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Sayed Moussa Sadr... Père des déshérités

Sayed Moussa Sadr... Père des déshérités
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Par AlAhed

Avec l'évolution de la situation en Libye, plusieurs informations se sont provenues de ce pays en ébullition sur le sort de l'Imam Moussa Al-Sadr, disparu avec ses deux compagnons cheikh Mohammad Yaacoub et le journaliste Abbas Badreddine sur les territoires libyens suite à une invitation officielle de Mouamar Kadhafi. Plus de trois décennies se sont écoulées depuis la disparition le 31 août 1978 de l’une des figures religieuses les plus éminentes du pays qui prônait un discours de modération et d’ouverture aux autres communautés libanaises.

Sayed Moussa Sadr... Père des déshérités

1928 : L’Imam Moussa al-Sadr est né le 4 juin dans la ville de Qom - Iran, d'une famille de grands érudits dont les racines remontent à Sayyid Saleh Sharaf al-Din du village de Shhour dans le sud Liban, jusqu’à l'Imam Musa bin Ja'far (AS).

1934 : Il rejoint l’école primaire de Qom et termine ses études secondaires en 1947.

1941 : Il accède à l’université religieuse islamique où il continue son recueil des sciences de la jurisprudence jusqu’au diplôme de (moujtahid) érudit dans la ville sainte de Qom.

1950 : Il rejoint l'Université de Téhéran, Faculté de droit, Département de sciences économiques et est diplômé en 1953, pour être le premier érudit à étudier des sciences modernes à l'université, tout en poursuivant l'étude et l'enseignement religieux. Il coopère également avec d’autres étudiants pour s’opposer aux revendications anti-Islam courantes à l'époque, comme le Marxisme et autres, et suit le Mouvement de la nationalisation du pétrole, 1952, en communiquant avec l'ayatollah Kashani et le Président du Mouvement «Islam fidayeen," Sayed Nouwab Safawi, qui tient alors des réunions secrètes dans la maison de son père, l'ayatollah Sayyed Sadr al-Din al-Sadr.

1954 : Il se rend à Najaf pour poursuivre ses études jurisprudentielles suprêmes où il participe à "l’association du forum de la publication ", qui a pour rôle de tenir des séminaires culturels et les diffuser. Il est nommé également membre de son Conseil d'administration.

1958 : Il retourne à l’université religieuse de Qom où il participe à la fondation de la revue « Maktab Islam » dont il est également le rédacteur en chef, et où il écrit plusieurs articles. Ce magazine, le premier magazine culturel publié à l’université religieuse islamique de Qom, et dont l’impact est remarquable, joue un grand rôle dans la formation de l’âme de renaissance en Iran.

1959 : Il participe avec d'autres (notamment les Ayatollah: Beheshti, Azari Qomi, Makarem Shirazi) dans la notation du projet de réforme des programmes d'études scientifiques dans l’université religieuse islamique. Il arrive à la ville de Tyr - Liban à la fin de l’année 1959 et commence à travailler comme savant islamique successeur de l'imam Abdul-Hussein Sharaf al-Din, après deux visites précédentes en 1955 et 1957, avec l'encouragement et la bénédiction de l’érudit suprême Sayyid Brujardi.

1961 : L’Imam al-Sadr lance son œuvre sociale et institutionnelle en commençant par réorganiser la structure de "l'Association de la Charité", puis mettant en place des institutions publiques chargées d’affaires éducatives, professionnelles, sanitaires, sociales et séminaires. Ces activités permettent de nombreuses réalisations dont la plus importante fut de donner aux femmes un rôle clé dans le travail social et le développement, en commançant par l'élaboration de cours d'alphabétisation, puis l'élimination du phénomène de la mendicité dans la ville de Tyr et ses environs grâce à un projet de soutien comprenant des programmes sanitaires, sociaux et des fonds de bienfaisance. De plus, il établit l’institut de Jabal Amel dont il attribue la gestion au martyr Dr Mustafa Shomran. Cet institut joue un rôle essentiel dans l'obtention de diplômes des lutteurs qui se sont opposés aux attaques israéliennes depuis ses débuts.

