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Pour l’Occident, l’avenir est étroitement lié à celui d’«Israël»

Pour l’Occident, l’avenir est étroitement lié à celui d’«Israël»
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Par Donia Shames - AlAhed

La réponse de l'Occident face à la guerre de Gaza a dépassé la simple défense d’«Israël» pour devenir une défense de sa propre identité.

De fait, l'Occident a ressenti la nécessité d’affronter une action qu'il considérait comme dépassant les lignes rouges. Une action perçue comme une menace pour sa position et son statut dans l'ordre mondial.

Il ne s'agit pas seulement du soutien des Américains, des Allemands, des Français, des Britanniques et d'autres à leur allié régional, «Israël». Il s’agit également de la nécessité de «se défendre» contre les menaces émergentes dans la région arabe et du Moyen-Orient ; ces menaces qui trouvent leur origine à Gaza et en Palestine.

Lors du lancement du «Déluge d’Al-Aqsa» par le Hamas et les factions de la Résistance contre l’entité sioniste le 7 octobre 2023, l’opération a remis en question les assises de l'Occident et sa perception de lui-même.

En effet, «Israël» représente pour l'Occident une manifestation de sa propre identité et de ses intérêts. Ce constat ne relève pas de la spéculation puisque l'Occident l'a pratiquement prouvé: il a adopté le récit israélien sur cette attaque et la guerre qui a suivi.

Il lui a apporté un soutien inconditionnel, par tous les moyens.

De surcroit, l’Occident a adopté une approche trompeuse envers la réalité de la Palestine occupée. Il a refusé tout appel au cessez-le-feu. Il a déployé des flottes en Méditerranée, pour intervenir dans la guerre si nécessaire. L'Occident a également proféré des menaces envers toute partie qui pourrait intervenir dans le conflit et s'est opposé aux tentatives de faire pression sur «Israël» en Conseil de sécurité.

L'Occident est allé encore plus loin en limitant la capacité de ses propres citoyens à critiquer les abus d’«Israël» à l'encontre des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, et même en réduisant l'expression de la sympathie envers les victimes. Il impose un climat de peur intellectuelle et politique ; toute critique explicite ou implicite des actes d’«Israël» est considérée comme une forme d'antisémitisme.

Ainsi, il sacrifie la justice et les droits des Palestiniens, en faveur de son allié occupant.

Le climat actuel en Occident ressemble aux sombres périodes de l'Europe médiévale avec ses «tribunaux» d'inquisition. Des universités ont congédié des professeurs et expulsé des étudiants, des entreprises et des institutions ont résilié les contrats de travail de leurs employés simplement pour avoir exprimé la sympathie envers les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, même sur les réseaux sociaux.

L'Occident est sous le choc et se demande: Comment les Palestiniens, les Arabes (ou les Musulmans) osent-ils même «penser» à attaquer «Israël», étant donné les ressources et capacités dont il dispose ?

Comment planifient-ils et exécutent-ils des opérations, s'infiltrant dans les zones de la Palestine occupée, capturant des prisonniers et des otages ? Et comment se fait-il que les Palestiniens n'aient pas capitulé malgré la guerre dévastatrice soutenue pleinement par l'Occident et ses alliés ?

Pourtant, les Palestiniens, en particulier dans la bande de Gaza, ont récemment démontré une capacité d’agir, de planifier et d'exécuter l’attaque du 7 octobre 2023. Ils ont poursuivi leurs opérations militaires en ciblant les forces israéliennes, infligeant de lourdes pertes en vies humaines et en équipements. Ces pertes ont eu un impact symbolique et moral considérable: ils ont ébranlé l'image d’«Israël», tant sur la scène internationale que dans sa propre perception, semant l'incertitude quant à son avenir. Il s'agit d'un moment décisif et sans précédent depuis la création de cette entité coloniale en 1948.

Pour l'Occident, «Israël» est presque perçu comme un «produit» direct de la modernité et du libéralisme qu'il a lui-même promus. Il est considéré comme l'expression de sa puissance, après avoir façonné le monde tel que nous le connaissons.

L'Occident se demande s'il peut rester silencieux face aux aspirations, aux défis et aux résistances qui cherchent à se libérer de son emprise et à tracer leur propre voie en matière de politique, de développement, de culture et de valeurs.

Cependant, ces résistances considèrent «Israël» comme l'obstacle principal à la réalisation de leur indépendance historique vis-à-vis de l'Occident. Ainsi, affronter «Israël» est perçu comme le point de départ essentiel dans la lutte contre l'Occident et sa domination. L'Occident peut-il rester indifférent à cette approche ?

Alors que l'Occident considère «Israël» comme une solution créatrice à la «question juive» et à «l'antisémitisme» en Europe aux XIXe et XXe siècles, il juge paradoxalement toute résistance des Palestiniens et des Arabes, ainsi que toute opposition à ses politiques et à ses défis, comme allant à l'encontre de cette vision.

La résistance contre «Israël» est perçue par l'Occident comme une remise en question de sa position dominante dans l'histoire et de sa volonté de façonner le monde selon ses intérêts. Ce monde est vu comme un «produit occidental», sur lequel il veut maintenir l’hégémonie.

Ainsi, du point de vue de l'Occident, soutenir «Israël» contre ses ennemis revient à se positionner contre les propres ennemis de l'Occident. Par conséquent, cet Occident voit l'avenir d’«Israël» comme étant étroitement lié à son propre avenir.

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