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Armes françaises au Yémen : 2 journalistes dénoncent une «tentative d’intimidation»

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Par AlAhed avec AFP

Deux journalistes du site "Disclose", entendus mardi par la DGSI après la publication d'une enquête sur l'utilisation d'armes françaises au Yémen, ont dénoncé le cadre procédural de leur audition.

Les deux journalistes du site d'investigation Disclose ayant enquêté sur l'utilisation d'armes françaises au Yémen ont dénoncé mardi le « cadre procédural » de leur audition par les services de renseignement français et regretté une « tentative d'intimidation ».

Geoffrey Livolsi et Mathias Destal, journalistes et cofondateurs de Disclose, ont été auditionnés mardi « à titre personnel et sous le régime de l'audition libre par la Direction générale du renseignement intérieur » (DGSI), à la suite de la publication mi-avril d'une enquête intitulée « Made in France », qui comporte des documents « confidentiel défense » relatifs aux armes françaises utilisées par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis au Yémen, détaillent-ils dans un communiqué.

Enquête conduite par la « section terroriste » du parquet

« Les enquêteurs de la DGSI ont notifié à Mathias Destal et Geoffrey Livolsi qu'ils n'étaient pas entendus en tant que journalistes. Au cours de leurs interrogatoires, ils ont appris que l'enquête préliminaire ouverte en décembre dernier était conduite sous l'autorité de la 'section terrorisme et atteinte à la sûreté nationale' du parquet de Paris. Un cadre procédural que nous dénonçons fermement », poursuivent-ils. « Avant d'exercer leur droit au silence », les journalistes « ont déclaré qu'ils avaient agi dans l'exercice de leur mission d'information du public, contribuant ainsi à un débat d'intérêt général majeur sur les exportations d'armes ».

Selon eux, cette procédure les prive « des garanties apportées par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse » et « l'absence de toute référence dans la convocation de la DGSI à la publication de l'article et à la qualité de journaliste, montre bien une volonté d'exercer une pression personnelle ».

Sept pages de questions

« Cette volonté a été réaffirmée au cours de l'audition, par la formulation de sept pages de questions, qui n'ont eu pour seul objectif (que de) violer les dispositions fondamentales et protectrices du droit de la presse sur le secret des sources, pierre angulaire de la liberté de la presse », déplorent les journalistes. Ils disent en outre avoir été questionnés au sujet de publications effectuées à titre personnel sur les réseaux sociaux, y voyant une « tentative d'intimidation ».

« Ces manœuvres ne nous empêcheront pas de poursuivre notre travail légitime », assurent les journalistes dans leur communiqué, soulignant que « le public doit pouvoir débattre librement et sereinement des questions sur l'éventuelle implication de la France dans une guerre ayant fait de nombreuses victimes civiles ».

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