 

Sayed Moussa Sadr... Père des déshérités


1963 : Imam Sadr annonce, après son retour d'une tournée en Europe qui dura deux mois, que l'objectif de son voyage est de connaître de nouvelles civilisations et d'identifier les domaines en progrès en termes de développement des techniques et méthodes de travail dans les fondations de bienfaisance, sociales et sacerdotale. L'imam participe également à la cérémonie du couronnement de Pape Paul VI via une invitation officielle pour être la seule personnalité musulmane invitée à cet événement. Ses rencontres au Vatican où il présente les souffrances du peuple iranien ainsi que les érudits religieux sous le règne du Shah, contribuent à libérer l'Imam Khomeiny de sa prison.

1964 : Il commence la coopération et le travail commun avec les membres du "Symposium libanais" après avoir accueilli une conférence sur la situation au Liban et d'autres sujets. Le «Symposium» supervisée par le professeur Michel Asmar comprend un certain nombre de personnes intellectuelles, culturelles, scientifiques, sociales et politiques de toutes les communautés libanaises.

1966 : Il tient une conférence de presse au siège du Syndicat de la Presse, où il exposa les raisons de l'organisation de la communauté chiite, et cela après études, consultations et actions intensives qui conduisent à l'adoption de la loi instituant le Conseil supérieur islamique chiite par la chambre du congrès.

1967 : Imam al-Sadr se rend en Afrique occidentale pour en apprendre davantage sur la communauté libanaise, tenir compte de leurs conditions et faire en sorte de les lier à leur patrie, il rencontre également le président ivoirien Ovoyer Boigny et le président du Sénégal Léopold Senghor  auquel il offre une aide symbolique pour les orphelins au Sénégal. Senghor complimente le geste de l'imam ajoutant qu’il suit avec intérêt toutes ses activités qui ont eu un impact significatif dans la diffusion de l'amour et de la foi parmi les citoyens.

1969 : Imam Moussa al-Sadr est élu en tant que président du Conseil supérieur islamique chiite et annonce le programme de travail de ce Conseil. Il invite à unir les rites religieux entre les sectes islamiques, tout en avertissant du danger sioniste de plus en plus grave, et souligne son soutien à la résistance palestinienne afin de libérer la terre usurpée. D'autre part, il annonce que les diverses communautés au Liban sont des fenêtres de civilisations au monde entier.

1970 : Il suscite une campagne de mobilisation médiatique pour défendre le Sud face aux attaques israéliennes sur la frontière sud, appelant à l'armement et la formation des citoyens pour la défense, la mise en place du service militaire et la mise en œuvre de projets de développement, avec un appel aux citoyens de rester dans leurs villages et de ne pas fuir. L'imam Sadr crée "l’association du soutien du Sud» avec la participation des chefs des communautés libanaises. Il appelle à une grève pacifique nationale le 26 mai, où se rassemblèrent environ 50.000 personnes devant le Conseil supérieur islamique chiite à Hazmieh - Beyrouth, c’est alors que l'État libanais créa le « Conseil du Sud » à la suite de cette grève et en vue de développer le Sud soulever la privation du Liban. Il réalise aussi une tournée des capitales européennes pour le soutien de la cause palestinienne, et tient une conférence de presse dans la ville de Bonn - République fédérale d'Allemagne, dans laquelle il explique l’affaire palestinienne et dénonce les tentatives de judaïser la ville sainte. Dans une interview en France, il déclare: «La tragédie de la Palestine est une tache noire dans la conscience du monde, et la lutte du peuple palestinien est une défense de la religion et la sainteté de Jérusalem, Israël est un état raciste et expansionniste, et le Liban, par la coexistence des religions, est une nécessité religieuse de civilisation." Il annonce au Caire que la coexistence des différentes communautés est la seule expérience de civilisation dans le monde.

