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Mohamad Ben Salmane provoque les Irakiens... il n’est pas le bienvenu

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Le prince héritier saoudien devrait se rendre en Irak dans la première moitié du mois d'avril, après son retour des Etats-Unis, où il restera deux semaines. Depuis le début du mois, les préparatifs de la visite qui n’a pas encore été officialisée, se poursuivent. La discrétion de Riyad et de Bagdad peut être expliquée par le plan inachevé de la visite. Cette visite est pour certain suspecte compte tenu, de l’empressement de Ben Salmane à se rendre à Bagdad, et le timing de la visite, la veille des élections parlementaires en mai.

Mohamad Ben Salmane provoque les Irakiens... il n’est pas le bienvenu.

Selon ce qui est dit au sujet de la prochaine visite, Mohammed Ben Salmane se rendra à Bagdad et à Najaf. Le choix de la ville de Najaf est pour beaucoup un point sur lequel il faut s’arrêter et se demander si cette étape est considérée comme un tournant dans la politique de l’Arabie saoudite vu que cette ville est considérée comme le siège de l’autorité religieuse chiite.

Selon des sources saoudiennes et irakiennes, l'ambassadeur saoudien à Londres, Mohammed ben Nawaf al-Saoud, a demandé au bureau de l’Ayatollah Ali Sistani à Londres d'organiser une rencontre entre le prince saoudien et son éminence Sayyed Ali lors de sa visite à Najaf. Mais cette demande a été rejetée sans préciser les raisons.

Des sources irakiennes ont souligné que le refus de Sayyed Sistani de rencontrer Ben Salmane a une importance significative, sans pour autant dire que le prince ne visitera pas Najaf, car la raison déclarée de sa visite est l'ouverture d’un consulat saoudien.

Ces sources ont souligné que des partis politiques irakiens préparent depuis des mois le terrain à Najaf pour la réussite de cette visite. Ces partis ont reçu un soutien financier saoudien pour encourager l'opinion publique et les habitants de Najaf à approuver la visite du prince.

Malgré cela l'opinion publique de Najaf semble en grande partie, rejeter cette visite, certains clans ont brandi des banderoles dans les rues de Najaf, sur lesquelles ont été écrites des expressions rejetant catégoriquement la visite de Mohammed Ben Salmane. Le chef du bloc parlementaire «Sadiqon» (le représentant du groupe Asaib Ahl al-Haq) Hassan Salem a déclaré lors d'une conférence de presse, tenue au sein du parlement irakien lundi, que «le prince héritier du royaume criminel n’est pas le bienvenu, en raison des positions saoudiennes hostiles à l'Irak».

Le site Al-Ahed, a appris que «certains comités à Bagdad ont commencé à tenir des réunions préparatoires pour discuter des mouvements et des sit-in, qui traduiront le refus populaire de la visite de Ben Salmane en Irak».

La politique saoudienne envers Bagdad, au cours des dernières années était incohérente et agressive et soutenait le terrorisme. Mais avec le début de l'étape finale de la guerre contre le terrorisme et la grande défaite de «Daech» en Irak, l'Arabie saoudite commence à adopter un nouveau discours politique employant délicatement les expressions «coopération, fraternité et coordination». Il est clair que les objectifs de Mohammed Ben Salmane en vue de l'amélioration des relations avec Bagdad, comme le révèlent les «élites» en Arabie Saoudite, est «le retour de l’Irak au bercail arabe».

L'initiative saoudienne, qui a commencé par la visite d’Adel al-Jubeir à Bagdad en Février 2017 a été interprétée par plusieurs parties américaines à Washington, l’explication la plus fiable est celle dite par l'ancien diplomate américain sioniste «Martin Indick», dans son témoignage devant le Comité des relations étrangères du Sénat américain 28 mars l'année dernière. Indick a présenté lors de cette rencontre un plan de six points «pour contrer la domination de la région par l'Iran». Le second point du plan évoquait la nécessité de trouver un «nouvel équilibre pour freiner l'influence iranienne à Bagdad», notant que Washington devrait soutenir l'ouverture saoudienne envers Bagdad, et encourager «les efforts de l'Arabie Saoudite pour coopérer avec les tribus sunnites en Irak et soutenir le gouvernement de Haider al-Abadi pour la reconstruction de Mossoul et des zones dévastées».

