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«Israël»: Gantz et Eisenkot démissionnent du «gouvernement» d’urgence, une dérive vers davantage d’extrémisme ?

«Israël»: Gantz et Eisenkot démissionnent du «gouvernement» d’urgence, une dérive vers davantage d’extrémisme ?
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Par Céline Farhat

Benny Gantz et Gadi Eisenkot ont démissionné dimanche soir du gouvernement d'urgence formé par le premier ministre «israélien» Benjamin Netanyahu après le déclenchement de la guerre contre Gaza, il y a 9 mois.

Benny Gantz, ancien chef d'état-major, et un des quatre ministres du cabinet de guerre, a appelé à des élections anticipées «dès que possible».

«Le cœur lourd, j'annonce officiellement mon retrait du gouvernement... Netanyahu nous empêche d'avancer vers une véritable victoire», a-t-il dit.

Gantz avait lancé en mai, un ultimatum à Netanyahu. Si d'ici le 8 juin, ce dernier n'a pas présenté et adopté un plan post-Hamas, il quittera le «gouvernement».

Netanyahu, avait répliqué très sèchement en affirmant qu'accepter les propositions Gantz pousserait «Israël à perdre une guerre», engagée le 7 octobre, à la suite de l’opération Déluge d’Al-Aqsa.

L'épreuve de force engagée par Benny Gantz, dirigeant du parti de l'«Union Nationale», qui a rejoint le «gouvernement» au début de la guerre en compagnie de Gadi Eisenkot, un autre ex-chef d'état-major, survient alors que de graves fissures étaient apparues au sein même du «Likoud». Yoav Gallant, ministre de la Guerre, membre de cette formation de droite, dirigée par Netanyahu, avait lui aussi défié manifestement le chef du «gouvernement» en exigeant qu'il présente un plan d'après-guerre et s'engage à ne pas imposer une administration militaire dans la bande de Gaza, autrement dit une réoccupation permanente de l’enclave de laquelle l’armée d’occupation s’était retirée en 2005.

Le plan proposé par Benny Gantz, soutenu par les États-Unis, vise notamment à éviter un tel scénario. Il suggère la mise en place d'une «administration conjointe des États-Unis, de l'Europe, des pays arabes et de Palestiniens» pour gérer les affaires civiles qui se substituerait au pouvoir sans partage que le Hamas exerçait sur la bande de Gaza.

Pour Netanyahu, cette proposition ne ferait que «maintenir le Hamas aux commandes et permettrait la création d'un État palestinien». Une démarche qu’il rejette catégoriquement.

Netanyahu avait même accusé Benny Gantz, avec lequel il était censé gérer la guerre au quotidien, «de lancer un ultimatum au gouvernement au lieu de l'adresser au Hamas alors que nos soldats combattent le Hamas à Rafah».

Ainsi, les positions de Netanyahu et de Gantz sont irréconciliables.

Le «Premier ministre» de l’entité sioniste pourrait-il rester à la barre à la suite du divorce ? Avec ses alliés d'extrême droite et religieux ultra-orthodoxes, il conservera une majorité de 64 députés sur 120, même après la défection de Benny Gantz et des 8 députés de l'«Union Nationale».

La démission de Gantz et d’Eisenkot du conseil de guerre «israélien» marque le début d'une pression américaine pour renverser le gouvernement de Netanyahu. Le président américain Joe Biden, pour des considérations intérieures et présidentielles, œuvre pour parvenir à un cessez-le-feu et fait pression sur l'Égypte et le Qatar pour qu'ils exercent des pressions sur le Hamas afin qu'il accepte sa proposition, bien qu'elle ne contienne pas de clause claire sur un cessez-le-feu permanent. Le Hamas rejette ces pressions et souhaite des éclaircissements sur la durabilité du cessez-le-feu et le retrait complet des forces d’occupation de la bande de Gaza.

Le «ministre de la Sécurité nationale», Itamar Ben Gvir, n’a pas perdu de temps pour envoyer une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui demandant d’ouvrir le cabinet de guerre à de nouveaux membres – en particulier lui-même.

Anna Barsky, analyste du quotidien «Maariv», a rapporté citant des personnes proches de Netanyahu, que le retrait du parti «Unité nationale» pousserait Netanyahu à dissoudre le cabinet de guerre.

En effet, le départ de Gantz du «gouvernement» représente une détente pour les partis «Force juive» dirigé par Ben Gvir et «Sionisme religieux» dirigé par le ministre des Finances Betsalel Smotrich.

Ces deux partis, issus de l'extrême droite, n'étaient pas satisfaits du fait que les décisions de guerre soient entre les mains du gouvernement de guerre qui ne les représentait pas.

À plusieurs reprises, Ben Gvir et Smotrich, qui sont les plus fervents supporters de la poursuite de la guerre à Gaza, ont appelé à rejoindre le gouvernement de guerre ou à tout le moins à le dissoudre.

Si les démissions annoncées dimanche seraient soutenues par l’administration américaine, qui l'emportera ? Biden ou Netanyahu ?

 

 

 

 

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