1971 : L'imam al-Sadr quitte le Liban pour une tournée incluant le Maroc, où il donne une conférence à la Faculté de droit de l'Université des Villageois dans la ville de Fès (par une invitation du roi Hassan II), la Mauritanie, le Nigeria et l'Egypte, où il participe à la sixième Conférence des réunions de « l'Académie de Recherche Islamique » au Caire, dont il a été un membre actif pendant l'année 1968. L'Imam Sadr offre également dans cette conférence, des suggestions  pour remédier aux situations  islamiques et nationales. L'imam Sadr visite le front de Suez et y passe plusieurs semaines pendant lesquelles il rencontre les militaires, mène la prière dans les mosquées, et appelle à la nécessité d'adhérer à l'Islam et déclarer le jihad sacré pour libérer de la Palestine. De plus, il suggere un projet d’«obligations du jihad" pour permettre une participation active du peuple à tous les niveaux dans la lutte contre "Israël". Il envoie également une lettre au prêtre britannique Herbert W. Adams expliquant la réalité de la condition humaine au Moyen-Orient. Il souligne que l'existence des diverses communautés au Liban est un pur bien alors que le système communautaire est un pur mal auquel la politique féodale a fourni une sorte de sainteté

1972 : L’Imam al-Sadr publie une déclaration dans la ville de Joya, Sud-Liban, à propos du danger de l'augmentation des attaques israéliennes au sud. Et pour soutenir la resistance des habitants du sud, l’Imam Sadr intensifie ses mouvements politiques et médiatiques: il publie des déclarations destinées à l'opinion publique nationale et mondiale, et donne des conférences et des discours dans les mosquées, les églises et les universités, avertissant des conséquences de la négligence de l'Etat à assumer ses responsabilités envers la défense du Sud et le développement des régions défavorisées. Il appelle à l'adoption du système religieux au lieu du système communautaire et laïque.

1973 : Il annonce dans son sermon du vendredi que la quête de la libération de la Palestine est une quête de libération des lieux saints islamiques et chrétiens, et de libération des êtres humains, il appelle également à ne pas discrediter Dieu sur terre, parce que les sioniste par leurs actions discréditent Dieu. Lorsqu’éclate la guerre du Ramadan, il appelle au Jihad et mène une collecte de dons pour soutenir les combattants.

1974 : Il invite à participer au festival de Baalbek en Mars (qui réunit une centaine de milliers de personnes) ainsi que le festival de Tyr en mai (auquel participa près de cent cinquante mille personnes) où tout le monde jure avec l'imam al-Sadr de ne pas se calmer tant qu’il a de personnes ou de zones privées au Liban, ce qui conduit à la naissance du «mouvement des défavorisés» ainsi que l'émission de la « doctrine des instruits» partisans du mouvement de l’Imam Sadr, qui fut signée par plus de 190 personnalités dont des leaders d'opinion et de pensée au Liban, représentant toutes les classes et  sectes au Liban.

