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Sayed Nasrallah : «A ceux qui veulent nous désarmer ou nous faire mourir de faim : Nous n’allons pas mourir de faim et nous allons vous tuer»

Sayed Nasrallah : «A ceux qui veulent nous désarmer ou nous faire mourir de faim : Nous n’allons pas mourir de faim et nous allons vous tuer»
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Par AlAhed

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a prononcé un discours télévisé ce mardi soir, au cours duquel il a évoqué les derniers développements politiques, sécuritaires et économiques. Voici les idées principales de son discours :

«Que la paix de Dieu soit sur vous. Je voudrais évoquer plusieurs sujets dans ce discours. Je renouvelle mes condoléances à la famille du cher martyr dr. Ramadan Abdllah Challah en Palestine, au Liban et en Syrie. Mes condoléances à toutes les factions de résistance et au peuple palestiniens. Je voudrais m’arrêter un peu sur cette personnalité distinguée. Il fallait lui dédier une cérémonie funéraire mais les conditions sanitaires nous ont empêché. Le frère Ramadan Challah était un leader sage et un grand combattant. Il était pour nous un frère très cher et très proche de nous. Nous partagions avec lui de nombreux points communs. Je le connaissais de près. C’est mon témoignage personnel. Pour le meilleur ou pour le pire, il était un homme honnête et fidèle. Il croyait fortement à la cause palestinienne. Il était un leader dans tout les sens du mot. C’est un penseur et un grand connaisseur. Il veillait à l’unité et à la bonne entente entre les factions palestiniennes. Il portait en lui le souci permanent de la cause palestinienne. Il œuvrait pour assurer l’unité entre les musulmans sunnites et chiites. On discutait des mesures concrètes pour réaliser effectivement ce rapprochement. A l’époque du soi-disant printemps arabe, nous étions face à un séisme politique et culturel. Après le martyre du dr. Fathi Chiqaqi, dr. Ramadan a pu pousser de l’avant l’action de la résistance dans le cadre du jihad islamique. Il avait de l’affection pour le peuple et les combattants palestiniens. Il partageait avec eux leurs émotions et leurs sentiments. Cette dimension affective est cruciale dans l’action de la résistance. Il était un véritable leader djihadiste qui versait des larmes pour les maux et les souffrances du peuple palestinien. Nous avons besoin de tels dirigeants tant sur le plan djihadiste que sur le plan politique.

Les Palestiniens et tous les croyants en la cause palestinienne ont perdu un grand leader. Paix pour son âme. En cette période, le peuple palestinien est face à un complot dangereux et a besoin d’un leader comme lui.

Nous devons aussi parler du martyr Haj Abou Ali Farhat, alias Haj Hassan. Il faisait partie de la génération fondatrice du Hezbollah, qui a porté la bannière de la résistance pour avorter le projet de l’occupation sioniste. Il est l’un de ces chers qui ont sacrifié leur jeunesse dans la voie de la résistance et le combat. Il a mis en place l’axe de la résistance à Iqlim al-Touffah en 1985, aux débuts de la résistance en face de l’occupant ennemi. Il fut chargé de plusieurs missions clés dans les rangs du commandement de la résistance. Il était l’un des grands commandants de la résistance en Syrie, surtout à Noubbol et Zahraa. Il a continué d’assumer ses responsabilités dans la résistance jusqu’à ses derniers jours. Il était modeste, calme, pieux, croyant, patient… il donnait sans cesse et ne demandait rien pour lui. On parle d’un exemple à suivre qui ne peut être connu qu’après son martyre. Là encore, je présente mes condoléances à sa famille.

Je passe aux sujets politiques. Au Liban, en ce qui concerne la situation politique et sécuritaire :

