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Arabie saoudite : «MBS a placé sa propre mère en résidence surveillée !»

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Fuyant Riyad, un proche de la famille royale saoudienne vient d'arriver à Paris. Il a confié au «Point» son témoignage exceptionnel.

Il a fui l'Arabie saoudite pour arriver à Paris il y a six jours, via le Pakistan, puis la Turquie. Mansour C*., 37 ans, est un témoin privilégié du régime de terreur mis en place par Mohammed ben Salmane, prince héritier qui a forcé son père, le roi d'Arabie saoudite, atteint de la maladie d'Alzheimer, à lui remettre les clés du royaume. C'est l'avocat parisien du prince Salmane ben Abdelaziz ben Salmane Al Saoud, membre de la famille royale, incarcéré à la prison d'Al-Haer par MBS, qui l'a mis en contact avec Le Point. Auparavant, Me Elie Hatem était le défenseur de la princesse Hossa bint Salmane, sœur de MBS et fille du roi d'Arabie saoudite, frappée par un mandat d'arrêt lancé par une juge d'instruction du TGI de Paris dans une enquête pour violences sur un plombier, révélée par Le Point.

Mansour était l'aide de camp d'un des quatre princes de sang royal incarcéré par MBS – les autres sont en résidence surveillée –, officiellement parce qu'ils s'opposaient aux nouvelles règles mises en place par l'homme fort du régime saoudien à destination de la famille al-Saoud au sens large, qui compte entre 10 000 et 12 000 membres. MBS a décidé que le Trésor saoudien ne devait plus payer les frais domestiques de la tribu. « C'est une vaste blague. Pour ce qui concerne mon patron, cela revenait à payer 2 000 euros par mois, sa fortune est estimée, selon la presse internationale, à 2 milliards d'euros. MBS est un dictateur violent. Il n'y a aucune raison de mettre en prison tous ces gens. Il a placé sa propre mère en résidence surveillée ! »

Un entourage de personnalités qui se concurrencent sur l'échelle du crime

Pour illustrer la brutalité de MBS, Mansour, qui était en contact avec l'entourage du prince Salmane ben Abdelaziz ben Salmane Al Saoud, cousin de MBS, raconte l'arrestation de ce dernier : « C'était le 4 janvier au matin. Il avait disparu de son palais qui était en travaux. Il y avait dans un sac près d'un million d'euros en liquide pour payer les ouvriers. Lui avait disparu, mais l'argent était là. Toute sa famille s'est inquiétée jusqu'au moment où elle a été prévenue qu'il avait été emmené au palais royal. Le prince Salmane faisait face à MBS qui a ordonné à sa garde prétorienne – composée essentiellement, selon notre interlocuteur, de mercenaires de l'armée privée américaine Academi (ex-Blackwater) – de le frapper. Après avoir été violenté, il a été conduit à la prison d'Al-Haer, une forteresse hautement sécurisée. Son père, ancien conseiller du roi Fahd, l'y rejoindra un peu plus tard. Ils y sont toujours aujourd'hui, incarcérés dans des cellules côte à côte. Ils ont droit à un coup de téléphone à leur famille. C'est la prison qui appelle, puis leur passe la communication. Tout est écouté. Le prince a été fait officier de la Légion d'honneur en France, il est diplômé en droit à la Sorbonne. Son avocat est en contact avec l'Élysée et le Quai d'Orsay pour tenter de le faire libérer. Mais sans succès. Pourtant, plusieurs membres de la famille royale ont fait campagne auprès des électeurs du Golfe en faveur d'Emmanuel Macron. Le plus actif était le milliardaire al-Walid ibn Talal qui est toujours en résidence surveillée. »

Selon lui, MBS a composé son entourage de personnalités qui se concurrencent sur l'échelle du crime. « C'est à celui qui sera le plus violent pour complaire à MBS. » Et de citer, Saoud al-Qahtani : « 40 ans, un personnage totalement immature, c'est le bourreau de MBS. Il est sans foi ni loi et il a carte blanche de MBS. » Selon nos informations, MBS vient de le « limoger ». Jusqu'à présent, il était officiellement chargé de la communication du prince héritier et, en tant que community manager du régime sur Twitter, il y menaçait journalistes et opposants. Le journaliste assassiné Jamal Khashoggi l'avait mis en cause dans ses articles.

D'après Mansour C., c'est lui qui aurait monté l'opération de communication montrant à la télévision Al-Walid bin Talal, le milliardaire saoudien, propriétaire du George V et principal actionnaire d'Eurodisney, lisant un discours, une fois libéré de prison pour être placé en résidence surveillée. « Il ne pouvait pas critiquer le régime. MBS garde son frère en otage. À Riyad, on dit que MBS lui a volé 7 milliards de dollars [alors que la fortune du prince Al-Walid est évaluée à 27 milliards de dollars par Forbes, NDLR]. »

Selon l'exilé, « la guerre au Yémen a tari les caisses du royaume. Une TVA de 5 % sur tous les produits et services de la vie courante a été instaurée pour renflouer le budget de l'État ». La population s'enfonce dans la crise, sans perspective d'en sortir. Les conséquences diplomatiques et économiques du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi ne risquent pas d'arranger la situation. « Pour l'opinion saoudienne, conclut Mansour, il n'y a aucun doute sur l'implication de MBS dans l'assassinat de Jamal Khashoggi. »

Source : le point

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