entendus sur le fait que là où il n’y a que des candidats d’un des deux partis, ils seront ceux des deux partis. Autrement dit, les candidats d’Amal sont aussi ceux du Hezbollah et ceux du Hezbollah sont aussi ceux d’Amal. Le candidat d’Amal à Zahrani est donc celui du Hezbollah et de la résistance. Il nous représente et représente la résistance dans tout le Liban et au niveau national. Il nous représentera dans les grands défis qui nous attendent, notamment au sujet des frontières maritimes et terrestres. Nous lui faisons confiance sans hésitation dans cette bataille.

Chers frères et sœurs du Hezbollah dans le caza de Zahrani, je vous remercie pour votre coopération et je rends hommage à votre machine électorale qui travaille sans relâche et j’espère que vous continuerez dans ce même esprit.

Je voudrais encore ajouter une chose qui concerne la circonscription de Tyr et Zahrani. Inchallah le chef de cette liste sera le président de la Chambre. Pour nous, ce n’est pas un sujet de discussion. A Nabatiyé, j’ai parlé du frère Nabih Berry, rappelant qu’il a été et est une garantie pour la résistance, lorsque certains cherchent à la poignarder dans le dos. Nabih Berry est une garantie nationale sur le plan interne et sur le plan national. Tout le monde connaît son rôle de leader en 2005, en 2006, notamment sa capacité à réunir toutes les parties autour d’une table de dialogue qui avait sauvé le pays d’une discorde interne et d’une guerre civile. Pour nous, c’est donc une question décidée.

Vous, les électeurs de Tyr et Zahrani, vous n’élisez donc pas seulement une liste de députés, celle de l’espoir et de la fidélité, mais vous élisez aussi le futur président de la Chambre qui sera, comme il l’a toujours été, une garantie pour la résistance, une garantie nationale, une garantie pour le dialogue et l’unité nationale et pour le règlement des tiraillements internes. Le président Berry a en effet toujours fait preuve de génie pour trouver des issues aux impasses et privilégier les intérêts nationaux, de façon adéquate, pacifique et sage.

Dans ce meeting pour la liste de l’espoir et de la fidélité, nous attendons de vous, chers frères et sœurs d’être fidèles à vos convictions le 6 mai. Vous le serez sûrement car vous avez toujours fait preuve de loyauté et de fidélité. Ne dites pas que dans cette circonscription, les dés sont déjà jetés. La liste de l’espoir et de la fidélité à Tyr et Zahrani a besoin de vos voix, toutes vos voix. Vous serez ainsi en train d’envoyer un message au Liban et au monde, un message d’attachement à la vie en commun  et à la coexistence islamo-chrétienne, un message à l’ennemi israélien sur votre engagement avec la résistance et sur votre détermination à affronter ses menaces. Ce sera aussi un message au peuple palestinien pour poursuivre la résistance. Vous direz à tous que vous n’accepterez pas que l’on porte atteinte à la souveraineté du pays et que vous êtes les propriétaires de cette terre, les hommes de la résistance et que le 6 mai vous confirmez vos options dans la résistance parce que vous lui êtes fidèles, vous les fidèles par excellence.  

Traduit par : French.alahednews

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