  • Parler de la démission du gouvernement est sans fondement. Nous n’avons pas réfléchi ainsi, et personne ne l’a proposé. Samedi dernier, il y a eu des protestations à Beyrouth et à Tripoli, certains ont prétendu que le Hezbollah et le mouvement Amal veulent renverser le gouvernement. Pourtant, les mêmes parties accusent ce gouvernement d’être celui du Hezbollah. C’est un signe de contradiction et de manque de clairvoyance.
  • Nous soutenons toutes les mesures visant à rapprocher les Libanais et les partis politiques en ces moments cruciaux et délicats.
  • L’appel à organiser des manifestations pour réclamer le désarmement du Hezbollah a porté un préjudice aux manifestants du 17 octobre dernier qui sont descendus pour afficher leurs revendications économiques et vitales. Le véritable problème est un problème économique lié à al sécurité sociale, à la hausse du prix du dollar, au manque de nourriture et au chômage. L’inclusion de l’appel au désarmement du Hezbollah a été une décision erronée et la tentative a échoué. La confusion entre les demandes vitales et l’appel au désarmement ne mène nulle part.  Ceux qui ont organisé cette manifestation ont été déçus à leur tête l’ambassade US. En fait, vous avez servi le Hezbollah au lieu de lui porter atteinte. Vous êtes libres de proclamer jour et nuit le retrait des armes, de nous insulter et d’inciter le monde contre nous. Mais vous serez toujours déçus. Pour réussir, vous devez convaincre le peuple de la résistance de ne plus soutenir la résistance. Soyez plus raisonnables et proposez des alternatives logiques au peuple de la résistance. Combattre l’ennemi est devenu une croyance inébranlable pour les partisans de la résistance.
  • Pour ce qui est des attaques contre les biens publics et privés, l’attaque contre l’armée, les insultes envers les sacralités de chaque communauté : je vous rappelle notre position claire et décisive dans la foulée du mouvement du 17 novembre : Evitez d’attaquer l’armée, de couper les routes, d’insulter les saintetés… parce que ces politiques poussent la population à répugner les protestataires et à se dresser contre eux. De plus, vous n’allez pas faire mal au gouvernement de la sorte.
  • Le fait d’insulter les saintetés est un signe d’immoralité, d’irrespect et d’incapacité de contenir les faits. Ce qui se passe est capable de provoquer une division politique et confessionnelle. Mais c’est aussi la faute des médias et des renseignements qui cherchent à semer la zizanie entre les composantes du peuple, surtout sunnites et chiites. Les deux parties doivent rejeter toute personne immorale qui prononce des insultes pareilles et se désavouer de lui, au lieu d’entrainer le pays au bord du gouffre. Peut-être il s’agit d’un jeune enthousiaste, mais lorsque des personnalités politiques se comportent de la sorte, ceci doit être vu comme une trahison nationale. Il faut œuvrer pour protéger le pays contre la division sectaire et ces actes vont se répéter dans l’avenir.
  • Sur le plan politique et sécuritaire, je voudrais parler du chaos et de la violence de samedi dernier à Beyrouth et Tripoli. Ces actes sont à condamner catégoriquement. Malheureusement, et en raison des rumeurs faisant état de la hausse vertigineuse du dollar, les gens sont descendus dans les rues et ont attaqué les magasins au centre-ville. Les adversaires ont accusé le Hezbollah et le mouvement Amal d’être derrière ces attaques. J’appelle les services de sécurité d’arrêter ceux qui attaqué et mis le feu aux boutiques au centre-ville. Puis veuillez annoncer au public leur identité. La politique systématique de mensonges et les tentatives d’imputer la responsabilité aux partisans du duo chiite sont à rejeter. Sachez que cette campagne n’est pas arbitraire. Nous devons dévoiler ses enjeux. Nous avons demandé aux services de sécurité et à l’armée d’instaurer la stabilité et pris la décision de mobiliser nos jeunes dans les rues pour assurer le calme et la paix. Nous sommes fort attachés à la stabilité en ces circonstances. Et nous allons faire de notre mieux pour empêcher toute confrontation pouvant provoquer du chaos dans le pays.

Personne ne peut généraliser ni imputer au Hezbollah et au mouvement Amal la responsabilité de tout acte individuel. Nous ne sommes pas responsables de la position et du comportement de chaque personne vivant dans la Banlieue Sud.

Pis encore, on nous a accusés d’envoyer des camions d’assistance alimentaire en Syrie en passant par Tripoli. Vous voulez mentir, soyez un peu logiques. Vous dites jour et nuit que nous avons nos propres chemins de trafic illégal. Pourquoi allons-nous alors nous diriger vers Tripoli ? Cessez donc d’être vils et bas.

Passons au volet économique, surtout la question du prix du dollar et la crise économique qui a provoqué l’effondrement de plusieurs entreprises. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Nous devons collaborer pour trouver des solutions. Le prix du dollar dépend de l’offre et de la demande. Pourquoi le dollar se fait-il rare ?

