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Le convoi de Chagrins: gloire et dignité malgré les souffrances

Le convoi de Chagrins: gloire et dignité malgré les souffrances
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Le 10 ème jour du mois de Muharram de l'année soixante et un de l'Hégire est le jour le plus sombre de l'histoire. Ibn Sa'ad et ses soldats s'attaquèrent au fils du Prophète Mohammed (pbsl) et aux membres de sa famille. Ils furent tous massacrés avec une extrême cruauté. Les chevaux de l'ennemi piétinèrent le corps décapité de l'imam Al Hussein (psl).Le convoi de Chagrins: gloire et dignité malgré les souffrances Sayyeda Zeinab (psl) rassembla toutes les femmes et les enfants, hors des tentes en feu, dans le froid et l'obscurité de la nuit.

Le lendemain, un convoi d'environ 20 femmes et enfants, menottés derrière les chevaux et violemment traînés et humiliés, était conduit devant l'Emir de Koufa, Obayd Allah bin Yazid, qui va le narguer, en paradant les têtes de l'Imam et de ses compagnons dans la ville.

Ce convoi, dont les membres étaient tourmentés par la soif et la faim, et submergés par la tristesse et la douleur, ne comprenait qu'un seul homme: le fils adulte d'Al Hussein (psl), l'Imam Ali Ibn Al Hussein (psl) plus connu sous le nom de Zein El-Abedîne, qui était malade, et échappait grâce à Dieu à l'horrible massacre.

Il effectuait un long voyage, qui durait 2 à 3 mois, à travers plusieurs villes, suivant l'itinéraire: Karbala, Kufa, Takrit, Mossoul, Rakka, Hama, Homs, Baalbek, Damas. De Sham, elle retournait à Karbala et de là vers Médine, la maison de la famille du Prophète (pbsl).

Durant son voyage en captivité, Sayyeda Zeinab (psl) guettait toute opportunité pour faire face aux propagandes mensongères du régime qui tentait de justifier l'assassinat de Hussein (psl) et de ses compagnons. Elle comptait dévoiler la vérité auxLe convoi de Chagrins: gloire et dignité malgré les souffrances yeux de tous, de la manière la plus explicite. Telle était sa mission: éliminer le doute et la confusion des esprits et expliquer les objectifs et les idéaux qui donnaient tout son sens au martyre de Hussein (psl).

A leur arrivée à Koufa, le lieu de résidence des partisans d'Imam Ali (psl), les habitants ont reçu Sayyeda Zeinab (psl) en pleurant. C'est alors qu'elle décida de s'adresser au public, et parvint à toucher les cœurs durs des assassins.

Héritant de son père son éloquence, les mots prononcés par Sayyeda Zeinab (psl) pénétrèrent profondément le cœur du public, qui, immédiatement, a les larmes aux yeux. Les souffrances se traduisent en lamentations, larmes et cris. Elle prononce alors ce sermon inouï: «Louange à Allah à qui nous dédions toutes nos prières et que la bénédiction soit sur mon père, Mohammed (pbsl), et sur sa descendance immaculée».

Sayyeda Zeinab (psl) utilise le mot «père» pour désigner le Prophète (pbsl) au lieu de «grand-père». Elle voulait que la foule prenne conscience du lien étroit qu’elle entretenait avec le Prophète (pbsl). Elle tenait à clarifier que tous les prisonniers qui l'accompagnaient étaient de la descendance du Prophète (pbsl).

Elle poursuivit: «Ô peuple de Koufa, ô peuple de la duperie et de la trahison, vous vous lamentez pour nous! Que vos larmes ne tarissent jamais, que vos supplications ne seLe convoi de Chagrins: gloire et dignité malgré les souffrances taisent jamais. Vous êtes semblables à celle qui a défait le fil de son fuseau après l'avoir solidement tordu. Vous avez cru au Saint Prophète (pbsl) mais vous avez, vous-mêmes, trahi votre engagement.

Car, vous considérez vos serments comme un sujet d'injure entre vous. Il n'y a parmi vous que des courtisans, vaniteux, vicieux, orgueilleux et cruels. En réalité, vos actions ne relèvent que de la flatterie de servantes à ses maîtresses et vous médisez en cachette comme des ennemis. Vous êtes telle une végétation sur un marécage, une prairie sur un fumier, un ornement d'argent sur un tombeau. Vos paroles sont pleines d'éclats mais vos actes sont détestables. Le mal que vous avez commis causera votre perdition et le courroux d'Allah s'abattra certainement sur vous et vous demeurerez éternellement dans le châtiment.  

