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Pensionnats canadiens pour autochtones: Trudeau n’exclut pas des suites pénales

Pensionnats canadiens pour autochtones: Trudeau n’exclut pas des suites pénales
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Par AlAhed avec AFP

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a présenté vendredi les excuses de son pays, appelé le pape à en faire de même et n'a pas écarté l'hypothèse une enquête pénale après une nouvelle découverte de centaines de tombes sur le site d'un pensionnat où des enfants autochtones étaient scolarisés de force.

«Nous sommes désolés», a lancé Justin Trudeau à l'adresse de la nation Cowessess de Saskatchewan (ouest). Lors d'un point presse, il est longuement revenu sur les «terribles erreurs» du Canada, qui a mené pendant plusieurs siècles une politique controversée d'assimilation forcée des premières nations. Pour la deuxième fois en moins d'un mois, la découverte de centaines de tombes anonymes, vraisemblablement d'enfants pour la plupart, aux abords d'un pensionnat pour autochtones de l'ouest du Canada, a déclenché une nouvelle onde de stupeur et d'indignation dans tout le pays.

«On ne peut pas refaire le passé, mais on peut s'engager chaque jour à le réparer aujourd'hui et à l'avenir», a plaidé Justin Trudeau, qui a fait de la réconciliation avec les peuples autochtones l'une des priorités affichées de son gouvernement.

Le chef de la nation Cowessess, Cadmus Delorme, avait annoncé la veille que des fouilles par radar sur le site d'un ancien pensionnat géré par l'Eglise catholique et hébergeant des enfants autochtones à Marieval en Saskatchewan (ouest), avaient permis de localiser 751 tombes anonymes. «C'était une politique gouvernementale extrêmement nocive qui a été la réalité du Canada pendant des décennies, et aujourd'hui les Canadiens sont horrifiés et honteux de la façon dont notre pays s'est comporté», a-t-il ajouté. Interrogé pour savoir s'il était favorable à l'ouverture d'une enquête pénale, réclamée par plusieurs dirigeants autochtones, Justin Trudeau n'a pas répondu directement mais s'est dit «ouvert».

Génocide culturel

«On est ouverts à prendre toutes les mesures nécessaires pour en apprendre plus sur la vérité» et pour «s'assurer qu'il y ait des conséquences sur les systèmes, sur les organismes, sur les institutions et, peut-être dans certains cas, sur les individus», a répondu le chef du gouvernement. Environ 150.000 enfants amérindiens, métis et inuits, coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture, ont été enrôlés de force du début du 19e siècle jusque dans les années 1990 dans 139 de ces pensionnats à travers le pays, afin d'être assimilés à la culture dominante. Nombre d'entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4000 personnes y ont trouvé la mort, selon une commission d'enquête qui avait conclu à un véritable «génocide culturel».

Le mois dernier, l'identification des restes de 215 enfants près d'un autre établissement du même type à Kamloops en Colombie-Britannique avait déjà indigné le pays. En annonçant la découverte des tombes à Marieval, le chef Delorme s'était joint aux voix de plus en plus nombreuses qui demandent des excuses officielles du Pape et de l'Eglise catholique pour son rôle dans la gestion de ces pensionnats.

Excuses

Justin Trudeau a rappelé vendredi qu'il avait lui-même demandé au pape François de présenter des excuses directement aux populations autochtones canadiennes dont les enfants ont été envoyés dans ces établissements gérés par l'Eglise catholique au nom du gouvernement. «J'ai parlé directement à sa Sainteté le pape François pour souligner combien il est important non seulement qu'il présente des excuses, mais qu'il présente des excuses aux autochtones canadiens sur le sol canadien», a-t-il déclaré.

Le souverain pontife avait exprimé sa «douleur» face à ce drame début juin, mais sans aller jusqu'à présenter ses excuses. Vendredi, l'Eglise catholique canadienne a fait un nouveau geste de bonne volonté: deux communautés des Oblats de Marie Immaculée, qui géraient 48 pensionnats dont ceux de Kamloops et Marieval, ont annoncé qu'elles allaient permettre à l'accès aux documents historiques en leur possession «afin d'établir la vérité que ce qui s'est passé» dans ces écoles. «Nous sommes profondément désolés de notre participation à ces écoles et des préjudices qu'elles ont causé aux peuples et aux communautés autochtones», disent-elles dans un communiqué.

 

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