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Les chrétiens de Maaloula souffrent de l’oppression du front Al-Nosra

Les chrétiens de Maaloula souffrent de l’oppression du front Al-Nosra
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Par Latifa Husseini

Les chrétiens de l'est de la Méditerranée sentent que leur présence dans la région est désormais menacée... A partir de l'Égypte, passant par la Palestine occupée et le Liban arrivant à l'Irak, les appréhensions chrétiennes sont les mêmes. La raison... c'est toujours le complot étranger contre les pays arabes et le projet takfiri du front Al-Nosra. Ce projet opposé au pluralisme confessionnel dans ces pays.

Dans le contexte de la crise syrienne, émergent les craintes concernant la situation des chrétiens dans la région, surtout que les informations évoquent l'exode d'environ 450 mille chrétiens de la Syrie dans les deux dernières années. Ces chiffres suscitent l'inquiétude avec la répétition des agressions sur fond confessionnel dans ce pays. Les monastères de l'église syriaque orthodoxe en Syrie ont été vandalisés et pillés. Les attaques ont visé les prélats de cette église. Le prêtre de l'église Saint-Élie, des Grecs orthodoxes dans la ville «Katana», du rif de Damas, a été décapité... Les deux évêques des grecs orthodoxes d'Alep, Boulos Yazaji et des syriaques orthodoxes, Yohanna Ibrahim, sont encore pris en otage par leurs ravisseurs... Les Chrétiens, les Druzes, les Alaouites et les Ismaéliens ont été visés par des massacres, comme a affirmé la présidente du monastère Saint-Jacob en Syrie, la mère Agnès Marie la Croix... Aujourd'hui, le village de Maaloula est au-devant de la scène.

Des rebelles relevant du front Al-Nosra, ont pris d'assaut mercredi 4 septembre, une entrée duLes chrétiens de Maaloula souffrent de l’oppression du front Al-Nosra village chrétien de Maaloula. Situé à 55 km de Damas, le site est l'un des rares lieux où l'araméen, langue du Christ, est encore parlé. Selon les informations en provenance de la Syrie, un véhicule conduit par un kamikaze a explosé devant le barrage donnant le signal de l'attaque contre le village. Ce village est hautement symbolique pour les chrétiens de la Syrie, voire du monde... Maaloula, lieu de pèlerinage, doit sa renommée à ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme. Les premiers chrétiens, persécutés, s'y réfugiaient. C'est dans ces grottes que furent célébrées les premières messes chrétiennes.

Elias Thaalab, maire de Maaloula, a narré à Al-Ahednews les détails des jours de frayeur vécus par les habitants du village depuis mercredi dernier. Il a affirmé que Maaloula a été directement visée par les tirs et les roquettes. Selon ses propos, une des parties du monastère Mar-Takla a subi des dommages à cause des roquettes. Une des roquettes s'est abattue sur l'église « Kazma et Demianos» alors qu'une troisième a visé le monastère Saint-Elie, perquisitionné puis déserté plus tard par les rebelles. Quant au monastère Saint-Sarkis, M. Thaalab précise que les rebelles y siègent, interdisant aux citoyens de s'y rendre.

«Les rebelles ont lancé des menaces contre les habitants. Plusieurs opérations de pillage et de sabotage des propriétés se sont déroulés dans notre village», a-t-il déploré. Il a toutefois noté que l'armée syrienne était en train d'affronter les rebelles pour sécuriser la région.

Devant ces réalités poignantes, le vicaire patriarcal, l'évêque Samir Mazloum, stigmatise le panorama syrien, à la suite notamment des agissements des groupes takfiris contre les musulmans et les chrétiens dans ce pays.

«Nous refusons tous les actes de violence et de meurtre en cours dans la région. Nous contestons de tels comportements contre les innocents et les croyants, étaient-ils des dignitaires religieux, ou des civils laïques... Les lieux de culte des différentes religions sont des lieux sacrés et doivent être à l'écart de toute agression, ainsi que ceux qui s'y réfugient», a-t-il indiqué à Al-Ahednews.

«L'Eglise refuse tout genre d'injustice exercé contre l'individu, sur fond de ses croyances religieuses. Nul n'a le droit d'imposer ses opinions sur l'autre par la force et le terrorisme», a-t-il ajouté.

Selon le prélat, un grand nombre de chrétiens ont été sinistrés ou tués dans les combats en cours dans la Syrie. Il a souligné l'importance de la cessation de la guerre dans ce pays afin de lancer le dialogue et de parvenir à une issue consensuelle qui répondrait aux aspirations des différents parties. «C'est le seul moyen pour sauver le peuple. Le langage de la violence et des attaques ne bâtira point une société pacifique».

L'évêque Mazloum appelle au nom de l'Eglise, à la réconciliation et au rejet de la guerre dans toutes ces formes. Il exprime ses appréhensions quant au débordement des crises des pays scènes de conflits confessionnels, sur le Liban.
«Les chrétiens du Liban payeront le prix fort de toute guerre dans la région, puisqu'ils ne sont pas retranchés dans des régions sûres», a-t-il estimé.
Il rappelle dans ce contexte que cette communauté avait souffert des batailles et des affrontements armés lors de la période des milices, appelant à épargner aux Libanais de payer de lourds tributs. «Nous souhaitons une fin rapide des violences en Syrie, car ce peuple mérite la vie. Il est inacceptable qu'il soit égorgé quotidiennement», a-t-il conclu.

Source : Al-Ahednews, traduit par l'équipe du site

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