1975 : L'imam prend l’initiative de faire des efforts auprès des diverses parties afin d’enterrer les querelles et calmer la situation au Liban, il  appelle alors les libanais à prendre garde des complots de l'ennemi et des plans de conflit, et à sauver leur patrie. Portant dans son cœur  la révolution palestinienne, il appelle les Palestiniens à sauver leur cause dont le siège se trouve désormais au Liban.  Il cree le «comité de pacification nationale» par son initiative et sous sa supervision, tout en précisant ses principes, comme maintenir la coexistence,  l'adoption d'un dialogue et des moyens démocratiques pour réaliser les réformes, et la nécessité de maintenir la révolution palestinienne. Protestant contre la continuation de la guerre civile, l’Imam commence le 27 Juin une manifestation dans la mosquée de Amliyeh - Beyrouth priant et jeûnant qu’il termine au bout de 5 jours, après la formation d'un gouvernement de réconciliation nationale adoptant les exigences de l'imam Sadr concernant le peuple. Il se dirige ensuite vers les villages de Kaa et Deir Al-Ahmar dans la vallée de la Bekaa pour y lever le siège et prévenir les conflits sectaires.
Il annonce dans une conférence de presse la naissance des "Brigades de la résistance libanaise" (Amal) qui doit remplir son rôle dans la libération de la terre et de l’homme, après avoir lutté plusieurs batailles contre l'ennemi sioniste. Et par sa propre initiative, il organise le sommet spirituel regroupant les chefs de toutes les communautés libanaises.
L’Imam met en garde contre trois dangers et appelle à s’y opposer à coute que coute: Le risque de partition, parce que la partition c’est une autre Israël dans le cœur de la patrie, la menace des attaques israéliennes que la responsabilité religieuse, historique et nationale nous oblige à arrêter, de se tenir à leur adresse, enfin le risque de la liquidation de la résistance palestinienne. "Israël" est un mal absolu et un danger pour les Arabes, musulmans et chrétiens, et pour la liberté et la dignité.

1976 : L’Imam al-Sadr participe aux réunions du sommet islamique dans la ville libanaise d’Aramoun qui a donné naissance au «document constitutionnel» considéré par l'imam comme l’accès de la paix et de la réconciliation nationale au Liban. Il persévère pour rapprocher les points de vue entre les dirigeants syriens et les dirigeants de la résistance palestinienne, soulignant que cela est leur sort et que leur affrontement conduira à la chute du Liban et la restriction de la résistance, tout en endommageant la Syrie et la cause arabe, avec un seul bénéficiaire de tout cela: Israël. L’Imam fait également des efforts intensifs avec les dirigeants arabes pour tenter de mettre fin à la guerre civile libanaise, il en résulte la conférence de Riyad en Octobre 16, le Sommet du Caire en Octobre 25 et l'entrée de la force de dissuasion arabe au Liban. Il s’oppose avec force à l'appel pour la laïcité et les administrations locales, et estime qu'elle vole les profits des masses croyantes et reflète une mentalité séparatiste ouvrant la voie pour diviser la patrie.

1977 : L’Imam assure que le Liban est une nécessité de civilisation pour le monde, que la coexistence des Libanais est une caractéristique du Liban et que la paix est une rencontre historique inévitable entre l'islam et le christianisme. L'imam Sadr propose un document de travail comprenant des suggestions a propos des réformes politiques et sociales appelant à la re-construction de la nation et ses institutions, insistant sur la co-habitation et faisant face à la menace sioniste. Il y souligne que "le Liban est une patrie finale pour tous ses citoyens. D'autre part, l’Imam Sadr couronne ses campagnes contre le régime du Shah en Iran, ainsi que son soutient pratique et intellectuel du Mouvement islamique en Iran sous la direction de l'Imam Khomeiny, et cela lors d'un rassemblement à l'occasion du passage de quarante jours à la mort du Dr Ali Shariati, l'un des plus grands penseurs islamiques influents en Iran.

1978 : Il accomplit une tournée vers un certain nombre de dirigeants arabes après l'invasion israélienne du Liban, où il arrive en compagnie de ses collègues Cheikh Mohammed Yacoub et M. Abbas Badr al-Din à Tripoli - Libye le 25 août, suite à une invitation officielle de ses autorités supérieures. Là-bas, le contact est totalement coupé avec eux vers le midi du 31 août jusqu'à aujourd'hui. La Libye affirme que les invités ont quitté ses territoires en direction de l'Italie. Les juridictions italienne et libanaise nient ces revendications après de longues enquêtes, réfutant l'accès de ces trois hommes par l'un des trois ports de l'Italie, terrestres, maritimes et aériens.

 

 

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