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Ukraine: le chancelier autrichien à Moscou, l’UE discute de nouvelles sanctions antirusses

Ukraine: le chancelier autrichien à Moscou, l’UE discute de nouvelles sanctions antirusses
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Par AlAhed avec AFP

Le chancelier autrichien Karl Nehammer devient lundi le premier dirigeant européen à se rendre à Moscou depuis le début de l'opération militaire russe en Ukraine, une «mission à risque» alors que l'Union européenne va discuter lundi de nouvelles sanctions contre Moscou.

Après s'être rendu en Ukraine samedi, le chancelier autrichien est attendu lundi à Moscou où il rencontrera le président russe Vladimir Poutine.

Karl Nehammer a déclaré avoir «l'intention de tout faire pour que des mesures soient prises en faveur de la paix», tout en reconnaissant que les chances d'y parvenir sont minces.

Ce voyage à Moscou est «une mission à risque» mais aussi une «fenêtre de dialogue», a-t-il expliqué, estimant que «la diplomatie personnelle» est de mise.

La guerre en Ukraine sera par ailleurs au menu d'un échange virtuel lundi entre Joe Biden et le Premier ministre indien Narendra Modi, a annoncé la Maison Blanche.

Nouvelles sanctions de l’UE contre Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé les Occidentaux à «suivre l'exemple du Royaume-Uni» - dont le Premier ministre Boris Johnson a effectué une visite surprise en Ukraine samedi - en imposant «un embargo total sur les hydrocarbures russes».

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, qui se réunissent lundi à Luxembourg, doivent étudier un sixième paquet de sanctions contre Moscou, qui ne touchera toutefois pas les achats de pétrole et de gaz.

Le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell a annoncé son intention de lancer lundi la discussion sur un embargo pétrolier, «mais une proposition formelle n'est pas sur la table», a reconnu vendredi un haut fonctionnaire européen.

Contraction de 45,1 % du PIB ukrainien

Ces discussions interviennent au moment où la Banque mondiale publie ses dernières prévisions, catastrophiques, pour l'Ukraine: l'économie de ce pays en guerre va se contracter de 45,1 % cette année en raison de l’opération militaire menée par la Russie dont le PIB devrait lui-même s'effondrer de 11,2 %, selon ces prévisions publiées dimanche.

Toute la région subit les conséquences économiques de cette guerre russo-occidentale: l'institution table ainsi sur une contraction de 4,1 % du PIB pour les pays émergents et en développement d'Europe et d'Asie centrale.

La seule Europe de l'Est devrait subir une récession de 30,7 %.

«Force militaire permanente» de l'Otan à ses frontières

De son côté, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a dit que l'Alliance préparait des plans pour une «force militaire permanente» à ses frontières sous prétexte de «prévenir toute nouvelle agression de la Russie».

«Cette nouvelle force sera une conséquence à long terme de l'invasion de l'Ukraine», a-t-il estimé.

Manifestations prorusses en Allemagne

En Allemagne, plusieurs rassemblements prorusses se sont tenus ce week-end à l'initiative de l'importante communauté russophone du pays, qui se dit victime de discriminations depuis l'opération militaire russe en Ukraine.

La multiplication de manifestations dénonçant la «russophobie» dans ce pays qui compte 1,2 million de personnes originaires de Russie et qui aurait gagné l'Allemagne a provoqué un vif débat dans le pays, car les autorités y voient «un danger d'instrumentalisation et de propagande pour les thèses défendues par Moscou dans la guerre».

Appel du patriarche russe

Dimanche, le pape François a appelé depuis la place Saint-Pierre à une «trêve de Pâques» pour «arriver à la paix» en Ukraine et mettre fin à «une guerre qui chaque jour met devant nos yeux d'odieux massacres et des cruautés atroces commis contre des civils sans défense».

Comme en réponse, le patriarche de l'Eglise orthodoxe russe Kirill a appelé à «faire corps» autour du Kremlin pour combattre les «ennemis extérieurs et intérieurs» de la Russie.

Kiev se prépare à une conquête totale du Donbass

Sur le terrain, la Russie a fait sa priorité de la conquête totale du Donbass, dans l'est, dont une partie est contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses.

«La semaine prochaine ne sera pas moins importante que celle-ci ni que les précédentes. Les troupes russes passeront à des opérations encore plus importantes dans l'est de notre Etat», a averti Zelensky dans un communiqué dimanche soir.

«La bataille pour le Donbass durera plusieurs jours, et pendant ces jours nos villes pourraient être complètement détruites», a prédit pour sa part sur Facebook Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région de Lougansk, dans le Donbass.

«Le scénario de Marioupol peut se répéter dans la région de Lougansk», a-t-il dit, en se référant au grand port du sud-est de l'Ukraine dévasté et assiégé depuis fin février par les forces russes.

De son côté, le ministère de la Défense russe a accusé dimanche les Ukrainiens et les Occidentaux de provocations «monstrueuses et sans pitié» et de meurtres de civils à Lougansk.

Des analystes estiment que Vladimir Poutine veut obtenir une victoire dans le Donbass avant le défilé militaire du 9 mai marquant sur la Place Rouge la victoire soviétique sur les nazis.

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