Vous pleurez alors que vous avez décimé de vos propres mains nos bien-aimés. Pourquoi donc gémissez-vous? Par Dieu, vous devriez pleurez abondamment et rire peu. Par ce crime et votre trahison, vous ne récolterez que disgrâce et discrédit. Jamais vous ne vous débarrasserez de cette souillure. Jamais vous ne parviendrez à laver cet affront : celui de l'assassinat du fils du Sceau des Prophètes (pbsl), le chef des jeunes du Paradis, le refuge des meilleurs d'entre vous, l'espoir de ceux qui vivent dans l'oppression, le phare des preuves d'Allah et le guide de la Sunna. Qu'Allah vous châtie pour votre horrible méfait.

Désormais vos efforts seront vains, vos mains vont se flétrir, vos transactions vous amèneront à la chute. Vous encourez la punition d'Allah et vous serez très certainement condamnés à la disgrâce et à l'humiliation.

Ô peuple de Koufa! Soyez maudits! Savez-vous quel être chéri par le Prophète (pbsl) vous avez mis à mort et les voiles de quelles femmes vous avez offensés? Savez-vous quel sang vous avez répandu et quel tabou vous avez transgressé? La gravité de votre péché pourrait fendre les cieux, diviser la terre et réduire en poussière les montagnes. Vous avez commis un acte innommable. Il ne serait point étonnant de voir se déverser sur vous une pluie de sang et votre rétribution sera une torture encore plus terrible. Personne ne trouvera assistance et méfiez-vous, il n'y a ni répit ni sursis. Allah ne se presse pas pour punir et Allah ne craint pas la vengeance. En vérité, votre Seigneur est à l'affût».

L'Imam As-Sajjad (psl) dit alors: «Ô ma tante! Soyez patiente. Ceux qui demeurent doivent apprendre de ceux qui les ont précédés. Par la grâce d'Allah vous êtes instruite sans avoir été enseignée. Les larmes et le chagrin ne ramèneront pas ceux qui ne sont plus de ce monde».

Après cela, l'Imam As-Sajjad (psl) tenta de s'adresser à la foule. Mais redoutant l'impact de son éloquence et dans le but de perturber son discours, les militaires amenèrent les têtes des martyrs et les levèrent au-dessus de la foule. La population commença à pleurer et leurs cris résonnèrent dans l'air. La tête de l'Imam Al-Hussein (psl) précédait celle des autres et tous ceux qui la voyaient, fondirent en larmes.

Ensuite, le convoi de femmes captives s'ébranla, avec les têtes des martyrs, vers Damas, où le Calife criminel Yazid bin Mou'awiya les attendait.

Dieu tranquillisa la raison et le cœur de la famille, alors qu'elle voyait les têtes des martyrs tout au long du chemin vers Damas. A l'arrivée, les cavaliers posèrent la tête du Maître des martyrs, devant Yazid, en présence des nobles de Damas, et ses notables. IlLe convoi de Chagrins: gloire et dignité malgré les souffrances prit un bâton entre ses mains, et il railla la tête de Hussein (psl), il mit le bâton dans sa bouche, puis il rappela aux présents ce que disait Hussein (psl) au sujet de ses propres parents.

Alors Sayyeda Zeinab (psl) a adressé, séance tenante, à Yazid, prenant une attitude semblable à celle de sa mère Sayyeda Az-Zahraa(psl) et à son père l'Imam Ali (psl), elle qui tirait ses paroles de celles de lui, au point qu'en l'entendant, on aurait dit que c'était l'Imam Ali (psl) qui parlait.

«Ceux qui t'ont déblayé le chemin et qui t'ont permis d'asservir les Musulmans seront qui sont ceux qui occupent la place inférieure et qui ont les soldats plus faibles. C'est l'alternative méritée des injustes. Malgré les calamités qui m'ont touchée et qui m'ont obligée à me retrouver face à toi, je trouve que tu es sans valeur. Je trouve plus valorisant pour toi le fait de te tancer et de te réprimander. Mais les yeux sont larmoyants.

Quelle chose étrange de voir les nobles du parti d'Allah tués par les affranchis, le parti du Diable. Si tu penses que nous sommes un gain que tu viens de réaliser, tu ne tarderas pas à constater que nous sommes une perte que tu as subie. C'est à Allah que nous adressons nos plaintes. Allah ne traite jamais ses serviteurs injustement. Déploie donc tes fourberies et tous tes efforts. Par Dieu, tu n'arriveras pas à effacer notre renommée. Tu n'anéantiras pas notre Révélation. Tu n'atteindras jamais notre rang et tu n'arriveras jamais à laver ta honte. Tes avis sont erronés, Tes jours, lorsque le crieur criera, sont comptés et les armées que tu rassembles seront dispersées.

