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Yémen : le président de MSF dénonce «l’indifférence» des pays occidentaux

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De retour du Yémen, le président de Médecins sans frontières (MSF) a témoigné mercredi 19 décembre sur franceinfo de la « situation dramatique » vécue par la population civile dans ce pays ravagé par la guerre depuis bientôt quatre ans. Mego Terzian dénonce «l'indifférence» des pays occidentaux et raconte le quotidien de l'un des derniers hôpitaux encore debout à Hodeïda, dans l'ouest du pays « viennent se faire soigner sous les bombes ».

Mego Terzian a affirmé que « la situation est dramatique, avec un blocus instauré par la coalition guidée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis depuis plusieurs mois maintenant sur la partie nord du pays. Mais il y a aussi des combats très violents qui sont en cours notamment dans la ville de Hodeïda, dans l'ouest du pays, mais aussi dans l'extrême nord, dans le gouvernorat de Saada, à la frontière saoudienne, où deux districts vivent des combats et des violences quotidiennes avec une arrivée massive de blessées dans l'un des hôpitaux gérés par MSF à proximité. »

Terzian a déclaré qu’il avait rencontré toutes les autorités houthis (d’Ansarullah), dans leur fief. Selon lui, « elles ont un discours plutôt cohérent. C'est la première fois de leur histoire qu'elles gèrent un État. Elles font de leur mieux mais elles ont d'énormes difficultés pour gérer le quotidien des populations. Il y a un blocus qui est instauré sous l'excuse de la résolution 22-16 des Nations unies qui doit empêcher l'entrée des armes dans le pays, mais en fait on empêche presque tout, même l'aide humanitaire. Pour l'acheminer par la route dans la partie nord du pays, il faut négocier des jours et des jours avec les belligérants, pour passer les barrages. C'est un travail très dur. Il faut négocier également avec les Saoudiens pour ne pas avoir de bombes sur nos voitures, nos véhicules, nos hôpitaux. C'est une tâche très difficile. »

A propos de la situation dans l'un des derniers hôpitaux encore debout à Hodeïda et géré par MSF, Terzian a indiqué qu’il y a « 31 lits, au milieu des trois lignes de front. Les équipes ne dorment presque pas la nuit, elles continuent toute la journée, c'est très dur à tenir. Mais on a aussi, paradoxalement, des victimes de violences qui viennent de plus loin que Hodeïda. Parce que dans les zones limitrophes, il n'y aucun hôpital qui fonctionne. Donc les gens prennent le risque de venir sous les bombes pour se faire soigner à MSF. »

Et d’ajouter : On voit surtout des victimes de violences, on voit des enfants atteints de maladies comme la rougeole, la coqueluche, ou la diphtérie, une maladie qui avait disparu depuis 25 ans dans ce pays, une maladie infectieuse qui réapparaît avec 500 cas traités par MSF ces derniers mois. On n'observe pas une situation de famine généralisée dans ce pays.

Silence coupable de la part de la communauté internationale sur la guerre au Yémen

« Oui, les occidentaux sont complices avec l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis à propos de cette guerre, ils sont indifférents. Beaucoup de médias sont aussi absents et indifférents. C'est difficile pour les journalistes d'aller là-bas, mais il y a sur place des humanitaires comme nous, dont les propos sont très peu rapportés et entendus. », a conclu le président de MSF.

Source : francetvinfo et rédaction

 

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