L‘Iran n'est plus un acteur négligeable sur la scène internationale. Depuis trois ans à ce jour, la situation a beaucoup changé. Les aspects de ce changement se sont nettement manifestés dans le trajet de la position américano-britannique. Plusieurs interrogations se posent dans ce cadre, surtout sur les facteurs qui ont fait changer les équilibres de forces internationales ? Et pourquoi le monde a-t-il «bougé» de sa place pour permettre à l'Iran de s'asseoir dans «les salons de négociations internationales» ? Les relations américano-iraniennes sont-elles entrées dans la période des changements décisifs ?
Le changement de la nature des problèmes régionaux et internationaux est considéré comme

l'une des premières raisons qui ont fait de l'Iran une partie influente dans la région. Selon l'analyste politique et l'expert des affaires iraniennes Mohsen Saleh, l'Iran a réussi à se doter d'une place importante dans les négociations constructives afin d'empêcher l'interférence de nouvelles cartes régionales. Dans une interview au site d'al-Ahed, Saleh a dit que la position iranienne a toujours gardé sa transparence lors des négociations, surtout qu'elle a pu acquérir la confiance de l'Occident après l'avoir convaincu de sa logique constructive.
«Une autre raison a fait de l'Iran nucléaire une force dans les négociations internationales. La République islamique est aujourd'hui étroitement liée aux mondes arabo-islamiques et a pu arracher du monde la légitimité de son action pacifique dans le dossier nucléaire, et ce, à travers les rapports des organisations internationales et surtout de l'agence internationale de l'énergie atomique», explique cet expert libanais.
Pour sa part, l'expert international au centre d'études stratégiques iraniennes Mossayab Noueimi assure que Téhéran a pu confirmer sa bonne intention dans ses pourparlers avec l'Occident, surtout qu'elle a déployé de véritables efforts dans son dialogue avec les six puissances pour démontrer son droit légitime d'acquérir l'énergie nucléaire pacifique.
Une troisième raison pour l'accès de l'Iran au «siège des négociations internationales» est, selon Noueimi, la bonne politique de la République islamique pour faire face aux obstacles occidentaux qui a augmenté sa force. Et d'expliquer comment son pays a pu transformer les sanctions occidentales en général et surtout américaines en une motivation pour persévérer dans son travail dans le domaine scientifique et technique pour développer les industries et les potentiels locaux. L'Occident a réalisé l'échec de ses efforts quand il a vu les progrès scientifique iranien.
La ténacité iranienne face à l'Occident
Noueimi et Saleh conviennent que la ténacité de l'Iran a changé la vision internationale à son égard et a fait d'elle une grande puissance avec laquelle il faut négocier et dialoguer afin de dessiner la politique «du nouveau monde». Les deux analystes ont considéré que les derniers développements ont changé la donne. L'Occident ayant besoin des Iraniens alors qu'il souhaitait les voir «mendier» à ses portes.
Sachant que la politique d'ouverture de l'Iran est parmi les raisons qui ont contribué à pousser l'Occident à dialoguer avec ce pays. Selon Noueimi, Téhéran a toujours œuvré pour ouvrir les portes du dialogue avec tout le monde, surtout lors du mandat de l'ancien président Mahmoud Ahmadi Nejad. Mais l'Occident campait sur sa politique de «plier le bras». Lorsque le président actuel cheikh Hassan Rohani fut élu à la tête du pays, il a réaffirmé la politique extérieure de l'Iran sur son ouverture au dialogue. L'Occident s'est alors empressé pour profiter de l'occasion sous prétexte du changement représenté par l'arrivée des réformateurs.
L'Iran et le monde
Noueimi évoque comment les six puissances à leur tête les Etats-Unis ont transformé les pourparlers nucléaires aux «salons pour le dialogue» autour des causes régionales. Il souligne dans son interview avec al-Ahed les dernières rencontres irano-américaines (il y a quelques jours) qui ont convenu de rejeter le terrorisme de «l'EIIL» en Irak et les rencontres irano-britanniques dont le premier résultat s'est fait voir à travers les propos du ministre britannique des Affaires étrangères William Hague selon lesquels les conditions sont convenables pour rouvrir l'ambassade de son pays à Téhéran après deux ans et demi à sa fermeture.
La cinquième raison est, selon Saleh, les sanctions économiques sur l'Iran dont ont souffert en premier lieu les compagnies internationales non seulement la République islamique. Et de rappeler que dès que les négociations ont débuté, des dizaines de compagnies ont repris la coopération et ouvert de nouveaux canaux économiques.
Saleh rappelle les propos du cheikh Rohani sur le nombre de ces compagnies, et assure que ces dernières ont une influence importante sur l'économie européenne et mondiale, surtout qu'elles ont trop perdu à cause des politiques de leurs pays. Pour lui, «le dialogue de l'économie» constitue un facteur de pression sur les six puissances pour les pousser à corriger leurs erreurs et discuter dans ces sujets, même en marge de toutes les négociations nucléaires bilatérales.
Source : Al-Ahednews