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L’oncle d’enfants français en Syrie porte plainte contre la France devant l’UE

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Par AlAhed avec AFP

L'oncle de deux enfants français de 2 et 3 ans détenus avec leur mère dans un camp de prisonniers de «Daech» en Syrie a annoncé ce jeudi avoir porté plainte devant la Commission européenne contre la France «qui refuse de les rapatrier» alors qu'ils sont «en danger».

Amine Elbahi, originaire de Roubaix (Nord), souligne que ses neveux «manquent cruellement de soins, de vivres et vivent dans un camp dont l'insalubrité est un risque pour leur santé et leur sécurité», dans cette plainte déposée mercredi au secrétariat de la Commission européenne, et dont l'AFP a eu copie.

Il appelle Bruxelles à condamner la France pour «son refus de rapatrier ces enfants dans les plus brefs délais» qui contrevient selon lui aux «conventions internationales relatives aux droits de l'enfant» et à la «charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (UE) dont la France est membre».

Plus de 200 enfants de Français partis rejoindre la Syrie ou l'Irak à partir de 2012 sont détenus dans le nord syrien, la plupart avec leurs mères (une centaine) par les Kurdes dans les camps d'Al-Hol, Roj et Aïn Issa.

Plus d'une centaine d'hommes français sont eux détenus dans des prisons kurdes.

Paris refuse de rapatrier les adultes, y compris les mères, dont la quasi-totalité refuse de laisser partir seuls leurs enfants, parfois encore nourrissons et dont les trois quarts ont moins de six ans.

La France, très prudente sur ce dossier sensible, a jusqu'ici rapatrié 15 orphelins et deux d'une mère qui a accepté de les laisser partir sans elle.

Condamnée en France par contumace à 30 ans de réclusion pour «appartenance à une filière djihadiste», et arrêtée par les Kurdes en début d'année peu avant la défaite militaire de «Daech», la sœur d'Amine Elbahi est depuis détenue avec ses deux enfants à Al-Hol, parmi plus de 70.000 déplacés et prisonniers de guerre.

Fin mai, Médecins sans frontières jugeait la situation sanitaire dans ce camp «critique».

Fin avril, l'Organisation mondiale de la Santé y recensait 286 morts depuis le début de l'année, notamment de petits enfants victimes de déshydratation et diarrhées aiguës.

Des familles et leurs avocats ont déposé ces deux dernières années plusieurs recours pour forcer la France à rapatrier leurs proches. Plusieurs déposés devant la justice administrative française ont été rejetés, et d'autres sont en cours auprès de l'ONU et de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

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