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Soudan: trois manifestants tués lors d’une nouvelle mobilisation contre le pouvoir militaire

Soudan: trois manifestants tués lors d’une nouvelle mobilisation contre le pouvoir militaire
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Par AlAhed avec AFP

Les manifestations se poursuivent au Soudan. La répression aussi. Trois manifestants ont été tués par balles, jeudi 6 janvier, dans la capitale, Khartoum, et sa banlieue, où, comme dans le reste du pays, des milliers de Soudanais se sont de nouveau rassemblés pour protester contre le pouvoir militaire, selon des médecins et des témoins.

Ces trois manifestants ont été tués par des tirs «des forces putschistes», selon le Comité central des médecins, une association indépendante.

Deux d’entre eux ont été tués à Omdourman, dans la banlieue de Khartoum, dont l’un atteint «à la tête» et l’autre «au bassin», et un troisième a été tué dans la capitale, touché «à la poitrine par des tirs à balles réelles», selon la même source.

Ces médecins ont en outre fait état de plus de trois cents blessés, touchés notamment par des tirs à balles réelles, des tirs de balles en caoutchouc ou de lacrymogènes.

Au total, depuis le coup d’Etat mené par le général Abdel Fattah Al-Bourhane le 25 octobre 2021, la répression des manifestations contre l’armée a fait soixante morts et des centaines de blessés, selon la même source.

Manifestations en province

A Khartoum, les manifestants avançaient vers le palais présidentiel et le QG de l’armée tandis que les forces de l’ordre tiraient des lacrymogènes pour tenter de les disperser.

En dépit d’une répression meurtrière, l’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la révolte contre le dictateur Omar Al-Bachir, déchu en 2019, et contre l’armée depuis le putsch du 25 octobre, avait appelé à de nouvelles manifestations pour réclamer un pouvoir entièrement civil.

«Nous continuerons à manifester jusqu’à ce que nous ayons remis sur les rails notre révolution et notre gouvernement civil», a affirmé Mojtaba Hussein, un manifestant de 23 ans.

«Nous n’arrêterons pas jusqu’à ce que nous ayons retrouvé notre pays», a renchéri la manifestante Samar Al-Tayeb, 22 ans.

Jouant des percussions et entonnant des chants patriotiques, les manifestants ont brandi des pancartes avec les photos de personnes tuées par la répression des forces de l’ordre depuis le coup d’Etat.

Hors de la capitale, de nombreux Soudanais manifestaient aussi à Port-Soudan (Est), Atbara (Nord) et à Wad Madani (Sud), ainsi que dans le Darfour central et le Darfour méridional, selon des témoins.

«Non, non au pouvoir militaire», répétaient en chœur des manifestants dans le Kordofan du Nord, dans le centre du pays.

Les militaires sont seuls aux commandes depuis la démission, dimanche 2 janvier, du premier ministre Abdallah Hamdok, visage civil de la transition lancée après l’éviction en 2019 du général Al-Bachir par l’armée sous la pression de la rue, faisant craindre un retour à la dictature.

«J’ai tenté de mon mieux d’empêcher le pays de glisser vers la catastrophe, alors qu’aujourd’hui il traverse un tournant dangereux qui menace sa survie», a alors déclaré M. Hamdok, à l’issue d’une nouvelle journée de manifestations violemment réprimées.

Appel au dialogue

«Il n’y a aucun intérêt à ce que se prolonge le vide étatique», a déclaré jeudi l’un des conseillers du général Al-Bourhane, Taher Abouhaga, cité par l’agence de presse officielle Suna.

«Ce vide doit être comblé au plus vite», a-t-il ajouté, laissant entendre que le pouvoir se préparait à nommer un nouveau premier ministre.

Le général Al-Bourhane, qui a prolongé de deux ans son mandat à la tête du pays, promet toujours des élections pour juillet 2023.

Or les Etats-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Norvège ont exhorté mardi les militaires soudanais à ne pas nommer unilatéralement un nouveau chef de gouvernement.

Cela «saperait la crédibilité» des institutions de transition «et risquerait de plonger le pays dans un conflit», ont-ils averti.

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