Cette idée a été reprise en détail dans un deuxième rapport publié en mai 2017, par l’«Atlantic Council» pour le soi-disant «Groupe de travail pour l'avenir de l'Irak», présidé par l'ancien ambassadeur américain à Bagdad, «Ryan Crocker». Le rapport du groupe souligne la nécessité pour Washington de forcer ses alliés de «l'alliance anti-Daech», spécifiquement les pays du Golfe, à «soutenir militairement, économiquement et politiquement l'Irak afin que l'alliance puisse avoir une influence remarquable et atteindre ces objectifs».

Le rapport de Crocker parle d'«une opportunité pour les Etats-Unis de s'appuyer sur un soutien multilatéral en persuadant les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) de s'engager positivement en Irak». Il estime que «le CCG sera capable de mieux comprendre les changements au sein de l’élite chiite à Bagdad, et estimer les opinions et le mécontentement de certaines parties face aux efforts de l'Iran pour contrôler leur système politique».

«Les changements au sein de l'élite chiite à Bagdad», qu’évoquait le rapport ont été explorés par le prince héritier saoudien en juillet dernier lorsque Sayyed Moqtada al-Sadr s’était rendu en Arabie saoudite suite à une invitation. Cette visite a été précédée par des visites de hauts responsables ministériels irakiens à Riyad et la signature d'accords dans le domaine de l’économie et du développement.

Une source irakienne bien informée explique les tentatives de Mohammed Ben Salmane «il essaye d’influencer les chiites avec souplesse, à partir de deux points essentiels qui sont: le sport et les tribus». Au cours des deux derniers mois plusieurs initiatives sportives ont été annoncées par le Président du comité sportif en Arabie Saoudite Turki Al-Cheikh, parmi elles, l’annulation de l'interdiction de jouer sur les stades irakiens, et l'envoi de l'équipe saoudienne à Bassora pour jouer un match amical avec son homologue irakien, en plus des déclarations médiatiques sur la soi-disant promesse que Salmane a faite au Premier ministre irakien Haider al-Abadi de bâtir un stade de football pouvant accueillir plus de 120,000 spectateurs.

En ce qui concerne les clans et les tribus irakiens, le prince héritier saoudien a envoyé, ces derniers mois, des invitations à de nombreuses personnalités tribales du centre et du sud de l'Irak pour se rendre en Arabie saoudite et effectuer la Oumra.

La source a souligné que les Saoudiens ont promis à certains cheikhs tribaux de leur allouer plus de 5000 visas pour la prochaine saison de pèlerinage. Ces tentatives adoptées par Ben Salmane ont pour but - selon la source – d’influencer certaines parties ayant perdu leurs enfants pendant la guerre irano-Irakienne, entre 1980 et 1988. À cette époque Saddam Hussein, recrutait les fils des familles du centre et du sud chiite pour combattre la République islamique d’Iran, et donc Ben Salmane cherche à ouvrir la plaie de cette guerre sanglante et remuer les âmes pour semer la discorde et les soulever contre l’Iran.

En attendant la déclaration officielle du programme de la prochaine visite de Ben Salmane en Irak, ou son ajournement suite au refus populaire de cette visite, les positions irakiennes continueront de susciter la polémique et seront exploitées dans les campagnes électorales et les prochaines élections parlementaires.

Il est certain que l'Arabie Saoudite a choisi d’intervenir dans les choix politiques des Irakiens par tous les mayens qui ne se limitent pas à la distribution des fonds, mais aussi en adoptant une méthode d'influence plus douce, qu’il faudra surveiller de près. Malgré tout l’effort saoudien déployé, seul le peuple irakien aura le dernier mot à dire sur le terrain.

Source: Al-Ahed, traduit par l'équipe du site

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