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Pakistan: vent de protestation après l’attentat meurtrier de Quetta

Pakistan: vent de protestation après l’attentat meurtrier de Quetta
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La communauté chiite, minoritaire au Pakistan, se mobilise pour demander l’arrestation des responsables d’un attentat qui a tué 81 personnes.

Les mouvements de grève et protestations se multipliaient lundi au Pakistan pour réclamer auxPakistan: vent de protestation après l’attentat meurtrier de Quetta
autorités des mesures fortes de protection de la minorité chiite, victime d'un nouvel attentat sanglant fatal à plus de 81 personnes samedi à Quetta (sud-ouest). Les manifestants ont également demandé l’arrestation des auteurs de cet attentat.

La contestation s'est intensifiée lundi à Karachi, monstre urbain de 18 millions d'habitants également en proie à des violences sectaires, qui tournait au ralenti avec des écoles et des commerces fermés et des convoyeurs à l'arrêt.

Des rassemblements en solidarité aux victimes de Quetta avaient déjà eu lieu dimanche dans la métropole économique Karachi (sud), la capitale culturelle Lahore (est) et la première ville de la partie du Cachemire administrée par le Pakistan, Muzaffarabad (est).

Le drapeau pakistanais était en berne et de nombreux marchés fermés dimanche à Quetta, capitale de la très instable province du Baloutchistan, où de nombreuses personnes trouvaient des lambeaux de chair et des parties de corps humains dans les gravats, selon un photographe de l’AFP sur place.

Appels à arrêter les auteurs

Toujours à Quetta, environ 4.000 femmes de la minorité musulmane chiite ont entamé tard dimanche soir un sit-in avec les cercueils des victimes de l'attentat de samedi qu'elles refusent d’enterrer, un geste d'une forte puissance symbolique dans le monde musulman où les défunts doivent être inhumés le jour même ou le lendemain au plus tard.

«Nous allons enterrer nos morts lorsqu'une opération ciblée sera lancée» contre les auteurs de cePakistan: vent de protestation après l’attentat meurtrier de Quetta
nouvel attentat, a déclaré Qayyum Changezi, chef d'un parti local.

Azidullah Hazara, le président du Parti démocratique Hazara, une petite formation représentant les chiites de l’ethnie du même nom, aussi présente en Iran et en Afghanistan, a donné dimanche un ultimatum de 48 heures aux autorités pour lancer une opération ciblée contre les assaillants sans quoi il allait appeler à une forte mobilisation dans la rue.

«Nous continuerons notre lutte pacifique afin de protéger la communauté chiite», a dit Hasan Zafar Naqvi, le chef d'un autre parti chiite, minorité qui représente environ 20% des 180 millions d'habitants du Pakistan.

Samedi, en fin de journée, une bombe cachée dans un camion-citerne actionnée à distance a en effet explosé près d’un édifice de deux étages qui s’est aussitôt effondré dans un bazar à Hazara Town, une ville chiite située dans la banlieue de Quetta, selon les autorités locales.

Le Lashkar-e-Jhangvi (LEJ), un groupe armé extrémiste qui a fait allégeance à Al-Qaïda, a d’ailleurs revendiqué auprès de journalistes locaux cette attaque.

Incapacité du gouvernement

Sur le plan officiel, le Premier ministre pakistanais Raja Pervez Ashraf avait appelé les forces de l’ordre à arrêter et traduire en justice les auteurs de ces attaques, mais cette demande a été accueillie avec scepticisme par les habitants de Quetta qui reprochent au gouvernement son incapacité, voire son manque de volonté, pour contrer le LEJ. Le chef des opérations de ce mouvement terroriste, Malik Ishaq, avait été relâché en juillet 2011 après 14 ans de prison.

«La répétition de ces attaques montre l’échec de nos services de renseignements. Nos institutions, la police, les paramilitaires et d’autres encore ont peur ou alors n’ont pas la capacité de prendre des mesures» contre les auteurs de ces violences, a déploré Zulfiqar Magsi, lePakistan: vent de protestation après l’attentat meurtrier de Quetta
gouverneur du Baloutchistan.

Sayyed Qamar Haider Zaidi, un porte-parole de la communauté chiite locale, a aussi accusé le gouvernement de «ne pas protéger adéquatement les chiites» et a annoncé trois jours de deuil.

Plusieurs journaux pakistanais ont également accusé lundi le gouvernement, mais aussi les puissants services de renseignement et les forces de sécurité, régulièrement accusés d'être proches de mouvements extrémistes, de ne rien faire pour protéger les minorités et traquer les auteurs des attentats.

Poursuite des attaques meurtrières

Ce dernier attentat, qui a fait 81 morts et près de 180 blessés selon un dernier bilan de la police locale, est le deuxième plus meurtrier contre les chiites dans l’histoire du Pakistan, pays en proie à une montée en puissance du fondamentalisme et des violences sectaires.

Janvier dernier, une série d’attentats terroristes, également revendiqués par le LEJ, avait fait plus de 90 morts et 121 autres blessées à Quetta.

Selon l'organisation Human Rights Watch (HRW), plus de 400 chiites ont été tués au Pakistan en 2012, «l'année la plus sanglante» pour cette communauté dans l'histoire de ce pays. Mais la recrudescence des violences contre les chiites, qui ont fait près de 200 morts depuis début janvier, fait craindre une année 2013 encore plus meurtrière.

Source: Agences, édité par: moqawama.org

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