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2,3 millions d’enfants yéménites exposés à la famine, s’alarme Save The Children

 2,3 millions d’enfants yéménites exposés à la famine, s’alarme Save The Children
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Par AlAhed avec Les Crises

«2,3 millions d’enfants de moins de cinq ans au Yémen souffrent de faim ou soient au bord de la famine d’ici la fin de l’année – soit la moitié des enfants de cette tranche d’âge», s’est alarmée vendredi 12 mars l’organisation Save the Children.

Le Yémen est confronté à une crise de la faim sans précédent après six ans de conflit, a averti l’organisation.

Il s’agit d’une augmentation de 16 % par rapport à la même période l’année dernière et c’est le nombre le plus élevé jamais enregistré dans le pays.

Parallèlement, de nouvelles données des Nations Unies publiées jeudi 11 mars prévoient que plus de 2 millions d’enfants seront en dénutrition en 2021. On estime que 400 000 de ces enfants souffriront de la forme la plus grave de malnutrition – privés de soins, beaucoup d’entre eux pourraient mourir de faim ou de maladie.

Les données révèlent également qu’environ 1,2 million de femmes enceintes et de mères allaitantes seront dénutries d’ici la fin de l’année, ce qui signifie que davantage d’enfants connaîtront la faim dès la naissance.

Selon les données, les régions touchées par les conflits, telles que Taïz, Hodeidah, Sa’dah et Ibb, rencontreront des situations d’urgence avec de hauts niveaux de pénurie alimentaire (phase 4 de l’IPC [Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) est un ensemble d’outils d’analyse et de processus permettant d’analyser et de classifier la sévérité de l’insécurité alimentaire suivant des normes scientifiques internationales,NdT]).

Les données des établissements de santé soutenus par Save the Children dans le nord du Yémen, une région déjà durement touchée par les réductions de financement, montrent une augmentation de 52 % du nombre d’enfants dénutris entre juillet et décembre 2020 par rapport à 2019.

L’ONG a diagnostiqué chez Noor*, âgée de quatre mois, une malnutrition aiguë sévère et de la diarrhée. Depuis l’un des hôpitaux soutenus par Save the Children, à Taïz, voilà ce que sa mère, Safiya*, a raconté

«J’ai emmené Noor* à l’hôpital. Le médecin lui a prescrit du lait. Avant je payais 3000 YER (12 $) pour sa bouteille de lait. Maintenant, je la paie 4000 YER (16 $). C’est douloureux pour nous parce que nous n’avons pas les moyens de lui acheter du lait et les autres [produits].»

«Ce n’est pas de cette vie que nous voulons. Je suis tellement déprimée. Tous les enfants sont malades. J’ai vraiment perdu tout espoir. Nous n’avons pas la nourriture dont nous avons besoin. Si nous avons un déjeuner, alors nous n’avons pas de dîner. Parfois, mes enfants vont se coucher sans avoir eu de dîner ou même de l’eau.»

Alors que le conflit au Yémen entre dans sa septième année, la plus grande crise humanitaire au monde a été exacerbée par l’interruption des approvisionnements alimentaires, la hausse des prix du carburant, un système de santé malmené et l’effondrement de l’économie.

Xavier Joubert, directeur national de Save the Children pour le Yémen, a déclaré :

«Ces chiffres sont terrifiants. Que des millions d’enfants se battent déjà chaque jour pour leur survie et que la situation ne fasse qu’empirer est profondément inquiétant. Ces chiffres sont un avertissement clair, 2021 sera une année longue et peut-être très meurtrière pour les enfants du Yémen si des mesures urgentes ne sont pas prises.»

«Le monde ne doit pas tolérer que des enfants continuent de mourir de faim, de maladie et en temps de guerre. La faim au Yémen est un legs de cette guerre, entièrement du fait des humains, et l’augmentation des niveaux de malnutrition aux abords des lignes de conflit montre bien l’impact de ce conflit cruel sur les enfants.»

«Seul un cessez-le-feu définitif, associé à une solution politique entre toutes les parties en conflit, qui garantira un accès humanitaire sans restriction aux familles les plus vulnérables, peut mettre fin à cette crise. Il est urgent que les organisations humanitaires soient suffisamment financées pour assurer la survie des familles et aider celles qui en ont le plus besoin.

«Nous saluons les efforts récents des États-Unis et d’autres gouvernements pour s’engager plus activement dans la résolution du conflit au Yémen, notamment en suspendant les ventes d’armes, en s’engageant davantage dans le processus de paix et en supprimant les obstacles à l’accès humanitaire. D’autres pays doivent suivre cet exemple pour avoir un réel impact sur la vie des enfants. Alimenter la guerre est une responsabilité partagée par les gouvernements internationaux qui ont gagné des milliards de dollars sur le dos de la vie des enfants, et cela doit cesser.»

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