Que la malédiction d‘Allah soit sur les injustes. Gloire à Allah qui a donné au premier d'entre nous le bonheur et au dernier parmi nous le martyre et la miséricorde. Il est Tout Puissant et Tout Miséricordieux, Allah nous suffit! Quel excellent Protecteur!».

Toujours à Damas, l'Imam Ali fils de l'Imam Al-Hussein (psl) a prononcé un sermon historique, dans la grande mosquée de la ville.

Le jour du discours, un orateur officiel se présenta à la tribune pour offrir une louange en l'honneur de Moawiya et d'Abu Sofyan, et dénigrer l'Imam Ali (psl), le commandeur des croyants et ses partisans. C'est à ce moment que l'Imam Ali Zein El-Abedîne (psl), seLe convoi de Chagrins: gloire et dignité malgré les souffrances leva et clama à haute voix, sans la moindre peur: «Malheur à toi, orateur, tu as acheté la satisfaction de la créature contre la colère du Créateur, et tu es devenu de ce fait un candidat à l'enfer».

Puis il se tourna vers le calife pour lui demander: «M'autorises-tu à monter à mon tour sur ces planches, afin que je dise ce qui plaît à Allah, tout en étant utile à l'audience et compté comme une bonne œuvre?». L'assemblée insista pour que Yazid l'autorise à parler si bien que l'Imam Zein El-Abedîne (psl) monta sur la tribune. Il commença par se présenter: «C'est moi le fils de la Mecque et de Mina, c'est moi le fils de Zamzam et de Safa...»

Puis il dit: «Ô gens, Allah nous a donné six choses et a apposé notre supériorité (nous la famille prophétique) par sept choses: Il nous a donné: le savoir, la mansuétude,la magnanimité, l'éloquence, le courage et l'amour dans le cœur des croyants, et Il, à Lui la Gloire et la Puissance,nous a donné la supériorité pour sept raisons: le prophète choisi Mohammed est de nous, le véridique (Ali fils d' Abi Talib) est de nous, l'oiseau céleste (Ja'far fils d'Abi Talib) est de nous, le lion d'Allah et de son prophète (Hamza fils d'AAbd al-Muttaleb) est de nous, les deux descendants (Hassan et Hussein) sont de nous, enfin le douzième Imam, Al-Mahdi est de nous».

L'influence du discours de l'Imam (psl) sur l'assemblée fut si forte que les Oumeyyades durent l'interrompre en faisant donner l'appel à la prière (adhan). L'Imam (psl) par respect pour le Nom d'Allah, le Très Haut, se tut. Quand le muezzin en arriva à dire «je témoigne que Mohammed est le prophète d'Allah», l'Imam (psl) s'adressa au muezzin, en retirant son turban: «Par le droit du prophète que tu as invoqué, tais-toi!». Puis s'adressant à Yazid ibn Moawiya, il dit: «Est-ce que ce prophète noble et glorieux est ton ancêtre ou le mien? Si tu dis que c'est ton ancêtre, tout le monde sait que tu auras menti, et si tu dis que c'est le mien, alors pourquoi as-tu assassiné mon père et volé ses biens? Et fait prisonnières ses femmes?».

Après leur emprisonnement pour un certain temps à Damas, le fils de Mou'awiya ayant peur d'une nouvelle révolution, fit signe pour que l'on fit sortir la caravane, vers sa maison.

Retournant à Médine, Sayyeda Zeinab demanda de faire étape à Karbala, où avait coulé le sang pur et où furent découpés les corps des descendants du Prophète. Yazid le lui fut accordé, et elle y demeura trois jours, pour faire son deuil et calmer ses douleurs et faire oublier la scène terrible qu'elle avait endurée.

Le voyage de la caravane se termine, mais celui de la révolte husseinite ne se terminera jamais.

Nous ne négligeons pas l'importance de l'émotion à l'égard de l'Achoura, mais il faut que cette émotion soit un des moyens de rejet de ceux qui ont causé la tragédie à tout temps et en tout lieu. Que nos larmes soient chaudes, qu'elles nous brûlent sans que nous soyons des personnes pleurnicheuses, que nous agissions à la hauteur de ces brûlures émotionnelles et que nos actions soient à la hauteur de l'Achoura.

Source: French.alahednews

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