Guerre en Ukraine: Les discussions «sur la bonne voie», selon Trump

Par AlAhed avec AFP
Le président américain Donald Trump a assuré mercredi avoir eu une «très bonne» conversation téléphonique avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, estimant que les discussions sur l'Ukraine étaient «sur la bonne voie» au lendemain de son appel avec le président russe Vladimir Poutine, mais sans s'avancer sur le fond des pourparlers concernant un cessez-le-feu.
«Je viens d'avoir un très bon appel avec le président de l'Ukraine Zelensky. Il a duré environ une heure. Une grande partie de la discussion a été basée sur l'appel passé hier [mardi] avec le président Poutine pour aligner les demandes et les besoins à la fois de la Russie et de l'Ukraine. Nous sommes sur la bonne voie», a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Cette tonalité optimiste tranche avec l'hostilité de la dernière conversation entre les deux dirigeants, fin février à la Maison-Blanche.
L'appel a eu lieu peu après que la Russie et l'Ukraine eurent annoncé avoir échangé 175 prisonniers de guerre de chaque camp.
Le chef d'État ukrainien, qui ne veut surtout pas être laissé à l'écart du dialogue étroit entre les présidents russe et américain, avait demandé auparavant que «les États-Unis [soient] la principale entité de contrôle» du cessez-le-feu limité aux infrastructures énergétiques.
À l'issue de l'entretien mardi entre Donald Trump et Vladimir Poutine, la Russie a annoncé qu'elle acceptait de stopper les frappes sur ces installations pendant 30 jours.
Zelensky a assuré que Kiev respecterait cette trêve partielle si Moscou faisait de même. «Si les Russes ne frappent pas nos installations, nous ne frapperons certainement pas les leurs».
Après une nuit d'attaques de part et d'autre, la Russie et l'Ukraine se sont accusées mutuellement mercredi de ne pas vouloir régler le conflit.
Mais elles ont néanmoins procédé à cet échange de prisonniers, «l'un des plus grands» depuis le début de l'opération militaire russe en Ukraine en février 2022, selon Zelensky.
Ton moins affirmatif du côté de la Russie
De nombreuses questions restent en suspens après le long appel mardi entre le président américain, qui promet de «ramener la paix» en Ukraine, et son homologue russe.
Les deux dirigeants ont convenu de poursuivre les discussions techniques en vue d'un cessez-le-feu total. Un projet auquel Kiev a déjà souscrit, sous la pression de Washington.
L'émissaire américain Steve Witkoff a déclaré mercredi s'attendre à une cessation complète et temporaire des hostilités «d'ici deux semaines», précisant que des pourparlers américano-russes auraient lieu en Arabie saoudite en début de semaine prochaine.
Le ton est moins affirmatif du côté de la Russie, qui s'estime en position de force sur le champ de bataille.
Loin de la volonté affichée de Donald Trump de mener les négociations tambour battant, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dit que des discussions étaient prévues mercredi et jeudi pour déterminer «les dates précises des prochains contacts et la composition» des délégations russe et américaine.
L'Europe sur la touche
La conversation Trump-Poutine n'a pas vraiment rassuré les Européens, qui craignent que Donald Trump, déjà aligné avec Vladimir Poutine sur certains points cruciaux comme le refus d'une adhésion de l'Ukraine à l'Otan, ne fasse de vastes concessions à la Russie.
Pour Berlin, «Poutine joue à un jeu». Londres a jugé «décevant» que le président russe n'ait pas souscrit au projet de cessez-le-feu total déjà accepté par les Ukrainiens.
La diplomatie européenne compte soumettre jeudi aux 27 États membres de l'UE une proposition d'aide militaire à l'Ukraine de cinq milliards d'euros, afin qu'elle reçoive au plus vite quelque deux millions d'obus d'artillerie.