  1. Des informations officielles et certaines confirment que les Américains empêchent le transfert du dollar.
  2. Les Américains font pression sur les banques libanaises pour ne pas injecter des dollars dans le marché, prétendant que le Hezbollah achemine ces dollars en Syrie et en Iran. Je l’ai dit que le Hezbollah fait entrer le dollar au Liban.
  3. Depuis 2019, une certaine banque a récolté du marché des dizaines de millions de dollars pour les transférer ailleurs, et certes, ce n’est ni en destination de la Syrie ni de l’Iran. Ce sont des propos officiels et confirmés.
  4. La crise du dollar est un complot US contre le Liban avant d’être un complot contre la Syrie. L’objectif est de porter un coup dur à tous les secteurs vitaux pour provoquer l’effondrement du Liban. Sachez donc votre ennemi, votre bourreau, pour savoir comment faut-il agir.

Nous devons passer à l’acte pour trouver des solutions à travers le contrôle de l’offre et de la demande, le contrôle de la vente et de l’injection étudiée du dollar. C’est une question qui est en rapport avec la sureté nationale.

Comment pouvons-nous freiner le besoin du dollar ? Pouvons-nous trouver un pays régional comme l’Iran qui puisse nous vendre du combustible et des produits pétroliers en livres libanaises ? Ou d’autres pays amis qui puissent nous vendre le pétrole ?

Au lieu de payer en livres libanaises, nous pouvons faire un échange au niveau de produits alimentaires ou produits industriels libanais.

Cessons d’être à la merci des USA, cessons d’avoir peur des USA. Si nous faisons ceci, nous pourrons nous affranchir de la pression US. Si les responsables libanais affichent leur approbation, nous pouvons dépêcher une délégation en Iran, ou dans d’autres pays arabes.

Par ailleurs, la Chine est prête à aider le Liban. J’ai des informations certaines selon lesquelles les compagnies chinoises sont prêtes à mettre en place un chemin de fer au Liban de Tripoli à Naqoura, elles sont disposées à construire des industries pour la production de l’électricité, et un tunnel qui relie Beyrouth à Chtaura.

Je m’adresse franchement aux Libanais : nous ne pouvons pas rester passifs, nous ne pouvons pas attendre un an et deux ans dans des conditions pareilles. Les USA ne cherchent que leurs intérêts et ceux d’«Israël». Cessons d’attendre les Américains, qui vont nous entrainer dans la faim et la faillite. Il suffit de voir comment les USA traitent leurs alliés. Dernier exemple, Trump a pris la décision de retirer la moitié des troupes US de l’Allemagne sans avertir les responsables. Ils ont en été informés par les médias.

Celui qui pense pouvoir provoquer la population de la résistance contre nous, a tort. Celui qui pense que nous allons accepter de mourir de faim a tort. Nous n’allons pas mourir de faim, et nous ne le permettrons pas. Je connais bien ce que je dis. Nous avons une équation très dangereuse en ce sens que je ne vais pas évoquer, mais qui serait certes capable de ne nous faire sortir de la crise. Celui qui nous place entre deux choix, à savoir nous retirer les armes ou nous affamer, je vous le dis clairement : Nous n’allons pas déposer nos armes, nous n’allons pas mourir de faim et nous allons nous-mêmes vous tuer. Nous allons vous tuer. Oui nous allons vous tuer !

Par rapport à la loi américaine «César» sur la Syrie : C’est la dernière arme US contre le Syrie, qui démontre que la Syrie est sortie victorieuse de la guerre militaire. Je voudrais vous rappeler mon discours aux débuts de la guerre en Syrie, j’avais dit à l’époque : Les alliés de la Syrie ne lui permettront pas de tomber. Ces alliés ne l’abandonneront pas dans cette guerre économique. Je suis certain de ce fait et je travaille en ce sens. La direction syrienne fait de son mieux pour contrecarrer les répercussions de ce siège. Le peuple syrien doit s’unir pour avorter ce plan US maléfique. Celui qui a consenti les sacrifices et les martyrs pour garder la Syrie unie et avorter les projets ennemis ne permettra pas à la loi César de réussir.

Aux Libanais qui sont contents des sanctions contre la Syrie, sachez que vous allez payer cher le prix de ces sanctions. La seule voix d’accès terrestre au Liban est la Syrie. Donc, cette loi bloque aussi toute opportunité de travail au Liban dans le but d’assujettir le pays au profit d’«Israël».

Enfin, je conclus que nous avons besoin de la ténacité et du courage dans cette guerre économique. Et avec notre collaboration, nous pouvons faire sortir le pays de l’impasse et avorter les objectifs du complot US.

 

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